vignette|Napoléon avec ses généraux d'après une peinture de Ludwig Elsholtz, 1845. Les Haras impériaux sont l'administration des Haras nationaux français à l'époque du Premier Empire (1804-1814), sous Napoléon Ier.
Rétablissement des Haras vignette|Construction surplombant la grille d'entrée du Haras national de Montier-en-Der, créé en 1806 comme dépôt d'étalons sur décret impérial de Napoléon Ier. La Révolution française ayant entraîné une forte consommation de chevaux militaires alors que les Haras royaux ont été supprimés par la Constituante, la loi du 2 germinal an III () avait rétabli provisoirement 7 dépôts d'étalons.
Sur décision de Napoléon Ier, en 1802, une partie de l'abbaye du Bec-Hellouin devient un dépôt d'étalons rattaché au haras du Pin. En , le site du haras du Pin, laissé à l'abandon depuis 1790, est réacquis avec une reconnaissance d'utilité publique. Les haras sont officiellement rétablis le par un décret impérial, signé à Saint-Cloud.
De nombreux dépôts d'étalons et haras sont établis dans des bâtiments religieux confisqués durant la Révolution. Napoléon confirme l'emplacement du dépôt d'étalons d'Angers (établi en 1797) dans l'Hospice des Incurables, et le choix de l'abbaye Sainte-Croix à Saint-Lô pour y établir un autre dépôt. Le couvent des Visitandines d'Aurillac accueille des chevaux impériaux pour couvrir les départements du Cantal, du Puy-de-Dôme, et de la Haute-Loire. En Bretagne, l'abbaye cistercienne de Langonnet est finalement choisie pour y établir le Haras impérial.
Décret de Saint Cloud Le décret place les Haras sous la tutelle du ministre de l'Intérieur, à savoir Jean-Baptiste Nompère de Champagny.
Il crée six arrondissements (et nomme six inspecteurs généraux), ayant chacun un haras, ainsi que cinq dépôts d'étalons, de manière à couvrir toute la France. Ces six arrondissements sont le Nord (dépendant du haras du Pin), l'Ouest (haras de Langonnet), le Centre (Haras de Pompadour), le Midi (Haras de Pau-Gelos), l'Est (Haras de Turin) et le Nord-Est (haras de deux-Ponts). Ces deux derniers sont établis sur des territoires conquis militairement lors des guerres napoléoniennes.
Ce décret rattache aussi les deux écoles vétérinaires de Lyon et d'Alfort aux haras impériaux. Chaque haras compte un directeur, un inspecteur, un régisseur et un vétérinaire, tandis que chaque dépôt est doté d'un chef de dépôt, d'un régisseur et un vétérinaire.
Les postes d'encadrement furent pourvus par des officiers de cavalerie.
Évolutions Le maillage change au cours des années suivantes. Deux autres arrondissement, correspondant à de nouvelles conquêtes militaires, y sont adjoints : l’arrondissement du Nord-Ouest dépendant du haras de Borculo en 1810, puis l'arrondissement de la confédération du Rhin dépendant du dépôt de Memsen, en 1813. Les villes de Besançon et Rosières-aux-Salines, qui avaient jadis accueillies des Haras royaux (à partir de 1752 et 1768, respectivement), retrouvent leurs anciennes fonctions sous le Premier Empire, mais avec un rôle moins important.
La place des chevaux dans l'Empire napoléonien Les chevaux ont un rôle indispensable dans les conquêtes napoléoniennes. Les pur-sang arabes étaient les chevaux de choix pour la cavalerie des troupes. Par le biais des campagnes de l'empereur, ce type de cheval s'est retrouvé en Europe centrale et en Russie.
Entre 1800 et 1815, Napoléon, cavalier au style peu académique mais résistant et intuitif, possédait réservés à sa monte personnelle. Le Vizir, petit arabe gris de , son plus célèbre cheval, a été empaillé et se trouve exposé en 2006 au Musée de l'Armée des InvalidesCatherine Bastide-Costes, « Le Vizir, cheval de Napoléon », dans Cheval Magazine, (juillet 2006).
Les écuries impériales, créées en 1803-1804, regroupent l'équipage de selle, l'équipage d'attelage et l'équipage de campagne ou des transports. Leur effectif crût rapidement jusqu’en 1808, pour se stabiliser autour de 500 chevaux. Les écuries impériales furent démantelées en partie à la fin de l’Empire.
Sélection des officiers des haras
Il s'agit d'un recrutement aristocratique selon 4 catégories :
La première catégorie était constituée d'anciens pages du Roi et écuyers, sortant des écuries du Roi de Versailles (Petite Écurie et Grande Écurie) et des Grandes Ecuries des Princes ou des cavaliers élevés dans les manèges. Tous étaient issus de la noblesse d'Ancien Régime, revenus d'immigration.
La seconde catégorie avait eu leur poste grâce à des liens familiaux avec des personnages de premier plan et des proches de l'Empereur ou des faits d'armes.
La troisième catégorie était constituée pour l'essentiel des chefs de dépôts de remonte recrutés parmi d'anciens officiers de cavalerie, d'anciens immigrés ou ex-préposés aux remontes. Ces nominations étaient bien souvent très subjectives en fonction de la personnalité nobiliaire, de sa fortune ou de liens familiaux avec des préfets de départements chargés de la mise en œuvre des haras et dépôts.
La quatrième catégorie, pour des fonctions subalternes, était constituée de personnel de l'administration recruté au hasard et selon les caprices de la faveur. Ils y entraient sans études spéciales, sans vocation déterminée et .
Répartition des haras et des dépôts de remonte
La France fut divisée en , regroupant et d'étalons avec une dotation de qui sera diminuée de entre les années 1810 à 1813 inclus.
Arrondissement du Nord Au haras du Pin à Le Pin-au-Haras (Orne), seront rattachés les de : Abbeville (Somme) en 1806, Le Bec-Hellouin (Eure) en 1806, Saint-Lô (Manche) en 1806, Meaux (Seine-et-Marne) en 1807, Montier-en-Der (Haute-Marne) en 1810.
Arrondissement de l'Ouest Au haras de Langonnet à Langonnet (Morbihan) seront rattachés les de : Angers (Maine-et-Loire) en 1803, Craon (Mayenne) en 1807, Saint-Maixent (Deux-Sèvres) en 1807, Saint-Jean-d'Angély (Charente-Maritime) en 1808.
Arrondissement du Centre Au haras de Pompadour à Arnac-Pompadour (Corrèze) seront rattachés les de : Aurillac (Cantal) en 1806, Corbigny (Nièvre) en 1807, Cluny (Saône-et-Loire) en 1807, Blois (Loir-et-Cher) en 1810, Auxerre (Yonne) en 1811.
Arrondissement du Midi Au haras de Pau-Gelos à Gelos (Pyrénées-Atlantiques) seront rattachés les de : Rodez (Aveyron) en 1807, Tarbes (Hautes-Pyrénées) en 1806, Perpignan (Pyrénées-Orientales) en 1807, Agen (Lot-et-Garonne) en 1807.
Arrondissement de l'Est Au haras de la Manderie de Vénerie à Turin (Pô) seront rattachés les de : Besançon (Doubs) en 1806, Arles (Bouches-du-Rhône) en 1806, Grenoble (Isère) en 1807, Annecy (Léman) en 1810.
Arrondissement du Nord-Est Au haras de Deux-Ponts à Zweibrücken (Mont-Tonnerre) seront rattachés les de : Rosières-aux-Salines (Meurthe) en 1795, Strasbourg (Bas-Rhin) en 1807, Tervuren (Dyle) en 1807, Grandpré (Ardennes) en 1808, Wickrath (Roer) en 1808, Bruges (Lys) en 1808.
À ces seront rajoutés deux autres :
Arrondissement du Nord-Ouest : avec le haras de Borculo (Zélande) en 1810.
Arrondissement de la confédération du Rhin : avec le dépôt de Memsen (Basse-Saxe) en 1813.
Les nominations Les inspecteurs généraux des haras
Général comte Louis Charles Antoine de Beaufranchet d'Ayat (1757-1812), IG de 1806 à 1812. Marquis Michel Antoine Paul Bens de Cavour (1781-1850), IG de 1806 à 1812. Lieutenant-général baron Gabriel André de Bonneval (1769-1839), IG de 1814 à 1822. Lieutenant-Général Vicomte Ambroise Charles de Croismare (1749-1828), IG de 1806 à 1807. Colonel François Dupont-Savignat (1769-1845), IG de 1806 à 1835. Comte Pierre Annet Joseph de Lastic de Vigouroux (1772-1866), IG de 1815 à 1824. Lieutenant-colonel baron Le Normand d'Etiolles de Tournehem (?-?), IG de 1806 à 1841. Général comte René Charles Élisabeth de Ligniville (1760-1813), IG de 1806 à 1807. Colonel comte Charles Jean de Maillé (1771-1839), IG de 1814 à 1822. Lieutenant-colonel Jean-François de Ségur de Boirac (1761-?), IG de 1810 à 1815. Jean-François de Solanet de Laval (1765-1836), IG de 1806 à 1832. Général baron Victor Charles Louis Georges Félix de Wimpffen (1744-1814), IG de 1806 à 1810.
Les inspecteurs des dépôts de remonte
Général baron Jean-Baptiste Noirot (1768-1826), commande les dépôts de cavalerie de Burgos en 1808 et ceux d'Erfurth en 1813. Général vicomte Claude Antoine Hippolyte de Préval (1776-1853), inspecteur général des dépôts de cavalerie dans la division militaire et Commandant des dépôts de cavalerie de Versailles en 1814. Général baron Frédéric Auguste de Beurmann (1777-1815), inspecteur général des dépôts de cavalerie dans la division militaire (1811). Général Gabriel Marie de Riccé (1758-1832), inspecteur des remontes entre 1809 et 1812 dans les , , , et divisions militaires. Général baron Louis Michel Antoine Sahuc (1755-1813), inspecteur général des dépôts de cavalerie et des hôpitaux entre le Rhin et l'Oder. Général baron Anne-François-Charles Trelliard (1764-1832), inspecteur général des dépôts de cavalerie des et divisions militaires en 1807, puis commande successivement les dépôts de Vittoria, d'Aranda et de Mautern.
Les commandants des écuries impériales Général comte Albert Louis Emmanuel de Fouler de Relingue (1769-1831), commandant les écuries de l'Empereur en 1810, puis commande les écuries impériales de Versailles de 1812 à 1814.
Les directeurs de haras Comte Joseph Jean-François Bellouan d'Avaugour (1754-?), DH du haras du Pin, haras de Strasbourg puis de l'École de Saumur Hubert Bens de Cavour, DH du haras de la Mandria à Turin, Chevalier Dominique Charles de Boisseuilh (1757-1816), DH du haras de Pompadour, épouse le Agnès Lucie d'Auguste de Bourbon (1761-1822) (fille de Louis XV et de Lucie Madelaine d'Estaing), Vicomte Joseph Marie Nicolas du Dresnay des Roches (1752-?), DH du haras de Langonnet, Marquis Guy Joseph de Girard de Charnacé (1760-1847), DH des Haras d'Angers et haras de Langonnet, Jean Louis François de Grimoult de Villemotte (1777-1849), DH des haras du Pin et haras de Langonnet, Chevalier de Langlade (?-?), DH des haras de Langonnet et de haras de Rodez, Comte Henry René Joseph Annet de Lastic Saint Jal (1770-1848), DH du haras de Pau (haras national de Gelos), épouse en premières noces Charlotte de Portelance et en secondes noces Lara de Tollemanche, Chevalier Lepiot de Seltot (?-1809), DH de Pompadour, Marquis Jules de Portes (?-?), DH du haras de Montier en Der, Chevalier Charles Georges Strubberg (1770-?), DH du haras de Deux-Ponts Général baron François Valentin (1763-1822), DH du haras de Langonnet. Henri Davy de Chavigné, fondateur et directeur du haras d'Annecy, épouse le Marie-Caroline de Thoury.
Les chefs et directeurs de dépôts de remonte Chevalier Jean-François d'Abzac (1747-1831) : commande les dépôts de Strasbourg (1806) et du Pin (1809). Baron Gilbert Antoine Desaix de Veygoux (1761-1833) : commande les dépôts de Strasbourg (1807) et de Rosières aux salines (1808). Comte Charles Louis Dreux Barentin de Montchal (1768-1829) : commande les dépôts de Tarbes jusqu'en 1809 puis d'Auxerre de 1811 à 1816. Inspecteur Général en 1828. Général baron Nicolas Martin Barthelemi (1765-1835) : commande le dépôt d'Amiens en 1815. Marquis Jean François Marie du Londel de Bongard (1758-1833) : commande le dépôt de Clermont-Ferrand en 1815. Général comte François Antoine Louis Bourcier (1760-1828) : commande les dépôts de Potsdam en 1806, Passau en 1809, Bayonne en 1810, Hanovre et Koenisgbergen en 1812, Brunswick et Magdebourg en 1813; le dépôt général des Remontes de Versailles en 1815. Chevalier François Guillaume Bragouze de Saint-Sauveur (1740-?) : commande le dépôt de Grandpré en 1808. Comte Victor Frichignono de Castellengo (?-?) : commande le dépôt de Besançon de 1810 à 1815. Vicomte Jean Baptiste Marc Michel de Chappedelaine (1741-1830) : commande le dépôt d'Angers en 1815.