La famille de Behault est une famille de la noblesse belge, originaire de Mons. Dès 1240, son existence apparait dans les archives de la ville. Deux membres de la famille ont été anoblis en 1678 et 1726. Ils sont à l'origine de quatre branches. Seules subsistent de nos jours les branches de Behault et de Behault du Carmois.
Histoire Les généalogistes font généralement remonter la filiation suivie de cette famille à Michel de Behault (1524-1595) pour les branches de Behault et de Behault de Dornon et à Quentin de Behault, maïeur de l'église Saint-Ghislain à Mons, mort en 1607, père de Jean de Behault, échevin de Mons, cité en 1586, pour les branches de Behault du Carmois et de Behault de Warelles.
Le baron de Stein d'Altenstein donne également une généalogie de plusieurs branches connues de cette famillebaron de Stein d'Altenstein, Annuaire de la noblesse de Belgique, Volume 38, 1884, pages 40-100 et Volume 39, 1885, pages 400 à 402. tout en écrivant que « La famille de Behault, originaire de Mons, s'est divisée en une multitude de branches qu'il serait impossible aujourd'hui de rattacher à un tronc unique »baron de Stein d'Altenstein, Annuaire de la noblesse de Belgique, Volume 38, 1884, page 40..
Armand de Behault de Dornon écrit en 1915 que la famille de Behault trouve dans les archives de la ville de Mons la première trace de son existence en 1240Revue des études historiques, Volume 94, 1928, page 86. avec Johannes dictus Behiaus (Jehan dit Behault), cité dans un acte en latin de 1277Armand de Behault de Dornon, La famille de Behault, T. 1, p. 16, Bruxelles, 1915. à qui il attribue pour fils Colart (Nicolas) de Behault du Trianvil vivant à Mons en 1273 et cité dans un acte de 1303Armand de Behault de Dornon, La famille de Behault, T. 1, p. 18, Bruxelles, 1915.. Il écrit que la branche de Behault de Warelles est issue de Jean de Behault, fils de Jehan de Behault, écuyer, bourgeois de Mons en 1350Armand de Behault de Dornon, La famille de Behault, T. 1, p. 24, Bruxelles, 1915.. Jean-François Houtart donne pour la famille de Behault l'année 1582 comme date de première filiation prouvéeJean-François Houtart, Anciennes Familles de Belgique, recueil LXI de l’Office généalogique et héraldique de Belgique, Bruxelles, 2008, pages 225-226..
On trouve dans un acte du , la mention de David de Behault, homme de fief du prévôt des églises de Mons, qui porte la qualification d'écuyerArmand de Behault de Dornon, Notice concernant un acte passé le 5 avril 1499 devant les hommes de fief du prévôt des églises de Mons dans Annales du Cercle Archéologique de Mons, 1886, page 413-419. Baron de Stein d'Altenstein, Annuaire de la noblesse de Belgique, Volume 39, 1885, pages 400 à 402., mais ce personnage repris dans la filiation établie par Armand de Behault de Dornon date d'une période antérieure aux filiations acceptées par d'autres auteurs.
De nombreux membres de la famille de Behault occupèrent des fonctions dans la magistrature, l'armée, le clergé, l'administration et l'industrie à Mons et dans le Hainaut. La charge de lieutenant-prévôt des villes, terres et prévôté de Mons fut remplie sans interruption par des membres de la famille de Behault durant 104 ans, de 1690 à 1794.
François de Behault, fils de Jean de Behault de Mons, s’est établi à Dinant dans la seconde moitié du . Ce rameau aujourd’hui éteint a donné cinq bourgmestres à la ville de Dinant : Pierre de Behault (1706), Jean de Behault, fils de Pierre, Jean-Baptiste de Behault, fils de Jean et André de Behault (1715), neveu de Jean-Baptiste. Paul de Behault qui a vécu pendant la seconde moitié du a également été bourgmestre de la ville. Ce rameau a donné plusieurs chanoines au chapitre de Sainte-Croix de Liège et au chapitre de Notre-Dame de DinantBaron de Stein d'Altenstein, Annuaire de la noblesse de Belgique, Volume 38, 1884, pages 96 et 97, et Volume 39, 1885, p. 401..
Deux branches qui portent des armoiries différentes ont été anoblies par lettres patentes du pour l'uneBaron de Stein d'Altenstein, Annuaire de la noblesse de Belgique, Volume 38, 1884, pages 60. (de Behault de Warelles et de Behault du Carmois), et par diplôme du pour l'autreBaron de Stein d'Altenstein, Annuaire de la noblesse de Belgique, Volume 38, 1884, page 47. (de Behault et de Behault-Dornon).
Branches de Behault (subsistante) et de Behault (de) Dornon (éteinte) Armand de Behault de Dornon donne la branche de Behault comme branche aînéeArmand de Behault de Dornon, La famille de Behault, Tome 1, Bruxelles, 1915, page 24.. Le baron de Stein d'Altenstein donne comme premier auteur de cette branche, Michel de Behault, père de Jean de Behault (né en 1558)Baron de Stein d'Altenstein, Annuaire de la noblesse de Belgique, Volume 38, 1884, page 41., qui de son mariage en secondes noces avec Jeanne Galopin (morte en 1607) eut Jean-Baptiste de Behault (1586-1652), marié en 1625 à Jeanne de Behault, dont il a entre autres Dominique-Jacques de Behault.
Dominique de Behault (1663-1734) (voir ci-dessous, "Personnalités") a été anobli le Listes des titres de noblesse, chevalerie, et autres marques d'honneur, accordées par les souverains des Païs-Bas, depuis l'année 1659 jusqu'à la fin de 1782, Bruxelles, 1784, p. 103. par lettres patentes de l'empereur Charles VI. Sa descendance forme les branches de Behault (subsistante) et de Behault-Dornon, dite de Behault de Dornon ou parfois de Behault du CornetAnnuaire de la Noblesse de Belgique, op. cit., Volume 42, 1888.(éteinte).
Nicolas-Joseph de Behault (1771-1857), arrière-petit-fils de Dominique de Behault, membre du corps équestre du Hainaut (1828), obtint reconnaissance de noblesse par diplôme du . Il obtint une augmentation de ses armoiries le . Il avait épousé Marie de Biseau de Bougnies (1773-1847).
Prosper de Behault (1810-1893) fils du précédent épousa Mathilde (1808-1895) et s'installa à Gand. Ils eurent deux fils, dont Arthur de Behault.
Le jour de l'invasion allemande de 1914, Arthur de Behault (1835-1918) et son épouse, née Marie de Schiervel d'Altembrouck (1853-1933), se trouvaient dans leur résidence d'été à Altembrouck quand, le soir, le château a été réquisitionné par l'armée allemande pour abriter son état-major qui y passa sa première nuit en Belgique. De retour à Gand, résidence principale de la famille, cinq de leurs six fils se portèrent volontaires de guerre.
La branche dite de Behault de Dornon a été autorisée par arrêté royal du à ajouter « Dornon » à son nom Baron Fernand de Ryckman de Betz Armorial général de la noblesse belge, H. Dessain, 1957, page 62..
Branches de Behault de Warelles (éteinte) et de Behault du Carmois (subsistante) vignette|Blason des branches de Behault de Warelles et de Behault du Carmois: deux chevrons d'or avec deux glands aussi d'or, accosté sur fond d'azurLettres patentes de 1678, citées par Félix-Victor Goethals, Dictionnaire généalogique et héraldique des familles nobles du royaume de Belgique, Tome 1, 1843. Selon Isidore de Stein d'Altenstein, cette branche a pour auteur Quentin de Behault, maïeur de Saint-Ghislain, mort à Mons le , qui de son mariage avec Marguerite Foucart eut pour fils Jean de Behault, échevin de Mons de 1604 à 1606, marié à Isabeau Druart Baron de Stein d'Altenstein, Annuaire de la noblesse de Belgique, Volume 38, 1884, page 57..
Félix-Victor Goethals donne comme premier auteur de cette branche Quintin de Behault, bourgeois et marchand de la ville de Mons, père de Jean de Behault qui renonce, par acte du , aux droits usufruitiers et viagers qu'il tient de sa seconde femme Marie Farinart et qui avait épousé en premières noces Jeanne PietonFélix-Victor Goethals, Miroir des Notabilités nobiliaires, 1857, page 127..
Son descendant, François-Jean de Behault, seigneur de Marcq, Nouvelles, Hautpont et Longpret, achète la seigneurie de Warelles en 1698. Échevin et chef du magistrat de Mons, il est maître de l'artillerie de la ville en 1669 et 1678. Il est anobli par lettres patentes du roi Charles II du en récompense de son action lors de la défense de Mons contre les Français. De son mariage en secondes noces en 1682 avec Marie-Philippine le Thuillier, il a pour fils Antoine-François de Behault (né en 1691), seigneur de Warelles et du Carmois, licencié ès lois, avocat au conseil souverain de Hainaut, échevin de Mons, marié en 1715 à Marie-Philippine Jonart. Leur descendance forme les branches de Warelles (éteinte) et du Carmois (subsistante).
Joseph-Théodore de Behault de Warelles (1795-1875) obtint du roi Guillaume Ier reconnaissance de noblesse par diplôme du Baron de Stein d'Altenstein, Annuaire de la noblesse de Belgique, Volume 38, 1884, page 64.. Quentin-Joseph de Behault du Carmois (1772-1825) obtint reconnaissance de noblesse par diplôme du Baron de Stein d'Altenstein, Annuaire de la noblesse de Belgique, Volume 38, 1884, page 66..
Généalogie de la branche de Behault Arthur de Behault (1835-1918) a épousé Julie de Valenzi (1838-1872) en premières noces, sans descendance, et Marie de Schiervel (1853-1933) en secondes noces. De son second mariage, il eut 12 enfants. Marie de Schiervel était la fille du baron Jacques (Gustave) de Schiervel d'Altembrouck (1819-1898) et de son épouse, née Marguerite Vilain XIIII (1829-1869).
Personnalités
Jacques de Behault a été orfèvre à Mons. On trouve son poinçon en 1467Léopold Devillers, Anciennes marques des matières d'or et d'argent à Mons, in Ann. du Cercle Archéologique de Mons, T. 5, 1864, p. 433-434.. Armand de Behault de Dornon le présente comme le plus jeune fils de Jehan de Behault, mort à Mons en 1497La famille de Behault, op. cit., p. 30..
Dominique de Behault (1663-1734), licencié ès lois, avocat au Conseil souverain de Hainaut, receveur général des vingtièmes du pays et comté de Hainaut, et lieutenant-prévôt des villes, terres et prévôté de Mons pendant plus de 36 ans est anobli le par lettres patentes de l'empereur Charles VI. Cette charge de lieutenant-prévôt restera occupée sans interruption durant 104 ans par des membres de la famille de Behault de 1690 à 1794.
Nicolas-François de Behault (1698-1775), haut-justicier, lieutenant-prévôt de Mons, dirigea les charbonnages d'Auflette et de l'Horiau (Jemappes), dont il était un des principaux actionnaires. Il a installé deux machines à feu (1754 et 1756) destinées à assurer l'exhaure des charbonnages, moyennant le 14ème panier (un peu plus de 7 % de la production). Elles comptent parmi les premières machines à feu installées en Belgique et sont restées en activité jusqu'en 1771La Famille de Behault, op. cit., p. 142.. Nicolas-François de Behault et son épouse, Célestine Desmanet d'Erquennes (1726-1761)Annuaire de la Noblesse de Belgique, Baron de Stein d'Altenstein, 1888, p. 165. La famille Desmanet était une famille de maitres de forges de Chastré près de Walcourt. Le baron de Stein note plusieurs alliances entre cette famille et la famille Behault., ont été inhumés à Sainte-WaudruLéopold Devillers, Mémoire historique et descriptif sur l'église de Sainte-Waudru à Mons, Mons, 1857, inscription sépulcrale n° 73..
Nicolas-Joseph de Behault (1771-1857), petit-fils de Nicolas-François, a été reconnu dans la noblesse du Royaume uni des Pays-Bas en 1822 et a été membre du corps équestre du Hainaut. Il avait épousé en premières noces Agathe (1772-1802), fille de Claude-Ignace de Bagenrieux, bailli de la châtellenie de Mons, et de Marie-Françoise , sans descendance, et en secondes noces, Marie-Joséphine de Biseau de Bougnies (1773-1847), dame de le Cambre, dont descendance.