Alan Charles Rawlinson ( - ) est un as de l'aviation australien de la Seconde Guerre mondiale, crédité d'au moins huit victoires aériennes confirmées, deux appareils détruits et huit endommagés.

Né à Fremantle, il rejoint la Force aérienne royale australienne en 1938. Affecté au Moyen-Orient en avec le No. 3 Squadron RAAF, il y pilote des Gladiator, Gauntlet, Hurricane et P-40. Décoré de la Distinguished Flying Cross (DFC) en , il prend le commandement du No. 3 Squadron en novembre et reçoit une barrette à sa DFC en . De retour en Australie en , il commande le No. 79 Squadron RAAF en Nouvelle-Guinée, puis le No. 78 Wing durant la campagne de Bornéo. Promu group captain temporaire en , il est démobilisé en .

En , il intègre la Royal Air Force. Il commande le No. 54 Squadron RAF, puis les opérations de vol à la base d'Odiham, entre 1949 et 1952. Récipiendaire de l'Air Force Cross en , il dirige l'unité d'essais d'armes guidées de la RAF de 1953 à 1958. Nommé officier de l'ordre de l'Empire britannique en , il commande la base de Buchan entre 1960 et 1961 avant de s'installer en Australie-Méridionale.

Jeunesse et famille Alan Rawlinson naît à Fremantle en Australie-Occidentale. Il est le fils d’Arthur Rawlinson, joueur de football australien évoluant pour East Fremantle dans la West Australian Football League. La famille Rawlinson fait partie des premiers habitants de Beaconsfield et donne son nom à une rue du quartier d’O’Connor... À l’âge de huit ans, Alan Rawlinson déménage à Melbourne où il fréquente la Geelong Road State School à Footscray puis le Williamstown High School, représentant ces deux établissements en football, natation et athlétisme.. Avant d’obtenir son certificat intermédiaire, il rejoint le club de cross-country des East Melbourne, dont il devient le champion de la saison 1935-1936.

Formation et début de carrière Alan Rawlinson réside dans la banlieue d’Ivanhoe à Melbourne et travaille comme employé de bureau depuis deux ans et demi lorsqu’il rejoint la Force aérienne royale australienne le . Il suit une formation en pilotage en tant que cadet au sein de la No. 1 Flying Training School RAAF de Point Cook et reçoit une commission de service court en tant que à partir du . Le , il est affecté au No. 3 Squadron RAAF, qui opère avec des biplans Hawker Demon depuis la base aérienne de Richmond en Nouvelle-Galles du Sud. Il consacre une grande partie du reste de l’année à l’apprentissage du vol sur simulateur Link Trainer et suit un stage de parachutisme.

Seconde Guerre mondiale Moyen-Orient Guerre du Désert En , la Force aérienne royale australienne confirme la nomination de Rawlinson au grade de et valide sa promotion temporaire au rang de . En juillet, il est affecté au Moyen-Orient au sein du No. 3 Squadron, chargé d’appuyer la division d'infanterie australienne engagée contre les forces italiennes durant la guerre du Désert. Après un passage par Bombay, son unité atteint Port Suez, en Égypte, le . Le mois suivant, l'escadron reçoit ses premiers appareils : une escadrille de Westland Lysander, des monoplans à aile haute utilisés pour les missions de reconnaissance, ainsi que deux escadrilles de chasseurs biplans Gloster Gladiator. Quatre biplans Gloster Gauntlet, prévus pour les bombardements en piqué, viennent compléter cet équipement. Alan Rawlinson commence alors sa formation sur le Gauntlet.

vignette|Les officiers pilotes Rawlinson (à gauche) et Boyd (à droite) aux côtés du Pelly, devant un biplan Gloster Gladiator, après le premier combat du No. 3 Squadron RAAF, qui a lieu le .|alt=Trois aviateurs en tenue de brousse marchant sur le sable devant un biplan militaire.

Le , Alan Rawlinson prend part au tout premier combat aérien du No. 3 Squadron RAAF. Aux commandes d’un chasseur Gladiator, il accompagne deux autres pilotes pour escorter le Blake Pelly lors d’une mission de reconnaissance. Près de Rabia, dans l’ouest de l’Égypte, leur formation est attaquée par dix-huit biplans Fiat CR.42 Falco de l’aviation italienne. Les pilotes australiens revendiquent la destruction de six appareils ennemis, au prix d’un seul Gladiator perdu. Le rôle exact de Rawlinson dans l’engagement demeure incertain : certaines sources lui attribuent un avion détruit, d’autres un appareil probablement abattu ou simplement endommagé. D’après son biographe, Lex McAulay, Rawlinson estime avoir abattu un CR.42 lors d’une attaque, mais comme il ne l’a pas vu s’écraser, son succès est officiellement enregistré comme un dommage sur l'appareil ennemi. En décembre, il effectue des missions de bombardement en piqué à bord de Gloster Gauntlet, un modèle bientôt retiré du service à la mi-mois.

Le , alors que les troupes alliées progressent vers Bardia le long de la côte libyenne, son grade de est confirmé à titre permanent, ce qui constitue le plus haut rang officiel qu’il atteint durant le conflit. Quatre jours plus tard, il participe à une attaque menée par huit Gladiators contre une formation italienne composée de dix bombardiers Savoia-Marchetti SM.79 escortés par vingt-quatre CR.42. Les Australiens revendiquent la destruction de deux chasseurs ennemis et l’endommagement de cinq autres, dont un probablement abattu, attribué à Rawlinson. Le , Alan Rawlinson et le Wilfred Arthur sont envoyés attaquer une goélette italienne au large de Tobrouk. Ils mitraillent le navire, qu’ils parviennent à incendier. Trois jours plus tard, Rawlinson affirme avoir endommagé deux chasseurs Fiat G.50 au cours d’un affrontement avec cinq monoplans italiens qui attaquaient une patrouille australienne près de Mechili. Le , il reçoit une notification de sa promotion au grade temporaire de .

Le , le No. 3 Squadron RAAF entame son rééquipement avec des chasseurs Hawker Hurricane, une étape majeure dans la modernisation de son matériel. Rawlinson commence sa formation sur ce nouvel avion le . Une semaine plus tard, l'escadron est transféré à la base RAF de Benina pour assurer la défense aérienne de Benghazi, récemment occupée par la Division australienne. C’est à ce moment que les forces aériennes allemandes font leur apparition en Afrique du Nord. L’Afrikakorps et un détachement de la Luftwaffe, sous le commandement du général Erwin Rommel, viennent renforcer les troupes italiennes. En mars, les Allemands lancent leur offensive, ce qui contraint les Alliés à évacuer Benina le . Ce même jour, Alan Rawlinson abat trois bombardiers en piqué allemands Junkers Ju 87 et en endommage un quatrième, aux commandes d'un Hawker Hurricane.

Campagne de Syrie et retour en Égypte À partir du , alors que les forces alliées battent en retraite, le No. 3 Squadron RAAF est redéployé à Lydda, en Palestine, aux commandes de nouveaux chasseurs Curtiss P-40 Warhawk. Ce même mois, Alan Rawlinson est promu .. Il accède au statut d’as de l'aviation durant la campagne de Syrie et du Liban menée contre les troupes de Vichy entre juin et . Le , à la tête d’une patrouille de neuf P-40 Warhawk près de Palmyre, il intercepte six bombardiers français Martin 167, tous abattus au cours de l’engagement. Rawlinson se voit attribuer trois victoires, portant son score personnel à six victoires. Après l’armistice signé avec les forces françaises le , l’escadron demeure stationné en Syrie. Rawlinson reçoit alors un nouveau P-40 Warhawk baptisé « Sweet FA », qu’il partage avec un autre pilote de l’unité, Peter Turnbull. Le , lors d’un exercice de voltige à bord de Sweet FA, le plan horizontal droit de son appareil se détache, endommageant également la dérive. Forcé de maintenir une vitesse constante de pour garder le contrôle, Rawlinson parvient néanmoins à ramener l’avion au sol sans utiliser les volets et réussit son atterrissage.

Le , le No. 3 Squadron est déplacé à Sidi Haneish, en Égypte, pour reprendre ses opérations dans le cadre de la guerre du Désert. Le , Alan Rawlinson reçoit la Distinguished Flying Cross (DFC) en reconnaissance de sa . Cette citation souligne également ses six victoires aériennes confirmées, obtenues au cours de 121 sorties.. Le , il est affecté comme instructeur au No. 71 Operational Training Unit au Soudan, officiellement pour se reposer des combats. Cependant, il est rapidement rappelé pour reprendre le commandement du No. 3 Squadron, succédant à Peter Jeffrey, promu . Alan Rawlinson est nommé par intérim le et prend officiellement ses fonctions le lendemain.

vignette|Alan Rawlinson aux côtés de son avion de chasse Curtiss P-40 Warhawk, baptisé « Sweet FA », le .|alt=Un soldat moustachu posant devant l'empennage endommagé de son avion, sur un aérodrome désertique.

Le , pendant l’opération Crusader, il conduit le No. 3 Squadron RAAF dans une mission d’escorte de bombardiers près de Bir el Gubi, en Libye italienne, le matin, puis dans une patrouille de chasse au sud-est d’El Adem l’après-midi. Lors de la première confrontation, trois Warhawk sont abattus par des Messerschmitt Bf 109 allemands, qui perdent deux appareils à leur tour. Rawlinson revendique un Bf 109 endommagé. La seconde bataille, plus longue et acharnée, oppose les forces pour la suprématie aérienne. L’escadrille perd six Warhawk tandis que trois Bf 109 sont détruits. Alan Rawlinson revendique cette fois deux avions détruits et deux autres endommagés. Il tire également sur un autre Bf 109, mais persuadé de l'avoir manqué, il n'en revendique pas la destruction. Après la guerre, il est établi que ses tirs ont bien touché l’appareil, blessant le pilote Ernst Düllberg, contraint à un atterrissage forcé. Le , Alan Rawlinson obtient sa dernière victoire en abattant un chasseur italien Macchi M.C.200, portant à 106 le total des appareils détruits revendiqués par le No. 3 Squadron.

Rawlinson cède le commandement du No. 3 Squadron RAAF le . Après une affectation de courte durée au quartier général de la Royal Air Force au Moyen-Orient, il prend la tête du Air Firing and Fighting School le . Ce même jour, une barrette vient s'ajouter à sa Distinguished Flying Cross, en reconnaissance de sa capacité à avoir .. Le , n'étant plus en poste à la tête d'une unité, il retrouve son grade de et regagne l'Australie. Rawlinson se voit généralement attribuer un total de huit victoires aériennes au Moyen-Orient, auxquelles s'ajoutent deux victoires probables et huit appareils endommagés, sans compter la destruction de l'avion de Düllberg. Toutefois, le département historique de la Force aérienne royale australienne porte ce bilan à dix victoires confirmées.

Théâtre du Pacifique Sud-Ouest Instructeur du No. 2 Operational Training Unit Alan Rawlinson arrive à Melbourne le . Dès le , il est nommé à titre temporaire et, le , il prend la direction de la toute nouvelle No. 2 Operational Training Unit (No. 2 OTU). Deux semaines plus tard, Peter Jeffrey prend le commandement de l’unité, tandis que Rawlinson devient instructeur principal de vol. Parmi les autres instructeurs, il y a les pilotes Clive Caldwell et Wilf Arthur. Insatisfaits du niveau des pilotes remplaçants envoyés au Moyen-Orient, Rawlinson et Jeffrey veulent s’assurer que les stagiaires soient parfaitement préparés avant d’être envoyés en première ligne. Basée à l’origine à Port Pirie, en Australie-Méridionale, la No. 2 OTU est transférée à Mildura, dans l’État de Victoria, le , et commence bientôt à recevoir des chasseurs P-40 Kittyhawk. En , Rawlinson, Arthur et un pilote de l’United States Army Air Forces (USAAF) réalisent des essais comparatifs entre le nouveau chasseur australien CAC CA-12 Boomerang, un Kittyhawk et un Bell P-39 Airacobra. Ils soulignent les excellentes qualités de maniabilité du Boomerang.

Le , Alan Rawlinson rejoint le quartier général de la RAAF à Melbourne, en tant qu’adjoint du chef d'état-major de la Force aérienne. C’est là qu’il reçoit la responsabilité de diriger le seul escadron de Supermarine Spitfire formé en Australie, le No. 79 Squadron. Le , il épouse Thora Doreen Buckland, officier au sein du Women's Auxiliary Australian Air Force.