Le 1 régiment de spahis marocains ( RSM) est un régiment français de cavalerie, de l'armée d'Afrique, créé en 1914. Dissous en 1945, son nom et ses traditions sont conservés par le 1 régiment de marche de spahis marocains ( RMSM), issu des hommes du ralliés à la France libre.
Il s'illustre particulièrement au cours de la Première Guerre mondiale, au sein de l'Armée française d'Orient, en Macédoine, en Albanie et en Serbie, où il obtient cinq citations à l’ordre de l’Armée, deux ordres serbes, un ordre roumain et un ordre marocain ainsi que la fourragère aux couleurs de la Médaille militaire, puis pendant les campagnes du Levant (1920-1927) où il reçoit la fourragère aux couleurs du ruban de la Croix de guerre des Théâtres d'opérations extérieurs.
En 1940, il est le régiment de cavalerie le plus décoré de l’Armée française. Son étendard est le seul des emblèmes des unités de cavalerie à être décoré de la fourragère aux couleurs de la Médaille militaire, .
Création et différentes dénominations 1914 : Régiment de Marche de Chasseurs Indigènes à cheval (RMCIC) 1915 : Régiment de Marche de Spahis Marocains (RMSM) 1920 : Régiment de Marche Spahis Marocains ( RMSM) 1921 : Régiment de Spahis Marocains ( RSM) 1929 : Régiment de Spahis Marocains ( RSM). 1942 - 1945 : Régiment de Spahis Marocains, différent du Régiment de Marche de Spahis Marocains (FFL) 1945 : dissous
Chefs de corps vignette|Le colonel Guespereau reçoit la médaille de l'Ordre de l'Étoile de Karageorge des mains du régent Alexandre Karađorđević, vers 1918.|gauche 1914- : colonel Gustave Dupertuis - : colonel Edmond Guespereau (1871-1962) Edmond Guespereau est né le 5 juillet 1871 à Hanches. Avant la Grande Guerre, il intègre l’école d’application de la cavalerie (Saumur) puis participe en tant qu'officier au sein des Chasseurs d'Afrique et Spahis à diverses campagnes en Afrique du Nord française. Il est fait chevalier de la Légion d'honneur le 31 juillet 1912. Au cours de la guerre, il devient chef d’escadron au Régiment de Marche de Spahis Marocains (RMSM) le 31 août 1916 puis, promu lieutenant-colonel, il commande le régiment à partir du 3 avril 1918. Il est cité à plusieurs reprises. Edmond Guespereau est promu général de brigade le 18 mai 1926 et élevé à la dignité de grand officier de la Légion d'honneur le 4 juillet 1931. Il meurt le 22 septembre 1962 à Paris. Edmond Guespereau était titulaire des décorations suivantes : grand officier de la Légion d’honneur, croix de guerre 1914-1918 avec huit citations (cinq palmes et trois étoiles), commandeur du Ouissam Alaouite du Maroc, officier du Nicham Iftikar, officier des Saints Maurice et Lazare d’Italie. Source : Dossier de la Légion d'honneur d'Edmond Guespereau, Base Léonore -1928 : colonel Charles Massiet (1877-1947)Dossier de la Légion d'honneur de Charles Massiet, Base Léonore 1928-1932 : colonel Holtz 1932-1934 : colonel Langlois 1934-1939 : colonel Bastien 1939-1940 : colonel Trémeau 1940-1941 : lieutenant-colonel de Chaléon 1940-1941 : colonel Martin 1943-1945 : colonel Michon
Historique des garnisons, campagnes et batailles Première Guerre mondiale thumb|Photographie dans Pages de Gloire du 4 juillet 1915.
Premiers combats en France En le général Lyautey réussit à faire accepter la création d'un régiment regroupant des escadrons de spahis marocains. Il prend le nom de Régiment de marche de chasseurs indigènes (RMCIC) puis de Régiment de marche de spahis marocains (RMSM) le .
Ce régiment combat en France à cheval puis dans les tranchées à partir du printemps 1915. Sur les fronts d'Orient vignette|Revue du régiment de Spahis marocains par le général Sarrail en présence de monsieur Venizélos (5 mars 1917). Au début de l'année 1917, le RMSM est envoyé sur le front d'Orient où il combat brièvement les royalistes grecs à Larissa, s'emparant de haute lutte du drapeau du d'Evzones.
Engagé dans les Balkans au sein de la brigade de cavalerie du général Jouinot-Gambetta, aux côtés des et de chasseurs d'Afrique (RCA), le RMSM se couvre de gloire au cours de nombreux combats dont le plus fameux demeure le fait d'armes de la prise d'Uskub - l'actuelle Skopje - le .
Composition du régiment Fin 1917, le RMSM compte environ un millier d'hommes, dont 75 % de Marocains et 25 % d'Européens : 5 escadrons actifs de 175 hommes armés du mousqueton Berthier modèle 1892 de 8mm. Chaque escadron possède 8 fusils-mitrailleurs Chauchat modèle 1915. une compagnie de mitrailleuses. Les 8 mitrailleuses sont des Hotchkiss modèle 1914. un peloton de canons de 37 mm modèle 1916 TRP.
Entre 1917 et 1919, le RMSM fait partie de la brigade de cavalerie du général Jouinot-Gambetta: Régiment de marche de spahis marocains (RMSM) commandé par le lieutenant-colonels Dupertuis puis Guéspereau de chasseurs d'Afrique ( RCA) commandé par le lieutenant-colonel Bournazel de chasseurs d'Afrique ( RCA) commandé par le lieutenant-colonel Labauve
Pertes Durant la Première Guerre mondiale, les Spahis du RMSM ont eu 141 tués (13 officiers, 15 sous-officiers et 113 gradés et spahis) dont 40 Européens et 101 Marocains pour un effectif moyen d'environ un millier d'hommes.
Entre-deux-guerres vignette|Uniforme modèle 1931 d'un lieutenant-colonel du .Il est ensuite mis à la disposition de l' et continue donc à combattre après l'armistice du , contre les Prussiens de von Marckensen puis contre les mouvements révolutionnaires communistes hongrois et roumains. Le RMSM fait ensuite partie des troupes d'occupation en Bulgarie puis en Thrace occidentale.
En , le régiment de marche de spahis marocains rejoint Constantinople, puis Beyrouth en , sauf le qui reste en Turquie comme unité de cavalerie de la division d'infanterie de marche d'Orient.
En il devient le de marche spahis marocains ( RMSM). Il reçoit son premier étendard en 1920 à Beyrouth et combat durement dans le cadre des différentes colonnes de pacification.
En , il devient le de spahis marocains ( RSM) puis finalement, en , le de spahis marocains ( RSM). À partir de 1925, la portion centrale est à Alep et un escadron à Beyrouth. Les escadrons du sont périodiquement échangés avec les escadrons du en garnison à Marrakech.
Seconde Guerre mondiale En Syrie vignette|Spahi du montant la garde en mai 1940. En 1939, le RSM met sur pied 2 groupes de reconnaissance de division d'infanterie (GRDI) : le GRDI à Alep le GRDI à Damas
Le , 38 Spahis39 Spahis selon la liste publiée par à cheval d'un escadron du RSM, commandé par le capitaine Paul Jourdier rejoignent la France libre en Égypte et continuent le combat en Érythrée puis en Syrie contre les forces restées fidèles au maréchal Pétain. C'est le chef d'escadrons Jourdier qui accueille, à Irbid, le , le colonel Philibert Collet et ses hommes du groupement tcherkesse qui rallient la France libre. Ce premier escadron donne ensuite naissance au de marche de spahis marocains le .
Pendant ce temps, le RSM a combattu lui aussi en Syrie mais du côté des forces du régime de Vichy. Replié en France puis au Maroc, il combat contre les Américains lors de leur débarquement en Afrique du Nord.
Libération Après le ralliement des régiments de l'armée d'Afrique aux Alliés, le régiment fait partie de la nouvelle armée de la Libération et doit devenir un régiment de chasseurs de chars.
Le RSM débarque en à Marseille et Toulon. Les du régiment, majoritairement pieds-noirs, sont théoriquement équipé de blindés américains mais ils n'en recevront qu'au printemps 1945.
Ce n'est qu'en qu'il sera employé au combat pour la reconquête de la poche de Royan, page 86. Après l'armistice du , le RSM est en garnison à Pontoise puis à Tours. Il est finalement dissous en et transformé en de dragons.
De 1945 à nos jours Le régiment est reconstitué en 1947, à partir du régiment de marche de spahis marocains, puis il change d’appellation en 1956 pour celle de de spahis. Le RS rejoint la garnison de Sedan où il est transformé en régiment de chasseurs. Le régiment de spahis à Spire (Forces françaises en Allemagne) change d'appellation pour celle de régiment de spahis. En 1965, le devient régiment de spahis. Traditions Étendard du régiment thumb|Fanion du Régiment de marche de spahis marocains (1918).|alt=Fanion rectangulaire portant une étoile dans un croissant au centre, avec 4 autres étoiles dans 4 autres croissants plus petits dans les angles Décorations françaises Croix de guerre 1914-1918 avec cinq palmes Croix de guerre des TOE avec trois palmes
Décorations marocaines Mérite militaire chérifien
Décorations serbes Ordre de l'Étoile de Karageorge du avec glaives avec une citation à l'ordre de l'armée
Décorations roumaines Ordre de Michel le Brave
Inscriptions Il porte, cousues en lettres d'or dans ses plis, les inscriptions suivantes Décision /SGA/DPMA/SHD/DAT du 14 septembre 2007 relative aux inscriptions de noms de batailles sur les drapeaux et étendards des corps de troupe de l'armée de terre, du service de santé des armées et du service des essences des armées, Bulletin officiel des armées, , 9 novembre 2007 : La Marne 1914 Pogradec 1917 Skumbi 1917 Bofnia 1918 Uskub 1918 Danube 1918 Levant 1920-1927 Il a le droit au port de la fourragère aux couleurs du ruban de la croix de la Médaille militaire
Insignes alt=Insigne rectangulaire montrant un cavalier berbère et un cheval noirs, avec un nuage blanc, une montagne de l'Atlas aux sommets blancs, un sol brun translucide, des touffes d'herbes noir opaque et rouge translucide|vignette|Insigne de 1939 Créé en 1939 par le colonel Bastien, reproduction d'un dessin de l'illustrateur Pierre Brissaud, l'insigne dont le modèle initial a été réalisé par Drago est en métal argenté et émaillé : cavalier berbère et cheval noirs, nuage blanc, montagne de l'Atlas aux sommets blancs, sol brun translucide, touffes d'herbes noir opaque et rouge translucide. Cet insigne n'a pas été homologué. Dans le canton dextre du chef, étoile chérifienne et chiffre 1. Un second insigne est réalisé à Alep en , probablement une reprise de l'insigne du GRDI : une étoile verte, inscrite dans un croissant, chargée d'un spahis monté sur un cheval blanc. Sur le croissant est peinte en rouge l'inscription .
Citations militaires
Personnalités ayant servi au sein du régiment
Marc Martin-Siegfried (1911-1990), Compagnon de la Libération. Martin Touzeau (1919-2006), Compagnon de la Libération.
Notes et références
Sources et bibliographie Général Jouinot-Gambetta, Uskub ou le rôle de la Cavalerie d'Afrique dans la victoire, Berger-Levrault, 1920, Préface d'Aristide Briand
. Général Edmond Guespereau, « Le rôle de la cavalerie dans l'offensive d'Orient () » in L'Armée d'Orient vue à 15 ans de distance, Revue des Balkans, 1932
Articles connexes Cavalerie française pendant la Première Guerre mondiale de spahis Tirailleurs marocains Tirailleur
Catégorie:Unité militaire décorée de la croix de guerre 1914-1918 Catégorie:Unité de cavalerie française dissoute