Cet article détaille la filmographie complète d'Alain Delon.

Parmi les acteurs français les plus célèbres à l'étranger....., Delon est en outre considéré comme un « monstre sacré » du cinéma, toutes générations confondues.....

Filmographie

Acteur au cinéma

Années 1940 vignette|Au côté de Marie Laforêt dans Plein Soleil (1959). vignette|Rocco et ses frères (1960) de Luchino Visconti. vignette|Avec Claudia Cardinale et Burt Lancaster dans Le Guépard (1963). vignette|Quelle joie de vivre en 1961. vignette|Avec Monica Vitti dans L'Éclipse (1962). vignette|Avec Odile Poisson dans Les Aventuriers (1967). vignette|Clan des Siciliens (1969) à l'aéroport de Rome. 1949 : Le Rapt d'Olivier Bourguignon (court-métrage muet de .)

Années 1950 1957 : Quand la femme s'en mêle d'Yves Allégret : Jo 1957 : Sois belle et tais-toi de Marc Allégret : Loulou 1958 : Christine de Pierre Gaspard-Huit : Franz Lobheiner 1959 : Faibles Femmes de Michel Boisrond : Julien Fenal 1959 : Le Chemin des écoliers de Michel Boisrond : Antoine Michaud

Années 1960 1960 : Plein Soleil de René Clément : Tom Ripley / Philippe Greenleaf 1960 : Rocco et ses frères (Rocco e i suoi fratelli) de Luchino Visconti : Rocco Parondi 1961 : Quelle joie de vivre (Che gioia vivere) de René Clément : Ulysse Cecconato 1961 : Les Amours célèbres de Michel Boisrond (sketch Agnès Bernauer) : le duc Albert de Bavière 1962 : La Femme rousse (Die Rote) de Helmut Käutner : (non crédité) 1962 : L'Éclipse (L'eclisse) de Michelangelo Antonioni : Piero 1962 : Le Diable et les Dix Commandements ( - Tes père et mère honoreras) de Julien Duvivier : Pierre Messager 1962 : L'Échiquier de Dieu de Christian-Jaque (film inachevé) 1963 : Carambolages de Marcel Bluwal : M. Lambert 1963 : Mélodie en sous-sol d'Henri Verneuil : Francis Verlot 1963 : Le Guépard (Il gattopardo) de Luchino Visconti : Tancredi 1964 : La Tulipe noire de Christian-Jaque : Guillaume et Julien de Saint-Preux 1964 : L'Insoumis d'Alain Cavalier : Thomas Vlassenroot 1964 : Les Félins de René Clément : Marc 1964 : La Rolls-Royce jaune (The Yellow Rolls-Royce) d'Anthony Asquith : Stefano 1964 : L'Amour à la mer de Guy Gilles : L'acteur dans le film au cinéma (participation amicale) 1965 : Les Tueurs de San Francisco (Once a Thief) de Ralph Nelson : Eddie Pedak 1966 : Paris brûle-t-il ? de René Clément : Jacques Chaban-Delmas 1966 : Texas, nous voilà (Texas Across the River) de Michael Gordon : Don Andrea Baldazar, dit « Baldy » 1966 : Les Centurions (Lost Command) de Mark Robson : Philippe Esclavier 1967 : Les Aventuriers de Robert Enrico : Manu Borelli 1967 : Diaboliquement vôtre de Julien Duvivier : Georges Campo 1967 : Le Samouraï de Jean-Pierre Melville : Jef Costello 1968 : Adieu l'ami de Jean Herman : Dino Barran 1968 : La Motocyclette (Girl on a Motorcycle) de Jack Cardiff : Daniel 1968 : Ho ! de Robert Enrico : le piéton à l'aéroport (apparition non créditée) 1968 : La Piscine de Jacques Deray : Jean-Paul Leroy 1968 : Histoires extraordinaires (sketch William Wilson) de Louis Malle : William Wilson / son jumeau 1969 : Jeff de Jean Herman : Laurent 1969 : Madly (Il piacere dell'uomo) de Roger Kahane : Julien Dandieu 1969 : Le Clan des Siciliens d'Henri Verneuil : Roger Sartet

Années 1970 vignette|Le Professeur en 1972. vignette|La Veuve Couderc (1971). 1970 : Doucement les basses de Jacques Deray : Simon Médieu 1970 : Borsalino de Jacques Deray : Roch Siffredi 1970 : Le Cercle rouge de Jean-Pierre Melville : Corey 1970 : Crepa padrone, crepa tranquillo de Piero Schivazappa et Jacques Deray (film inachevé) 1971 : Soleil rouge de Terence Young : Gotch 1971 : Fantasia chez les ploucs de Gérard Pirès : apparition 1971 : L'Assassinat de Trotsky (L'assassinio di Trotsky) de Joseph Losey : Frank Jackson 1971 : La Veuve Couderc de Pierre Granier-Deferre : Jean Lavigne 1972 : Un flic de Jean-Pierre Melville : le commissaire Édouard Coleman 1972 : Le Professeur (La prima notte di quiete) de Valerio Zurlini : Daniele Dominici 1972 : Il était une fois un flic de Georges Lautner : l'homme qui sonne à la porte (apparition non créditée) 1972 : Traitement de choc d'Alain Jessua : le Devilers 1973 : Big Guns : Les Grands Fusils (Tony Arzenta) de Duccio Tessari : Tony Arzenta 1973 : Scorpio de Michael Winner : Jean Laurier, dit « Scorpio » 1973 : Les Granges brûlées de Jean Chapot : le juge Pierre Larcher 1973 : Deux Hommes dans la ville de José Giovanni : Gino Strabliggi 1974 : La Race des seigneurs de Pierre Granier-Deferre : Julien Dandieu 1974 : Borsalino and Co. de Jacques Deray : Roch Siffredi 1974 : Les Seins de glace de Georges Lautner : Marc Rilson 1975 : Zorro de Duccio Tessari : Don Diego de la Vega / Zorro 1975 : Flic Story de Jacques Deray : Roger Borniche 1975 : Le Gitan de José Giovanni : Hugo Sennart, dit « Le Gitan » 1976 : Armaguedon d'Alain Jessua : le Michel Ambroise 1976 : Khenchela city de Claude Elbaz : le jeune garçon 1976 : Comme un boomerang de José Giovanni : Jacques Batkin 1976 : Monsieur Klein de Joseph Losey : Robert Klein 1977 : Le Gang de Jacques Deray : Robert, dit « Le dingue » 1977 : L'Homme pressé d'Édouard Molinaro : Pierre Niox 1977 : Mort d'un pourri de Georges Lautner : Xavier Maréchal, dit « Xav » 1978 : Attention, les enfants regardent de Serge Leroy : l'homme 1979 : Airport 80 Concorde (The Concorde...Airport '79) de David Lowell Rich : le capitaine Paul Metrand 1979 : Le Toubib de Pierre Granier-Deferre : Jean-Marie Desprée

Années 1980 1980 : Téhéran 43, nid d'espions () d'Alexandre Alov et Vladimir Naoumov : l'inspecteur Georges Foche 1980 : Trois Hommes à abattre de Jacques Deray : Michel Gerfaut 1981 : Pour la peau d'un flic d'Alain Delon : Choucas 1982 : Le Choc de Robin Davis : Martin Terrier / Christian 1983 : Le Battant d'Alain Delon : Jacques Darnay 1984 : Un amour de Swann de Volker Schlöndorff : le baron de Charlus 1984 : Notre histoire de Bertrand Blier : Robert Avranches 1985 : Parole de flic de José Pinheiro : Daniel Pratt 1986 : Le Passage de René Manzor : Jean Diaz 1988 : Ne réveillez pas un flic qui dort de José Pinheiro : le commissaire divisionnaire Eugène Grindel

Années 1990 1990 : Dancing Machine de Gilles Béhat : Alan Wolf 1990 : Nouvelle Vague de Jean-Luc Godard : « Lui », Roger Lennox et Richard Lennox 1992 : Le Retour de Casanova d'Édouard Niermans : Giacomo Casanova 1993 : Un crime de Jacques Deray : Maître Charles Dunand 1994 : L'Ours en peluche de Jacques Deray : Jean Rivière 1995 : Les Cent et Une Nuits de Simon Cinéma d'Agnès Varda : Alain Delon, en visite 1997 : Le Jour et la Nuit de Bernard-Henri Lévy : Alexandre 1998 : Une chance sur deux de Patrice Leconte : Julien Vignal 1998 : Le Musée du cinéma Henri Langlois de Jacques Richard (court métrage - 4') : narrateur.

Années 2000 2000 : Les Acteurs de Bertrand Blier : lui-même 2008 : Astérix aux Jeux olympiques de Frédéric Forestier et Thomas Langmann : Jules César

Années 2010

2012 : Bonne Année, les mamans ! () de Sarik Andreassian, segment Voir Paris et... : lui-même 2019 : Toute ressemblance… de Michel Denisot : lui-même

Acteur à la télévision 1962 : Le Chien de François Chalais (téléfilm) 1972 : Aujourd'hui à Paris de Pierre Tchernia (téléfilm) : lui-même (caméo non crédité) 1978 : émission Numéro un consacrée à Annie Cordy, interprétation d'un extrait du Bel Indifférent de Jean Cocteau, dirigée par Pierre Mondy et Marion Sarraut : le compagnon silencieux 1988 : Cinéma de Philippe Lefebvre (série télévisée) : Julien Manda 2002 : Fabio Montale de José Pinheiro (série télévisée) : Fabio Montale 2003 - 2004 : Frank Riva de Patrick Jamain (série télévisée, deux saisons) : Frank Riva 2003 : Le Lion de José Pinheiro (téléfilm) : John Bullit 2010 : Un mari de trop de Louis Choquette (téléfilm) : Maître Maxime de Rougemont 2011 : Belmondo, itinéraire… de Vincent Perrot et Jeff Domenech (documentaire) : lui-même 2011 : L'Occupation intime d'Isabelle Clarke (documentaire) : narration

Réalisateur

1973 : Les Granges brûlées (coréalisateur non crédité) 1981 : Pour la peau d'un flic 1983 : Le Battant

Producteur

Travail d'acteur et personnalité

Jeu d'acteur Alain Delon est souvent défini par contraste avec ses contemporains. Si Jean-Paul Belmondo incarne l'improvisation, l'énergie brute et la spontanéité de la Nouvelle Vague (À bout de souffle, 1960), Delon s'impose par une présence beaucoup plus intériorisée et glaciale. Jean-Pierre Melville, qui fit de lui son acteur privilégié après Belmondo, résumait sa direction d'acteurs ainsi : « Ne fais rien, tiens-toi là ». C'est précisément ce minimalisme qui correspond au visage « impassible » et à la beauté froide de Delon. Son jeu repose ainsi moins sur l'expressivité faciale que sur la maîtrise du silence, du regard et de la posture. La critique anglo-saxonne l'a souvent défini comme un « blank slate », une surface neutre sur laquelle le spectateur projette ses propres affects et fantasmes.

Par ailleurs, l'attention portée au costume est constante : du complet ajusté de Plein Soleil à l'ensemble devenu mythique de Le Samouraï — trench-coat, chapeau Borsalino, gants — Delon construit une grammaire visuelle de ses personnages.

On se souvient que Michelangelo Antonioni choisit Alain Delon pour L'Éclipse en raison de son « visage dur et impitoyable ». Le jeu d'Alain Delon, notamment dans Le Samouraï de Jean-Pierre Melville (1967), s'inscrit dans une configuration singulière de la masculinité filmique. Delon construit son personnage par une économie gestuelle réduite à l'essentiel : le corps est discipliné et le visage impassible. La répétition mécanique de certains gestes (en particulier celui de l'ajustement du chapeau) relève d'une codification presque liturgique de la présence. Ce rituel de l'apparence manifeste un narcissisme latent, proche de ce que Laura Mulvey décrit comme la projection d'un « moi idéal », fermé et autosuffisant. L'usage minimal du dialogue, caractéristique du jeu de Delon, contourne le langage au profit d'une pure image de maîtrise. Pourtant, cette image se fissure progressivement. Le jeu de Delon met en scène une omnipotence d'abord incontestée (solitude absolue, invulnérabilité apparente), mais que le récit soumet à une série d'épreuves (profanation de l'espace intime, traque policière). La rigidité de son jeu devient alors une performance tragique : le regard échangé avec la chanteuse du club (Cathy Rosier) révèle un léger vacillement et la menace pesant sur son intégrité, la mort survenant peu après qu'il a tenté de la revoir. Ainsi, le jeu de Delon a une double fonction : en plus d'incarner une virilité cinématographique, chaque geste soigneusement contrôlé révèle aussi la fragilité de cet idéal.

Il ne faudrait toutefois pas réduire le jeu de Delon à une froideur spectrale ou à un mutisme hiératique. Dans Le Clan des Siciliens (1968), il incarne un psychopathe séduisant : violent (la scène où il abat un poisson contre un rocher) et romantique à la fois. Delon incarne ici une masculinité inquiétante, attirante et destructrice, ce qui correspond parfaitement à sa méthode : jouer sur l'ambiguïté du silence et du mystère. Dans Le Gang (1976), il incarne un gangster des années 1940, mais cette fois avec une nuance nouvelle : le film montre des scènes d'ensemble chaleureuses, où Delon, affublé d'une perruque frisée, partage la camaraderie de son groupe ; ce personnage détonne aussi par son exubérance et son flot d'injures. Outre Le Gang, on le voit déjà dans Borsalino (1970), où la rivalité initiale avec Belmondo se transforme en amitié complice, donnant lieu à des séquences où les deux stars s'amusent avec les codes du polar. L'argument policier est ici secondaire : ce qui prime, c'est l'alchimie entre deux silhouettes masculines en costume trois-pièces et chapeaux Borsalino, dans un buddy movie à la française.

Corps, image et rôle : la stylisation Delon