Veitel Heine Ephraim né en 1703 à Berlin et décédé le dans la même ville, est un joaillier, un fabricant de soie, un maitre-monnayeur, et le président de la communité juive de Berlin, à l'époque capitale du royaume de Prusse: H.B. van der Linden: Veitel Heine Ephraim. Hofjude Friedrichs II; page: 15; éditeur: Hentrich & Hentrich; 2013; .

Durant la guerre de Sept Ans, Frédéric le Grand dévalue la monnaie prussienne cinq fois pour financer la guerre. Les pièces de monnaie dépréciées sont produites par Ephraim et Daniel Itzig et répandues hors de Prusse, en Saxe, dans le royaume de Pologne et en Courlande: Steven M. Lowenstein: The Berlin Jewish Community: Enlightenment, Family and Crisis, 1770-1830; page: 26; site: books.google.com: Christopher Clark: Iron Kingdom: The Rise and Downfall of Prussia, 1600-1947; site: books.google.com: Deborah Hertz: How Jews Became Germans: The History of Conversion and Assimilation in Berlin; site: books.google.com. Ephraim et son associé acquièrent une sulfureuse image en ajoutant jusqu'à 70% de cuivre pour dévaluer les pièces qui deviennent connues sous le nom de éphraïmites. Heinrich Carl von Schimmelmann, Johann Ernst Gotzkowsky et Leendert Pieter de Neufville coopèrent aussi à la politique de dépréciation de la monnaie. La politique de monnayage du roi devient un élément clé de financement de la guerre: A Prussian king and his money; Special exhibit; éditeur: Deutsche Bundesbank; consulté le 13 mai 2025.

Début de la richesse thumb|upright=1|La Spandauer Straße, où a vécu sa famille, d'après une aquarelle de 1690

Veitel Chaïm Ephraim est le cinquième enfant de Nathan Veitel Ephraim (vers 1658-1748), joaillier né à Altona et doyen de la communauté juive, qui déménagea d'Hambourg à Berlin. Sa mère est originaire de Vienne. La famille Ephraim vit au 30 Spandauer Straße. Très rapidement il germanise son prénom hébraïque Chaïm en Heine.

En 1744 ou 1745, Ephraim devient joaillier de la cour de Frédéric II. Ephraim et Frédéric se connaissent depuis 1738, quand ils se sont rencontrés au château de Rheinsberg. Déjà en tant que prince héritier, Frédéric était endetté envers Ephraim: Heinrich Schnee: "Ephraim, Veitel" in: Neue Deutsche Biographie 4; pages: 546-547; 1959; Ephraim, Nathan Veitel Heine. En 1748, Ephraim prend à bail à Potsdam une manufacture de dentelle et forme des orphelins pour sa production. Deux ans plus tard, il est nommé par le roi doyen de la communauté juive de Berlin. En 1752 ou 1754, Ephraim livre de l'argent à Johann Philipp Graumann, directeur des hôtels des monnaies prussiens: Anton Balthasar König: Annalen der Juden in den preußischen Staaten besonders in der Mark Brandenburg; page: 285; site: books.google.com: Geheimes Staatsarchiv Preußischer Kulturbesitz; 1ère partie; 1999; rédacteurs: Meta Kohnke, Bernd Braun, Manfred Jehle et Andreas Reinke.

Activité de monnayeur thumb|upright=1|Pleissembourg où se trouvait l'hôtel des monnaies de Leipzig Après la révocation de Graumann au début de 1755, Veitel Ephraim et son beau-frère Moses Fränkel prennent à bail l'hôtel des monnaies de Königsberg: Bernd Kluge: Für das Überleben des Staates; éditeur: De Gruyter Brill; 2013; page: 131. Leur succès est tel qu'ils obtiennent, dans des conditions similaires, le bail de l'hôtel des monnaies de Clèves, où l'un des fils d'Ephraïm prend ses fonctions le . En , Ephraïm prend à bail l'hôtel des monnaies d'Aurich. A un moment donné, Frédéric II ordonne que les anciens et nouveaux louis d'or soient transformés (estampillés) en frédéric d'or à Aurich. Les pièces vont être utilisées par la compagnie prussienne des Indes orientales en Asie, où elles valent 20 % de plus. Le , Ephraim propose au roi une prime de 20 % pour la location de l'hôtel des monnaies de Leipzig: Bernd Kluge: Für das Überleben des Staates… ; page: 132, 134, 135: Selma Stern: The Court Jew; a contribution to the history of the period of absolutism in Central Europe; éditeur: Jewish Publication Society of America; Philadelphie; 1950; page: 239; The Court Jew; a contribution to the history of the period of absolutism in Central Europe; site: archive.org. En Pologne, en Russie et en Hongrie, des commerçants malhonnêtes échangent les pièces dépréciées contre les vraies pièces circulant dans ces pays et les revendent à l'hôtel des monnaies.

Pour acquérir l'or et l'argent nécessaires, ils utilisent leurs vastes relations commerciales et personnelles avec l'étranger en Hollande, en particulier sur le marché d'Amsterdam, en Angleterre et à Hambourg par le biais de la bourse hambourgeoise et hollandaise: W. O. Henderson: Studies in the Economic Policy of Frederick the Great; éditeur: Routledge; page: 47; ; Studies in the Economic Policy of Frederick the Great. Un autre moyen de se procurer de l'argent consiste à refondre les subsides en or reçus de l'Angleterre depuis la Convention anglo-prussienne de 1758, et à les doubler ou les tripler en les mélangeant à d'autres métaux: Gerhard Steiner: Drei preussische Könige und ein Jude. Erkundungen über Benjamin Veitel Ephraim und seine Welt; éditeur: Hentrich; 1994; page: 35; .

Les recettes provenant des transactions de pièces d'or et d'argent de 1759 à 1762 dépassent 29 millions de thalers prussiens et donc le montant des subventions britanniques: Peter Rauscher: Prekäre Güter: Hofjuden als Heeres- und Münzlieferanten in der Frühen Neuzeit; 2014; consulté le 13 mai 2025. Le , Frédéric le Grand ordonne à Itzig et Ephraïm d'investir dans l'économie prussienne la grande richesse qu'ils ont amassée: Selma Stern: The Court Jew; a contribution to the history of the period of absolutism in Central Europe… page: 199. Quand il meurt, Ephraim laisse une fortune colossale: W. O. Henderson: Studies in the Economic Policy of Frederick the Great… Page: 42. Il est enterré au cimetière juif de Berlin-Mitte.

Avec Daniel Itzig, il tente en 1761 de fonder une école pour enfants pauvres qui n'aboutit pas à l'époque. Mais dans son testament de 1774, il ordonne la création d'un établissement d'enseignement juif, Kloyz, pour l'étude du Talmud et de la science juive à Berlin, qui ouvre ses portes en 1783 sous le nom de École d'enseignement Veitel Heine Ephraim et qui exista jusqu'au début du régime nazi: Veitel-Heine-Ephraim’sche Lehranstalt (Berlin); site: provenienz.gbv.de. Ce n'est qu'en que particulièrement précieux sur le plan historique, provenant de la bibliothèque de cet établissement d'enseignement, disparus en 1945, ont été remis à l'université de Potsdam: Nathanael Riemer: Die Judaica- und Hebraica-Bestände der Universitätsbibliothek Potsdam; postprint; Universitätsverlag Potsdam. Ils proviennent de la succession du rabbin Yehuda Ashkenasy à Hilversum, aux Pays-Bas.

Vie personnelle En 1727, Ephraim se marie avec Elke Fraenkel. Ils ont quatre fils : Ephraim (1729-1803): Der Stifter: Ephraim Veitel Ephraim (1729-1803); site de la Fondation Ephraim Veitel, Joseph (1731-1786), Zacharias (1736-1779) et Benjamin (1742-1811) et deux filles : Edel (1728-1750) et Rosel (1738-1803), qui épouse Heimann Fraenkel (1748-1824). L'arrière-petite-fille d'Ephraïm est Sara Grotthuis, une célèbre salonnière à Berlin vers 1800. thumb|250px|Palais Ephraim Le palais Ephraim Le magnifique hôtel particulier, le palais Ephraïm, est achevé en 1766. Les monolithes supportant le balcon ont été donnés par le roi à son favori pour le palais de Brühl, détruit pendant la guerre de Sept Ans: Hugo Rachel, Johannes Papritz et Paul Wallich: Berliner Großkaufleute und Kapitalisten; volume: 2; 1967; page: 312.

Le palais, richement décoré de colonnes et de putti, est démoli en 1935 en raison de l'élargissement du Mühlendamm. Il n'est reconstruit qu'entre 1985 et 1987, presque au même endroit, mais avec un nouvel emplacement au 16 de la Poststraße, dans le quartier Saint-Nicolas dans le Berlin-Mitte. Depuis 1987, le palais de style rococo sert de lieu d'exposition pour le Musée de la Marche de Brandebourg.

Références

Bibliographie

: Die Stiftungen der preußisch-jüdischen Hofjuweliersfamilie Ephraim und ihre Spuren in der Gegenwart; rédacteur: Karl E. Groezinger; (Jüdische Kultur. Studien zur Geistesgeschichte, Religion und Literatur); volume: 19; éditeur: Harrassowitz Verlag; Wiesbaden; 2009; : Louis et Henry Fraenkel: Forgotten Fragments of the History of an Old Jewish Family; Copenhague; 1975

Catégorie:Naissance en 1703 Catégorie:Naissance à Berlin au XVIIIe siècle Catégorie:Décès en 1775 Catégorie:Décès à Berlin Catégorie:Décès à 72 ans Catégorie:Personnalité inhumée à Berlin Catégorie:Personnalité allemande du judaïsme Catégorie:Banquier allemand du XVIIIe siècle Catégorie:Entrepreneur allemand Catégorie:Entrepreneur du XVIIIe siècle