thumb|Donald Trump et son vice-Président JD Vance.
Les Trumpenomics, mot-valise associant le nom « Trump » au mot « economics », désignent les politiques économiques mises en œuvre ou proposées par le président des États-Unis Donald Trump au cours de ses deux mandats. Ce terme (certains l'écrivent TrumpEconomics ou Trumponomics) fait explicitement écho aux Reaganomics développées des années 1980. Donald Trump lui-même qualifie parfois sa politique de « MAGAnomics », en référence au parti républicain dit MAGA..
Ces politiques, annoncées puis partiellement mises en place par Donald Trump et ses administrations, ont d'abord été inspirées par les think tanks conservateurs et du libertarianisme de droite puis, lors du second mandat de Donald Trump, par le Projet 2025 et plus discrètement par l'America First Policy Institute qui ont défini la politique commerciale de la seconde administration Trump. Elles sont principalement caractérisées par des réductions d'impôts, une dérèglementation massive, un protectionnisme commercial affirmé et une focalisation sur la production nationale. L'élection inattendue de Donald Trump puis son retour à la Maison-Blanche (en ) ont entraîné des changements majeurs des politiques économiques du pays (taux d'imposition des sociétés fortement réduit, dérèglementations économiques, sociales et environnementales, retrait des États-Unis du Partenariat transpacifique et de l'accord de Paris sur le climat, hausse des dépenses militaires, renégociation forcée de l'Accord de libre-échange nord-américain, l'ALENA, profondément modifié par Trump qui le considérait comme par les États-Unis, et remplacé en 2020 par l'Accord Canada–États-Unis–Mexique, droits de douane) dont le bilan global ne pourra être tiré par les historiens et économistes qu'après quelques années ou décennies.
Histoire et terminologie Le terme Trumpenomics a une double origine : il a émergé dans le cadre de l'émission de télé-réalité The Apprentice, diffusée pour la première fois en 2004, où Donald Trump jouait à la fois le rôle de présentateur et d'un juge. Dans ce contexte, les Trumpenomics désignaient une approche des affaires caractérisée par. : une recherche implacable du profit ; une recherche de la dans les négociations ; la prise de décision rapide, audacieuse, éventuellement non-conventionnelle ; l'importance de la marque personnelle et d'une négociation agressive pour maximiser les gains ; une vision présentée comme pragmatique et transactionnelle des relations commerciales, axée sur des résultats immédiats ; de nombreux observateurs du monde économique ont estimé que cette vision préfigurait certains aspects de sa philosophie économique et politique ultérieure de Donald Trump, où la réussite est souvent mesurée par des indicateurs tangibles et où la négociation musclée est une tactique privilégiée. Avec son entrée en politique, et dès sa campagne présidentielle de 2016, le terme a pris aux États-Unis une dimension macroéconomique, englobant les propositions de Trump pour l'économie américaine, faites dans un contexte de ralentissement de la croissance mondiale, d'augmentation des déficits commerciaux américains, et d'une inquiétude quant à la désindustrialisation de certains secteurs et de vastes régions des États-Unis.. Trump a promis de en revitalisant l'industrie manufacturière, en créant des emplois et en renforçant la position économique des États-Unis sur la scène mondiale.
L'ASSA (Allied Social Science Associations, qui regroupe aux États-Unis plusieurs associations d'économistes, dont l'American Economic Association (AEA qui organise chaque année une conférence réunissant des économistes du monde entier pour discuter des tendances économiques et des politiques publiques). En 2018, la conférence annuelle de l'ASSA, en Pennsylvanie, a inclus une session intitulée TrumpEconomics. Plusieurs économistes étrangers invités y ont analysé l'impact des politiques économiques de Donald Trump sur les États-Unis et le monde. Parmi les sujets abordés figuraient : les effets du nationalisme économique protectionniste américain sur l'économie du pays (traités par Kaushik Basu (Cornell University qui estime que la politique trumpienne est une sorte de xéno-protectionnisme, .. avec peut-être pour la Chine, l’Inde et le Mexique des avantages inattendus à long terme Kaushik Basu (2028) Economic Consequences of Protectionism in the United States (TrumpEconomics: A World View), Paper Session ; Society of Policy Modeling & American Economic Association ; American Economic Association ; samedi 6 janvier 2018 . ; les implications transatlantiques de la TrumpEconomics (par Marco Buti, de la Commission européenne)Powerpoint de M Buti. ; l'impact des déséquilibres commerciaux avec la Chine (abordés par les économistes chinois Justin Jifu Lin et Xin Wang de l'université de Pékin) sur le commerce sino-américain ; selon eux, , et une taxe aux frontières sur les importations venues de Chine ne réduira pas les déséquilibres globaux des États-Unis et n’augmenteront pas les emplois aux États-Unis Justin Jifu Lin et Xin Wang (2028) Trump Economics and United States/China Trade Imbalances (TrumpEconomics: A World View), Paper Session ; Society of Policy Modeling & American Economic Association ; American Economic Association ; samedi 6 janvier 2018 . ; la Française Catherine L. Mann, économiste en chef de l'OCDE a, elle, comparé la croissance américaine à celle des autres grandes économies, reconnaissant [pour cette période] un retour vers le plein emploi et à une stabilité des prix par rapport aux autres grands pays et régions avancés, mais interroge-t-elle Catherine L. Mann (2028) United States Economy: Leading or Just One in the Global Pack ? (TrumpEconomics: A World View), Paper Session ; Society of Policy Modeling & American Economic Association ; American Economic Association ; samedi 6 janvier 2018 .. Il s'est dégagé de cette session un consensus selon lequel la croissance économique des États-Unis sous Trump était en grande partie influencée par des facteurs mondiaux, plus que par les politiques nationales. Les experts s'y sont inquiétés du manque de soutenabilité des mesures budgétaires et fiscales imposées par l'administration Trump.
Sources d'influence En termes de sources d'influence, les Trumpenomics ont d'abord été inspirées par les think-tanks conservateurs et du libertarianisme de droite, et en particulier par The Heritage Foundation, The American Enterprise Institute et le Cato Institute. pour la politique commerciale de la première administration Trump ; puis lors du second mandant de Donald Trump, par le Project 2025 et par l'America First Policy institute (AFPI, une entité présentée par le New York Times comme de l’orbite du Trumpisme, créé par Larry Kudlow, Brooke Rollins et Linda McMahon en 2021) qui ont notamment défini la politique commerciale de la seconde administration Trump, principalement caractérisées par des réductions d'impôts, une déréglementation massive, un protectionnisme commercial affirmé et une focalisation sur la production nationale.
L'élection inattendue de Donald Trump, puis sa réélection. ont entraîné des changements majeurs des politiques économiques du pays (taux d'imposition des sociétés fortement réduit, dérèglementations économiques, sociales et environnementales, retrait des États-Unis du Partenariat transpacifique et de l'Accord de Paris sur le climat, hausse des dépenses militaires, renégociation de l'ALENA, droits de douane... dont le bilan global ne pourra être tiré par les historiens et économistes qu'après quelques années...
Analyses des Trumpenomics Les Trumpenomics s'inscrivent dans un contexte post-crise économique, et étudie les quatre piliers principaux du programme de Donald Trump, dont certains sont des réminiscences de l'économie de l'offre (plutôt que la régularisation par la demande), popularisée par les Reaganomics :
Réductions d'impôts massives La mesure phare fut le Tax Cuts and Jobs Act qui, en 2017, a réduit le taux d'impôt sur les sociétés de 35 % à 21 % (et non pas à 15 % comme promis par Donald Trump dans son programme électoral) et a diminué les impôts pour la plupart des particuliers.
L'objectif affiché était de stimuler l'investissement des entreprises, d'encourager le rapatriement des capitaux et de dynamiser la croissance économique..
Ces réductions d'impôts (Tax Cuts and Jobs Act notamment) font débat parmi les économistes, certains les considérant comme une stratégie populiste, visant à séduire les électeurs, au détriment du financement des services publics ; d'autres les analysant comme l'application de théories économique classique basées sur l'offre, et la stimulation de l'investissement, supposées aussi favorables à l'emploi.
Déréglementation L'administration Trump, notamment lors de son second mandat, avec le département de l'Efficacité gouvernementale piloté par Elon Musk a entrepris un effort considérable pour assouplir ou supprimer les réglementations, notamment dans les secteurs de l'énergie, de l'environnement et de la finance. L'argument était qu'en rendant les entreprises plus libres de faire ce qu'elle veulent, elles seraient plus innovantes et créatrices d'emploi.. Selon le Financial Times (en : ..
Protectionnisme commercial (America First) Contrairement au libre-échangisme prôné par ses prédécesseurs, Trump a adopté une approche très protectionniste, traduite par l'imposition de tarifs douaniers élevés à très élevés sur les importations (notamment d'acier, d'aluminium et de produits chinois), et par la renégociation d'accords commerciaux majeurs (comme l'ALENA, remplacé par l'USMCA) et une rhétorique axée sur la défense des emplois américains.. L'objectif était de réduire le déficit commercial et de rapatrier la production manufacturière aux États-Unis.
Encouragements à l'industrie minière et des fossiles (charbon, pétrole, gaz) et minière Comme rappelé par la formule Drill, baby, drill reprise comme slogan de campagne du parti républicain lors de l'élection présidentielle de 2008 aux États-Unis, et ensuite reprise par Trump, en dépit de conséquences environnementales et climatiques négatives, les Trumpenomics soutiennent très activement la production de pétrole, de gaz et de charbon, au motif de l'indépendance énergétique, qui passe selon lui par une revitalisation de l'industrie extractives (qui est un puissant lobby en Amérique du nord, qui attaque régulièrement les politiques environnementales qui le contraignent)..
Contexte économique Le premier mandat présidentiel de Donald Trump s'inscrit dans le contexte d'une reprise économique aux États-Unis, faisant suite à la crise des subprimes. Dominick Salvatorehttps://www.sciencedirect.com/author/7006485946/dominick-salvatore Profil universitaire de D. Salvatore sur Science Direct, de la Fordham University de New York, en 2018, dans une étude des débuts de la TrumpEconomics, note que cette reprise a été les plus lentes de toutes les récessions américaines survenues depuis la Seconde Guerre mondiale ; et de 2009 à 2016, la croissance annuelle moyenne du PIB réel n'a été que de 2,1 %, soit un chiffre inférieur à celui des 11 récessions précédentes enregistrées de 1949 à 2016. La lenteur de cette reprise a notamment été expliquée par des politiques budgétaires prudentes, les difficultés persistantes du secteur financier et une reprise lente du marché du travail.
Conséquences et évaluations