Le siège de Corbeil, en octobre 1417, est un épisode de la guerre civile entre Armagnacs et Bourguignons. Le connétable et chef de faction Bernard VII d'Armagnac envoie de toute urgence des renforts Armagnac à la ville de Corbeil pour résister à la venu de l'armée du Duc Jean sans Peur, chef de la faction Bourguignon, tentant d'encercler Paris. Après 3 semaines de combats acharnés devant la ville, les Bourguignons lèvent le siège précipitamment et battent en retraite.

Contexte Depuis , la Guerre civile entre Armagnacs et Bourguignons reprend d'une importante intensité lorsqu'une grande armée bourguignonne a été rassemblée à Beauvais pour lancer une attaque massive sur la région autour de Paris et affamer la capitale, contrôlée par la faction Armagnac, par une série de captures de villes et places fortes. Pour cette opération le Duc de Bourgogne Jean sans Peur a mobilisé plus de 10 000 hommes..

Une tentative de siège avait eu lieu à Saint-Cloud par Jean II de Luxembourg-Ligny en vain en tirant à l'artillerie, tandis que le Duc de Bourgogne attendait près de Paris pour une possible attaque ou intrusion.

Jean sans Peur décide donc de décamper, et le avec son armée, il assiège la place forte Armagnac de Montlhéry, qui tient 8 jours avant de se rendre.

Pendant ce temps, le capitaine bourguignon Élyon de Jacqueville rallie la ville de Chartres à la cause du Duc de Bourgogne.

Après une série d'opérations militaires bourguignonnes qui a coûté cher (300 000 livres dépensées depuis le début de la campagne militaire) dans le sud-ouest de Paris, Jean sans Peur décide de concentrer le gros des troupes sur la ville de Corbeil et de l'assiéger.

Déroulement Siège vignette|gauche| Carte de la région de Corbeil par Cassini, montrant la séparation entre le village d'Essonnes et la ville fortifiée de Corbeil.

Le , Jean sans Peur ordonne à ses autres troupes dans la région de le rejoindre près de Corbeil avec tout le matériel de guerre pour un siège. Le Duc de Bourgogne et toute l'armée assiégeante réside dans le village voisin et son environ au sud-ouest, aujourd'hui rattaché à Corbeil, Essonnes.

L'armée bourguignonne installe ses artilleries et machines de guerres dans les lieux favorables en direction de la ville.

vignette|300px|page=1010|droite|Un des premiers plan de Corbeil par Christophe Tassin, 1634

Corbeil était une ville fortifiée, défendue par un immense donjon carré surplombant la Seine à son extrémité nord et par un puissant château contrôlant l'accès au pont depuis la rive opposée. C'était un important port fluvial où les produits du Brie, Gâtinais et Haute-Bourgogne étaient chargés sur des péniches à destination des marchés de la capitale.

La ville était vitale pour les Armagnacs pour contrer le siège de Paris par les Bourguignons, tentant de vouloir occuper Corbeil dans le but d'intercepter toutes marchandises allant vers la capitale et donc de l'affamer .

Renforts Le connétable et chef de la faction Armagnac, Bernard VII d'Armagnac, a de toute urgence convoqué un rassemblement de troupes à envoyer vers Corbeil en ayant appris la venue des Bourguignons devant la ville.

Dans ce rassemblement figurent plusieurs capitaines Armagnac dont : 20px Arnault de Barbazan 20px Bertrand V de La Tour d'Auvergne 20px Guillaume de Flavy Guinot du Chastenet Geoffroy de Mareuil

Tous entrent dans la ville de Corbeil par un côté non surveillé où ils préparent les défenses et mobilisent les habitants.

Conditions La difficulté pour la prise de Corbeil était déjà présente pour les Bourguignons, car la ville était ravitaillée par la Seine en termes de vivres, et donc la force était employée durant tout le long du siège.

De plus, durant tout le long du siège, il pleuvait constamment, rendant le sol boueux et imparfait pour installer les bombardes et la visée pour les artilleurs. Cela s'aggrave avec la présence d'une maladie qui s'est propagée à travers le camp.

Hostilités Lors des phases d'attaques, les défenseurs Armagnacs, composés d'arbalétriers, archers et d'artilleurs, installés sur les remparts de la forteresse, tiraient des projectiles métalliques sur les rangs des assiégeants Bourguignons, leur infligeant de terribles pertes.

Les assauts, lancés pendant la journée et la nuit, étaient extrêmement violents et acharnés beaucoup de Bourguignons se faisaient tuer par les arbaletriers et bombardes. Parmi les morts, il y a des capitaines bourguignons comme un certain Jean de Luxembourg, ayant péri lors d'une décharge de pierrier, et Jean de Flagey durant le siège. Dans un des assauts, le capitaine Bourguignon Mauroy de Saint-Léger est grièvement blessé à la jambe par un vireton (carreau d’arbalète).

vignette|redresse| Cathédrale Saint-Spire de Corbeil-Essonnes, grande église présente à cette époque. Les tirs des assiégeants à coups de bombardes et d'artilleries étaient présent nuit et jours sur Corbeil, sans pour autant causer de nombreux dégâts et seulement des pertes minimes dans les rangs Armagnacs, quelques projectiles sont même passés au dessus de l'église d'après le Religieux de Saint-Denis.

Les assiégés décident de contre-attaquer en préparant des sorties majeures, causant beaucoup de pertes aux assiégeants, où le capitaine français Guillaume de Flavy était présent dans ces affrontements.

Abandon Au bout de trois semaines environ, le Duc de Bourgogne Jean sans Peur décide d'abandonner son propre camp militaire d'Essonnes entre le 25-.

Voyant qu'il ne pouvait ni prendre ni soumettre Corbeil, ravitaillé et renforcé constamment par des gens-d'armes Armagnacs, et ses troupes étant épuisées tant par les pluies incessantes et dégâts des assiégées que par la mortalité de l'épidémie meurtrière et du froid qui sévissait dans le camp, il décide de lever le siège le . Il prit la route de Chartres en s'arrêtant par plusieurs endroits.

Dans la précipitation, derrière, les Bourguignons laissent à l'abandon les marchandises, bombardes, artillerie, équipements et matériels de guerre.

Conséquences Lors de la retraite précipitée et l'abandon de tout le matériel des assiégeants dans le camp, les Armagnacs découvrent avec joyeuseté l'abandon du siège et prennent ce qu'il y a dans le camp militaire du village d'Essonnes.

Avec une forte escorte, le Duc de Bourgogne Jean sans Peur, étant resté quelques jours à Chartres, décide le de prendre la route de Tours pour pouvoir rencontrer et s'allier avec la reine Isabeau de Bavière.

Pour ce qui est du capitaine Bourguignon Mauroy de Saint-Léger, sa blessure à la jambe est si profonde qu’il reste estropié et boitera toute sa vie.

Notes et références

Autres Références

Bibliographie

Articles connexes Corbeil-Essonnes Cathédrale Saint-Spire de Corbeil-Essonnes

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