Joan Navarro i Tercero, né à Oliva (province de Valence) en 1951, est un poète espagnol d'expression catalane.
Biographie Sa première œuvre Grills esmolen ganivets a trenc de por remporte le prix Vicent Andrés Estrellés de poésie en 1973.
Sur le plan professionnel, il exerce comme professeur de philosophie.
Selon le critique littéraire Francesc Calafat : « La poésie de Navarro exige que nous la situions au-delà d'une vision historique, car elle évolue dans une galaxie personnelle où se mêlent le substrat intemporel, les cultures anciennes et modernes, les mondes occidental et oriental ».
Son nom figure dans les anthologies les plus marquantes de la poésie catalane des années 1970 : Carn fresca (1974), Les darreres tendències de la poesia catalana (1968-1979) ou La nova poesia catalana (1980), et d'autres publiées en Espagne ou à l'étranger, parfois dans des versions traduites.
En 1991, Joan Navarro publie chez Tres i Quatre son seul roman, Drumcondra.
Depuis 1999, il coordonne la revue en ligne SèrieAlfa. Art i literatura.
Coltell al cap Avec la plaquette Coltell al cap, Joan Navarro remporte la violette d'or et d'argent aux Jeux floraux de Barcelone de 1981. Comme indiqué sur la plaquette, le texte fait référence au film de Reinhard Hauff Le Couteau dans la tête, comme indiqué sur la plaquette. Il rapporte une promenade dans la ville de Valence, mais qui n'est identifiée que vers la fin du livre : ; avant, on retrouve le narrateur en train de flâner à Prague : ; . Le narrateur invite le lecteur à participer, d’être lui aussi un flâneur amoureux et de découvrir la ville : .
Drumcondra Drumcondra (1991) a été décrit comme un anti-roman. Le livre rapproche le lecteur de la manière d'écrire et lui permet de se sentir un alter ego touristique du poète Joan Navarro. Sur la quatrième de couverture, Salvador Jàfer avertit :
Le livre est daté et localisé : Dublin, Berlin, Valence. Février 1988-. Sa connaissance des villes se forme tout en reliant des noms qui lui sont significatifs, depuis une perspective personnelle ou collective dans laquelle se produit un dédoublement entre la voix qui doit se rappeler les faits et une autre plus attentive à la petitesse, à l'expérience dans la ville vécue. Quand on visite une ville, il y a deux façons de l'affronter : l'observer ou bien .
La ville agit comme un sismographe et le protagoniste sera son aiguille instable, et à chaque visite, il y a des divergences, des contrastes, qui nous font voir une nouvelle ville. Navarro perçoit les villes (Dublin, Berlin) comme un palimpseste, dans lequel il faut lire à la recherche de couches d´ecritures successives surimprimées.
Les architectes offrent un espace neutre, une ville fonctionnelle. Les piétons, eux, aiment regarder, entrer dans la ville, sous un angle différent, pas du tout planifié, laissant place au hasard, à l'inattendu. Ils créent ainsi des cartes vécues de l’espace urbain. Au contraire, Joan Navarro construit son Dublin (et Berlin) comme un espace multidimensionnel aux significations multiples. Le passé chevauche le présent, la fiction chevauche la réalité, les itinéraires physiques dessinent une carte des sentiments et des expériences, la vie privée entre en collision avec la vie publique. Et cette réaction se synthétise dans des espaces prestigieux. Drumcondra est le quartier de Dublin où se déroule une partie de l'Ulysse de James Joyce ; à l'hôtel Ormand, il lui semble entendre la voix de Léopold Bloom ; le Jardin botanique, la place Magdeburg et l'Hôtel Explanade, le quartier de Kreuzberg, etc. Dans Drumcondra, Navarro crée une géographie des lieux, physiques et mentaux, dans une tonalité intime, qui dessine une carte sentimentale de son expérience dans la ville. Sur cette carte, il revendique son Dublin, qui est aussi celui de Joyce, en parcourant ses rues avec Gerard McGuirk, un nom qui évoque une famille des histoires de W. B. Yeats, l'émigration irlandaise et la lutte contre la couronne anglaise, l'insurrection de 1916, le Berlin en noir et blanc de Wim Wenders ou celui de Lou Reed, les matins ordinaires :
Dans sa connaissance de la ville, il adopte un « récit sensoriel ». La lumière, ou le bruit, la musique et les arômes, mais ce sont aussi les racines, les siennes et celles du lieu où il se rend. La ville est tout cela, une construction mentale que construite à partir de la propre expérience de vie et le narrateur évoque, prolonge et raconte ce qui lui donne forme : . Un environnement intériorisé comme expérience intime qui fait émerger la littérature.
De retour à Valence, il devra rééduquer ses habitudes, en superposant les deux villes, celle qu'il a abandonnée et celle qu'il (re)découvre à son retour :
Il y a cependant la « schizophrénie spatiale », typique de la ville, la magie secrète de sa géographie, une confusion du temps et de l'espace. Navarro substitue à ce qu’il voit dans le présent ses souvenirs du passé. Des espaces séparés pour un certain temps, pas excessivement long, mais qu'il doit identifier pour reconnaître la « réalité », c'est-à-dire démêler entre ce dont il se souvient et ce qu'il voit réellement :
Œuvre
Poésie
Grills esmolen ganivets a trenc de por, Valence, L'Estel, 1974. L'ou de la gallina fosca, Barcelone, Curial, 1975. Vaixell de folls, Valence, Septimomiau, 1979. Coltell al cap, 1980. Bardissa de foc, Barcelone, Edicions del Mall, 1981. La paüra dels crancs. Pròleg de Gaspar Jaén. Valence, Tres i Quatre, 1986. Tria personal (1973-1987), Valence, Edicions de la Guerra, 1992. Magrana, Valence, Brosquil, 2004. Atlas (Correspondència 2005-2007), Valence, Tàndem, 2008. En collaboration avec le peintre Pere Salinas. Grafies·Incisions, Valence, Editilde, 2010. En collaboration avec le peintre Pere Salinas. A deslloc, Valence, Edicions de la Guerra, 2010. II Prix Carles Salvador. O: llibre d'hores, Carcaixent, Edicions 96, 2014. En collaboration avec le peintre Pere Salinas. El plom de l'ham, Barcelone, Edicions 62, 2014. LII Prix Ausiàs March de Poesia. Magrana-Granada, trad. de Lola Andrés, Madrid, Amagord, 2018. La nit transeünt, Palma, Lleonard Muntaner, 2019. Líquens. Avec Veronika Paulics. La Pobla de Farnals, Edicions del Buc, 2023.
Roman Drumcondra, Valence, Tres i Quatre, 1991.
Traductions
Esfera. Una antologia, d' (Valence, Tres i Quatre, 2010). Margeando o caos | Vorejant el caos, de Majela Colares (Rio de Janeiro, Confraria do Vento, 2013). Després del diluvi i altres poemes, d'Antônio Moura (Carcaixent: Edicions 96, 2013).
Notes et références
Annexes
Bibliographie
Liens externes
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