Aflou (en ) est une commune d’Algérie, de la wilaya d'Aflou dans l'Ouest de l'Algérie. Aflou est la ville la plus peuplée de la wilaya, sa géographie équidistante entre les localités de Tiaret, Djelfa, Laghouat et El Bayadh renforce son attractivité pour le développement local.

Culminant à , la ville est l'une des plus élevées du pays. Surnommée « capitale du djebel Amour », le mieux arrosé des massifs de l’Atlas saharien, son abondante pluviométrie et son altitude élevée produisent une herbe abondante favorable au pâturage, favorisant l'élevage familial extensif.

Étymologie Une étymologie proposée pour Aflou pourrait venir du mot Amazigh eflou, signifiant "broutez " c'est une étymologie populaire inexacte, mais fait référence au fait que la localité était connue des nomades comme un excellent lieu de pâturage. Une autre étymologie suggérée, viendrait du mot amazigh pour nuage ("aflou") dont la présence fréquente cause des chutes de pluie et de neige abondantes.

Histoire La région fut peuplée à la préhistoire par des peuples nomades de l'Afrique du Nord. Des gravures rupestres témoignent de leur présence. Par exemple, à Sfissifa, on peut observer une fresque bien conservée d'un éléphant protégeant son éléphanteau face à une panthère. Toutefois, la ville d'Aflou n'a vu le jour qu'au , au cœur d'une vaste dépression synclinale. Au temps de l'Algérie française, elle était une annexe administrative du cercle militaire de Tiaret.

En 1874, Aflou devint une commune mixte du département d'Oran. En 1957, elle fut rattachée au nouveau département de Tiaret. En 1974, elle fut intégrée à la wilaya de Laghouat.

Aflou garde plusieurs édifices datant de plus d'un siècle, comme la mosquée antique de la ville bâtie il y a 115 ans.

Développement et peuplement À la veille de l’indépendance, il y avait à peine . La plupart d'entre eux étaient arabes avec quelques centaines d'Européens qui ont quitté la ville quelques mois plus tard après l'indépendance. Sa population connait en fait une croissance lente par rapport au reste de l’Algérie en raison surtout des conditions climatiques et le recul de l'activité économique de la ville.

Guerre d'Algérie Durant la guerre d’Algérie, Aflou a été le théâtre de plusieurs opérations militaires. Plusieurs embuscades et accrochages s'y sont déroulées. La ville a plusieurs fois participé à détourner l’attention de l'armée française dont les opérations se concentrent au nord de l’Algérie et par conséquent desserrer la pression sur les régions insurgées du nord comme l'Oranie. Parmi ces embuscades, on rappelle celle d'El-Khoteifa qui s'est déroulée le à une quarantaine de kilomètres au sud ouest d'Aflou près de Taouiala. Cet accrochage qui a fait 40 morts et 5 arrestations du côté français avait pour but de desserrer l’étau imposé par l'armée autour de la région et de libérer les combattants algériens détenu à la prison d'Aflou. Cet accrochage a été le prélude à un autre accrochage de plus grande envergure: celui de Chouabir , considérée par de nombreux historiens comme un des batailles majeures de la guerre d’Algérie du fait qu'elle a causé de lourdes pertes humaines et matérielles à l'armée française: plus de 1300 morts est un nombre qui n'a aucune source. Toutes les sources indiquent 39 morts ont été tués, près de 500 ont été blessés, et d’importants dégâts matériels ont été infligés à l’armée, alors que du côté algérien, le bilan s'élevait à 25 morts dont 11 civils.

René Knégévitch René Knégévitch, Quand il neigeait sur le Djebel Amour... 1959-1960, Ed. Amalthée, 2020 témoigne de la vie quotidienne des militaires français à Aflou en 1959 et 1960, ainsi que du caractère systématique de la torture. Certains officiers se comportent en barbares sadiques et, par ailleurs, volent la France en déclarant des harkis fictifs dont ils détournent les paies. Quelques appelés, dont l’auteur, essaient, dans ce contexte terrible, de rester fidèles à leurs convictions humanistes.

Le Cheikh Mohamed Bachir El Ibrahimi a été mis en résidence surveillée par les autorités françaises au début du déclenchement de la guerre d'Algérie (1955/1956). La ville d'Aflou, a été pour un moment un lieu de détention ou ont été regroupés les plus virulents d'entre les prisonniers algériens pour briser la contestation qui secouait les centre de détention du nord. Tous les leaders et agitateurs toutes tendances confondues entre (300 et 400) aussi bien des oulémas, des communistes, des leaders syndicalistes que du PPA, Belekouicem Mahmoud, Bachir Boumaza, Roula Laarbi, Roula Rabiâ, Boumenna Mohamed, Amira Mahmoud, Demane debbih, Djermane Rabeh, Boudjenana Ahcène en faisait partie.

Géographie La ville d'Aflou se trouve à au sud-ouest d'Alger, au sud-est d'Oran et à l'ouest de Laghouat dont elle fait partie comme sa deuxième grande ville, bâtie à plus de d’altitude, considérée comme la ville la plus haute de l’Algérie, située au carrefour de quatre wilayas (Laghouat, Djelfa, Tiaret et El Bayadh), la géographie d'Aflou est montagneuse. Aflou est située au cœur de la chaîne Atlas du Sahara séparant le Tel du Sahara.

Localités de la commune Lors du découpage administratif de 1984, la commune d'Aflou est composée à partir des six localités suivantesJournal officiel de la République Algérienne, 19 décembre 1984. Décret n° 84-365, fixant la composition, la consistance et les limites territoriale des communes. Wilaya d'El Bayadh, p. 1553. :

Ville d'Aflou El Frachiche Béni Moukha Rahamna Ouled Sidi Bouabdallah Ouled Sidi Khaled

Climat alt=aflou winter|vignette|329x329px|La neige tombe à Aflou très régulièrement Considérée comme l'une des villes les plus froides de l'Algérie, appelée parfois la Sibérie de l'Algérie, caractérisée par un climat sec et un hiver prolongé et de ressenti glacial atteignant les , ce qui explique que les communes avoisinantes sont parfois complètement isolées durant la saison froide enneigée.

La ville connait un été clément dont la fraîcheur est remarquable, des journées ensoleillées relativement chaudes suivies d'une chute de température en début de soirée, parfois on remarque une averse de pluie, ces précipitations exceptionnelles en été inondent parfois les ruelles. Cette caractéristique intéresse des estivants venus majoritairement du Sud pour y résider pendant toute la saison d'été.

+Données climatiques moyennes à Aflou (période de référence 1913-1938, d'après Seltzer 1946)Moisjan.fév.marsavrilmaijuinjui.aoûtsep.oct.nov.déc.annéeTempérature minimale quotidienne (°C) -0.0 -1.32.44.38.012.515.115.311.77.83.1 0.56.6Température maximale quotidienne (°C)8.68.314.217.423.428.33332.626.420.113.69.119.6Précipitations mensuelles (mm)31333832282891124453033342Nombre de jours de précipitations (incluant les traces = 0mm)57756534477768

Relief, Géologie, Hydrographie La ville d'Aflou est située dans une vallée au cœur du massif du Djebel Amour, au nord-ouest culmine Djebel Sidi Okba à . Bâtie à d'altitude, elle fait partie des villes les plus élevées d'Algérie; Aflou, Djebel amour de Leïla Sebbar, avec Jean-Claude Gueneau et Nora Aceval, Bleu autour, 2010.. Aflou fait partie de l'Atlas saharien d’ailleurs elle se situe au cœur de cette longue suite de reliefs orientés Nord est-Sud Ouest s'étendant de la frontière marocaine à celle de la Tunisie et séparant les hauts plateaux et le Sahara algérien, c'est pour ça qu'on dit qu'Aflou, c'est le point en commun entre le Sahara et le Nord d’Algérie.

La ville est connue pour son climat mais également son eau fraîche. À Aflou, on peut boire de l'eau directement à partir du robinet, c'est rare de trouver quelqu'un qui achète une bouteille d'eau conditionnée. L’eau potable d’Aflou est exceptionnelle et provient des nappes phréatiques et d’anciennes sources. Très riche en minéraux et réputée pour son action bienfaisante, elle apporterai santé à quiconque la boit.

Transports La nouvelle gare routière d'Aflou qui est en construction et qui sera inaugurée en 2017 apportera de nouvelles perspectives économiques à la région. Chaque jour, plus de 60 autocars passent par la ville pour plus d'une dizaine de destinations donc plus de par jour passent par Aflou d'où l'importance de cette construction.

Aflou relie le Nord-Ouest algérien au Sud par la ligne Oran-Hassi Messoud et le Sud-Ouest algérien au Nord par la ligne Béchar-Alger ou Béchar-Constanitine.

La route 23, reliant Aflou à Laghouat est la plus importante et la plus fréquentée mais ces dernières années, elle a connu plusieurs accidents tragiques, la population demande désormais qu'elle soit reconvertie en autoroute.

Démographie

Évolution de la population Les premiers habitants de la région ont été des tribus arabes et parfois berbères qui se sont installées autour du massif montagneux au , l'une des principales tribus fut Les Amours qui ont donné d’ailleurs leur nom au pays préalablement nommé Djebel Beni Rached suivis par d'autres tribus comme Ouleds Sid Naceur, Béni Hilal, Adjalate, Ouleds Sidi Bouzid, Ouleds Sidi Youssef, etc.

Il n’y avait pas de vrais recensements avant l'arrivée de l'armée française mais certainement la population y dépassa six cents habitants, la fondation de la population dans la ville était lorsque le service colonial a construit Le bordj qui conduisait à l'arrivée d'une minorité européenne coïncidant avec l’installation d'une population arabe et voila la ville d'Aflou a vu le jour mais les Européens au départ n'étaient pas les bienvenus, les arabes de la région les voyaient comme étrangers qui voulaient seulement leurs terres et leurs richesses et effectivement la barbarie et la brutalité des Français n'a pas permis aux autochtones de vivre tranquillement, beaucoup de familles souffraient énormément de froid et de famine. Beaucoup ont été atrocement torturés et mutilés et d’autres mourraient dans l’indifférence.

Lors de la première décennie du , les affrontements entre les différentes populations ont relativement reculé le chiffre de la population passa à dont une bonne partie était européenne et juive, à l’époque Aflou garda une miraculeuse diversité religieuse et fut un symbole de cohabitation en Algérie abritant à la fois une mosquée une église et une synagogue.

La ville a connu son âge d'or dans les années 1950, mais lors de la Guerre d'Algérie, les résistants de la ville n'ont pas tardé à rejoindre leurs amis sur les champs de bataille, leurs attaques étant surtout concentrées sur l'armée française, contrairement à celles-ci qui ont commis avec sang-froid de graves crimes contre une population complètement désarmée et innocente par contre aucun civil parmi les Européens n’a fait l’objet de menace. Aucun n’a été tué ni torturé ni blessé ni même menacé malgré le drame de guerre. Contrairement aux intentions malveillantes de certains « ultras », il y avait des Européens qui avaient manifesté le désir de rester et de mourir à Aflou.

Après l’indépendance et population actuelle À l'indépendance de l’Algérie et après l'exode des Pieds noirs vers la France, la carte démographique de la ville a été sensiblement remodelée. il y a eu un exode rural massif qui a fait multiplier la population démesurément. Cette croissance démographique a continue a progresser jusqu'à la fin des années 1980. Dans les années 1990 et compte tenu des événements liés à la guerre civile algérienne la ville subit une deuxième vague d’afflux des populations fuyant les zones ou règne une insécurité permanente. Les habitants des petites bourgades aux alentours d'Aflou ont abandonné leurs terres et leurs biens à cause des menaces incessantes des groupes armés.

L'équipement de la ville en gaz de ville ont entraîné une amélioration sensible du cadre de vie des habitants qui font face en hiver à l'un des froids les plus rigoureux du pays