Les sources et émergences du Blagour de Souillac (ou de la Borrèze) sont situées sur le territoire de la commune de Lachapelle-Auzac, dans le Quercy (Lot, Occitanie, France).

Les crues de l'émergence du Blagour conjuguées à celle de l’Évent du Boulet, leurs effets dévastateurs sont restées inexpliquées jusqu'au début du siècle. Depping en 1822 qualifiait ces ruisseaux d'extraordinaires.

Situation alt=Photo du ruisseau bordé d'arbres|gauche|vignette|Le ruisseau du Blagour proche de la source de la Castinière Les émergences et sources du Blagour se trouve à au nord de Souillac. Elles sont accessibles par la route de Borrèze D15, puis à droite à la sortie du bourg de Lachapelle-Auzac, par la petite route qui passe sous l'extrémité nord du viaduc de Lamothe (ligne de chemin de fer Paris-Toulouse), le long du stade de foot, puis remonte la vallée verdoyante du Blagour sur jusqu'à la pisciculture.

Le grand Blagour, reconnaissable à sa belle couleur bleue, est visible du bord de la D15 à proximité d'un restaurant. la source du Dariben se trouve à flanc de falaise de l'autre coté de la route. La Source de la Castinière jaillit plus à l'est, sur le côté de la vallée, à proximité de la station de pompage. Le ruisseau issu de cette source reçoit, en rive droite, les eaux de l'émergence du Blagour. Plus en amont, la vallée sèche prend l'aspect d'une combe remontant jusqu'à la D820,

Toponymie Selon Martel, un Blagour qualifie dans le Quercy une caverne complètement noyée et d'où s'échappent un courant d'eau, qui est souvent la réapparition de ruisseaux disparus plus haut dans des goules ou pertes.

Description Le grand Gour ou Blagour se présente habituellement comme une vasque d'eau immobile et de couleur bleue qui par temps de crue vomit des masses de sable et d'eau qui, selon Jean Gaignebet, inondent la vallée et dévastent les rives de la Borrèze. Son diamètre est de et sa profondeur maximum de .

L'évent du Boulet est une autre source faisant partie du même système karstique. Elle est située de l'autre côté du Pech Récu, à à vol d'oiseau du Blagour.

Géologie Le système karstique des sources et émergence du Blagour se développe dans la formation calcaire sédimentaire compacte, homogène et relativement épaisse du Causse de Martel. Ces dépôts calcaires correspondent à un ancien massif corallien du jurassique, ils sont fortement fissurés ce qui les rend très sensibles aux pollutions, le sol ne permettant pas une filtration efficace. Les vallées, où s'ouvre les émergences du Blagour, se trouvent sur des terrains alluvionnaires en bordure et se terminent sur les calcaires détritiques sur les coteaux secs.

Hydrogéologie Les sources et émergences du Blagour forment le ruisseau du Blagour qui est un affluent en rive gauche de la Borrèze, affluent en rive droite de la Dordogne.. Premières références Dans son ouvrage Voyage en France  - Centre Midi écrit de 1888 à 1923 , Victor-Eugène Ardouin-Dumazet met en doute les récits anciens rapportés par Abel Hugo qui décrivent ainsi une alternance entre les crues du Boulet et du Blagour : .

E. A. Martel indique qu'après les pluies abondantes de fin , on a vu jaillir, à la surface du Blagour, de petites colonnes d'eau hautes de de hauteur. Il décrit la relation du Blagour avec l’Évent du Boulet, mais qualifie le fonctionnement du couple Boulet - Blagour d'incompréhensible. Il écrit : .

Le gouffre du Blagour est voisin de l'évent du Boulet auquel il est lié lors de ses crues. Ils sont seulement séparés par une étroite arête appelée le Pech Récu, chacun des ruisseaux ayant son vallon distinct. Le Boulet fonctionne comme un trop plein d'un système karstique dont les eaux sortent aux sources du Blagour. Le décalage de temps entre des pluies importantes et la mise en crue du Boulet est de 7 heures. Les eaux bouillonnantes sont chargées de sable et d'argile.

Jean Gaignebet démystifie le phénomène des crues. Il décrit ainsi une crue du Blagour en 1926 :

Jean Gaignebet est le premier à proposer une modélisation expliquant le fonctionnement du couple de résurgence Boulet - Blagour. Il présente une coupe du Pech Récu et une description mentionnant plusieurs siphon et le bouchon de sable au fond du Blagour. Il évalue la différence de hauteur entre le siphon et le fond du Blagour à . Il explore partiellement une igue située sur le Pech Récu entre les deux résurgences. Cette igue pourrait correspondre à l'igue de Péricut située sur le bord gauche de la route entre les hameaux de Dariben et la D820 au sud des hameaux des Mariottes.

Études récentes

Jean-Paul Fabre et Alain Perrineau élaborent un modèle plus précis pour le fonctionnement des sources du Boulet et du Bagour à partir d'observations, d'explorations en plongée souterraine et d'expérimentations de laboratoire.

En étudiant les crues de 1981 et de 1998, ils observent trois phases successives : tout d'abord, une montée des eaux aux sources du Blagour, jusqu'à un palier aux alentours de /s ; Ensuite, une mise en charge de l'évent du Boulet et une augmentation très rapide de son débit avec un seuil maximum qui semble se situer vers /s ; Finalement, une fois ce seuil atteint les sources du Blagour connaissent une pointe de crue soudaine et puissante de 20 à /s tandis que, presque simultanément, les sources du Boulet se tarissent.

Le traçage du , par injection de colorants à l'étiage, met en évidence une communication Boulet-Blagour et une vitesse apparente de circulation de /h.

Les plongeurs ont exploré de galeries noyées se dirigeant du boulet vers le Blagour. Le plongeur Laurent Rouchette du spéléo-club de Brive a découvert que, côté Blagour, la galerie d'entrée possède des dépôts de sable au sol sous forme de monticules et des parois recouvertes d'argile. Les dépôts de matériaux détritiques qui obstrue les conduits peuvent atteindre d'épaisseur.

Les chercheurs ont utilisé des modèles hydrauliques. Ils ont construit un modèle réduit tenant compte du sable obstruant les conduits. Ce sable est mis en mouvement par effet renard connu des hydrauliciens et par fluidisation de ces sédiments meubles.

Exploitation et protection des eaux alt=Photo de la source de la Castinère montrant le creux où jaillit l'eau.|gauche|vignette|Vue de la source de la Castinière entouré de sa barrière de protection. Jean Gaignebet fait mention, en 1926, de plusieurs anciens moulins en ruine au voisinage du Balgour.

Trois sources naturelles du Blagour sont utilisées pour une pisciculture. Ces eaux permettent l'élevage artisanal de truites arc-en-ciel, fario et saumons de fontaine. Les poissons sont destinés : à la vente locale directe en frais ou sous forme de plats à emporter, à la pèche de loisir, aux restaurants, marchés et commerces des environs ou dans le restaurant situé près de la sources .

Les eaux du Blagour (sources de Font Coumézide Blagour I et de la Castinière Blagour II) sont distribuées à plus de 2000 habitants des communes de Borrèze, Cazillac, Cuzance, Gignac et Souillac par le Syndicat Intercommunal d'Adduction d'Eau Potable (SIAEP) du Blagour. Les volumes moyens prélevés sont de l'ordre de /an pour la période 2007 à 2018. Les analyses de l'eau de la source de la Castinière montrent en 2025 une bonne qualité de cette ressource, avec cependant un panel de polluants potentiels recherchés inférieur à la moyenne nationale 178 contre 200 en moyenne sur le territoire français. En 2018, l'avancement des mesures de protection du captage de la Castinière était évalué à 40 % , limité aux mesures de protection sanitaires préconisées par l’hydrogéologue agréé dans son avis du pour les captages du Blagour. Le périmètre de protection éloigné de ces deux captages est concerné par des épandages liés à l'unité de méthanisation de Mayrac.

Notes et références

Voir aussi Articles connexes Causse de Martel Liste des cours d'eau du Lot Évent du Boulet

Blagour de Souillac Catégorie:Lachapelle-Auzac