vignette|Couverture de l'édition incunable du Regiment de la Cosa Pública de Francesc Eiximenis (Valence, Cristòfor Cofman, 1499). À droite on peut voir Eiximenis offrant son livre aux jurats (représentants de la cité de Valence), qui sont agenouillés. Les (en catalan ; litt. « jurés » ou « jury ») sont l'organe suprême de gouvernement de la ville de Valence, capitale du royaume de Valence à l'époque forale, depuis leur établissement en 1245 jusqu'à la promulgation des décrets de Nueva Planta, qui abolit le royaume et ses institutions, en 1707.
Histoire L'institution est établie par Jacques Ier à travers le privilège du .
Les sont alors formés de quatre membres devant sélectionner leurs successeurs chaque année et nommer les membres du (Consell General, antécédent du conseil municipal).
En 1250 et 1266, Pierre IV « le Cérémonieux » réduit leurs pouvoirs. À partir de 1266, les sortants doivent présenter, avec un certain délai d'avance exigé, au roi ou au bailli général en son absence, la proposition de leurs remplaçants. Le , le système de six jurats est établi, puis réduit à nouveau à quatre en 1283 et enfin, le , le nombre de membres est définitivement établi à six, sous le règne de Jacques II « le Juste ». thumb|left|Façade de l'Hôte-de-ville () de Valence, avant sa démolition. Les de la ville sont alors formés de quatre ou (« dignitaires » ou « citoyens ») et de deux (« chevaliers et généreux », la petite noblesse urbaine), choisis pour un an par le Consell General à partir d'une liste de douze candidats de chaque ordre établie par les jurats sortants. Le rôle du roi lors de l'élection est au départ purement symbolique ; les nouveaux prenaient leurs fonctions en prêtant serment devant le bailli général, en tant que premier représentant du roi. À partir de 1418, la monarchie parvient à réduire l'autonomie considérable obtenue par la ville de Valence au cours du siècle précédent, lorsque le roi Alphonse V « le Magnanime » établit la procédure de la pour la nomination des . La liste des 24 candidats de la , avec une composition similaire à la précédente liste établie par les eux-mêmes, était confectionnée par le qui la soumettait au Lieutenant Général, celui-ci apportant les modifications qu'il croyait convenables, puis enfin au roi, qui faisait de même. Une fois la liste établie, les sortants tiraient au sort quatre et deux pour leur succéder. La confection de la par le Racional faisait de lui l'homme de confiance du roi, avec des attributions qui firent de lui de facto la plus haute autorité de la municipalité, au-dessus des . En plus de la préparation de la , il jouait de son influence en suggérant qui les devaient nommer au Conseil et aux différents postes à responsabilités de la ville, s'assurant que des hommes de confiance du roi étaient nommés.
En dépit des processus de désignation conçus pour assurer une variété du gouvernement municipal, les études réalisées montrent une claire surreprésentation de certains lignages au sein des dirigeants, au détriment notamment des , probablement grâce à une meilleure connaissance des mécanismes électoraux et l'usage de stratégies efficaces.
Le corps des était donc composé de six personnes. Leur insigne était une toge ou . Ces délégués populaires s'occupaient principalement de l'approvisionnement du royaume ; ils pouvaient ainsi interdire l'extraction de céréales et de bétail du territoire valencien vers l'extérieur, et punir les contrevenants ; armer des galères contre les contrebandiers qui négociaient ce trafic, leur imposant la punition indiquée par les fors. Ils dictaient, confirmaient ou approuvaient les ordonnances des (corporations ou guildes), ou celles concernant la gestion des ressources en eau, courante ou stagnante, des environs immédiats de la ville ; ils étaient chargés d'adopter des mesures d'hygiène en cas de peste ; ils fixaient les prix des denrées de subsistance. droite|vignette| Les la (« Chambre dorée ») de la de Valence en 1672. Les faisaient partie du (« Conseil secret »), l'organe directeur de la ville, à qui le avait délégué la plupart de ses fonctions.
Outre les six , le était formé :
du , lui-même un ancien nommé par le roi pour une période de trois ans parmi trois candidats tirés au sort par la méthode de l'insaculation, et qui était chargé de surveiller les finances municipales, de contrôler l'élection des à travers la confection de la ; entre 1418 et 1633 il devient de fait la plus haute autorité municipale du (« syndic »), nommé par le Conseil Général, qui détenait la représentation ou la procuration des citoyens devant d'autres instances de pouvoir de quatre avocats de la ville et du greffier (), charges viagères consultative mais sans droit de vote au Conseil Secret.
La révolte des Germanies est un mouvement de protestation sociale promu par les de Valence entre 1519 et 1522 dans le but, entre autres, de modifier la composition des de la ville, de sorte que deux d'entre eux soient des « bourgeois » : l'un artisan et l'autre notaire, pharmacien ou médecin. Une fois la révolte terminée, une dure répression a suivi et la composition des n'a pas été altérée.
Le contrôle du sur le gouvernement municipal se maintient jusqu'en 1633, lorsque la ville obtint le privilège de l'insaculation, par lequel les étaient dès lors désignés aléatoirement parmi un groupe de 30 cavallers i generosos et 60 ciutadans. Les étaient au nombre de six : deux de la classe des cavallers i generosos et quatre de la classe des plébéiens. Celui qui était tiré au sort en premier dans chacune des deux classes était appelé (« juré en chef ») ou (« premier des chevaliers »), et ou (« premier des citoyens »).
Système électif Les paroisses étaient au nombre de 12 : , , , , , , , , , , et .
Elles élisaient le Conseil général. Les électeurs de la paroisse devaient être, selon les instructions de Pierre Ier, issus des classes supérieure, inférieure et moyenne des (« dignitaires »), qui ne pouvaient exercer qu'un certain nombre de métiers déterminés
Avec l'introduction de l'insaculation en 1633, sont inclus, selon leurs classes, les (« citoyens honorés », classe sociale supérieure formée des qui avaient occupé le poste de jurat), éligibles aux postes de Justícia, Racional, Síndics et . L'insaculation stipulait la constitution de trois sacs pour procéder au tirage au sort de ces offices : dans le premier, on tirait au sort vingt , dans le second vingt , et dans le troisième, vingt autres de la même classe qui n'avaient pas encore été . Chaque année, à la veille du dimanche de Pâques, on tirait au sort en grande pompe deux personnes de chaque sacs pour les .
De même, du sac des et du premier sac des , on extrayait alternativement un homme pour le poste de et une autre pour celui de .
Selon l'hispaniste nord-irlandais , l 'abandon de l'ancien mode de sélection des , auquel s'opposèrent certains conseillers du roi car cela signifiait perdre le contrôle direct de la ville, était dû à la quantité importante d'argent que la monarchie obtenait et aussi à « la possibilité compter avec une élite stable à Valence, une oligarchie mieux définie que celle des anciens «», dont la gratitude pour la défense de leurs privilèges envers la monarchie les rendrait plus favorables aux demandes fiscales ultérieures provenant de la cour ».
Les recevaient les appels du tribunal par le Mostassaf et par les administrateurs des ressources fiscales de Valence. Ils pouvaient établir des ordonnances.
Pour faire appel de leurs décisions, on s'adressait au Conseil royal d'Aragon par le biais d'un recours. Les sentences d' amprius étaient une fonction spécifique des de Valence pour tout le Royaume, à l'exception d'Orihuela où ils n'avaient pas juridiction. Ils étaient également responsables des marais, des places, des rues, des sorties et des rives du Turia.
L'institution des , comme toutes celles établies par les fors de Valence, disparut avec l'abrogation de ceux-ci en 1707 par les décrets de Nueva Planta.
Notes et références
Annexes Bibliographie
Articles connexes Institutions du royaume de Valence royaume de Valence
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