Anne Willette, née à Paris le Acte de naissance numéro 1457, cote 17N 259, Archives de Paris. et morte à Aubagne le Acte de décès numéro 880 / 1983 délivré par la mairie d’Aubagne., est une peintre française.

Biographie Anne Geneviève Willette est la fille d’Adolphe Willette, peintre et caricaturiste montmartrois, et de Charlotte Duchâteau, originaire du Berry. Elle est la petite-fille du colonel Henri-Léon Willette.

Elle vit une enfance heureuse entre Boisroger, en Normandie, et Montmartre. Elle apprend très tôt à dessiner avec son père qui meurt quand elle a neuf ans. Elle poursuit sa scolarité au cours Duperré à Paris. En 1934, alors qu’elle n’a que quinze ans, elle épouse Charles BihlMariage de Madame Willette-Duchâteau avec M. Charles Bihl, Le Figaro, 13 janvier 1934., ingénieur des minesRobert Coeuillet, Radiographie minière : Charbonnages de France Midi-Nord-Lorraine, Éditions L’Harmattan, 1997., dont elle a deux enfants, MarcSon premier enfant Marc, né en 1933, meurt d'une méningite à l'âge de trois ans. et Luc. Après un divorce en 1945, elle se remarie en 1946 avec Philippe Courtois, radio-navigant chez Farman, dont elle a deux autres enfants, Dominique et ThierryDominique Theurillat, Anne Willette : artiste peintre, Éditions Dominique Theurillat, 2014..

À Paris, son environnement lui permet de fréquenter plusieurs ateliers de peinture où elle côtoie de nombreux représentants de l’Art moderne du début du . En 1941, elle entre dans celui d’Othon Friesz, un des représentants du fauvisme, où elle acquiert son goût affirmé pour la couleur et les contrastes forts. Puis de 1942 à 1948, André Lhote lui ouvre les portes de son atelier où il maintient un attachement à la peinture classique tout en étant héritier du cubisme, un mouvement artistique qui aura une grande influence sur la production picturale d’Anne Willette.

Elle prend part au mouvement des peintres de Montparnasse et participe au Salon des indépendants. Inspirée par la nature, les émotions humaines et la lumière, ses œuvres se caractérisent par une palette chromatique riche et vibrante, aux camaïeux de bleu dominant. Les formes organiques se mêlent aux motifs géométriques, créant des compositions à la fois harmonieuses et dynamiques, illustrant ses thèmes favoris : la mer, les bateaux, la nature, le travail de l’Homme et les voyages.

Entre 1948 et 1952, toute la famille réside en Iran pour le travail de son mari. Elle effectue une exposition de peintures à Téhéran puis réalise le Chemin de Croix en briques taillées de l’église catholique à l'école Jeanne d’Arc de Téhéran. En 1952, elle souffre de graves problèmes pulmonaires et doit rentrer en France. En 1953, la famille s’installe à Sanary-sur-Mer dans une ancienne bergerie de la campagne Sainte-Trinide qui, après restauration, est baptisée la Bastidane. Pendant douze ans, elle travaille intensément dans son atelier. Chaque été, Sainte-Trinide accueille de nombreux artiste dont son maître André Lhote avec qui perdure un lien pictural et amical sans faille. En 1952, dans une réponse au critique d’art Dezarrois, Lhote écrit : « Il y a actuellement plus de femmes talentueuses que d'hommes. Anne Willette et Aline Corbin sont les meilleures de toutes »..

Elle est sélectionnée pour le prix Blumenthal, le prix des Vickings, le prix Pacquement, le prix Othon-Friesz, le prix de l’Île-de-France, le Salon de mai, le Salon des Tuileries et le grand prix du DômeEmmanuel Bénézit, Dictionnaire des peintres, sculpteurs, dessinateurs et graveurs, éditions Gründ, 1999.. En 1954, l’État lui achète la toile Fenaison en Île-de-France qui se trouve aujourd’hui à l’ambassade de France en Australie. À Paris, elle expose ses œuvres à la galerie Cimaise, à la galerie Art vivant, à la galerie Camille Renault et à la galerie 9. Dans le Var, elle expose au musée d'Art de Toulon, au musée du vieux Toulon, à Hyères et au Castellet.

En 1961, André Lhote lui rend hommage dans la préface de l’exposition du musée d’Art de Toulon :

En 1965, elle se sépare de Philippe Courtois, vend la bastide de Sainte-Trinide et achète un atelier d’artiste rue Bertillon près du quartier Montparnasse. Elle y ouvre une académie de peinture et commence à adhérer au Parti communiste français qu’elle ne quittera plus. Cet ancrage social fait évoluer une veine créatrice jusque-là marquée par le paysagisme abstrait vers un réalisme figuratif plus ou moins prononcé.

En 1970, elle retourne en Provence et s’établit à Aubagne où elle participe très activement à la vie culturelle. Elle installe son atelier dans le hameau de Lascours, au pied du Garlaban. En 1971, elle est sélectionnée pour le prix du portrait de l’Académie des beaux-arts. En collaboration avec le céramiste aubagnais Robert Amy, elle réalise des fresques pour les écoles d’AubagneEn collaboration avec le céramiste Raymond Amy, Anne Willette réalise des fresques dans quatre écoles d’Aubagne : Les Passons, Le Charrel (devenue école Nelson-Mandela), La Tourtelle et Bernard-Palissy. et pour la mairie de RoquevaireRoquevaire Magazine, numéro 3, printemps 2009.. En 1975, elle fait don de la toile L'Aubagnaise à la ville d'AubagneEn mai 2025, la toile L'Aubagnaise se trouve dans les réserves des archives municipales d'Aubagne, en attente de restauration..

De 1972 à 1981, elle expose au château de Saint-Ouen, à l’hôtel de ville de La Seyne-sur-Mer, à la biennale internationale d’Aix-en-Provence (musée Granet), puis à Aubagne, Marseille et Parly 2.

En plus de sa pratique personnelle, elle s’investit également dans des projets éducatifs, pour la Paix et un monde meilleur, animant des ateliers pour transmettre son savoir-faire et encourager la créativité. Cette artiste simple, à la forte personnalité, meurt à Aubagne en 1983Anne Willette (1917-1983) : artiste peintre engagée, entre figuration et abstraction colorées, Aubagne au jour le jour, numéro 887, janvier 2025.. Ses cendres sont inhumées à Aubagne, au columbarium du cimetière des Passons. Plusieurs expositions posthumes lui rendent hommage à Aubagne. En 1998, ses toiles sont exposées à la galerie Collis de Lausanne.

Voir aussi Bibliographie Notice Anne WILLETTE, Exposition de peintures à l'hôtel de ville de La Seyne-sur-Mer, 1973Étraves, Bulletin de l’Office municipal de la culture et des arts de La Seyne-sur-Mer, numéro 25, 1973.. . .

Liens externes

Anne Willette sur le site de Dominique Theurillat.

Notes et références Notes

Références

Catégorie:Peintre française du XXe siècle Catégorie:Peintre cubiste français Catégorie:Élève de l'École supérieure des arts appliqués Duperré Catégorie:Naissance en octobre 1917 Catégorie:Naissance dans le 17e arrondissement de Paris Catégorie:Décès en novembre 1983 Catégorie:Décès à Aubagne Catégorie:Décès à 66 ans