La place de Gabriel Miro, auparavant nommée Vistillas de San Francisco, Campillo de las Vistillas ou Las Vistillas, est une petite place paysagée dans le quartier de Palacio, de l'arrondissement Centre de Madrid, délimitée au sud par les rues de Don Pedro, de San Buenaventura et des Vistillas ; et au nord par la Cuesta de los Ciegos, la rue de la Morería et la rue de YeserosPedro de Répide (qui signait certains de ses articles du pseudonyme "l'Aveugle des Vistillas") la décrivit vers 1920 comme un "lieu magnifiquement situé, elle domine le Manzanares et c'est un belvédère splendide, duquel on voit, à gauche du chemin ancien d'Alcorcón, aujourd'hui paseo de Extremadura, les collines de Luche y du Cuervo, de las ánimas et de San Isidro, jusqu'au chemin de Carabanchel, et à droite, toute la Casa de Campo. Il concluait sa description passionnée en notant que « La vue du Palais royal det de ses jardins, sur le fond "velazqueño" de la Sierra, complète de ce côté le panorama admirable, dont la contemplation fait de la colline de las Vistillas l'un des plus beaux belvédères d'Espagne... ». La petite place est agrémentée par les jardins dessinés en 1932 par l'architecte Fernando García Mercadal et remodelés en 1945 par Manuel Herrero Palacio. Les jardins occupent la partie la plus élevée de la colline des Vistillas, sur deux plate-formes étagées.

En 1944, la place a été rebaptisée du nom de l'écrivain alicantin Gabriel Miro, bien qu'elle soit toujours connue par son nom populaire (place des Vistillas) depuis le . Elle est reconnue comme un des plus typiques belvédères dans le vieux Madrid, et souvent fréquentée lors des fêtes de san Isidro et La Paloma.

Histoire Dans le plan de Texeira de 1656, la place est indiquée comme les Vistillas de San Francisco ; et dans celui d'Espinosa de 1769 sous le nom de place des Vistillas. Alors qu'ils n'étaient que des bois et du terrain vague, ces terrains ont été cédés en 1662 par le Conseil de Madrid au duc de Infantado dont le palais était voisin. Pendant la deuxième moitié du et au début du , ces terrains ont fait l'objet de réclamation, litige et achats entre la Ville et le Gardien de San Francisco, jusqu'à leur acquisition par les héritiers de la maison de l'Infantado et le duché d'Osuna, qui finalement érigèrent là le palais, la bibliothèque et l'armurerie de cette maison ducale, à peine séparée du campillo des Vistillas par le Corral des Oranges aujourd'hui disparu. En 1887, la Mairie a acheté la maison ancienne d'Osuna (tout le pâté de maisons 127) pour pouvoir prolonger le tracé de la rue de Bailén ; une partie de ces terrains seront achetés au par le diocèse de Madrid-Alcalá pour y bâtir, entre 1902 et 1906, le Séminaire Concilier de Madrid dont l'entrée est au de la rue de san Buenaventura.

En dépit des propositions répétées que le doyen des chroniqueurs de la ville, Ramón de Mesonero Romanos, a fait tout au long de sa vie pour la conservation et l'aménagement des Vistillas pendant la décennie 1920, le campillo des Vistillas était un lieu habituel d'emplacement de marchés de produits alimentaires, surtout de melons. Dans l'un des immeubles de ce qui deviendrait la place de Gabriel Miro, situé entre les rues de san Buenaventura et la rue des Vistillas, le sculpteur Victorio Macho avait monté son atelier, qui sera ensuite occupé par le peintre Ignacio Zuloaga, et où se trouve un petit musée.

Magies et légendes vignette|250x250px|La silhouette au crépuscule du Monument à La Violetera, sur le campillo des Vistillas du . Pedro de Répide a recueilli avec humour quelques nouvelles du passé ‘paranormal’ du belvédère céleste solitaire que fut pendant des siècles la colline des Vistillas. C'est là que se réunissaient par les nuits de printemps de l'an 1886 un cercle de pèlerins dans l'espoir de voir le passage miraculeux de la Vierge, San Pedro et San Juan suivis d'un cortège d'anges, traversant le firmament depuis le côté du Guadarrama jusqu'à l'horizon du chemin de Tolède. Expérience fabuleuse qu'un demi-siècle plus tard répétaient les craintifs surveillants du passage de la comète de Halley et sa promesse d'une nouvelle fin du monde.

Espace monumental À la fin du et au début du e, la place et les jardins annexes ont été décorés de divers monuments: la statue urbaine de La Violetera, manola castillane et populaire, œuvre de Santiago de Santiago, qui a d'abord été exposée au carrefour de la rue d'Alcalá avec la Gran Via et qui a été déplacée à las Vistillas le ; le monument et la fontaine consacrés à l'écrivain Ramón Gómez de la Serna, auteur de la sentence, entre proverbe et greguería, « Madrid est n'avoir rien et tout avoir » ; et un buste du peintre basque Ignacio Zuloaga, qui habita un jour la placeD'autres "greguerías" ramoniennes sur le même thème : « Madrid c'est avoir un pardessus bien chaud et avec lequel on peut aller tranquillement même aux enterrements avec sérénité. Madrid c'est ne pas admettre le gothique. Madrid c'est l'improvisation et la ténacité. Madrid c'est rester joyeux sans argent et ne pas savoir comment on a pu acheter ce qu'on a à la maison »..

Notes et références

Notes

Références

Bibliographie

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