Fûts de déchets radioactifs attendant leur immersion depuis 80 ans.|vignette|300px
Limmersion de déchets radioactifs est un processus de gestion des déchet radioactifs par immersion en fond marins. Entre sa première utilisation en et sa dernière utilisation avant son interdiction en , plusieurs centaines de milliers de barils ont été immergés soit une radioactivité totale d’environ . En tout, pays ont procédé à des immersions sur plus de dans les océans Pacifique, Atlantique et Arctique (et leurs mers adjacentes).
Déchets
Fûts de déchets faiblement radioactifs en Atlantique Nord-Est.|vignette Fûts de déchets faiblement radioactifs en Atlantique Nord-Est.|vignette Fûts de déchets faiblement radioactifs en Atlantique Nord-Est.|vignette
Les déchets immergés ont une radioactivité allant de faible à moyenne, 99% de la radioactivité totale provient des déchets contenant des émetteurs bêta/gamma, notamment des produits de fission et d'activation tels que le strontium 90, le césium 137, le fer 55, le cobalt 58, le cobalt 60, l'iode 125, le carbone 14 et le tritium. Les déchets sont de deux types différents. Ils peuvent être sous forme de boue ou liquides et sont directement envoyés dans des sites dédiés en mer ou mis en conteneur sans transformation d’état. Ils peuvent aussi être solides (comme du petit matériel, des outils, vêtements, ferrailles, des plastiques) et ils sont conformément aux recommandations de l’AIEA, emballés dans des fûts métalliques préalablement incorporés dans une matrice en béton, de ciment ou de bitume. Enfin, il peut aussi y avoir des cuves de réacteur nucléaires contenant du combustible venant d’États-Unis ou d’ex-URSS. Les conteneurs sont alors transporté par porte-conteneurs puis jetés par dessus bord, sans enfouissement....
Historique En tout, pays ont procédé à des immersions sur plus de sites du Pacifique et de l’Atlantique En , les derniers déchets radioactif (hors ex-URSS) sont immergés dans l'Atlantique, à environ au large du plateau continental européen.. Les pays qui ont pratiqué l’immersion sont des pays nucléarisés, comme les États-Unis, la France, la Belgique, le Royaume-Uni, l’Italie, la Suède, la Suisse, les Pays Bas ou encore l’URSS. États-Unis La première immersion de déchets radioactifs est réalisée par les États-Unis en . L’immersion se déroule à au large de la Californie.. Ils utilisent l’immersion jusqu’en 1959 et ont jeté fûts dans le Pacifique et dans l’Atlantique soit . France La France a procédé à des immersions de déchets radioactifs dans l’Atlantique, elle participe aux campagnes organisées par l’AEN en et . Pendant ces deux opérations, la France a immergé de déchets radioactifs conditionnés venant du site de Marcoule, d’une activité totale d’environ .. Elle ne participe pas aux suivantes puisque l'ouverture du centre de stockage de la Manche est autorisé en 1969. En parallèle, elle a utilisé deux sites dans le pacifique, non loin de l’atoll de Mururoa pour immerger des déchets à plus de de fond entre 1972 et 1982, et comprennent soit ...
Après une première mission. en 2025, le , la mission scientifique NODSSUM (North-East Atlantic Dumpsite Site Survey Using Mapping and Monitoring, qui associe le CNRS, Ifremer et l'Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR) confirme. qu'à au large de La Rochelle, à environ de fond, certains des plus de de déchets radioactifs immergés entre et par plusieurs pays sont éventrés et, ou ont perdu une partie importante de leur contenu dans la mer et sur le fond marin..
Agence pour l’énergie nucléaire vignette|Immersions en Atlantique Nord-Est. En , l’Allemagne, la Belgique, la France, le Royaume-Uni et les Pays-Bas ont immergé à plus de de profondeur conteneurs soit de déchets radioactifs à au large de la Galice (Espagne).. + Immersions coordonnées par l’AEN sur le site de Nombre de conteneurs Masse (t) Activité (TBq) Allemagne 480 181 0.2 Belgique 1945 600 7 France 31 596 9 184 220 Royaume Uni
722 66 Pays Bas 207 0.07 Total 34 021 10 894 293.27
L'AEN entreprend une nouvelle opération en , avec la collaboration de la Belgique, la France, le Royaume Uni, l'Italie, les Pays-Bas, la Suède et la Suisse. Durant cette opération, de déchets d'une radioactivité totale de sont immergés à à l'ouest de la Bretagne à une profondeur moyenne de . + Immersions coordonnées par l’AEN sur le site de Nombre de conteneurs Masse (t) Activité (TBq) Belgique 2 222 600 18 Italie 100 45 0.2 France 14 800 5 015 134 Royaume Uni
1878 665 Pays Bas 303 1 Suède 2895 1081 3.2 Suisse 100 224 13 Total 20 117 9 146 834.4
De à , la Belgique, le Royaume Uni, les Pays-Bas et la Suisse participent à l'immersion de conteneurs soit une activité totale de dans un site de situé au large du golfe de Gascogne à des côtes françaises. + Immersions coordonnées par l’AEN sur le site AEN entre 1971 et 1982 Nombre de conteneurs Masse (t) Activité (TBq) Belgique 51 157 27 026 2090 Royaume Uni
23 788 29 050 Pays Bas 28 428 18 652 5 097 Suisse 7 370 5 097 4 407 Total 86 955 74 563 35 882
Suède En plus de sa participation à l'AEN, la Suède a immergé conteneurs (soit ) d’une activité totale de en mer Baltique, à au sud est de l’île d’Örja entre 1959 et 1961. Royaume-Uni Les Britanniques procèdent en à une l'immersion déchets liquides à l’est de Norwitch, en ils immergent lors d’une expérimentation, de déchets d’une activité de dans l’océan Atlantique Nord à à l’ouest de la Bretagne.. Les britanniques sont responsables de 80% des fûts de déchets immergés en Atlantique..
URSS Les immersions de l’URSS ont un impact radioactif total de et ont eu lieu dans l’océan glacial Arctique entre et . Malgré la convention de qui interdit les immersions, l’URSS continue à déverser des fûts de déchets radioactifs en mer.
Réglementation En , une conférence de l'Organisation des Nations unies sur le droit de la mer formule les premières recommandations de législation.. L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) recommande en 1961 que les immersions soient supervisées par une autorité compétente et uniquement dans des sites dédiés. En 1967, l’Agence pour l’énergie nucléaire (AEN) de l’OCDE commence à superviser les immersions auprès de l’Union Européenne. En , à la suite de la signature de la convention de Londres qui n’entreras en vigeur qu’en est signée la convention d’Oslo, l’immersion de déchets fortement radioactifs est interdite et il est exigé d'avoir une autorisation pour les déchets faiblement radioactifs. Un moratoire de 10 ans sur l’immersion des déchets est adopté en en attendant un examen global sur la question... C’est à l’issue de cet examen, en que les signataires de la convention de Londres interdisent tout type de rejet de déchet radioactifs dans la mer dans un traité des Nations unies... Répartition Localisation
thumb| Repartition des sites d'immersion de déchets radioactifs de faible activité dans le monde.|400 px + Répartition de l’activité des déchets immergés Activité α (TBq) Activité β/λ (TBq) Activité totale (TBq) Pourcentage de l’activité totale Atlantique Nord-Est 675 41 645 42 320 49.7% Atlantique Nord-Ouest
2942 2942 3.5% Arctique 38 370 38 370 45.1% Pacifique Nord-Est 0.04 554 554 0.7% Pacifique Ouest 892 892 1% Pacifique (Polynésie française) 0.07 0.02 0.09
Total ~675 ~84 400 ~85 100 100%
Surveillance À la suite de l’arrêt des immersions de déchets radioactifs en mer (la dernière ayant eu lieu en pour la France et en pour le Royaume-Uni), la question de leur suivi environnemental est devenue importante. La surveillance vise à évaluer les éventuels impacts à long terme de ces pratiques sur les écosystèmes marins, malgré l’absence de preuve actuelle d’un effet sanitaire ou environnemental mesurable. Elle est motivée par un double objectif : répondre aux interrogations légitimes du public et des décideurs, et disposer d’une base scientifique pour évaluer la sûreté des déchets immergés.. Mission Noddsum En , une mission scientifique française a été lancée pour cartographier les fûts de déchets radioactifs immergés dans l’Atlantique Nord entre les années 1950 et 1980. Cette initiative vise à localiser précisément ces déchets, dont la position exacte reste incertaine, afin d’évaluer leur état de dégradation et leur impact potentiel sur l’environnement marin.
La mission s’appuie sur des technologies avancées de cartographie sous-marine et de détection, telles que l’utilisation de drones sous-marins et de sonars, pour identifier et analyser les fûts immergés. Ces équipements permettent de recueillir des données précises sur la localisation et l’état des conteneurs, facilitant ainsi une évaluation plus approfondie des risques environnementaux associés...
La mission NODDSUM a exploré les eaux internationales, à au sud-ouest de Brest et à au nord-ouest de La Corogne, en Espagne. Elle a découvert dans cette zone de déchets radioactifs. Sur cette zone, les outils de mesure de radioprotection ont indiqué des valeurs comparables au bruit de fond environnemental...
Surveillance en Atlantique Nord-Est Dès , une coopération a été établie sous l’égide de l’Agence pour l'énergie nucléaire (AEN) de l’OCDE pour organiser un programme de surveillance des sites d'immersion en Atlantique Nord-Est. Depuis cette date, plusieurs campagnes d’observation ont été menées, notamment en , , , , et , sur les zones d’immersion britanniques, belges, suisses, néerlandaises, allemandes et françaises. Ces campagnes comportent des mesures de radioactivité dans l'eau, les sédiments et la faune marine, et montrent que les niveaux mesurés restent globalement très faibles, souvent proches du bruit de fond naturel. Surveillance des atolls de Mururoa et d’Hao Les atolls de Mururoa et d’Hao, en Polynésie française, ont fait l’objet de programmes spécifiques de surveillance à la suite des essais nucléaires français menés entre et . Dès , des missions scientifiques ont été mandatées pour évaluer les impacts potentiels des déchets immergés et pour contrôler l’état de l’environnement marin. Ces programmes incluent des prélèvements réguliers d’eau, de sédiments et d’organismes marins, accompagnés d’analyses radiologiques détaillées.
Références
Voir aussi Articles connexes Débat sur l'énergie nucléaire Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs Commissariat à l'énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA) Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer (Ifremer) Centre national de la recherche scientifique (CNRS) Commission de recherche et d'information indépendantes sur la radioactivité Sûreté nucléaire Radioécologie
Catégorie:Déchet radioactif Catégorie:Sûreté nucléaire