Robert Coutelas est un artiste peintre, sculpteur et lithographe français né le dans le 14e arrondissement de Paris, découvert mort à son domicile du 226, rue de Vaugirard dans le 15e arrondissement de Paris le .
Biographie thumb|left|200px|Rue Valette, Paris Robert Coutelas, né en la maternité Port-Royal à Paris, est le second enfant issu du mariage de Georges Coutelas (1903-?) et de Lucie Raynaud (1908-1964), domiciliés au 15, rue Valette dans le 5e arrondissement de Paris. Au divorce de ses parents qui suit le décès de son frère ainé en 1933, il se voit confié à une famille de fermiers de la région parisienne jusqu'à ce qu'il retrouve sa mère dans le 13e arrondissement de Paris lors du remariage de celle-ci avec l'alsacien Léon Ensminger en 1938. En 1943, la famille est envoyée pour le service du travail obligatoire (STO) en Allemagne, dans un camp situé à la frontière de la Tchécoslovaquie au sein duquel Robert se trouve être l'unique enfant français.
Le retour en France passe par une première installation en Alsace - où l'adolescent découvre avec intérêt les arts populaires - avant une seconde installation à Thiers (Puy-de-Dôme) où son beau-père et lui sont embauchés dans une usine de filature. Dans le même temps, il lit assidument les livres d'art de la bibliothèque municipale, sculpte le bois et crée des objets hétéroclites en fer forgé. S'y ajoute la révélation de l'existence en la ville de Thiers d'une ancienne fabrique de cartes à jouer qui n'est pas sans influencer sa détermination de consacrer sa vie à l'art, et le violent rejet de celle-ci par ses parents le conduit à une première tentative de suicide en 1945, à une seconde en l'année 1947 où la famille s'installe à Clermont-Ferrand, Robert y travaillant en usine le matin (5H00-13H00) pour suivre les cours du soir de l'École des beaux-arts Mariko Kishi-Molia, « Biographie », Le monde de Robert Coutelas, éditions Jeann Matosssian, 2012, .. thumb|left|200px|École nationale supérieure des beaux-arts de Lyon Épris de l'art roman dont il va à la découverte avec passion dans les églises d'Auvergne, Robert suit en 1950 une formation de tailleur de pierre à Blois et participe à la restauration des cathédrales Notre-Dame de Rouen, Saint-Étienne de Bourges, ainsi qu'à l'église Saint-Nicolas du Foix de Blois avant de s'inscrire en 1953 à l'École nationale supérieure des beaux-arts de Lyon; Installé dans le quartier de la Croix-Rousse, sa participation à une exposition de groupe en 1955 le fait remarquer d'André Cottavoz. Il revient cependant à Paris en où il est coltineur aux Halles en même temps qu'il pose comme modèle dans les Académies. thumb|left|140px|226, rue de Vaugirard, Paris Lauréat du Prix Othon-Friesz au printemps 1959, Robert Coutelas devient la même année, et jusqu'à ce qu'il rompe son contrat en 1961, artiste permanent de la galerie Romanet à Paris (celle-ci lui offre un atelier rue du Cardinal-Lemoine) chez qui il reçoit les encouragements d'Émile Sabouraud (1900-1996) et se lie avec Jacques Yankel (1920-2020) d'une amitié qui durera jusqu'en 1977. En 1960, dans cette situation provisoirement plus aisée, il effectue des séjours à Cannes et surtout à Venise où le fait marquant est sa fascination pour l'œuvre de Vittore Carpaccio. C'est grâce à Jacques Yankel qu'il trouve en 1965 son minuscule logement du 226, rue de Vaugirard (l'ancienne Auberge du Soleil d'Or dont l'immeuble a conservé l'enseigne historique) pour une installation définitive; y adoptant des rats, des souris et des pigeons. Les deux artistes y tirent ensemble leurs lithographies dans l'atelier de René Guillard qui est situé à l'étage inférieur et c'est en 1967 que Robert Coutelas commence à peindre ses multiples tableaux en petit format de tarot sur des cartons qu'il récupère quotidiennement dans la rue. Prenant le rythme de peindre la nuit, il les baptisera Mes nuits : .
Robert Coutelas devient en 1968 artiste permanent de la galerie Félix Vercel à Paris. Il rompt ce contrat en 1972, année où il entame une liaison de cinq années avec la comédienne Marie Cecora. Ses Nuits lui valent cependant en 1973 le Prix Grimaud organisé par la Société éponyme d'édition de cartes à jouer, puis sont présentées en 1975 dans une exposition collective à la galerie Ortemp, au 27, rue de Richelieu à Paris, où elles auraient été remarquées par André Malraux. En 1976, elles forment la pochette du disque et l'affiche du concert au Théâtre de la ville de Paris du groupe hongrois KolindaYouTube, Kolinda : le disque, 1976. thumb|200px|Château-Chalon Entre juillet et , répondant à l'invitation du sculpteur Robert Moninot (1922-2000), son condisciple aux Beaux-Arts de Lyon, il séjourne à Château-Chalon (Jura) où la mise à disposition d'une forge lui offre de travailler la terre cuite et la pierre.
En 1981, sur la présentation par Mariko Kishi-Molia des œuvres de Robert Coutelas à la Galerie Ueda de Tokyo, celle-ci en acquiert un fonds important puis en organise en une exposition initiatrice de la notoriété de l'artiste au Japon.
C'est peu de temps après s'être réconcilié avec Jacques Yankel qu'en Robert Coutelas est découvert mort chez lui Jacques Yankel, Pis que peindre - Chronoique artistique, 1981-1990, éditions Chimères, 1991.. Il est inhumé en la division 91 du cimetière du Père-Lachaise à Paris.
Expositions Expositions personnelles thumb|180px|Musée Bernard-Buffet, Nagaizumi thumb|180px|Musée d'Art Mori, Tokyo Galerie Félix Vercel, 710, Madison Avenue, New York, , . Galerie Félix Vercel, 9, avenue Matignon, Paris, . Galerie Ueda, Tokyo, . Robert Coutelas - Rétrospective, Galerie d'Essai, Paris, . Le monde de Robert Coutelas - La collection Jeanne Matossian, Musée des Beaux-Arts de Chartres, - « Chartres : le monde de Robert Coutelas au musée des Beaux-Arts », L'écho républicain, 21 décembre 2012. Musée d'art de Shoto, Tokyo, Musée d'art de Shoto, Robert Coutelas, présentation de l'exposition, 2015. Musée Bernard-Buffet, Nagaizumi, mars-Musée Bernard-Buffet, Robert Coutelas, présentation de l'exposition, 2016. Robert Coutelas - I seek the small golden hand, Asahi Group Oyamazaki Villa Museum of Art, ōyamazaki, - Asahi Group Oyamazaki Villa Museum of Art, Robert Coutelas - I seek the small golden hand, présentation de l'exposition, 2016Matthew Larking, « Coutelas : outside the outsiders », The Japan Times, 28 février 2017. Musée d'Art Mori, Tokyo, 2022. Robert Coutelas - Mes nuits, Loeve & Co, Paris, juin-Loeve & Co, Robert Coutelas - Mes nuits, présentation de l'exposition, 2023. Que d'os ! - Robert Coutelas, Love & Collect, 8, rue des Beaux-Arts, Paris, Mariko Kishi-Molia, Que d'os ! - Robert Coutelas, Love & Affect, juin 2024.
Expositions collectives Galerie Ortemp, 27, rue de Richelieu, Paris, 1975. L'art insolite dans l'art français, Ministère de la culture de Syrie, Damas, 1979. L'art est mon oxygène, P.M.M.K.Musée d'art moderne, Ostende, 1999. Fracas refaire et le plier, centre d'art contemporain Aponia, Villiers-sur-Marne, mai-Centre d'art contemporain Aponia, Fracas refaire et le plier, présentation de l'exposition, 2017. Listen to the sound of the earth turning : our wellbeing since the pandemic, Musée d'Art Mori, Tokyo, juin-Musée d'Art Mori, Listen to the sound of the earth turning : our wellbeing since the pandemic, présentation de l'exposition, 2022. Festival du dessin - La joie de l'innocence : Jean Dubuffet, Robert Coutelas, musée Réattu, Arles, avril-Fondation Dubuffet, Festival du dessin - La joie de l'innocence : Jean Dubuffet, Robert Coutelas, présentation de l'exposition, 2024Bénédicte Gady et Nicolas Raboud, Festival du dessin - La joie de l'innocence : Jean Dubuffet, Robert Coutelas, Musée Réattu, 2024.
Réception critique - Jacques Yankel Jacques Yankel, Le désespoir du peintre - Chronique artistique illustrée, 1967-1980, Les éditions des Enfants de la balle, 1983. - Gérald Schurr Gérald Schurr, Le Guidargus de la peinture, Les Éditions de l'Amateur, 1993, . - André Matossian Willy Van den Bussche et André Matossian, La collection Jeanne Matossian, éditions P.M.M.K., Musée d'art moderne d'Ostende, 2002. - Lydia Harambourg Lydia Harambourg, « Coutelas : un artiste libre », dans ouvrage collectif Le monde de Robert Coutelas, éditions Fondation Jeanne Matossian, 2012, . - Nadine Berthelier Nadine Berthelier, « Images de la religion », dans ouvrage collectif Le monde de Robert Coutelas, éditions Fondation Jeanne Matossian, 2012, .
Collections publiques Belgique Musée d'Art à la mer, Ostende, collection Jeanne Matossian. États-Unis Metropolitan Museum of Art, New York. France Musée du Mont-de-Piété de Bergues. Musée des Beaux-Arts de Chartres. Musée des arts naïfs et populaires de Noyers (Yonne).
Collections privées , manoir Guinness, Palm Beach (Floride). Jacques Yankel, 3, rue de la Cité-Universitaire, Paris.
Références
Annexes Bibliographie Pascal Payen-Appenzeller, « Robert Coutelas », Connaissance de Paris et de la France, n°36, . Jacques Yankel, Le désespoir du peintre - Chronique artistique illustrée, 1967-1980, Les éditions des Enfants de la balle, 1983. Jean Cousin, Jacques Yankel et Jean-Clarence Lambert, Robert Coutelas, éditions de la Galerie d'Essai, Paris, 1986. Jacques Yankel, Pis que peindre - Chronique artistique, 1981-1990, éditions Chimères, 1991. Gérald Schurr, Le Guidargus de la peinture, Les Éditions de l'Amateur, 1993. Emmanuel Bénézit, Dictionnaire des peintres, sculpteurs, dessinateurs et graveurs, vol.4, Gründ, 1999. , André Matossian, Hélène Bugel et André Berne-Joffroy, L'art est mon oxygène, éditions P.M.M.K., Musée d'art moderne d'Ostende, 1999, . Willy Van den Bussche et André Matossian, La collection Jeanne Matossian, éditons P.M.M.K., Musée d'art moderne d'Ostende, 2002. Toshiyuki Horie, « Saint des athées », Geijutsushincho, revue mensuelle, éditions Shinchosha, Tokyo, , . Makoto Saeki, « Voyage au bout de la nuit », Wingspan, revue mensuelle, n°431, Tokyo, , , texte repris par l'auteur dans son recueil d'essais Nuits passées ni au premier, ni au second étage, éditions Chuokoronshinsha, Tokyo 2004. , Livre illustré de mes objets de curiosité, éditions Heibonsha, Tokyo, 2008. Haruyoshi Tsukada, Œuvres d'art dans le vie quotidienne, éditions Tankosha, Kyoto, 2008. Éric Mercier, Années 50 - La Jeune Peinture, vol I : L'alternative figurative ; vol II : Panorama de la Jeune Peinture, ArtAcatos, 2010. Mariko Kishi-Molia (postface de Toshiyuki Horie), Souvenir de Coutelas, éditions Little More, Tokyo, 2011. Jean-Pierre Gorges (avant-propos), Nadine Berthelier, Hélène Bugel, Lydia Harambourg, Kenjira Hosaka, Yannick Delalande, Nobuo Hashiba, Mariko Kishi-Molia, Le mode de Robert Coutelas, éditions Fondation Matossian, Bruxelles, 2012. Mariko Kishi-Molia, Robert Coutelas - Le théâtre nocturne de Guignol - Seize cartes postales, éditions Little More, Tokyo, 2015. Yōko Ogawa, Robert Coutelas, 1930-1985 - L'œuvre d'un peintre, monographie (langue japonaise), deux volumes, éditions Ekri, Tokyo, 2016 (présentation en ligne). Yoko Mori, Robert Coutelas - I seek the small golden hand, éditions Nohara, Tokyo, 2016.
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