vignette| La maison du numéro 86 la Kastanienallee en juin 1990.|alt=Photo couleur d'un immeuble. Sont suspendus aux fenêtres plusieurs drapeaux et banderoles, dont deux rouge et noir. La (litt : « maison des tantes/tata/tapettes ») est un projet de logement communautaire homosexuel berlinois débuté dans les années 1980. Plusieurs fois expulsé, le squat s'est finalement implanté au numéro 86 de la Kastanienallee, dans le quartier de Prenzlauer Berg à Berlin.

Histoire vignette|La première Tuntenhaus, à Bülowstraße 55 (1981–1983), photo prise en 2022.|alt=Photo couleur d'un immeuble avec, devant, quelques arbres.

1981–1983 Depuis les années 1970, et en particulier depuis la Tuntenstreit de 1973, l'insulte « Tunte » (litt : tantes/tata/tapettes) est revalorisée dans les milieux gay radicaux berlinois, notamment par des tantes célèbres comme l'actrice Ovo Maltine, qui s'approprie le terme avec assurance.

La première berlinoise est fondée dans ce contexte le , au numéro 55 de la Bülowstraße, dans le quartier de Schöneberg. Elle est habitée principalement par des hommes gays radicaux et est formée de logements partagés rénovés et agrandis par ces derniers. Cette première entretient des liens étroits avec les mouvements de libération homosexuelle ouest-berlinois dont l'Homosexuelle Aktion Westberlin. En , la maison est finalement évacuée et, peu de temps, après partiellement démolieBerlin – Erinnerungen an ein Haus voller Tunten (Memento vom 26. Oktober 2004 im Internet Archive).

1990 alt=Photo couleur. On voit 5 personnes (Lars, Paula, Louis, Pünktchen et Mutti/Basti) au balcon d'un immeuble. Est suspendue à ce balcon une banderole sur laquelle est écrit : "Besetzt". Paula a une ombrelle à la main.|vignette|Apparition de certains de ses membres au balcon de la Tuntenhaus de Mainzer Straße, à l'été 1990. Le projet de continue en 1990 avec le , dans le quartier de Friedrichshain. C'est l'une des premières maisons occupées de la Mainzer Straße. Une trentaine d'hommes gays s'y installent après l'avoir rénovéeTuntenhaus Mainzer Straße (Memento du 4 juillet 2008 sur Internet Archive). Le documentaire de la réalisatrice américaine Juliet Bashore donne un aperçu de la vie du lieu à cette époque.

En , le squat est, comme le reste de la Mainzer Straße, expulsé après de violents affrontements entre la police et des groupes autonomes. Un second documentaire réalisé par Juliet Bashore, , relate la vie des anciens résidents après l'expulsion.

Après 1990 Après l'expulsion de la Mainzer Straße, un grand nombre de résidents emménage dans l'aile arrière du numéro 86 de la Kastanienallee, dans le quartier de Prenzlauer Berg. Si cette est moins orientée politiquement, de nombreux résidents participent à des initiatives politiques autonomes telles que le « gay Antifa », le magazine Tuntentinte né des rencontres Homoland, ou le bar punk H-bar. Le Hoffest, un festival annuel local, y est également organisé.

La maison est expulsée par l'Administration municipale du logement en RDA, avant d'être à nouveau occupée après la réunification. Des contrats de location sont ensuite conclus avec la Société de logement de Prenzlauer Berg (aujourd'hui Gewobag), qui devient responsable du bâtiment. vignette|Lettrage sur la façade de la maison.|alt=Photo couleur d'un immeuble sur lequel on peut lire tout en haut : "Kapitalismus" (capitalisme) ; à gauche, de haut en bas : "normiert" (normé) ; au milieu, se croisant : "zerstört" (détruit) et "tötet" (tué).

Alors que la est située dans l'aile arrière du bâtiment, des projets non commerciaux sont créés dans l'aile avant : la Galerie Walden, un point de distribution de nourriture (similaire à la Tafel) et un magasin gratuit.

La est considérée comme l'une des dernières institutions à ne pas avoir été affectées par la gentrification de la Kastanienallee. Après son rachat en 2004, les trois nouveaux propriétaires — Brauner, Witte et Schlothauer — décident de rénover la maison. Les habitants du 86 de la Kastanienallee protestent contre les augmentations de loyer et les changements de conditions de vie liés à ce rachat lors de plusieurs rassemblements. Ils installent également une enseigne lumineuse sur laquelle est écrit : « Le capitalisme normalise, détruit, tue ».

En , un accord d'achat est annoncé pour la . Les résidents et les sympathisants appellent le district de Pankow à utiliser son droit de préemption pour préserver le bâtiment, ce qu'il fait en mai de la même année. La maison est vendue à la fondation Edith Maryon, qui s'engage à préserver des logements abordables sur le long terme.

Projets similaires Plusieurs établissements similaires existent en parallèle : la de Brême, la « DerDieDas » à Berne ou la Tantenhaus gay et lesbienne de Genève. De nombreux squats, composés en majorité d'hommes ou de femmes homosexuelles, des et des projets de logements queer-punk comme le (à la lisière de Treptow et de Neukölln à Berlin) s'approchent également dans leurs formes des berlinoises.

Notes et références

Voir aussi

Filmographie

Juliet Bashore : The Battle of Tuntenhaus . Documentaire en deux parties (1991 et 1993), 46 minutes.

Articles connexes

LGBT en Allemagne Tuntenstreit Homosexuelle Aktion Westberlin Tunte

Liens externes

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