La flottille de la liberté pour Gaza 2025 (en anglais, Gaza Freedom Flotilla, un mouvement anti-blocus, né en 2010), composée des navires Conscience, Madleen et Handala est constituée à l'initiative de la Coalition internationale de la Flottille de la liberté. Créée en 2010, celle-ci annonce l'objectif de briser le blocus israélien de la bande de Gaza en place depuis 2007 et renforcé depuis ainsi qu'à fournir une aide humanitaire en réponse à la crise en cours.

L’opération débute avec le Conscience, premier navire de la flottille à prendre la mer. Le bateau est frappé par un drone israélien alors qu’il se trouve dans les eaux internationales. L’attaque provoque d’importants dégâts matériels, empêchant le Conscience de poursuivre sa mission.

Peu après, le Madleen prend le relais, mais il est intercepté par la marine israélienne le . Cette interception suscite des critiques internationales et des accusations de violation du droit international, relançant le débat sur la légalité du blocus imposé à Gaza.

À la suite de cet incident, un troisième navire, le Handala, quitte le port de Gallipoli le pour poursuivre la mission de la flottille. Il est arraisonné par la marine israélienne le .

Entre août et septembre, la Global Sumud Flotilla prend le relai, suivi du collectif Thousand Madleen To Gaza, organisant cette fois-ci le départ de dizaines de bateaux depuis plusieurs ports méditerranéens, emportant des délégations de 44 pays.

Contexte

À partir de 2006, Israël et l'Égypte imposent un blocus de la bande de Gaza, en réponse à sa prise de contrôle par le Hamas. Le blocus est allégé en 2010 avec l'ouverture d'un poste-frontière à Rafah mais perdure.

Le , un blocus total est rétabli par Israël en réaction aux événements du 7 octobre 2023, interrompant l'approvisionnement en eau, nourriture, électricité et gaz. Des chars et des drones israéliens sont chargés de surveiller les ouvertures dans la barrière frontalière entre la bande de Gaza et Israël et de faire respecter le blocus.. Israël bombarde également la bande de Gaza de façon répétée.

Cette décision entraîne un effondrement total des services de base et une crise humanitaire majeure dans la bande de Gaza. L'Organisation des Nations unies prévient en que . En , la Cour pénale internationale émet un mandat d'arrêt contre le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou pour crimes contre l'humanité et crimes de guerre, notamment en raison du blocus fait à l'aide humanitaire..

En 2006, des militants américains, britannique et libanais créent un mouvement non violent pour briser le blocus par la mer. En 2008, deux navires partis de Chypre accostent à Gaza.

La Coalition internationale de la flottille de la Liberté est créée en 2010 pour tenter de briser le blocus de la bande de Gaza et d'y apporter une aide humanitaire. Elle réunit des militants de nombreux pays.

Avant 2025, la coalition avait déjà lancé trois actions :

La Flottille de la Liberté I part de Turquie avec huit cargos transportant près de 700 passagers. Le , elle est victime d'une intervention de l'armée israélienne qui fait neuf morts et vingt-huit blessés parmi les passagers, notamment à la suite de l'arraisonnement du Mavi Marmara.

La Flottille de la Liberté II, composée de dix cargos et transportant près de activistes de vingt pays, devait partir du port du Pirée, à Athènes en mais en est empêché par les autorités grecques. Seul le Dignité Al-Karama, avec à son bord Olivier Besancenot et Annick Coupé parvient à gagner les eaux internationales mais est arraisonné par l'armée israélienne le .

La Flottille de la Liberté III part de Suède en avec au moins cinq bateaux. Après une escale à Athènes, elle est arraisonnée par l'armée israélienne le .

Le Conscience

Le Conscience est le premier navire utilisé par la Flottille de la liberté pour Gaza en 2025. Ce bateau, anciennement connu sous le nom de Majestic, appartient à l’ONG turque İnsani Yardım Vakfı (İHH), selon le site d’enquête Nordic Monitor.

Le Conscience transporte entre 16 et 30 militants internationaux des droits de l’homme, ainsi que de l’aide humanitaire à destination de la bande de Gaza. Il quitte le port de Bizerte, en Tunisie, le et jette l’ancre à l’est de Malte le à midi.

Attaque Dans la nuit du au , alors que le navire est toujours à l’arrêt, il est frappé par ce qui est décrit comme des missiles lancés depuis deux drones, selon des sources au sein de la flottille. L’attaque se produit vers 0 h 23, à environ 17 milles nautiques des côtes maltaises, en dehors des eaux territoriales. Les projectiles auraient visé les générateurs du navire, provoquant un incendie et une brèche dans la coque, exposant le bâtiment à un risque imminent de naufrage.

Des vidéos publiées sur les réseaux sociaux par la coalition montrent des flammes, de la fumée et le son de deux explosions, mais ces documents n’ont pas été authentifiés de manière indépendante. L’armée israélienne a déclaré de son côté « examiner les rapports » concernant cette attaque, qui a eu lieu à plus de 1 200 milles (2 000 km) d’Israël.

Imputation La coalition de la flottille accuse Israël d’être responsable de cette frappe. Le même jour, un avion de transport militaire israélien de type C-130 Hercules est observé quittant Israël en direction de Malte. L'appareil, selon les données ADS-B, aurait volé à basse altitude dans la zone pendant plusieurs heures, avant de retourner en Israël environ sept heures plus tard. La question de savoir si ce vol a violé l’espace aérien maltais ou européen demeure non résolue.

Le Madleen

La deuxième expédition de la flottille de la liberté 2025 quitte Catane, en Sicile, le , dirigée par le voilier de Le Madleen (anciennement la Barcarole). Le nom du bateau est un hommage à Madleen Kulab, la première pêcheuse professionnelle gazaouie. La flottille devait initialement atteindre Gaza le .

L'équipage du Madleen compte 12 membres, dont la militante climatique suédoise Greta Thunberg et la députée européenne française Rima Hassan. Le navire est skippé par le Néerlandais Mark van Rennes, accompagné de Reva Seifert-Viard, militant écologiste français et second à bord. Sont également présents l'Allemande Yasemine Acar et le Brésilien Thiago Avila, militants pro-palestiniens et coordonnateurs pour la Coalition internationale de la Flottille de la liberté, les journalistes français Yanis Mhamdi (média en ligne Blast) et Omar Faiad (chaîne Al Jazeera), l’informaticien marseillais et militant syndical au sein de la CGT Pascal Maurieras, le médecin humanitaire français Baptiste André, l’écologiste espagnol Sergio Toribio de l’ONG Sea Shepherd et le militant turc Husein Suayb Ordu, engagé de longue date pour l'indépendance de la Palestine | .

L'objectif de la flottille de la liberté 2025 est d'apporter de l'aide humanitaire symbolique à la population palestinienne mais surtout de sensibiliser la communauté internationale face au drame humanitaire, comme le déclarent les organisateurs.. Selon Fiona Vanston, chargée des relations publiques de Rima Hassan, la mission poursuivait un objectif politique et symbolique : , tout en tentant d'interpeller l'opinion publique sur la situation humanitaire à Gaza tout comme sur le blocus qualifié d'illégal, dans l'espoir de contribuer à y mettre un terme..

Le voilier transporte des biens de première nécessité et de l'équipement médical, tel que du lait en poudre, de la farine, du riz, des couches, des produits menstruels, des kits de dessalement de l'eau, des fournitures médicales, des béquilles et des prothèses pour enfants.

En raison de l'absence de réaction médiatique à l'attaque de Conscience par l'armée israélienne, les membres de la nouvelle expédition ont adopté une stratégie de médiatisation active, diffusant quotidiennement des contenus sur les réseaux sociaux, en lien étroit avec des relais à terre, afin d’assurer une visibilité continue et de se prémunir contre toute disparition silencieuse ou interception hors de la scène publique...

Puisque le Madleen navigue sous pavillon britannique, la Coalition de la flottille de la Liberté déclare que le gouvernement britannique « a le devoir légal de défendre le Madleen et les civils à bord, et d'empêcher toute ingérence illégale par des puissances étrangères telles qu'Israël ».

Le périple de la traversée de La Madleen se suit en direct sur le site internet Vesselfinder, où le voilier est identifié sous le nom de Barcarole.

Équipage + Composition de l'équipage du voilier Madleen – Flottille de la liberté pour Gaza (2025) Nom Nationalité Âge lors de l'expédition Fonction ou rôle principal Greta Thunberg Suédoise 22 ans Militante climatique Rima Hassan Française 33 ans Députée européenne, juriste et militante des droits civiques Mark van Rennes Néerlandais 27 ans Skipper et militant néerlandais, capitaine du Madleen Reva Seifert-Viard Français 37 ou 38 ans Militant écologiste, Skipper second du Madleen Yasemin Acar Allemande 37 ans Militante engagée pour la cause palestinienne, coordinatrice pour la Coalition de la flottille de la Liberté Thiago Avila Brésilien 37 ans Militant solidaire de Gaza, admirateur de Hassan Nasrallah.., coordonnateur pour la Coalition de la flottille de la Liberté Yanis Mhamdi Français 32 ans Journaliste pour le média Blast Omar Faiad Français - Journaliste correspondant pour Al Jazeera Baptiste André Français 35 ans Médecin humanitaire Pascal Maurieras Français 63 ans Informaticien et militant syndical (CGT), Skipper du Madleen Şuayb Ordu Turc - Militant solidaire de Gaza Sergio Toribio Espagnol - Militant solidaire de Gaza, membre de l'ONG

Réactions avant l'arraisonnement Par l’intermédiaire du ministre de la Défense Israël Katz, les Forces de défense israéliennes (Tsahal) déclarent au Jerusalem Post que la flottille ne serait pas autorisée à accoster dans la bande de Gaza. Le ministre affirme avoir donné pour instruction à l'armée d'empêcher le navire Madleen d’atteindre la côte. Il accuse les organisateurs FFC, dont la militante Greta Thunberg , de relayer la propagande du Hamas palestinien, et leur enjoint de faire demi-tour, réaffirmant la position de l'État d'Israël selon laquelle le blocus de Gaza vise à empêcher l'acheminement d'armes vers le Hamas, désigné comme organisation terroriste par Israël. Il ajoute qu'Israël s'opposerait à toute tentative de briser ce blocus, quel qu'en soit le vecteur : maritime, aérien ou terrestre....

Le sénateur américain Lindsey Graham tient des propos hostiles à la flottille, écrivant : . Ces propos sont immédiatement et vivement critiqués dans la presse..

La France exprime ses réserves et cherche à dissuader les membres de la flottille de poursuivre leur mission, sans succès..

Des experts des Nations unies appellent à garantir un passage sécurisé au navire.

Trajet Le , un drone est aperçu près du navire, mettant l'équipage en alerte, avant de découvrir qu'il s'agissait d'un drone de surveillance des garde-côtes helléniques.. Plus tard le même jour, la page « IsItDownRightNow.com » signale que le site de la flottille et le système de suivi des navires ne sont pas disponibles. ; ils sont par la suite remis en ligne.

Le , le navire est localisé à proximité des côtes crétoises.

Le , Frontex relaie par radio un appel de détresse d'une embarcation en difficulté, probablement partie de Libye, demandant à l'équipage du Madleen, navire le plus proche, à changer de cap pour lui porter secours. A leur arrivée, quatre migrants, fuyant le conflit soudanais et la famine officiellement déclarée par l'ONU se jettent à l'eau et sont recueillis par le Madleen... Les quatre passagers sont récupérés par Frontex et remis aux autorités grecques...

Le , le voilier atteint l'Égypte. Après une escale, il met le cap sur la bande de Gaza, malgré les avertissements d'Israël, qui avait ordonné à son armée de l'en empêcher..

Arraisonnement du navire

Déroulement