vignette|365x365px|Manifeste du groupe La Commune paru le dans Le Coup de Feu de Eugène Châtelain. La Commune : groupe révolutionnaire socialiste, est un éphémère groupe parlementaire à la Chambre des députés formé le par Félix Pyat, d'anciens membres de la Commune de Paris et des socialistes.
Histoire
Création et déclarations Quelques semaines avant les élections du et avec l'intention de s'opposer autant aux radicaux qu'aux boulangistes, Félix Pyat fonde en fin le groupe parlementaire "La Commune". Ce groupe d'une vingtaine de membres (variant selon les listes) est essentiellement composé d'anciens élus ou membres de la Commune de Paris de 1871 comme le délégué à la justice Eugène Protot ou le général Gustave Paul Cluseret. Ce groupe, selon Alexandre Zévaès, était "à peu près imaginaire" et n'a eu aucune influence durable.
Dans son manifeste publié le , le groupe écrit que "depuis la Commune de 1792, le plus grand acte révolutionnaire a été la Commune de 1871" et que "tout homme et tout parti doit être jugé sur la part qu'il a pris dans ce grand fait de Révolution". Ils revendiquent le principe de la Commune contre le boulangisme présenté comme un retour du bonapartisme. Ils écrivent :"Pas de République sans Commune ; la Commune est la petite République comme la République est la Commune (…) Non plus de sectes, le peuple. Plus de classes, la masse, une et indivisible. Ni premier, ni Tiers-État. La concentration révolutionnaire ne peut se faire ni rue Cadet, ni rue de Sèze, mais à l'Hôtel de Ville (…) Le droit humain et non le droit divin ; les droits de l'homme et du citoyen…bref, l'individu libre dans la Commune ; la Commune libre dans la nation ; la nation libre dans l'humanité…Tout l'idéal de la Révolution."
Résurgences Après avoir échoué aux élections à Paris, Eugène Protot reconstitue le groupe le avec Prosper Quiniou (ex-commandant du bataillon de fédérés) et quelques anciens combattants de la Commune. Ils utilisent le nom de "Commune révolutionnaire" pour signer leurs brochures et tracts visant à attaquer "les tendances impérialistes et pangermanistes des marxistes" et plus spécifiquement Paul Lafargue et Jules Guesde qu'ils accusent d'être un "agent salarié de l’Allemagne" et un antipatriote. Dans une interview au journal L'Éclair en 1892, Protot explique que : "En réalité, tous ces socialistes (les Allemands) à l'eau de rose sont des agents de l'Empire, qui viennent chez nous porter le trouble et le désordre, alors que chez eux ils restent les plus enragés chauvins, les plus enthousiastes patriotes"ou encore que dans le contexte de la fête du 1er mai que Protot et son groupe attaquent : "Abstenez-vous ; nous vous en adjurons. Vous (la classe ouvrière française) n'avez rien en commun avec eux (les socialistes allemands). Vous êtes pour la liberté ; ils sont pour l'autorité. Vous êtes égalitaires ; ils sont esclavagistes. Vous êtes libre-penseurs ; ils sont mômiers. Vous êtes pour la raison ; ils sont pour Notre-Dame. Vous voulez la fraternité des peuples ; ils préparent l'hégémonie de l'Allemagne".Il est à noter que, toujours selon Alexandre Zévaès, "les manifestes et tracts de Protot passent complètement inaperçus".
Membres connus
Références
Catégorie:Groupe politique de la Chambre des députés (France)