Pierre Pauc ou Pauch est un maître-artisan du , actif dans la région des Corbières.
Chantier de Peyrepertuse La source principale sur Pierre Pauc est le registre comptable royal du chantier du château de Peyrepertuse, étudié par Patrick Bonnet dans sa contribution () à l'ouvrage dirigé par Lucien Bayrou.
Travail sur le chantier gauche|vignette|Citerne de l'église Sainte-Marie gauche|vignette|Citerne du château de Peyrepertuse, dans la partie haute, Sant Jordi D'après le registre de compte du 17 au (dates de rédaction, et non des travaux réalisés), il semble avoir travaillé sur le chantier pendant cent douze jours. Il a possiblement travaillé plus longtemps avant cela, et encore après ces dates.
Il est maître des citernes (magister de cisterna) à Peyrepertuse, au moins entre 1249 et 1251. Il fait construire deux citernes, et en fait réparer une. Le château comporte en tout quatre citernes, dont une dans le château Sant Jordi, et une dans l'église Sainte-Marie du château bas. Etant donné que la partie haute du château, Sant Jordi, est celle en construction à cette période, ce sont certainement les deux citernes de cette partie que Pierre Pauc fait bâtir. La citerne réparée n'est probablement pas celle de l'église Sainte-Marie, qui a été construite dans la deuxième moitié du D'après les informations données sur place. . La mention « pour son aide » pourrait sous-entendre que Pierre Pauc travaille également à d'autres travaux sur le chantier en dehors de sa fonction de maître des citernes. Son nom rend très vraisemblable une origine régionale ; la connaissance des techniques de construction et d'entretien des citernes était certainement maîtrisée dans la région, en raison des particularités climatiques, et ce savoir-faire était respecté et valorisé. Pierre Pauc dispose d'un aide ou apprenti (socii sui).
Si le registre du chantier ne mentionne pas de maitre d'œuvre du chantier, Pierre Pauc semble occuper, au moins en partie, cette position, d'après la faveur dont il bénéficie, son salaire et son statut de maître des citernes, c'est-à-dire architecte chargé des citernes.
Place sociale au sein du chantier Pierre Pauc a une place privilégiée sur le chantier.
En effet, il reçoit un salaire plus élevé que celui des autres travailleurs : il reçoit deux sous par jour en tant que maître des citernes, et seize deniers quotidiens pour son aide à d'autres tâches, donc respectivement huit deniers et deux deniers de plus qu'un ouvrier qualifié du chantier (charpentier, maçon, tailleur de pierre)Douze deniers font un sou et vingt sous font une livre..
Il est, de plus, fourni en vêtements, ce qui témoigne de sa place importante aux yeux du maitre d'ouvrage. Il reçoit en effet une robe d'une valeur de cinquante sous, soit deux livres et dix sous. C'est l'équivalent du salaire reçu en un peu plus de quarante deux jours par un ouvrier qualifié du chantier, sachant que ceux-ci reçoivent un salaire quotidien de quatorze deniers, donc un sou et deux deniers42 (jours) x 14 (deniers) = 588 (deniers), ce qui correspond à 49 sous. .
« Popia » pourrait être un surnom affectueux utilisé pour désigner Pierre Pauc ; cela témoignerait d'autant plus de la faveur dont il bénéficieL'archiviste-paléographe et historien Xavier Nadrigny l'interprète dans ce sens. Cependant, une autre explication du mot popia est donnée (), en rapport avec le mot puech ou pech..
Notes et références
Voir aussi Bibliographie . Article connexe château de Peyrepertuse
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