Yasser Abou Shebab, né le à Rafah et mort le à Beer-Sheva, est le chef de la milice « Forces populaires », une organisation criminelle palestinienne impliquée dans le détournement de l'aide humanitaire dans la bande de Gaza et soutenue par Israël.Adam Shatz, De l’Iran à Gaza, la guerre sans fin d’Israël, Orient XXI, 25 août 2025..
Biographie Yasser Abou Shebab est issu du clan des Abou Shebab de la tribu des Tarabin, une grande famille bédouine de Rafah, aussi présente dans le Néguev et dans le Sinaï. Il est emprisonné à plusieurs reprises pour des infractions pénales. Au début de la guerre de Gaza, en , il purge une peine de 25 ans pour trafic de stupéfiants à la prison d'Asda, à Khan Younès. Il quitte la prison à la faveur des premiers bombardements israéliens sur la bande de Gaza, dans des circonstances floues : certaines sources affirment qu'il s'est évadé, d'autres qu'il a été libéré.
Un responsable de la sécurité israélienne a déclaré au journal israélien Yedioth Ahronoth que les activités principales du gang étaient . Selon Samuel Forey, journaliste au quotidien Le Monde : .
Guerre de Gaza Yasser Abou Shebab se fait connaitre pendant la guerre de Gaza comme le chef d’un important gang impliqué dans des attaques armées sur des convois d’aide humanitaire survenues entre et . Il arrive que des chauffeurs soient tués dans ces attaques, et les cargaisons volées sont ensuite vendues sur le marché noir. Le gang compterait entre 100 et 200 membres en 2025 et bénéficie de la protection de l'armée israélienne. Il opère depuis des zones de Rafah contrôlées par l'armée israélienne et interdites à la population palestinienne. Il arrive aussi que l'armée israélienne ouvre le feu sur les escorteurs civils non armés accompagnant les convois ou les policiers palestiniens, facilitant ainsi les activités du gang.
Le Hamas crée en une pour combattre les pilleurs mais elle ne peut pas intervenir dans les zones occupées par Tsahal. Yasser Abou Shebab survit le à une attaque du Hamas dans laquelle son frère et d'autres membres de son groupe sont tués. Le , la famille de Yasser Abou Shebab prend officiellement ses distances avec lui dans un communiqué.
À partir de la fin du mois de , le gang commence à se faire appeler ou et prétend sécuriser les convois d'aide humanitaire et combattre le terrorisme. Yasser Abu Shebab se réclame alors de l'Autorité palestinienne. Le , cette dernière dément tout lien avec ce groupe. Le second de Yasser Abou Shebab est réputé avoir entretenu des liens étroits avec l’État islamique.
L'historien Jean-Pierre Filiu remarque que ce .
Le , l'opération secrète d'armement de la milice de Yasser Abou Shebab, selon les instructions du Premier ministre d'Israël Benyamin Netanyahou, est dévoilée par l'ex-ministre israélien Avigdor LiebermanSamuel Forey, A Gaza, Israël promeut des milices anti-Hamas liées à des réseaux criminels, Le Monde, 7 juin 2025.. Lieberman reprend les accusations de l'ONU et accuse alors le gouvernement israélien de transférer des armes .. Cependant, l'accusation d'affiliation d'Abou Shebab à l’État islamique n'est pas prouvée selon le journal Le Monde, même si , analyse l’European council for foreign relations. Netanyahou reconnaît, , avoir , mais il ne fait pas mention de livraison d'armes. Yasser Abou Shebab nie quant à lui avoir reçu des armes d'Israël. Plusieurs sources sécuritaires israéliennes ont confirmé à des médias israéliens ces livraisons d'armes.
Le , le Wall Street Journal publie une tribune signé par Yasser Abu Shabab « promettant de construire un Gaza libéré du Hamas ». En août, il rencontre en Israël l’envoyé spécial des États-Unis, Steve Witkoff.
Mort Le , une source sécuritaire israélienne, relayée par Haaretz, rapporte la mort de Yasser Abou Shabab . Les médias israéliens Yedioth Ahronoth, Kan 11 et Canal 12 précisent qu'il s'agit d'un conflit au sein de son clan, et non d'une opération d'élimination menée par le Hamas. Yasser Abou Shabab aurait emprisonné et fait torturer plusieurs membres du clan. Canal 12 ajoute que Yasser Abou Shabab a succombé à ses blessures au , situé à Beersheba en Israel, ce que le personnel de l'hôpital conteste.
Environ une heure après l'annonce de sa mort, l'unité Rada'a du Hamas, chargée de traquer les collaborateurs de l'armée israélienne, publie une photo barrée de Yasser Abou Shabab accompagnée de la légende suivante : . À la suite de l'annonce de la mort d'Abou Shabab, des scènes de liesse éclatent dans la bande de Gaza et dans le camp de réfugiés palestiniens de Aïn el-Héloué, où des distributions de friandises sont organisées.
Ghassan al-Dahini, commandant opérationnel des « Forces populaires » et second d'Abou Shabab, lui succède.
Notes et références
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