Liste du patrimoine culturel et naturel du bourg de Chatan (préfecture d'Okinawa, Japon), distribué en trois catégories : Patrimoine matériel et monuments, gusukus et sites archéologiques.

Le bourg de Chatan inclut actuellement huit éléments considérés comme patrimoine culturel et monuments, désignés ou enregistrés au niveau national ou municipal, deux gusukus identifiés et soixante et un sites archéologiques.

Patrimoine culturel et monuments, désignés ou enregistrés Patrimoine matériel Résidence Chatan Uchinā-yā thumb|Chatan Uchinā-yā vue de l'extérieur Adresse : 904-0101 Chatan, Aza Kamisedo 830-2 (loc. )

Chatan Uchinā-yā (lit. « la maison okinawaienne de Chatan ») est un complexe incluant des bâtiments provenant de divers endroits et restaurés pour recréer une résidence ryūkyūane traditionnelle. Elle inclut le bâtiment principal de l’ancienne résidence Medoruma et les latrines-porcherie (fūru) de l’ancienne résidence Sakihara, ainsi qu’un grenier à plancher surélevé, une presse à canne à sucre et un puits. thumb|Bâtiment principal de Chatan Uchinā-yā thumb|Latrines-porcherie de Chatan Uchinā-yā Le bâtiment principal et le fūru ont été enregistrés comme patrimoine matériel national en février 2012 sous les noms de et .

Le bâtiment principal de la résidence Medoruma a été offert au Comité d’Éducation de Chatan par la famille en 1993. Il s’agit d’un bâtiment en bois couvert de tuiles rouges qui a été construit en 1890. Il a été déplacé en 2005 depuis son emplacement originel dans l’aza de Yoshihara (bourg de Chatan) vers son emplacement actuel, et rénové. Il couvre et a été construit en suivant les règles définies par l’administration du Royaume de Ryūkyū concernant les résidences (, 1737) : la surface des maisons et de chaque pièce est fixée selon le rang du propriétaire (pas plus de six tatamis par pièce pour la maison d’un roturier). La couverture de tuiles était aussi interdite aux roturiers jusqu’à l’abrogation de la loi en 1889. La maison a une partie résidentielle à l’est composée de deux pièces principales et une pièce à l'arrière (ichibanzā, nibanzā et kucha) et une cuisine à l’ouest. thumb|Presse à canne à sucre de Chatan Uchinā-yā Les latrines-porcherie (fūru ou uwāfūru) viennent de la résidence Sakihama dans l’aza Tamagami (bourg de Chatan). Elles ont été installées dans le coin nord-ouest de la résidence, où elles sont traditionnellement placées. Elles sont construites et pavées en pierres de taille calcaire et incluent deux stalles avec un toit en arche au fond. thumb|Grenier à plancher surélevé de Chatan Uchinā-yā Les fondations de la presse à canne à sucre sont également en pierres, et ses engrenages en fer datent des années 1880. Cette presse a été utilisée jusqu’après la seconde guerre mondiale. Une étable traditionnelle est évoquée autour de la presse à canne à sucre, avec quatre piliers en pierre massifs. La structure complète devrait être couverte d’un toit en chaume et comporter plusieurs partitions en bois pour le bétail.

Le grenier à plancher surélevé était originellement à Amami (Man’ya à ). Tous les greniers de Chatan ayant été détruits pendant la seconde guerre mondiale, il n’a pas été possible de s’en procurer un localement.

Seuls le bâtiment principal et le fūru sont actuellement enregistrés comme patrimoine matériel national.

Source Chibu-gā Adresse : 904-0107 Chatan, Aza Ōmura (loc. )

La est désignée comme patrimoine matériel au niveau municipal. thumb|Source Chibu-gā

Chibu-gā était située dans la partie orientale du village de Tamēshi (actuellement Tamayose). Après la seconde guerre mondiale, cette zone a été saisie par les forces américaines et la source est actuellement à l’intérieur du Camp Foster.

Chibu-gā était la source depuis laquelle l’eau pour les accouchements, les premiers bains des nouveau-nés et le rituel de mijinadī pour les enfants était puisée et elle est également appelée ubu-gā ou nbu-gā (« la source de naissance »). Elle fournissait également l’eau sacrée wakamiji du nouvel an, et l’eau potable pour la consommation quotidienne. Deux planches en bois (dīji) flottaient sur l’eau du bassin principal pour faciliter la lessive. Elles étaient en pin de Ryūkyū, recyclées depuis la presse à canne à sucre du village.

Chibu-gā ne tarissait pas, même pendant les longues sécheresses. Elle était utilisée par les habitants de Tamēshi, mais également ceux des villages adjacents de Chatan et RindōPanneau explicatif installé par le Comité d’Éducation du bourg de Chatan à proximité de Chibu-gā : « 建造物 ちぶ川~北谷町文化財指定 第四号~ [Bâtiments historiques : la source Chibu-gā ~Propriété culturelle désignée par le bourg de Chatan No. 4~ ». Comité d’Éducation du bourg de Chatan 2004.

La source a été ensevelie pendant les travaux de construction de la Route Préfectorale 130 mais a été restaurée en 2004 et désignée comme patrimoine matériel municipal la même année. Comme le brûle-encens associé était à l’origine à l’emplacement de la nouvelle route préfectorale, il a été déplacé et installé sur le côté de la source.

Deux types de maçonneries peuvent être observées dans les murs de pierres de Chibu-gā : et . L’eau est d’abord collectée dans un petit bassin avant dêtre versée dans le bassin principal à travers trois goulots d’écoulement. L’accès à la source se fait par le devant du bassin principal, sur sa gauche, par des escaliers comporant neuf marches. Bien que la source soit probablement plus ancienne, la maçonnerie en pierre taillée date de la fin du ou début du .

Chibu-gā est encore actuellement un lieu sacré. Des prières appelées kā-ugami (« prières du puits ») sont effectuées à la source par les membres de la maisonnée de la Noro de Chatan chaque année le troisième jour du premier mois et le onzième jour du huitième mois du calendrier lunaire. Il y a également des prières à cette source pour le festival Ningwachā du deuxième mois du calendrier lunaire, par les membres de la maisonnée de la Noro de Chatan et les habitants du village.

La source a été hors d’accès pendant plusieurs décades et le lieu de prière avait été déplacé dans le « Lieu de Prière Commun du village Tamayose » dans le complexe rituel de Chatan Chōrōyama (Chatan, Ōmura Tamayosebaru 14). Lors de la rénovation de 2004, un brûle-encens a été placé de nouveau près de la source.

Patrimoine ethnologique Agari-nu-utaki Adresse : 904-0107 Chatan, Aza Ōmura, Gusukubaru 369 (loc. ) thumb|Agari-nu-utaki dans le gusuku de Chatan

Agari-nu-utaki ou Agari Utaki (lit. « le site sacré de l’est ») est désigné comme patrimoine etchnologique au niveau municipal sous le nom de . Il s’agit de l’un des sites sacrés situés à l’intérieur du gusuku de Chatan. Après la seconde guerre mondiale, les terres ont été saisies par les forces américaines et un autel de transfert de prières a été installé pour Agari-nu-utaki dans le complexe rituel de Chatan Chōrōyama en 1960. En 1993, bien que toujours à l’intérieur du Camp Foster, le site sacré a été reconstruit dans la partie méridionale de la troisième enceinte du gusuku de Chatan. Le site a été désigné comme « patrimoine ethnologique municipal » par le bourg de Chatan en 2004. La zone du gusuku de Chatan a été rétrocédée au Japon en 2020 mais l’accès est toujours strictement contrôlé par le Bureau de la Défense japonais.

Chatan Tun Adresse : 904-0107 Chatan, Aza Ōmura, Gusukubaru 369 (loc. )

Chatan Tun, désigné localement simplement sous le nom de Tun (lit. « la résidence ») est désigné comme patrimoine ethnologique au niveau municipal sous le nom de . Il s’agit de l’un des sites sacrés situés à l’intérieur du gusuku de Chatan. Après la seconde guerre mondiale, les terres ont été saisies par les forces américaines et un autel de transfert de prières a été installé pour Chatan Tun dans le complexe rituel de Chatan Chōrōyama en 1960. En 1993, bien que toujours à l’intérieur du Camp Foster, le site sacré a été reconstruit dans la partie sud-ouest de la troisième enceinte du gusuku de Chatan, environ au nord-est de son emplacement d’origine. Le site a été désigné comme « patrimoine ethnologique municipal » par le bourg de Chatan en 2004. La zone du gusuku de Chatan a été rétrocédée au Japon en 2020 mais l’accès est toujours strictement contrôlé par le Bureau de la Défense japonais.

Sites historiques Gusuku de Chatan Adresse : 904-0107 Chatan, Aza Ōmura, Gusukubaru (loc. ) Le a été désigné comme Site Historique National le . thumb|Vue du gusuku de Chatan Le gusuku de Chatan est une forteresse de Chūzan qui a été utilisée entre la seconde moitié du et la première moitié du . Il est situé dans la partie méridionale du bourg de Chatan, sur une colline qui domine le paysage le long de la côte occidentale de l’île d’Okinawa, bordée par la rivière Shirahi-gawa au nord. Les ruines mesurent environ de long est-ouest et entre 30 et de large nord-sud, et consistent en cinq enceintes avec leurs structures associées. Sa taille en fait l’un des plus grands gusukus de l’île d’Okinawa, après Shuri, Nakijin, Itokazu et Nanzan. Les murs présentent différents types de maçonnerie, essentiellement et . Les vestiges du bâtiment résidentiel ont été identifiés et le site a livré une large quantité de grès et de porcelaine obtenus par commerce avec l’étranger.

Les villages de Chatan, Tamēshi (actuellement Tamayose) et Rindō, qui se développaient au sud du gusuku de Chatan avant la seconde guerre mondiale étaient considérés comme directment liés au gusuku.

Il s’agit d’un site important pour l’histoire ryūkyūane, à commencer par l’époque Sanzan, c’est la raison pour laquelle il a été désigné Site Historique National.

Site archéologique d’Hamagawa Ugan thumb|Site archéologique d'Hamagawa Ugan au pied du site sacré Adresse : 904-0112 Chatan, Aza Hamagawa, Senbaru 47 (loc. )

Le est désigné comme site historique au niveau municipal. thumb|Vue générale du site sacré d'Hamagawa Ugan Hamagawa Ugan (également « Hamagā Ugan »), l’un des sites sacrés du village d’Hamagawa, est un promontoire de calcaire mesurant environ de long, de large et de haut, situé à la jonction entre la Route Nationale 58 et la Route Préfectorale 23. Il correspond au site sacré nommé dans le Ryūkyū-koku yurai-ki.

Le site archéologique est situé au sud de la colline, au pied de la pente et consiste en un amas coquillier de coquillages marins qui a livré de la poterie avec des « fonds plats resserrés » caractéristique du Kaizuka Récent (s). Le site est remarquable pour la découverte d’éléments de parure faits de coquillages cauris, comparables à ceux trouvés sur le site archéologique du Point No. 7 dans le groupe de sites archéologiques de l’île de Gushikawa (village d’Izena). Les artefacts ne sont associés avec aucune structure archéologique induisant une occupation résidentielle. Bien qu’il soit possible que les artefacts soient tombés depuis le haut du promontoire d’Hamagawa Ugan, il est assez peu probable qu’il y ait eu un habitat au sommet, étant donné la difficulté d’accès et l’étroitesse de l’espace.

Le site archéologique d’Hamagawa Ugan est considéré comme important car il pourrait s’agir de dépôts rituels non associés à une occupation résidentielle. De tels sites sont rares dans l’archéologie ryūkyūane pour cette période, l’unique autre exemple étant celui du site contemporain de l’amas coquillier d'Agigitara à Izena.

Site archéologique d’Ireibaru Adresse : 904-0102 Chatan, Ihei 1-11 (loc. ) thumb|Panier en bambou de la période Kaizuka trouvé dans les contextes humides du site d’Ireibaru Le a été désigné comme Site Historique National le .

Un projet d’étude de trois ans couvrant dans le nord du Camp de Kuwae, débuté en 1995, a mis au jour dix sites archéologiques et six dépotoirs archéologiques, parmi lesquels deux sites forment le site archéologique d’Ireibaru.