Salvador Rueda, né le à et mort le à Malaga, est un poète et romancier espagnol, considéré comme l'un des précurseurs du modernisme.
Biographie Salvador Rueda naît dans une famille paysanne andalouse. Il arrête ses études après l'école primaire, mais reçoit des cours de latin et de poésie espagnole dispensés par un prêtre de son village natal de . À seize ans, il s'établit dans la capitale provinciale, Malaga, vivant de divers métiers. C'est à cette époque qu'il publie ses premiers poèmes dans le journal . ..
gauche|vignette|redresse|alt=Photographie ancienne en noir et blanc d'un homme moustachu.|Salvador Rueda en décembre 1915.
En 1880, le premier recueil de ses poèmes est publié sous le titre . Il montre une certaine continuité avec la poésie lyrique du . Néanmoins, dès le recueil suivant, , publié à Madrid en 1883, une rupture s'opère, notamment par des innovations métrique. À cette date, Rueda a déménagé dans la capitale, où il travaille pour la . Ce second recueil est dédié à Gaspar Núñez de Arce.
Dès lors, Salvador Rueda étudie les classiques espagnols du Siècle d'or et les romantiques français, en particulier Chateaubriand, Lamartine et Hugo. En parallèle, son ami le pousse à publier ses « tableaux andalous » dans le quotidien madrilène . Ces textes courts sont par la suite rassemblés dans le recueil paru en 1883, premier de nombreux recueils des contes : en 1886, et en 1887, en 1890, en 1891 et en 1896. En parallèle, Rueda publie ses premiers romans, en 1889, l'année suivante, en 1892. Il s'essaie également à l'écriture de pièces dramatiques, avec notamment en 1901), en 1907 et en 1908.
Au tournant du , le prestige de Rueda est grand ; il est notamment invité à voyager dans le monde hispanophone et lusophone, en particulier à Cuba de à , puis de nouveau à Cuba et en Argentine en 1912-1913, au Brésil en 1914, aux Philippines une première fois en 1915 puis en ; enfin, en , son dernier voyage le mène au Mexique et de nouveau à Cuba. Entretemps, toutefois, une affection pulmonaire le contraint à réduire ses activités et à effectuer plusieurs séjours sur l'île de Tabarca. C'est également cette maladie qui lui sert de prétexte pour être nommé bibliothécaire à Malaga en 1919, poste qu'il occupe jusqu'à sa retraite survenue en 1927.
Lors de ses dernières années, il mène une vie retirée ; cependant son talent est reconnu : en , il est élu académicien correspondant de l'Académie andalouse. À plusieurs reprises, des auteurs hispaniques viennent le visiter, tels que et Manuel Altolaguirre. Il meurt à 77 ans le et est enterré au cimetière Saint-Michel de Malaga le lendemain.
Analyse de l'œuvre Certains critiques tels que Juan Ramón Jiménez ou voient, dans l'expression des sens et le culte de l'art et de la beauté qui s'expriment chez Rueda, les premiers fondements du modernisme, très critiqués pour leur audace notamment sensuelle. C’est notamment le cas des sonnets de publié en 1890, dont Juan Valera critique la « sensualité malsaine », ou du roman paru en 1906, attaqué pour ses descriptions naturalistes jugées impudiques.
Par ailleurs, c'est Rueda qui ouvre les portes du monde littéraire hispanique à Rubén Darío après l'arrivée de celui-ci à Madrid en 1892. Toutefois la bonne entente entre les deux hommes ne dure pas ; le , Darío publie dans une critique de Rueda, dans laquelle il l'accuse d'avoir déçu les espoirs de renouveau de la poésie espagnole, ce qui consomme leur rupture.
Notes et références
Voir aussi
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