Miska (, soit le « trou d’eau »Palmer, 1881, 175.) est un ancien village arabe palestinien, situé dans le sous-district de Tulkarem et le district de Samarie.

Il fait partie des centaines de villages palestiniens expulsés lors de la première guerre israélo-arabe, le .

Géographie

vignette|gauche|alt=|Carte de Miska (Miske) en 1942 au . vignette|gauche|alt=|Carte de Miska de 1945 au . Miska se situe sur une petite colline sableuse dominant de peu (altitude moyenne de 50 m) la plaine côtière, et sur la rive nord d’un oued. Situé à 15 km de Tulkarem, les villageois pouvaient rejoindre leur siège administratif par une route secondaire qui les reliait à la grande route de Tulkarem à la grande route côtière. Le village était organisé en un rectangle grossier, coupé en quatre par ses deux rues.

La superficie totale du territoire du village était de 8076 dounams, dont 4924 appartenant à des Arabes et 2976 à des Juifs, les 176 dounams restant étant des terres publiques« Miska — مِسْكَة », Interactive encyclopedia of the Palestine Question, consulté le 20 mai 2025.. Les Arabes utilisaient 1115 dounams pour la culture des agrumes et des bananiers, 304 dounams pour des vergers et des cultures irriguées, 3245 dounames en cultures de céréalesGouvernement de Palestine, Department of Statistics. Village Statistics, April, 1945. Cité par Hadawi, 1970, 126., les nombreux puits permettant d’irriguer les agrumes ; les zones construites représentaient 88 dounamsGouvernement de Palestine, Department of Statistics. Village Statistics, April, 1945. cité par Hadawi, 1970, 176.. Les habitants cultivaient aussi de nombreux autres arbres fruitiers, des légumes, des melons, des céréales et des melons d’eau.

Histoire

Des découvertes archéologiques à Dharhat al-Sawwana ont montré que le site était fréquenté à la Préhistoire.

Miska est fondé par des descendants de la tribu arabe des Miskain, au , au moment de l’islamisation de la Palestine, bien que cette information soit incertaine.

Selon le géographe Yaqut, écrivant dans les années 1220, Miska était connu pour ses fruits, particulièrement les misk, variété de pommes dont on disait qu’elle avait été acclimatée en Égypte par le vizir fatimide Abu Muhammad al-Yazuri, mort en 1058Mu'jam Al-Buldan, cité par Khalidi, 1992, 558..

Empire ottoman

Le général français Jean-Baptiste Kléber et ses troupes passent par le village en route pour le Siège de Saint-Jean-d'Acre, en 1799Nelson: Napoleon in Egypt. cité par Khalidi, 1992, 558.. Pierre Jacotin appelle le village Meski sur sa carte datant de la même campagneKarmon, 1960, 170. .

Dans les années 1860, les autorités ottomanes accordent des terres à cultiver aux habitants de Miska, au lieu appelé Ghabat Miska, aux anciennes limites de la forêt d'Arsouf (Ar. Al-Ghaba) dans la plaine côtière, à l’ouest du villageRoy Marom, "The Contribution of Conder's Tent Work in Palestine for the Understanding of Shifting Geographical, Social and Legal Realities in the Sharon during the Late Ottoman Period", in Gurevich D., Kidron, A. (eds.), Exploring the Holy Land: 150 Years of the Palestine Exploration Fund, Sheffield, UK, Equinox (2019), 212-231..

En 1870, Victor Guérin visite le village et en estime la population à 300 habitants. Il indique que Guérin, 1875, 388–389, as given by Conder and Kitchener, 1882, SWP II, p. 135..

En 1870/1871 (1288 AH), un recensement ottoman fait figurer le village dans la nahié (sous-district) de Bani Sa'b.

En 1882, l’enquête du Palestine Exploration Fund (PEF) décrit Miska comme un village construit en adobe de petite taille, avec des oliviers au nord et au sud, et un puits au sudConder, Kitchener, 1882, SWP II, 135. Cité par Khalidi, 1992, 558..

Mandat britannique

Au recensement de 1922 mené par les autorités britanniques, Meskeh a une population de 443 habitants, tous musulmansBarron, 1923, Table IX, Sous-district de Tulkarem, 28., qui augmente à celui de 1931 à 635 personnes, toujours musulmansMills, 1932, 55.. Le village possédait une école primaire.

Lors de la Grande révolte arabe, le village de Miska subit un massacre dans le cadre de la répression de la révolte : sept villageois sont assassinés par la police britanniqueJacob Norris, « Repression and Rebellion: Britain's Response to the Arab Revolt in Palestine of 1936-39 », Journal of Imperial & Commonwealth History, Mars 2008, Vol. 36, 1..

Dans les Statistiques de Village de 1945, la population de Miska et du moshav shitufi de sont estimées à 880 Arabes et 180 JuifsGouvernement de Palestine, Department of Statistics, 1945, 21..

Guerre de 1948 et expulsion

Dans le plan de partage de la Palestine voté par l’assemblée générale des Nations unies le 29 novembre 1947, Miska est attribué à l’État juifSami Hadawi, « Palestine - Index to villages & settlements », Palestine Arab Refugee Office, 1949..

Miska avait une population estimée à 1021 habitants en 1948, soit en baisse par rapport à 1945« Welcome To Miska - مسكة (מיסכה) », Palestine Remembered, consulté le 20 mai 2025..

Le , la Haganah donne l’ordre aux Arabes de Miska de quitter le villagePappe, 1999, 204, 209.. L’ordre n’ayant pas été suivi d’effet, la brigade Alexandroni prend d’assaut le village les 20- et expulsent les habitants de force, afin d’assurer que la zone entre Tel Aviv et Haïfa soit nettoyée de tout village arabe avant le (fin du mandat britannique). Le village, à l’exception de la mosquée et de l’école primaire de garçons, est entièrement détruit début juin sur les ordres de Yossef Weiz, un fonctionnaire du Fonds national juif, malgré l’opposition du Mapam.

Le , David Ben Gourion, se basant probablement sur un rapport de Weiz, note Miska comme un des villages arabes détruits dans son journalEntrée du 16 juin 1948, DBG-YH II, 523–24. Cité par Morris, 2004, 350, 398..

est établi en 1938 sur les terres qui appartenaient au village. est installée en 1946 au nord-ouest de Miska, sur les terres du village. Ramat HaKovesh, fondée en 1932, est à 1 km à l'ouest, mais pas sur les terres du villageKhalidi, 1992, p. 558.

L’historien Walid Khalidi décrit le village en 1992 : . L’école est détruite en 2006 par ordre de l’Autorité foncière d'Israël en 2006, après que des Palestiniens d'Israël et l’ONG Zochrot en aient fait le lieu des commémorations de la Nakba à partir de 2002, by Zochrot. Retrieved 13 May 2010.. En 1998, le nombre de réfugiés descendant des habitants expulsés de Miska est estimé à 6269.

Voir aussi

Liste des villes et villages arabes dépeuplés durant l'exode palestinien de 1948

Liens externes

Miska, Zochrot Survey of Western Palestine, Map 10: IAA, Wikimedia commons Miska from the Khalil Sakakini Cultural Center Miska by Rami Nashashibi (1996), Center for Research and Documentation of Palestinian Society.

Notes

Bibliographie

Catégorie:Localité conquise par Israël durant la guerre israélo-arabe de 1948 Catégorie:Localité palestinienne dépeuplée Catégorie:Sous-district de Tulkarem Catégorie:1948 en Palestine Catégorie:Village détruit en Israël Catégorie:Massacre de Palestiniens