Marienia est un projet immobilier prévu à Cambo-les-Bains. Promu par la société Bouygues Immobilier et le bailleur social Office 64, il comprend 94 logements sur un terrain de 3,8 hectares.
Historique
Le projet prévoit la construction de quarante cinq logements individuels par le promoteur Bouygues Immobilier et de quarante logements sociaux et neuf maisons en bail réel solidaire portés par le bailleur social Office 64. La mairie souhaite s'appuyer sur ce projet immobilier afin d'augmenter un taux de logement sociaux situé en-dessous du seuil fixé par la loi SRU (environ 8% contre 25%).
Le terrain appartient à Francis Salagoïty, co-président de l'Aviron bayonnais avec le maire de Cambo Christian Devèze jusqu'en 2018.
Le plan local d'urbanisme de Cambo-les-Bains est modifié en 2009 afin de rendre le terrain constructible, décision confortée par le PLU de 2019.
Opposition et poursuites judiciaires Plusieurs collectifs et associations s'opposent à un programme immobilier qui conduirait à l'artificialisation de terres pouvant servir à l'agriculture et se trouvant en contradiction avec le Projet d’aménagement et de développement durable (PADD) du territoire, menaçant notamment une zone classée Natura 2000 et une zone humide ZNIEFF. Le projet est ainsi érigé en symbole de la disparition des terres arables, deux fois plus rapide au Pays basque qu'au niveau national, sur fond de crise du logement et de spéculation foncière. Les opposants dénoncent également le manque de volontarisme de la mairie pour faciliter l'accès au logement, puisqu'elle refuse notamment d'augmenter la taxe sur les résidences secondaires (Cambo en dénombre près de 800) et d'appliquer la mesure de compensation sur les meublés touristiques. Ils pointent également la possibilité de réutiliser des bâtiments de cures thermales désaffectés pour les transformer en logements.
En , la maquette du projet exposée à l'agence Bouygues Immobilier d'Anglet est recouverte de terre afin d'enterrer symboliquement le programme. Quatre personnes sont arrêtées près d'un an plus tard et font l'objet d'un procès intenté par le promoteur. Elles sont condamnées à 8 742 euros de dommages matériels en appel.
En , des opposants au projet manifestent durant une séance du conseil municipal de Cambo, accusant le maire de refuser de les recevoir. Ils réitèrent leur manifestation lors des vœux du maire en puis lors d'une nouvelle séance du conseil municipal en , à l'issue de laquelle le maire Christian Devèze chute dans une bousculade. Trois personnes sont arrêtées quelques mois plus tard et accusées de "violences aggravées" ; leur procès est programmé en . Elles sont condamnées à des peines allant de deux à quatre mois de prison avec sursis et des amendes.
Le permis de construire est validé par le tribunal administratif de Pau en mais plusieurs collectifs se pourvoient en cassation. Le PLU modifié en 2019 est également validé par la justice en , décision confirmée par le Conseil d’État en .
Une nouvelle manifestation est organisée en , à l'issue de laquelle des plantations collectives de patates, maïs, piments et courges sont effectuées sur la parcelle et un "serment des makila" est pris par près de 500 personnes. En septembre 2025, 4 tonnes de pommes de terre sont récoltées, alors que les autres cultures ont été anonymement détruites pendant l'été . Les opposants poursuivent l'occupation en octobre 2025 en semant du blé pour l'hiver sur la parcelle . Ces cultures sont à leurs tour vandalisées par des produits chimiques en mars 2026 .
Après ces occupations végétales, les organisations défendant le caractère agricole de la parcelle lancent une nouvelle occupation, cette fois animale. 50 brebis sont mises à pâturer dans le champ . Le dimanche 14 juin 2026, 300 personnes participent à une nouvelle mobilisation festive au cours de laquelle une bergerie est construite collectivement pour les brebis. Cette construction doit permettre d'affirmer définitivement le caractère agricole de la parcelle .
Références
Catégorie:Agriculture au Pays basque Catégorie:Syndicat agricole Catégorie:Aménagement contesté en France Catégorie:Pyrénées-Atlantiques au XXe siècle Catégorie:Cambo-les-Bains au XXIe siècle