Suzanne-Louise Le Peletier de Saint-Fargeau, née le à Paris en France et morte le à Saint-Fargeau dans l'Yonne, est une aristocrate française. À la suite de l'assassinat de son père, elle devient la première fille adoptive de la nation en 1793 à l'âge de . Elle est au centre de débats publics en 1797 lorsqu'elle veut se marier et que ses oncles s'y opposent et demandent à l’État de jouer son rôle de père en s'opposant au mariage.

Biographie Jeunesse Suzanne-Louise Le Peletier de Saint-Fargeau est la fille de Marie-Louise Adélaïde Joly de Fleury et de Louis-Michel Le Peletier de Saint-Fargeau, issu d'une célèbre dynastie de magistrats au Parlement de Paris.

Après l'assassinat de son père le , considéré comme le , elle devient la première fille adoptive de la nation à l'âge de .

Affaire juridique de 1797 Le Peletier veut épouser un néerlandais, Jean-François De Witt. L'adoption par l'État signifie qu'elle est émancipée de sa famille et donc de ses oncles. Ceux-ci s'opposent à ce mariage au motif qu'il n'est pas français. En raison de leur manque de pouvoir juridique sur elle, ils ne peuvent empêcher Le Peletier de se marier. Ses oncles saisissent alors le législateur français et demandent à l'État de jouer son rôle de père et d'empêcher Le Peletier de se dénationaliser en épousant un néerlandais.

Cette affaire met Le Peletier sous les feux de la rampe. Le public débat des pouvoirs de l'adoption nationale et des facteurs définissant les relations entre la famille et l'État. Ses fiançailles avec un étranger donnent également lieu à des débats publics sur la citoyenneté et sa signification, en particulier pour les femmes, et sur la question de savoir si le mariage a ou non une incidence sur leur citoyenneté.

Les débats de l'affaire soulèvent des points contradictoires. Ceux qui soutiennent des familles centrées sur le père, avec une femme et des enfants subordonnés, en affirmant qu'elles n'ont pas besoin de contrôle parental. Au contraire, ceux qui soutiennent Le Peletier en mettant l'accent sur les droits individuels et la rationalité d'une jeune femme. Sébastien Erard, l'un de ses partisans, lui envoie un piano. Les partisans de ses oncles rappellent qu'elle est la et qu'elle est le symbole de la France et de la révolution. Ils évoquent aussi son incapacité à être une citoyenne indépendante de la France.

Mariage Le Peletier et De Witt peuvent se marier peu après, en 1798. Le mariage ne dure pas longtemps et le juge leur accorde le divorce en 1800.

En 1804, elle est fiancée à son cousin Léon Le Peletier de Mortefontaine. Le , ils se marient. Ensemble, le couple a deux enfants.

Reconnaissance En 1804, la même année que son mariage, Jacques-Louis David fait son portrait.

Mort Le Peletier meurt le à Saint-Fargeau dans l'Yonne.

Notes et références

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