vignette|Autoportrait de Nicolas Poussin, version pour Jean Pointel, Gemäldegalerie, BerlinAutoportrait est un tableau réalisé en 1650 par le peintre français Nicolas Poussin. De format vertical, cette huile sur toile est conservée au musée du Louvre, à Paris..

Description Il s'agit d'un autoportrait dans lequel l'artiste se représente à mi-corps, le buste de trois-quart, le visage de face dont la partie gauche est plongée dans l'ombre. Il est vêtu d'une toge grise et pose sa main droite sur un papier roulé noué d'un ruban rouge, rappelant un volumen antique. Il porte une bague ornée d'un diamant pyramidal à l'auriculaire de cette même main.

Nicolas Poussin se présente devant deux tableaux aux cadres dorés. Le premier contient une inscription latine sur un fond neutre : « EFFIGIES NICOLAI POUSSINI ANDELYENSIS PICTORIS. ANNO ÆTATIS. 56. ROMAE ANNO JUBILEI. 1650 » (« Portrait de Nicolas Poussin, peintre des Andelys, âgé de 56 ans. A Rome en l’année du Jubilé 1650. ») Une partie du second tableau nous montre une femme de profil couronnée d'un diadème ornée d'un œil et semblant être enlacée par deux bras. Enfin, en arrière-plan, se trouve la partie supérieure d'une porte en bois.

Analyse Cet Autoportrait est une commande de Paul Fréart de Chantelou, ami et mécène de Nicolas Poussin, qui le sollicite pour un tel tableau dès 1647. Il s'agit d'un des deux seuls autoportraits qu'il peint, l'autre étant réalisé en 1649 pour un autre mécène du peintre, Jean Pointel, et qui est aujourd'hui conservé à la Gemäldegalerie à Berlin. Poussin précise d'ailleurs dans une lettre à Chantelou qu'il lui réserve le portrait le mieux réalisé. Il souligne dans une autre lettre datée du mois de mars 1650 être peu motivé à réaliser un tel ouvrage.

Avec ce tableau, Nicolas Poussin représente l'image archétypale du peintre-philosophe : la posture digne, la toge, la bague à l'auriculaire (symbole stoïcien de force et de constance). Cette bague peut également avoir une dimension chrétienne, puisque les premiers chrétiens en portaient une à l'auriculaire de la main droite uniquement, comme le peintre ici.

Outre l'autoportrait du peintre au premier plan, c'est bien la figure féminine en arrière-plan à gauche qui attire l'attention. Cette femme de profil coiffée d'un diadème orné d'un œil serait une allégorie de la Peinture, d'une peinture savante, selon le biographe de Poussin et historien de l'art Giovanni Pietro Bellori. Cette figure féminine est embrassée par deux mains, ce qui signifierait l'« Amour de la Peinture », mais également l'allégorie de l'Amitié, celle entre le peintre et son mécène Chantelou. Références

Voir aussi

Bibliographie

Nicolas Milovanovic, Catalogue raisonné des peintures françaises du XVIIe siècle du Musée du Louvre ,Paris, Gallimard Louvre éditions, 2021 (ISBN 978-2-07-290662-6 et 978-2-35031-717-5), Pierre Rosenberg et Christel Dupuy, Nicolas Poussin : catalogue raisonné de l'œuvre peint, Paris, Flammarion, 2026,

Article connexe

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Liens externes

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