Le parc de Bruxelles (en néerlandais : Warandepark ou Park van Brussel), anciennement et parfois encore appelé parc Royal. (en néerlandais : Koninklijk Park), est le plus grand parc public du centre de Bruxelles, situé entre la rue Royale, la rue de la Loi, la rue Ducale et la place des Palais, dans le quartier Royal.

D'une superficie d'environ 13 hectares, le parc a été conçu entre 1776 et 1783 dans un style néo-classique symétrique par l'architecte français Gilles-Barnabé Guimard et l'architecte paysagiste autrichien Joachim Zinner, dans le cadre d'un projet urbanistique comprenant la place Royale. Il est classé au patrimoine de la Région de Bruxelles-Capitale depuis le .

Histoire Origines vignette|gauche|Bruxelles sur la carte de Ferraris entre 1771 et 1778, avec le parc et haut à droite. vignette|gauche|Le parc de Bruxelles en 1789. La création du parc coïncide avec celle de la place Royale, édifiée à partir de 1775 sur les ruines du château des ducs de Brabant, situé au sommet du Coudenberg et appelé communément depuis l'incendie qui l'a ravagé en 1731, « l'Ancienne Cour » ou « la Cour brulée ».

Remanié et agrandi sous Jean III de Brabant et ensuite sous Philippe le Bon, le château était entouré de la place des Bailles, clôturée, et, à l’arrière, d’un parc divisé en deux parties : le grand parc ou warande, réserve à gibier (voir garande) qui s’étendait, à la fin du règne de Charles Quint, jusqu’à la rue de Louvain et aux remparts situés porte de Namur ; le petit parc, situé dans le vallon du Koperbeek, entre l’arrière du palais et le bois. Celui-ci comprenait un jardin d’agrément privé, dénommé au fil de ses réaménagements successifs, tantôt « Feuillée », tantôt « Labyrinthe » par évocation des berceaux de verdures, portiques et bassins du labyrinthe de Corinthe. Sur le versant opposé, un vignoble, une orangerie et des volières d’oiseaux exotiques et, dans le reste du vallon, un jardin de fleurs et un étang agrémentaient l’ensemble.

Le château est la proie des flammes dans la nuit du 3 au . L’incendie a pris dans les cuisines où l’on préparait des confiseries pour le prochain bal. Il laisse derrière lui un champ de ruines et un parc délaissé. D’aucuns proposent une reconstruction partielle du site, mais l’argent manque.

Pour le vingt-cinquième anniversaire de son installation comme gouverneur des Pays-Bas autrichiens, les États de Brabant souhaitaient ériger une statue à Charles de Lorraine. Le prince de Starhemberg, ministre plénipotentiaire de l’impératrice Marie-Thérèse d'Autriche, proposa de l’installer sur la place, devant les ruines arasées pour l’occasion. Dans la foulée, il suggéra d’étendre la place, de la border d’édifices réguliers et de remanier le parc. L’impératrice donnait son accord le , à condition que la ville de Bruxelles en assume le financement. Ardues, les négociations aboutiront à la signature de deux conventions, l’une pour la place, l’autre pour le parc. La ville assurait le financement des voiries limitrophes tandis que le gouvernement prenait l’aménagement du parc à sa charge.

La volonté du concepteur du plan du quartier, Barnabé Guimard assisté, pour l’aménagement du parc, de Joachim Zinner, était de faire, du quadrilatère formé par le parc, un point central de réorganisation du quartier environnant en le dotant de bonnes communications avec la ville en expansion. Les travaux s’étaleront de 1776 à 1783. Tout est aplani et refait : arbres sont abattus pour tracer les nouvelles allées en patte-d’oie qui relient le palais de justice de Bruxelles, le palais royal de Bruxelles, le palais de la Nation et la place du Trône.

Périodes françaises et néerlandaises En 1793, les occupants révolutionnaires français ravagent le parc et abattent les statues et les bustes des empereurs romains dont on l’avait orné. Durant la période française de l'histoire de la Belgique, la ville de Bruxelles, qui gère le parc dès 1797, s’attache à réparer les dégâts et repeuple bientôt le parc de statues et de bustes actuels. À court d’argent, elle organise aussitôt une souscription publique au terme de laquelle la direction de l’entretien du parc est confiée aux trente plus généreux donateurs. Les résultats dépassent largement les attentes et les mécènes victorieux délèguent sept représentants qui constituent la commission du parc.

Lors de la période du Royaume uni des Pays-Bas, à partir de 1815, Bruxelles devient la deuxième capitale du pays avec La Haye et accueille une année sur deux les États généraux dans le palais de la Nation qui borde le nord du parc, tandis que, de l'autre côté, le palais royal de Bruxelles devient la seconde résidence du roi Guillaume et le palais des Académies est donné au prince héritier. Dès lors, le quartier Royal et le parc sont au centre de la vie politique et la ville devient officiellement propriétaire du parc par un arrêté royal du .

Révolution belge vignette|gauche|Les grenadiers du Garderegiment Grenadiers en Jagers pris au piège dans le parc lors des Quatre Jours de Bruxelles. Le parc de Bruxelles joue un rôle majeur dans la révolution belge car c'est là que se réfugie l'armée du prince Frédéric d'Orange-Nassau qui attaque Bruxelles dès le , afin de tenter de reprendre le contrôle de l'insurrection de 1830 dans les Pays-Bas méridionaux. Déjà au début du mouvement, durant les émeutes d'août, le peuple révolté saccage le parc en arrachant les décorations et les arcades préparées pour les festivités liées à l'anniversaire du roi Guillaume, les rassemblent en bûchers et y mettent le feu. Plusieurs statues sont également renversées et, le , l'incendie menace un temps le petit théâtre, les kiosques et le Vauxhall avant d'être maitrisé.

Au matin de l'assaut, le parc est pris vers par les grenadiers du Garderegiment Grenadiers en Jagers du major Johannes Philip Anthing. Leur objectif suivant est la place Royale mais le prince, surpris par la résistance acharnée des Bruxellois, préfère temporiser et réunir ses troupes dans le parc avant de lancer l'attaque. Le colonel Rijnholt Antonij Klerk se conforme aux ordres et arrête plusieurs heures ses grenadiers, ce qui est considéré comme l'une des erreurs tactiques majeures de l'armée, qui la conduit à se faire prendre au piège derrière les grilles. vignette|gauche|Soldats néerlandais tentant d'attaquer la place Royale depuis le parc. En effet, la position des troupes est presque inexpugnable : le parc se trouve dans la ville haute et les soldats occupent l'ensemble des bâtiments de la rue de la Loi, de la rue Ducale et de la place des Palais. Seules les maisons de la rue Royale et les deux hôtels bordant l'entrée de la place éponyme, l'hôtel Bellevue et l'hôtel de Grimbergen, sont aux mains des patriotes, qui s'y fortifient et tirent sans discontinuer depuis les fenêtres. Au fur et à mesure des combats, tant les sorties de l'armée que les tentatives de prise du parc des volontaires belges, se soldent par un bain de sang. Le vers , un officier d'artillerie du corps franc liégeois, Tassier-Piette, se présente en parlementaire avec une sommation d'évacuation du commandant Bicheroux. Pour toute réponse, il entend l'ordre de le fusiller et a juste le temps de déclarer que si tel devait être le cas, le même sort serait réservé aux soldats prisonniers des Belges, ce qui lui sauve la vie. vignette|gauche|Attaque du parc par les volontaires de la révolution belge de 1830, depuis la place Royale. Durant leur première nuit dans le parc, les soldats bivouaquent dans les bas-fonds où ils se créent des escaliers avec les bancs publics qu'ils détruisent pour l'occasion et qu'ils utilisent également comme boucliers durant les combats. Le , la fusillades reprend et est particulièrement intense vers avant que l'armée ne parvienne à faire acheminer quatre canons supplémentaires qu'elle place au centre des allées pour viser les bâtiments avoisinants. Le théâtre royal du Parc devient le quartier-général des officiers stationnés en ville et les soldats investissent le Vauxhall. Le , celui-ci est canonné par l'artillerie belge. Ce jour-là, les révolutionnaires s'emparent, entre autres, de la maison de Charles Van Hulthem, située au croisement de la rue Montagne du Parc, afin d'y ouvrir le feu depuis les fenêtres. Pour se protéger des tirs de ripostent, ils barricadent celles-ci avec des caisses remplies de livres puisés dans sa célèbre et imposante bibliothèque. Les balles laissent d'innombrables trous dans les précieux ouvrages, dont certains sont encore conservés en l'état aujourd'hui en guise de reliques par la Bibliothèque Royale de Belgique, quand ils ne sont pas tout simplement détruits pour fabriquer des cartouches de munition avec le papier, ravageant la collection. Juan Van Halen, nommé « général en chef des forces belges », s'installe dans le bâtiment puis tente un assaut général du parc, qu'il avait échafaudé la veille avec, en guise de carte, un et prévu de faire de nuit, mais les volontaires belges avaient refusé l'idée d'un assaut nocturne. L'attaque est menée sur trois colonnes : celle de droite, confiée à Ernest Grégoire, devait arriver par la place Royale, celle du centre, sous le commandement de Van Halen, par la Montagne du Parc, et celle de gauche, conduite par Charles-Joseph Pletinckx, devait déboucher à la fois par la rue Royale, en venant par la rue de Louvain et en travers du palais des États Généraux, dont il devait tout d'abord déloger l'armée. Elle est opérée de manière frontale vers , mais est sèchement repoussée. vignette|gauche|Assaut des révolutionnaires belges dans le parc, le . Le , les révolutionnaires envisagent d'incendier le parc avec les pompes des sapeurs-pompiers de Bruxelles remplies de vitriol ou de térébenthine à la place de l'eau. Ils imaginent aussi reprendre le contrôle du palais royal de Bruxelles afin d'y faire acheminer leurs canons dans les greniers pour mieux viser le parc depuis un nouvel angle, mais tout cela ne sera pas nécéssaire. En effet, dans la nuit du au , le prince Frédéric, n'ayant d'autre choix que d'admettre sa défaite, fait discrètement retirer ses troupes de la ville vers , à la faveur de la nuit. Les Belges perçoivent des mouvements de troupes mais croient à un renforcement des positions. Lorsqu'ils ouvrent à nouveau le feu à l'aube, aucun tir ne vient riposter et, après s'être prudemment approchés, les plus courageux entrent dans le parc et n'y trouvent plus personne. vignette|L'état du parc au lendemain des Quatre Jours de Bruxelles. L'heure est alors aux constats et au nettoyage : Auguste Engelspach-Larivière, agent-général du gouvernement provisoire de Belgique, ordonne de faire enlever les cadavres d'hommes et de chevaux qui gisent encore dans et aux alentours du parc. On en ramasse , dont militaires et combattants belges, parmi lesquels seuls peuvent être identifiés. Ils sont emmenés au grand cimetière de la ville, situé hors de la porte de Louvain. Un témoin britannique raconte l'état du parc, dévasté par les combats :

Période moderne

Lors de la construction du métro de Bruxelles, une station nommée « Parc » est mise en service le sur les lignes 1 et 5 et débouche du côté de la rue de la Loi.

Le parc de Bruxelles accueille chaque année les festivités liées à la fête nationale belge, le . Victime des outrages du temps, il fait l’objet d’une campagne de restauration en profondeur qui s’est achevée en 2001. Des arbres ont été abattus et replantés, les taillis revivifiés, les chemins et les pelouses recoupés et refaits, le mobilier rajeuni et les kiosques du côté du palais royal reconstruits.

Selon l'ASBL bruxelloise Alias, le parc de Bruxelles, et plus particulièrement les vestiges du vallon du Koperbeek, serait un lieu de prostitution masculine et de maraude sexuelle ..

Description vignette|Vue vers le Parlement fédéral.