La Meute - Enquête sur la France Insoumise de Jean-Luc Mélenchon est un livre des journalistes Charlotte Belaïch et Olivier Pérou, publié en 2025 par Flammarion après une enquête de plus de deux ans sur les méthodes et l'organisation interne de La France insoumise dirigée par Jean-Luc Mélenchon.

Les auteurs dressent un portrait de Mélenchon et décrivent le fonctionnement interne de La France insoumise, évoquant en particulier les relations entre les membres du parti, les stratégies de communication et le peu de démocratie interne au sein du mouvement. Des parallèles avec un mouvement sectaire sont mis en avant par les auteurs, alors que la dépendance économique de certains militants et différentes purges éliminent rivaux potentiels et voix dissidentes.

Porté par une large couverture médiatique et un succès de vente dès la parution, le livre fait ensuite l'objet de vives critiques par la France insoumise et les figures qui en sont proches.

Lors de la sortie de la version de poche en 2026, les deux auteurs ajoutent sept nouveaux chapitres, sur les conséquences de la publication du livre au sein du mouvement insoumis ainsi que sur leurs propres vies personnelles et professionnelles.

Présentation

Titre Le terme « meute » est choisi pour témoigner de la dévotion supposée des cadres et membres de LFI, et de leur propension à défendre leur leader avec violence, quitte à traquer les opposants et les critiques. Selon France-Info, le titre décrit la transformation de LFI en « meute », système « totalement opaque », devenu « une machine dévouée au chef où les divergences n'ont pas leur place - au risque d'être écarté ».

Genèse Le livre est le fruit d'une enquête de deux ans menée par les journalistes Charlotte Belaïch (Libération) et Olivier Pérou (Le Monde), qui recueillent les témoignages de plus de , à la fois des cadres anciens ou actuels du parti mais aussi des militants de base, la plupart à visage découvert. L'enquête a débuté en 2022, au moment de l'affaire Quatennens, après les faits de violences conjugales. commis par ce dernier.

Contenu Le livre est principalement un portrait de Jean-Luc Mélenchon, et un descriptif des relations que lui et ses proches entretiennent au sein de La France insoumise. Les méthodes et relations internes au parti LFI se révèlent tendues et violentes. Ainsi, les auteurs affirment que . Le livre décrit un management toxique, un culte du chef, autoritaire, qui exerce une emprise, et engendre une réduction de l'esprit critique, une atmosphère de paranoïa. Ainsi, l'ancienne députée et proche de Jean-Luc Mélenchon, Raquel Garrido, indique dans le livre avoir été internée en psychiatrie à la suite des pressions subies au sein de LFI. Elle explique : « Mélenchon est un maltraitant qui crée des maltraitants ».

Le livre revient sur les purges politiques à LFI, ayant visé en 2024 cinq députés LFI, dont trois non réinvestis, tous les cinq réélus, Alexis Corbière, Clémentine Autain, François Ruffin, Danielle Simonnet et Hendrik Davi, qui engendreraient parfois des effacements des personnes sur certaines photographies. À Marseille, Alexandre Georges « a quitté le mouvement après s’être rendu compte qu’il avait été effacé d’une photo de groupe sur la profession de foi de Jean-Luc Mélenchon », écrivent les deux journalistes. Raquel Garrido, non réinvestie en 2024 et non réélue y est citée plusieurs fois,

Les parallèles avec un mouvement sectaire sont mis en avant, y compris par des commentateurs du livre comme le communiste Fabien Roussel. L'influence de Sophia Chikirou, compagne de Jean-Luc Mélenchon, est également soulignée : elle occupe « une place cardinale et particulière » au sein du mouvement. La question d'une dérive antisémite de Jean-Luc Mélenchon est posée par les auteurs, soit à travers les propos de celui-ci, soit en relevant ceux attribués par les auteurs à Sophia Chikirou.

Résumé

Partie 1 - L'homme Le premier chapitre dresse le portrait de Jean-Luc Mélenchon, abordant tout d'abord le fait que son unique objectif depuis sa défaite lors de l'élection présidentielle de 2022 est le scrutin présidentiel suivant, en 2027 au plus tard, en raison de ses tentatives de déclencher une présidentielle anticipée par la démission ou la destitution d'Emmanuel Macron. Il est également fait mention de l'hostilité du leader insoumis envers les tentatives de ses partenaires de gauche de parvenir à une candidature commune pour l'échéance.

Les auteurs reviennent ensuite sur ses trois précédentes candidatures présidentielles: en 2012, lorsque sa relation avec Sophia Chikirou, de vingt-huit ans sa cadette, est révélée par la presse people, en 2017, où il échoue de peu à accéder au second tour alors que les premières projections transmises dans l'après-midi du le donnaient qualifié, une défaite qu'il vivra mal, puis en 2022 où il devient le troisième homme et initie la Nouvelle union populaire écologique et sociale dans le but de gagner les élections législatives et ainsi forcer Emmanuel Macron à une cohabitation.

Son parcours politique est ensuite retracé, d'abord par ses débuts au Parti socialiste en tant que directeur de cabinet du maire de Massy Claude Germon, qui mentionne - malgré la tendresse qu'il lui portait avant leur rupture - n'avoir jamais . Passé dans sa jeunesse par Organisation communiste internationaliste de Pierre Lambert, Jean-Luc Mélenchon ne rejoint en réalité les rangs socialistes qu'en raison de leur capacité à accéder au pouvoir alors qu'il les tient en horreur. L'ouvrage passe ensuite sur son élection comme sénateur de l'Essonne en 1986, sa rencontre avec le cofondateur de SOS Racisme Julien Dray puis Marie-Noëlle Lienemann avec qui il forme le courant de la Gauche socialiste situé à l'aile gauche du parti.

Son passage dans le gouvernement Jospin comme ministre délégué à l'Enseignement professionnel est marqué par son acceptation de se rendre à l'aéroport d'Orly pour accueillir Bachar el-Assad lors d'une visite officielle du dictateur syrien, et ce alors que les autres membres du gouvernement s'y étaient refusé, une tâche qu'il effectue . Sa relation avec Julien Dray se détériore à la même période, ce dernier se rapprochant de François Hollande - que le futur leader insoumis exècre - alors premier secrétaire. Il est profondément marqué par la défaite de Lionel Jospin dès le premier tour lors de l'élection présidentielle de 2002, moment où il commence à préparer sa candidature à une future élection présidentielle. Défendant le contre la position du Parti socialiste lors du Référendum sur le traité établissant une Constitution pour l'Europe de 2005, cette prise de position augmente sa notoriété et la victoire du le convainc qu'une gauche antilibérale majoritaire est possible.

Les auteurs révèlent qu'au cours de sa préparation de son départ du Parti socialiste, malgré les tentatives de Jérôme Guedj - alors l'un de ses proches lieutenants - de l'en dissuader, Jean-Luc Mélenchon commence à se rapprocher de plusieurs figures de la droite dure dans le but d'affaiblir le Parti socialiste : Éric Zemmour, qui l’inclut dans les invités de son cinquantième anniversaire avec Jean-Christophe Cambadélis, ainsi que l’écrivain Patrick Buisson. Ce dernier lui sert d'intermédiaire avec Nicolas Sarkozy pour planifier la médiatisation de son départ, ce qui bénéficierait au président de la République comme à Jean-Luc Mélenchon. Le refus de Laurence Ferrari de le recevoir au journal de 20 heures de TF1 fait toutefois échouer le projet.

Un an plus tard, Jean-Luc Mélenchon fonde le Parti de gauche, qui dispose d'instances semblables aux autres partis, avec François Delapierre. Fort d'un succès correct à l'élection présidentielle de 2012 où il obtient le soutien du Parti communiste - scrutin au cours duquel Delapierre fut son directeur de campagne - il refuse tout accord avec le Parti socialiste pour les élections législatives qui suivent, menant à une situation où le parti à la rose présente des candidats face à tous ceux du Parti de gauche, y compris Jean-Luc Mélenchon lui-même qui a pris la décision d'affronter Marine Le Pen dans la circonscription du Pas-de-Calais où elle est candidate, menant à une quasi-absence de députésLe livre ne le mentionne pas mais le seul député élu avec le soutien du Parti de gauche est le communiste Marc Dolez dans la dix-septième circonscription du Nord.. Cette petite humiliation, ajoutée à celles des négociations menées dans un placard à balais avec les équipes d'Anne Hidalgo dans l'entre-deux tours des élections municipales de 2014 à Paris, le rend rancunier vis-à-vis de son ancien parti. Le décès de François Delapierre d'un accident vasculaire cérébral en 2015, qu'il voyait comme son successeur et qui était aussi l'un des rares à pouvoir lui tenir tête, le marque profondément. Charlotte Girard, la veuve de Delapierre, confie aux auteurs s'interroger sur le fait que la disparition de son mari ait indirectement mené à la création du mouvement que Jean-Luc Mélenchon créé un an plus tard : La France insoumise.

Partie 2 - Le mouvement

Réception Peu avant sa sortie, des extraits sont diffusés et font l'objet d'une large couverture médiatique, qui provoque de nombreuses réactions.

Monde politique

Fabien Roussel déclare . La députée Clémentine Autain déclare : . L'avocat Alain Jakubowicz, ancien président de la Licra, provoque une polémique, en déclarant à propos de l'ouvrage : . Il ajoute : . Jean-Luc Mélenchon porte plainte contre lui à la suite de cette déclaration.

Lors de la sortie du livre, consigne est donnée aux élus et militants de ne pas réagir, excepté pour mettre en cause les « purgés » . Jean-Luc Mélenchon affirme ne pas vouloir lire ce livre. Néanmoins, il qualifie ses auteurs de « gens dégénérés », il les accuse d'avoir « relu et réinventé » la vie privée des dirigeants de LFI., et ajoute « Qu’on me foute la paix ! ». Plusieurs cadres de LFI critiquent l'ouvrage, qu'ils estiment propager de la désinformation. Ainsi, Mathilde Panot déclare : . Manuel Bompard déclare pour sa part : . Hadrien Clouet traite les deux journalistes de . De même, de nombreux militants contestent le contenu du livre et font bloc. Plusieurs militants LFI ironisent sur l'image de la meute et des loups en privé ou sur les réseaux sociaux. Marine Tondelier déplore une . Elle confirme cependant avoir bien reçu un SMS menaçant de Jean-Luc Mélenchon affirmant : « On va te renvoyer la dose que tu mérites ».

Le Premier ministre François Bayrou, lors de son audition du devant la commission d’enquête parlementaire concernant l'affaire Bétharram, détient sur sa table un exemplaire du livre La Meute. Pour HuffPost, il s'agit d'un message adressé au député LFI Paul Vannier, accusé par François Bayrou d’instrumentaliser politiquement cette commission.

L'ouvrage ne provoque que peu de débats, en interne à LFI, ou auprès des autres composantes de gauche, mais génère un certain malaise.

Médias

La RTS suisse écrit : , même si .

Pour le journaliste Pierre Jacquemain de Politis, ceux qui connaissent LFI apprendront peu du . Il mentionne .

Joseph Confavreux et Mathieu Dejean dans Médiapart jugent que cette parution est « un moment déterminant pour la gauche, qui suscite enfin des discussions stratégiques nécessaires et importantes, notamment sur les limites du leadership charismatique qu'incarne Jean-Luc Mélenchon ».

Le Canard enchaîné le qualifie de dont ..

Pour L'Opinion, le livre est ..

Ventes Première semaine Le site Atlantico annonce qu'une semaine après sa sortie, personne ou presque n'a lu l'ouvrage bien qu'il soit disponible en version électronique, car les librairies seraient en rupture de stock..