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L'Union paysanne pour l'Autriche, en allemand Landbund für Österreich (LBd) ou communément Landbund, était un parti paysan agrarien de la Première République d'Autriche. Il fut fondé en 1922 et son orientation politique était nationaliste allemande, il défendait lAnschluss avec le Reich allemand, était antisémite et antimarxiste. L'Union paysanne se considérait comme représentante des agriculteurs, ouvriers agricoles, ouvriers forestiers et des artisans. Les principales régions soutenant ce parti furent la Styrie, la Carinthie, la Haute-Autriche et dans une moindre mesure le Burgenland et la région de Waldviertel en Basse-Autriche.

De 1927 à 1933, l'union paysanne fut représentée dans presque tous les gouvernements fédéraux. Elle put en outre placer des Landeshauptmänner en Carinthie et dans le Burgenland.

Programme et idéologie Lors de la première conférence de l'union paysanne à Linz le 23 janvier 1923, les représentants votèrent les principes directeurs du parti. Le nationalisme allemand et la demande d'''Anschluss, la reconnaissance de la classe paysanne comme élément central de la communauté nationale, la société d'ordres comme alternative au parlementarisme, l'anti-urbanisme, l'anticapitalisme, l'anticommunisme et l'anticléricalisme furent alors des éléments centraux. Ils considéraient alors les chrétiens sociaux et les « sociaux-démocrates judaïsés » comme leurs ennemis principaux. Le programme de l'union paysanne pour l'Autriche fut voté en 1925 et toutes les décisions postérieures se fondèrent sur ce premier programme et ses différents thèmes.

La classe paysanne était considérée par l'union paysanne comme la garante de la pureté du peuple allemand et de sa race. Le judaïsme était considéré comme « étranger au peuple » (volksfremd) et comme une menace pour sa pureté. A l'inverse, le christianisme était perçu comme un rempart contre le marxisme - lui-même dominé par le judaïsme, selon l'union. Son soutien pour le christianisme distingue l'Union paysanne du parti grand-allemand, qu'elle jugeait trop libéral. L'Union paysanne critiquait néanmoins le détournement de la religion à des fins politiques afin d'obtenir un pouvoir séculier.

L'idéologie de l'Union paysanne taxait la lutte des classes d'être destructrice pour le peuple allemand. Elle lui préférait le concept de communauté nationale. Ainsi, la participation politique de la classe ouvrière et paysanne était pensée comme la voie vers un État meilleur. Le concept de Ständeparlament (littéralement : parlement d'ordre) était ainsi préféré à une pensée parlementariste. En effet, les conflits de parti détruiraient le peuple, puisque chacun voudrait voler les électeurs des autres. Une société d'ordre créerait au contraire un système stable avec des groupes définis qui ne seraient pas en concurrence, car chaque ordre percevrait l'utilité de l'existence des autres. Seule ce type de société garantirait ainsi l'unité et la solidarité entre les hommes.

Afin de combattre l'influence du parti social-démocrate au sein des groupes paysans et ouvriers, la paysannerie était appelée à payer équitablement les ouvriers agricoles et à les nourrir correctement, mais aussi à les éduquer dans l'esprit de l'Union paysanne.

Histoire

Prémisses Pendant la monarchie de Habsbourg, la paysannerie s'est politiquement constituée dans des groupes d'opposition conservateurs et cléricaux contre les réformes de l'école et de l’Église. La crise agricole de 1879 renforça ces positions anticapitalistes et antilibérales. Dans plusieurs États, des associations paysanne d'amitié austro-allemande ou nationalistes allemandes furent créées. C'est notamment le cas de l'Union paysanne de Haute-Autriche (Oberösterreischische Bauernverein) en 1882 ou de l'Union paysanne de Salzburg (Salzburgische Bauernverein) en 1883. Ces associations se retrouvaient surtout dans les enclaves protestantes, parmi les petits et moyens propriétaires de biens fonciers agraires et parmi les espaces ruraux frontaliers avec l'Allemagne. En 1901 s'est constitué le Parti paysan allemand (Deutsche Bauernpartei) auquel adhérèrent des représentants importants des fédérations paysannes. En 1905, en naquit le qui comptait déjà huit députés au Reichsrat en 1906. Les élections législatives de 1911 leur permirent de présenter 32 députés.

Du fait de la réorganisation territoriale de l'Europe centrale après les traités entre Alliés, à la suite de la Première Guerre mondiale, le mouvement perdit ses principaux bastions, en Bohême et en Moravie. Comme cette perte concernait tous les partis nationalistes et d'extrême-droite autrichiens, ceux-ci envisagèrent une fusion. Pour les élections constituantes autrichiennes de 1919, les partis paysans régionaux se présentèrent séparément. Ils formèrent néanmoins un groupe parlementaire ensuite avec les nationalistes bourgeois. Les partis paysans concurrents étaient le Deutsche Freiheits- und Ordnungspartei (littéralement : Parti allemand de l'ordre et de la liberté) de Haute-Autriche, le Steirische Bauernpartei (littéralement : Parti paysan de Styrie), la Kärntner Bauernbund (littéralement : Ligue paysanne de Carinthie) et la Freiheitlicher Salzbuger Bauernbund (littéralement : Ligue salzbourgeoise pour la liberté). Ils présentèrent à eux tous 12 députés (parmi les 26 députés nationalistes et d'extrême droite) dans l'assemblée nationale constituante de 1919. Parmi les partis paysans, qui se considéraient comme des organisations professionnelles, il y avait un désaccord sur le sujet d'une union possible avec les nationalistes bourgeois. Bien qu'un fusion puisse être bénéfique en termes de calculs électoraux, beaucoup de députés se refusaient à défendre le capitalisme et le centralisme économique. C'est en particulier le parti paysan de Styrie qui travailla, sous l'égide de Leopold Stocker, à créer un parti paysan d'échelle nationale. En 1919, il fonda la Verband der unabhängigen Bauernbunde (littéralement : Association des ligues paysannes indépendantes). L'arrivée de nouvelles ligues contribua à transformer cette première structure en le Deutschösterreischiche Bauernpartei (littéralement : Parti paysan austro-allemand). Les élections législatives autrichiennes de 1920 furent l'occasion de la réunion avec de nouvelles unions paysannes et avec le Parti populaire de la Grande Allemagne (GDVP). Le Parti paysan obtint alors six mandats, ce qui prouva que la création d'un parti paysan unifié était politiquement viable. En septembre 1921 le Parti paysan austro-hongrois décida de s'unir au Reichslandbund allemand (littéralement : Fédération rurale du Reich) sous le nom de Landbund für Österreich, Verband Österreich des deutschen Reichslandundes (littéralement : Union paysanne pour l'Autriche, Association autrichienne des ligues nationalistes allemandes des états du Reich autrichien). Face à cette consolidation croissante du parti, les unions paysannes qui s'étaient associées au parti grand-allemand, décidèrent de fusionner avec celui-ci en janvier 1922 pour former le Bund deutschösterreichischer Bauern (littéralement : Ligue des paysans austro-allemands), ou GDVP. Ces deux fusions créèrent et unifièrent les ligues de paysans allemands sous deux forces fédérales et furent l'acte de naissance de la Ligue paysanne pour l'Autriche.

Fondation et opposition gouvernementale L'Union fut officiellement fondée le 20 janvier 1922 à Leoben. Politiquement et financièrement soutenu par des mouvements grands-allemands, l'union chercha à gagner le ralliement d'unions paysannes qui avaient gagné le GDVP. Ces tentatives connurent un certain succès, celles-ci se joignirent au Landbund en décembre 1922. Le 21 janvier 1923 eu lieu le premier congrès du parti fédéral, à Linz. Un accord pour une politique commune, préservant néanmoins l'indépendance de chaque parti, fut établi avec le GDVP.

LÖsterreichischer Bauernbund parla à cette occasion d'une soumission du Landbund devant le GDVP. Il y eut en outre des débats interne sur la répartition des places dans les listes électorales. C'est pour cette raison que les partis candidatèrent séparément aux élections législatives de 1923. Étant donné que ces différents partis ont candidaté sous des noms différents, ils n'ont pas pu optimiser le nombre de mandats qui aurait pu s'élever à huit si tous avaient porté le même nom, mais s'est trouvé abaissé à cinq.

Les années suivantes, le Landbund mena avant tout une politique d'agitation populiste contre la politique de la coalition au pouvoir entre chrétiens-sociaux et grands-allemands. L'union fédérale défendait une baisse de l'impôt sur les produits de l'économie agricole, proposition qui put aboutir, car elle se conjugua avec les tentatives du parti chrétien-social de se rallier les milieux ruraux. En 1926, le Landbund instrumentalisa les scandales bancaires contre le gouvernement. Il accusa ainsi l’État de soutenir ses banques qui périclitaient, lors même que celles-ci vivaient, selon la ligne du parti, aux dépens de l'économie autrichienne et des besoins du peuple autrichien qui vivait dans le besoin.

Pour les élections législatives de 1927, l'Union décida de présenter la candidature des organisations sous la même bannière. Lors du congrès fédéral du parti en février 1927, l'Union rejeta la proposition du chancelier fédéral, Ignaz Seipel, de fonder une liste d'union anti-marxiste. Le parti reprocha à cette occasion aux représentants chrétiens-sociaux de la paysannerie de se laisser instrumentaliser par l'industrie et le capital pour permettre à leurs défenseurs d'obtenir la majorité. Cette stratégie législative permit au parti de gagner des sièges par rapport aux élections de 1923.

Les résultats électoraux de la liste gouvernementale étant assez faibles comparés à ceux du Parti ouvrier social-démocrate (SDAP), Seipel proposa au Landbund d'intégrer une coalition. Le parti ne pouvait espérer obtenir le porte-feuille du ministère de l'économie agricole, il demanda donc le poste de vice-chancelier et un autre ministère important. En outre, comme Seipel promit d'intégrer certaines réformes prônées par le Landbund à l'agenda du gouvernement, l'Union paysanne décida d'intégrer cette coalition. représenta dans le le Landbund aux postes de vice-chancelier et de ministre de l'intérieur.

Présence au gouvernement La présence du parti au sein du gouvernement lui permit d'affermir son organisation interne. En décembre 1927 fut fondé un secrétariat fédéral du parti et le parti chercha à donner le sentiment qu'il était uni, ce qui, en raison de la structure fédérale du parti et de la domination de certaines organisation appartenant à certains Länder sur cette structure, n'était qu'apparence. Au sein du gouvernement, le parti défendit surtout les intérêts agricoles et ruraux. Fin 1928, il défendit une diminution massive de l'importation de viande de bétail et se montra très critique à l'égard de la politique économique de Seipel. Menaçant de quitter le gouvernement, le parti put défendre ses vues en entretien avec le chancelier le 3 janvier 1929.