vignette|Don Gomes souffletant Don Diègue dans « Le Cid » de Corneille (illustration pour une campagne Liebig, 1913). Un soufflet est une gifle portée sur une joue ou sur les deux généralement avec un gant. Pratique commune au moins du au , le soufflet constitue une humiliation publique faite devant témoins et valant provocation en duel. Il se donne généralement en réponse à une offense avec les gants de celui qui se considère comme offensé.

Description Le soufflet est une gifle donnée de la main ou du gant et constitue un affront majeur qui équivaut souvent à une provocation en duel.. Son usage se généralise au au sein de l'enchaînement insulte-démenti-soufflet-défi-duel ou il constitue une suite courante à des accusations mettant en jeu la réputation. Le soufflet est donné en réponse à une offense par celui qui se considère comme offensé.

Histoire Les duels sont une manière courante de régler, depuis l'antiquité, des différents de justice. Le duel judiciaire est courant au Moyen Âge où malgré des interdictions, les nobles considèrent que la bataille est la seule preuve qui convienne à leur étatClaude Gauvard, « duel judiciaire », Dictionnaire du Moyen Âge, 2004, PUF, p. 453..

La date d'apparition du soufflet comme provocation en duel est inconnue. Son usage est courant dans la noblesse européenne au moins du au (siècle durant lequel les duels disparaissent en grande partie des pays occidentaux). En 1783, Paolo Vergani écrit : .

Selon un apophtegme présenté par Alfred d'Almbert dans sa « Physiologie du duel » (1867) : En d'autres termes, affirmer publiquement qu'une personne a menti a valeur de soufflet et justifie donc une provocation en duel. Il ajoute :Avec la codification du duel au et son élargissement à la bourgeoisie, la notion de soufflet s'élargit au « soufflet verbal ». Le « Nouveau Code du Duel » rédigé par le Comte Charles Du Verger de Saint-Thomas en 1879 donne en exemple la phrase « Monsieur! tenez-vous pour souffleté! » qui n'est pas équivalente au soufflet car dépourvue de contact physique et donc classée parmi les « injures graves ».

Cas célèbres

Dans le Cid, de Corneille, Don Diègue est préféré à Don Gomès pour devenir gouverneur du Prince de Castille, les deux hommes ont une altercation : Don Diègue déclare que s'il n'a pas obtenu la charge, c'est sans doute qu'il ne la méritait pas. Don Gomès lui rétorque « ton impudence, téméraire vieillard, aura sa récompense » accompagnée d'un soufflet. Rodrigues le tuera au cours du duel ou il représente son père trop âgé pour combattre. Le , le dey Hussein soufflette d'un coup d'éventail le consul de France. Le royaume de France utilise ce prétexte pour entreprendre la conquête d'Alger en 1830. En , le danseur et chorégraphe Serge Lifar et le marquis de Cuevas, un extravagant mécène, ont une querelle qui se termine par un soufflet lors d’une soirée, les deux hommes décident alors d'un duel. Le duel s'arrêtant « au premier sang », Cuevas le remporte après que Lifar se soit égratigné sur son épée.

Références

Catégorie:Symbolique Catégorie:Conflit Chatiment corporel