L'affaire Dimitri Perrier concerne la mort inexpliquée d'un adulte autiste de 28 ans à l'hôpital psychiatrique de Rouffach, en . Sans information précise concernant les causes de sa mort, sa famille médiatise cette affaire et dépose une plainte. Une information judiciaire pour homicide involontaire est finalement ouverte en , près de cinq ans après la mort de Dimitri.

Mort de Dimitri Dimitri Perrier est né en 1992 ; non-verbal à l'âge de trois ans, il entre dans un institut médico-éducatif à la fin de sa dernière année d'école maternelle. Il reçoit un diagnostic d'autisme en 2018. Sa famille est originaire d'Ungersheim ; d'après sa mère Stéphanie Neunreuther, son âge mental serait comparable à celui d'un enfant de six ou sept ans.. Il vit dans un foyer d'accueil en semaine et revient parmi sa famille le week-end, jusqu'au confinement dû à la pandémie de Covid-19 en France. Il connait alors une période d'angoisses et de crises liée, d'après sa mère et son oncle, au changement dans ses habitudes en raison du confinement. Il est en conséquences interné au service psychiatrique du centre hospitalier de Rouffach.. D'après sa mère, son état s'y dégrade et il subit alors quinze jours d'isolement, sans contacts avec sa famille. Florian Coulon, l'oncle de Dimitri Perrier, questionne les raisons de cette mesure, car son filleul n'est pas violent.

Le , alors âgé de 28 ans, il est retrouvé mort dans sa chambre., des suites d'un arrêt cardiaque. Stéphanie reçoit l'information du décès par téléphone à 21 heures, sans explications quant aux causes de sa mort.. Son corps est envoyé à l'institut médico-légal de Strasbourg, puis il est enterré le .

Médiatisation du décès Stéphanie et Florian témoignent de leur impossibilité de connaître les causes et les circonstances du décès de Dimitri. Ils souhaitent médiatiser cette affaire afin de , et sur les nombreuses maltraitances qu'ils subissent. Stéphanie Neunreuther déclare avoir été entravée dans sa volonté de connaître la vérité par le centre hospitalier, qui a initialement refusé de lui donner la dernière ordonnance médicamenteuse de son fils. C'est finalement la gendarmerie qui récupère cette ordonnance, dans le cadre de l'enquête.

Quatre ans après le décès, la famille n'a toujours aucune explication claire, Florian décrivant une , et regrettant qu'un membre du personnel hospitalier potentiellement coupable d'homicide involontaire continue d'exercer. Stéphanie déplore aussi le faible poids qu'a l'opinion publique dans cette affaire, estimant que des préjugés sur l'autisme pourraient être responsables du manque de mobilisation de la population. Florian s'oppose à ce que la mort de Dimitri soit . En s'appuyant sur ses compétences de vidéaste professionnel, il diffuse régulièrement des images pour entretenir la mémoire de Dimitri sur les réseaux sociaux ; sa vidéo intitulée est vue plus de .

La famille de Dimitri organise régulièrement des marches blanches, et a lancé une pétition en ligne en , qui a reçu en deux semaines. Une première marche blanche rassemblant une trentaine de personnes a lieu le , lors du premier anniversaire de sa mort, en cortège avec des ballons blancs, terminé par un dépôt de gerbes devant le centre hospitalier de Rouffach. La seconde a lieu le , Stéphanie dénonçant alors la lenteur de l'enquête.. ; des ballons, des fleurs et un portrait sont déposés devant l’hôpital..

La troisième est organisée le ..., Stéphanie fabriquant pour l'occasion un arbre à souvenirs ; quatre marches blanches ont au total été organisées entre sa mort et l'ouverture de l'information judiciaire. En , toujours sans réponse quant aux raisons du décès, la famille de Dimitri se rassemble devant le tribunal de Colmar pour demander que la justice avance sur son dossier. Stéphanie Neunreuther témoigne en 2025 qu'elle prend des antidépresseurs depuis quatre ans, en raison de l'absence de réponses aux causes de la mort de son fils et de l'impossibilité de faire son deuil. Une nouvelle marche blanche est organisée en .. L'année suivante, la famille n'organise pas de marche blanche et veut sensibiliser aux maltraitances subies par les personnes autistes en psychiatrie.

Suites judiciaires Stéphanie Neunreuther estime que son fils Dimitri a été tué (homicide), peut-être par intoxication médicamenteuse à la suite d'une erreur médicale, en soulignant que l'autisme n'est pas en lui-même une cause de mortalité. Elle a déposé une plainte contre le centre hospitalier de Rouffach pour homicide involontaire, suivie de nombreuses enquêtes et contre-enquêtes, en déplorant notamment l'expertise judiciaire rendue en , qui .. Elle déplore aussi la grande lenteur du traitement judiciaire de cette plainte ; cinq ans après la mort de Dimitri, sa famille restait toujours sans réponse claire quant aux causes de sa mort. Néanmoins, l'enquête écarte grâce à l'autopsie les causes physiologiques et le suicide, Dimitri n'ayant aucune maladie connue au moment de sa mort. D'après l'avocat de la famille de la victime, Dimitri était décrit comme étant en parfaite santé à 13 h, mais il est décédé à 20 h.

En , à l’occasion d'un nouveau rassemblement d'une quinzaine de personnes en sa mémoire., le procureur de Colmar reçoit la famille de Dimitri. pendant une trentaine de minutes, et annonce une décision du parquet de Colmar (poursuites judiciaires ou classement sans suites) sous un mois. Fin , une information judiciaire pour homicide involontaire est finalement ouverte, contre une personne morale et une personne physique...

La famille de Dimitri témoigne alors qu'à la suite de cette ouverture d'information judiciaire, la procédure pourrait prendre encore deux ans jusqu'à ce que les responsabilités dans la mort de Dimitri soient clairement établies..

Notes et références

Catégorie:Affaire judiciaire concernant l'autisme en France Catégorie:Justice en Alsace