right|thumb|Le livre de Jacques Esprit. Jacques Esprit, parfois appelé abbé Esprit, bien qu'il ne fût jamais ordonné prêtre, né le à Béziers et mort le dans la même ville, est un moraliste et homme de lettres français.

Biographie Fils d'Esprit André, médecin ordinaire du Roi, et de Judith Sanche, de deux familles d'origine juive, Jacques Esprit rejoint à Paris son frère prêtre à la congrégation de l'Oratoire, où il étudie la théologie et les belles-lettres entre 1628 et 1634. Il fréquente le salon de la marquise de Sablé, entre au service de la duchesse de Longueville, puis du duc de La Rochefoucauld.

« Il avait, dit Paul Pellisson, une heureuse physionomie, de la délicatesse dans l’esprit, une aimable disposition, de l’enjouement, beaucoup de facilité à bien parler & à bien écrirePaul Pellisson, Histoire de l'Académie françoise, volume I, p. 345, 1653. ». Ses atouts lui valent d’être remarqué par Pierre Séguier, qui le gratifie d’une pension et le fait nommer conseiller d’État en 1636. Il est élu membre de l’Académie française en 1639.

Tombé en disgrâce et brouillé avec Séguier en 1644, il se réfugie au séminaire de l'Oratoire. Le prince de Conti, venu en visite, le prend en affection. Il le loge dans son hôtel et lui donne quinze mille livres pour qu’il se marie. Lorsque le prince est nommé gouverneur du Languedoc en 1660, Jacques Esprit l’accompagne et lui sert d’intendant. À la mort de son bienfaiteur en 1666, il retourne vivre dans sa ville natale, où il s’occupe de l’éducation de ses trois filles et achève la rédaction de son unique ouvragePaul Pellisson donne aussi Jacques Esprit pour l’auteur d'une Paraphrase de quelques Pseaumes. L'’attribution à Jacques Esprit du Panégyrique de Trajan par Pline Second, de la traduction de Monsieur l’Abbé Esprit (1677) est contestée., La Fausseté des vertus humaines.

Son œuvre Jacques Esprit en résuma ainsi l'objet :

La Fausseté des vertus humaines connut plusieurs éditions et fut traduite en anglais dès 1706Traduction parue à Londres sous le titre Discourses on the Deceitfulness of Humane Virtues, 1706.. Ce court traité fut le fruit d'une longue rumination, élaborée en compagnie de La Rochefoucauld et la marquise de Sablé à l'époque où ils composaient chacun leurs Maximes. Paul Morand a raconté ainsi ce qui rapprochait et séparait les deux hommes au sein de ce trio :

Autant Voltaire appréciait La Rochefoucauld« Ses Mémoires sont lus, et on sait par cœur ses Pensées. » Voltaire, Le Siècle de Louis XIV, Catalogue de la plupart des écrivains français qui ont paru dans le Siècle de Louis XIV, pour servir à l’histoire littéraire de ce temps, 1751., autant il se montrait dur envers Jacques Esprit, qu’il critiquait non sur la forme, mais sur le fond :

Notes et références

Publications La Fausseté des vertus humaines (2 volumes, 1678 ; 1693 ; 1709). Texte en ligne. Réédition : Pascal Quignard, La Fausseté des vertus humaines, précédée de Traité sur Esprit, Aubier, Paris, 1996 ; rééd. Éditions Séguier, Paris, 560 p., 2025 L'Art de connoistre les hommes (1702), édition abrégée de La Fausseté des vertus humaines.

Bibliographie

Henri Berna, Pensées, maximes et sentences de Jacques Esprit : Considérations sur les vertus ordinaires, Ellipse, Genève, 2003. Guillaume Flamerie de Lachapelle, « Jacques Esprit, Sénèque et la clémence », Anabases, 4, 2006, p. 111-123. (En ligne)

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