La guerre des Lombards est une guerre civile dans les royaumes de Jérusalem et de Chypre, opposant, de 1228 à 1243, les impériaux, également appelés , et représentant l'empereur , contre la noblesse des États latins d'Orient, menée par la maison d'Ibelin puis la maison de Montfort-l'Amaury.
La guerre est déclenchée par la captation par Frédéric II de la couronne de Jérusalem, faisant de son fils, Tous deux faisant partie de la maison de Hohenstaufen., son souverain titulaire.
Contexte
La sixième croisade Lorsqu'en 1225 l'empereur devient roi consort de Jérusalem à la suite de son mariage avec la reine , il revendique également à ce titre le royaume de Chypre, jusqu'à la mort de son épouse en 1228. Cette année-là, à la tête de la sixième croisade, il passe d'abord à Chypre, où il tente de soumettre le baron Jean d'Ibelin, régent de Henri Ier, à son autorité ; si Jean refuse de le reconnaître en tant que suzerain direct de la seigneurie de Beyrouth, l'empereur récupère néanmoins la régence de Chypre. Lui et ses hommes repartent vers Saint-Jean-d'Acre, tout en négociant avec le sultan d'Égypte Al-Kâmil une paix durable entre la dynastie Ayyoubide et les états latins d'Orient. Les souverains établissent un traité permettant aux Francs de récupérer les terres perdues après la conquête de Saladin, dont Jérusalem elle-même. où Frédéric II se couronne roi le . Toutefois, excommuniéLe pape Grégoire IX l'a excommunié en 1227 pour ne pas avoir tenu sa promesse de se croiser. Il maintient l'excommunication durant toute la croisade, Frédéric II étant entre autres un adversaire politique de la papauté., n'arrivant pas à imposer un pouvoir absolu inhabituel dans cette région, critiqué pour des clauses du traité avantageant le camp musulmanEntre autres choses, l'accès aux lieux de culte, et surtout la mise à bas définitive des murailles de Jérusalem, déjà détruites à son arrivée., et inquiet des visées de ses ennemis sur ses terres d'Italie, il repart vers l'Europe début mai sans nommer de représentant officiel.
Gestion du royaume en l'absence du roi Il confie toutefois la gérance du royaume de Jérusalem à Jean d’Ibelin, tout en laissant une solide garnison à Saint-Jean-d’Acre.. Il fiance le jeune roi de Chypre à Alix de Montferrat et nomme régents cinq barons chypriotes qui comptent parmi ses partisans.. Pour payer leur dû à Frédéric, ces derniers écrasent Chypre d’impôts et particulièrement les domaines de Jean d’Ibelin et de ses proches. Appelé par Philippe de Novare, Jean d’Ibelin débarque à Chypre à la tête d’une armée et défait les régents le devant Nicosie. Retranchés dans le château Dieudamour, ses ennemis se rendent au bout de dix mois. Jean d’Ibelin fait preuve de clémence pour pacifier l’île.. Toutefois, Frédéric II n'apprécie pas la manœuvre, et envoie envoie Richard Filangieri à la tête d’une escadre. Celui-ci échoue à débarquer sur Chypre, mais occupe Acre et Tyr et prend la ville de Beyrouth fin 1230.
La guerre Bien que les autorités ecclésiastiques et les Templiers, obéissant au pouvoir papal, soutiennent les nobles locaux, les chevaliers Teutoniques et les Hospitaliers soutiennent quant à eux l'empereur et Filangieri. Les droits à la régence de ce dernier sont généralement reconnus, mais la pratique de son pouvoir lui est refusée sur la base des Assises et de la Haute cour. Il établit alors son quartier général à Tyr où il bénéficie de l'allégeance de , prince d'Antioche et comte de Tripoli. Il détient également la Ville sainte de Jérusalem. De plus, tant que la maison d'Ibelin tient les rênes de l'opposition, Filangieri peut compter sur le soutien de leurs ennemis. Les villes marchandes italiennes sont également divisées entre les deux factions : Pise soutient Filangieri tandis que Gênes soutient la famille d'Ibelin. Ces derniers contrôlent Beyrouth, Arsouf et Césarée, ainsi que l'ancienne capitale d'Acre. En 1231, les citoyens d'Acre forment une commune dont le siège est basé à l'église Saint-André afin d'unifier l'opposition à Filangieri et l'année suivante, Jean d'Ibelin en est élu maire.
Le , Jean d’Ibelin débarque et assiège les Impériaux retranché dans la ville de Beyrouth, lesquels assiègent encore le château de Beyrouth. Ibelin réussit à faire passer un contingent qui relève la garnison.. La première bataille importante de la guerre a lieu à Casal Imbert, au sud d'Acre, en , dans laquelle Filangieri y vainc le camp d'Ibelin. Cependant, au mois de juin, il est sévèrement vaincu par une force inférieure en nombre lors de la bataille d'Agridi à Chypre, annihilant son soutien sur l'île en une année.
À la mort de Jean en 1236, la guerre est alors menée par son fils Balian d'Ibelin. Puis en 1239, c'est prend la tête de l'opposition. En 1241, les barons offrent le bailliage d'Acre à Simon de Montfort, comte de Leicester, à la fois cousin de et parent par alliance de la maison de Hohenstaufen et de celle des Plantagenêts ; celui-ci ne l'accepte toutefois pas. En 1242 ou 1243, Conrad, fils de Frédéric II et d'Isabelle II, se déclare majeur ; le , la régence du monarque absent est accordée par la Haute Cour à Alix de Champagne-Jérusalem, veuve d' et fille d'. Alix commença aussitôt à régner comme si elle était reine, ignorant Conrad qui se trouve alors en Italie, et ordonne l'arrestation de Filangieri. Après un long siège, Tyr tombe le . La famille d'Ibelin s'empare de sa citadelle le 7 ou le , avec l'aide d'Alix, dont les forces sont arrivées le . La maison d'Ibelin peut alors se targuer d'être les seuls vainqueurs de la guerre.
Sources primaires La principale source concernant cette guerre est le récit de Philippe de Novare, , une histoire très partisane en faveur des Ibelin. Philippe y participe activement et est un témoin oculaire de nombreux événements qu'il y décrit. Dans les années 1240, il est généreusement récompensé par Alix, tant en argent qu'en fiefs. Son récit est généralement digne de foi, mais il est contenu dans un recueil ultérieur intitulé , et il est parfois difficile de déterminer si un détail a été modifié par le compilateur. Son récit, rédigé à la même époque que les événements, ne couvre que les années 1228-1233, 1236 et 1241-1242. Il rédige la dernière partie de son récit entre 1242 et 1247, y ajoutant des interpolations jusqu'en 1258. C'est Philippe qui donne le nom de (Lombards) aux impérialistes.
Le bailli vénitien , arrivé à Saint-Jean-d'Acre peu avant l'élection d'Alix comme régente, rédige un rapport sur la situation et les événements récents au Levant pour ses maîtres à Venise. Ce rapport est conservé dans un manuscrit de 1246 et dans le Liber Albus du , mais il est moins précis, quoique plus contemporain, que celui de Philippe.
Richard de San Germano présente quelques détails introuvables ailleurs concernant le début du règne de Conrad et la fin de la régence de Frédéric II. Selon lui, , comte d'Acerra, part pour la Terre sainte en , à l'occasion de la prise de pouvoir de Conrad, comme représentant du roi en Orient. Il mentionne également que rencontre l'empereur à Melfi en et qu'il y intervint en faveur de Filangieri vaincu.
Bibliographie . . . . .
Notes et références
Notes
Références
Catégorie:Bataille des croisades Catégorie:Conflit du XIIIe siècle Catégorie:Guerre civile du XIIIe siècle Catégorie:Guerre impliquant le royaume de Chypre Catégorie:Bataille impliquant le royaume de Jérusalem