Le , Aboubakar Cissé, un jeune homme de 22 ans, de confession musulmane, est poignardé à mort dans la mosquée Khadidja de La Grand-Combe, dans le Gard, en France. L’agression est accompagnée des propos blasphèmatoires et est rapidement perçue comme un crime de haine. L’affaire suscite une vive émotion nationale et relance les débats sur la reconnaissance de l’islamophobie en France, la lenteur de la réponse des autorités, et la protection des lieux de culte musulmans.

Contexte Aboubakar Cissé est un jeune homme Malien soninké âgé de 22 ans, installé en France en situation irrégulière. et formé comme charpentier. Il est actif en tant que bénévole à la mosquée Khadidja de La Grand-Combe.

Le matin du , il fait le ménage à la mosquée Khadidja avant la prière du vendredi. Vers 8 heures, Olivier Hadzovic, un homme français, d'origine bosniaque et âgé de 20 ans, entre dans l'édifice religieux. Aboubakar Cissé discute brièvement avec lui avant que tous deux ne se dirigent vers la salle de prière. Tandis qu'Aboubakar Cissé s'agenouille pour prier, Olivier Hadzovic lui assène une quarantaine de coups de couteau. Il sort ensuite son téléphone et filme sa victime agonisante pendant qu'il prononce des propos blasphèmatoires () et manifeste son intention de recommencer. Il publie la vidéo sur Snapchat. Apercevant une caméra de surveillance, il prend la fuite.

Le corps d'Aboubakar Cissé est rapatrié au Mali, grâce aux soutiens de la grande mosquée de Lyon, de la mosquée Khadidja de La Grand-Combe, de l’État du Mali et d'autres bonnes volontés. Il y est enterré.

Enquête Olivier Hazdovic bénéficie de complicités familiales pour se cacher successivement à Béziers, puis à Menton, avant de passer en Italie. Au terme d'une traque mobilisant plus de 70 enquêteurs, Olivier Hadzovic se rend finalement aux autorités italiennes le à Pistoia, en Toscane. Il est placé en garde à vue puis extradé vers la France. Bien qu’aucune revendication idéologique n’ait été formellement retrouvée, le caractère raciste anti-musulman du meurtre est évoqué par plusieurs responsables et médias. Le procureur d’Alès Abdelkrim Grini mentionne aussi une possible fascination morbide de l'auteur pour la mort.

Le parquet national antiterroriste (PNAT) suit l’affaire sans se saisir de l’enquête, estimant qu’il s’agit de l’acte d’un individu isolé. La procureure de Nîmes déclare qu'il aurait ..

Auteur Olivier Hadzovic est né en 2004 à Lyon. Il est issu d’une famille rom de BosnieJ.-M. D., Meurtre à la mosquée : RSA, famille nombreuse… ce que l’on sait d’Olivier H., le suspect arrêté, leparisien.fr, 27 avril 2025, dans une fratrie de onze enfants, qui a des ramifications en Italie. C'est d'ailleurs au domicile de sa tante (elle-même mariée à un homme de confession musulmane), qu'il est arrêté. Isolé socialement au quotidien, Hadzovic bénéficie du revenu de solidarité active (RSA) et « passe une bonne partie de son temps à jouer à des jeux vidéo ».

Le premier examen d’Olivier Hadzovic montre Geoffroy Tomasovitch et Jérémie Pham-Lê, Meurtre dans une mosquée : schizophrénie chronique, hallucinations… Ce que dévoile le premier examen psy du tueur, leparisien.fr, 11 mai 2025.. Il avait fait part sur des forums en ligne. Selon son avocat italien, le jeune homme a reconnu le meurtre mais nié avoir agi par haine de l'islam, déclarant ..

Le , Olivier Hazdovic est sorti de prison pour être hospitalisé d’office dans un centre psychiatrique des Pyrénées-OrientalesPaul Conge et Lola Baille, Meurtre dans une mosquée du Gard: Olivier H. a été sorti de prison et hospitalisé en centre psychiatrique, bfmtv.com, 21 juin 2025. Selon une expertise psychiatrique, Olivier Hadzovic était atteint d’un « trouble psychotique ayant aboli son discernement et le contrôle de ses actes » au moment du crimeMatthias Tesson et Paul Conge, Meurtre dans une mosquée du Gard: le suspect souffrait d’une abolition du discernement au moment du crime, bfmtv.com, 30 juin 2025Ambre Lepoivre, «Les voix ont pris le contrôle» : le suspect du meurtre d’Aboubakar Cissé atteint de troubles psychotiques, son discernement aboli, lefigaro.fr, 2 juillet 2025.

Réactions

Réactions politiques L'acte est unanimement condamné par la classe politique. Le président Emmanuel Macron a déclaré que . Le Premier ministre François Bayrou a également qualifié l'agression d'.. Le , l'Assemblée nationale observe une minute de silence en la mémoire d'Aboubakar Cissé.

Hommages Le , les habitants de La Grand-Combe organisent une marche blanche en son hommage. Elle rassemble environ personnes selon les organisateurs, et selon la police. Le même jour, un rassemblement à Paris organisé à l'appel de personnalités politiques de La France insoumise (LFI) et des Écologistes réunit plusieurs centaines de personnes. Le , au moins un millier de personnes se rassemblent à Paris en hommage à Aboubakar Cissé à l'appel de plusieurs collectifs dont le Haut conseil des Maliens de France.

Le , plusieurs milliers de manifestants défilent à Paris pour dénoncer « la progression de l’islamophobie en France » et rendre hommage à Aboubakar Cissé après une tribune publiée le dans Politis, dans laquelle des organisations et personnalités avaient appelé à une « grande marche partout en France » pour « faire peuple contre toutes les formes de racisme ». Parmi celles-ci, le Comité Adama, La France insoumise, le Collectif contre l'islamophobie en Europe (ex-Collectif contre l'islamophobie en France dissous en France et reconstitué en Belgique) et des personnalités comme Annie Ernaux ou Adèle Haenel, militante du mouvement MeTooElisabeth Pierson, Un char LFI, un autre pro-Palestine : deux ambiances à la marche contre l’islamophobie, lefigaro.fr, 11 mai 2025..

Ultèrieurement, l'Union des étudiants juifs de France (UEJF) est venue déposer une plaque mémorielle : . Pour sa part Nicolas Brouwet, évêque de Nîmes, est venu planter un olivier, des musulmans sont venus de partout se recueillir, les parents d'Aboubakar Cissé ont fait le déplacement depuis le Mali. La nouvelle maire, Pascale Eugène, doit inaugurer le le square Aboubakar Cissé, situé à proximité de la mosquée.

Critiques Plusieurs membres de la communauté musulmane et figures publiques ont critiqué la lenteur de la réaction officielle. Le Conseil français du culte musulman, par la voix de son président Mohammed Moussaoui, a dénoncé un traitement inégal des crimes de haine, soulignant que ..

Cette perception a été renforcée par la décision du PNAT de ne pas se saisir de l'affaire, malgré les propos du meurtrier présumé dans la vidéo qu'il tourne au moment de son acte « Je l’ai fait (…), ton Allah de merde ». Plusieurs responsables associatifs ont estimé que si la victime avait appartenu à une autre confession ou communauté, la réponse de l'État aurait été plus rapide et plus ferme.

Bruno Retailleau, ministre de l’Intérieur au moment des faits, a été critiqué par une partie de la droite pour son absence de déclaration immédiate.. Lorsqu’il a réagi publiquement plusieurs jours après l’attaque, il a choisi de mettre l’accent sur la lutte contre , sans mentionner directement le caractère islamophobe de l’agression.

La présidente de l'Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, refuse initialement d'organiser un hommage entre les groupes parlementaires, citant une règle établie en selon laquelle les minutes de silence ne seraient plus accordées pour des hors personnalités politiques et victimes du terrorisme. Face aux accusations d'islamophobie, elle change finalement d'avis et organise une minute de silence.

Analyses et conséquences L'affaire a ravivé le débat sur la reconnaissance des crimes anti-musulmans en France, la prise en charge judiciaire de ces actes, et la manière dont l'État traite les menaces pesant sur les lieux de culte musulmans. Plusieurs associations ont appelé à une réforme des politiques publiques de lutte contre les discriminations religieuses.

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Références

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