Le d'autos-mitrailleuses et autos-canons (ou GAMAC), petite unité de l'armée française, est formé dès le par le général Gallieni à partir de quelques effectifs de la Marine pour apporter une puissance de feu mobile aux armées combattant dans le Nord et en Belgique. Affecté le à l'état-major de la , il est dissous le . Reconstitué à la fin du semestre 1921 comme groupe d'autos-mitrailleuses de cavalerie (AMC) il est renommé escadron d'automitrailleuses de cavalerie (EAMC) le et EAMC le .
Création, dénominations et affectations Le groupe d'autos-canons de la Marine, en formation à partir du selon les instructions du gouverneur militaire de Paris, est définitivement constitué le et quitte le parc automobile de Vincennes le 27 pour rejoindre dans le Nord l'état-major du corps de cavalerie (CC) auquel il est affecté en tant qu'élément non endivisionné. En , le groupe est organiquement affecté à la division de cavalerie (DC), elle-même composante du CC. Le , le groupe d'autos-canons gagne Boulogne-sur-Seine pour être dissous en tant qu'unité de la Marine. Recomposé courant avec des personnels de l'armée de terre et officiellement reconstitué fin juin comme unité de cavalerie, le groupe d'autos-mitrailleuses et d'autos-canons (GAMAC) rejoint à nouveau l'état-major de la 1ère DC par affectation organique maintenue jusqu'à l'armistice. Cette affectation est maintenue jusqu'à la dissolution du GAMAC le . Tout son personnel passe alors pour ordre au GAMAC, avant la démobilisation pour les personnels de réserve ou une réaffectation pour les personnels d'active. Le groupe est reconstitué à la fin du deuxième semestre 1921 sous le nom de groupe d'autos-mitrailleuses de cavalerie (AMC).
Historique des campagnes et batailles Campagne contre l'Allemagne 1914 Parti de Vincennes le 29 ou le , le groupe rejoint son unité d'affectation, le CC, dans les premiers jours de novembre à Ypres. On voit ci-dessous une auto-mitrailleuse du groupe stationnée dans une rue de cette ville quelques jours avant le grand bombardement du . Le groupe participe le au combat de Pilkem ( au nord d'Ypres).
Le il est retiré du front, dirigé vers le sud par Arques et Saint-Pol-sur-Ternoise avant de gagner Frévent où il stationne tout le mois de décembre avec le groupe sur la place du marché aux bestiaux, comme le montre la photo ci-dessus.
1915 Le corps de cavalerie, y compris ses éléments non endivisionnés comme le groupe d'autos-canons, est en service de tranchées dans le Pas-de-Calais à Liévin pendant le mois de janvier puis au repos dans la région de Chalons-sur-Marne jusqu'au , date à laquelle il fait mouvement vers Saint-Dizier et Verdun. Le groupe participe aux attaques dirigées les 6, 9 et contre le village de Maizeray (à 25 km est-sud-est de Verdun sur la route de Metz). Il fait ensuite mouvement vers Saint-Dizier, y stationne quelques jours avant de retourner vers le nord-ouest. Début mai, le groupe gagne le département de la Somme, et bénéficie d'un repos à Rouvroy-en-Santerre jusqu'à la fin de ce mois avant de faire mouvement vers Doullens (Pas-de-Calais) pour une éventuelle participation à la bataille d’Artois dans laquelle il n’est pas engagé. Il reste cantonner dans cette région jusqu'à fin septembre. En octobre, le 7e groupe est détaché au 6e régiment de dragons pour appuyer une mission de défense contre aéronefs sur la ligne de chemin-de-fer Saint-Pol-sur-Ternoise - Étaples entre Saint-Pol et Montreuil. * Dès le début novembre, le groupe, en alternance avec les 2e et 12e groupes, est assigné à un centre de défense sur le front sud-ouest d'Arras à Bailleulval. 1916 Poursuite du service de tranchées à Bailleulval en janvier et pendant la première quinzaine de février. Après une quinzaine de repos, ce type de service se poursuit plus au sud, à l’ouest de Roye (Somme), entre Guerbigny-Andechy au nord et Dancourt au sud, pendant les mois de mars et . Une nouvelle période de repos pendant presque tout le mois de mai précède le retour à Boulogne-sur-Seine pour la dissolution du groupe en tant que groupe de la Marine. En partant de Boulogne le 7e GAMAC retourne vers la Somme et le camp de Belleuse. Les mois de juillet et août sont consacrés à de nombreux exercices de tir et manœuvres conjointes avec les unités de cavalerie du 1er corps. Le le groupe cantonne à Éclusier sur la rive gauche de la Somme, où il relève le groupe en pleine bataille de la Somme. Quelques jours plus tard il est impliqué dans un très violent engagement à Buscourt, au cours duquel il subit des pertes sévères. Le brigadier Gault et le maître-pointeur Matras, sont tués, le lieutenant de Lesseps, très grièvement blessé meurt deux jours plus tard à l'hôpital de campagne, les brigadiers Sansimond et de Tauzia, le maître-pointeur Génevée, le chargeur Le Guern sont blessés, plus ou moins grièvement. Le , le groupe est retiré du front, gagne Sailly-Laurette avec le GAMAC. de début octobre à la mi-novembre le groupe est au repos à Croissy-sur-Celle (Oise) puis fait mouvement vers le sud pour instruction à Rethondes avant de prendre un service de tranchées en alternance avec le GAMAC, à Puisaleine. 1917 Poursuite du service de tranchées à Puisaleine, en alternance avec le GAMAC. D'avril à fin juin nombreux mouvements de cantonnements en cantonnements dans l'Oise autour de Crépy-en-Valois suivis de deux semaines de cantonnement début juillet à Pontoise-les-Noyon. Le , prise du service de tranchées dans le secteur de Coucy-le-Château jusqu'à la fin de l'année, toujours en alternance avec le 1er GAMAC. 1918 En mars, le groupe quitte la rive gauche de l'Oise pour gagner la région de Roye où il est engagé dans la Deuxième bataille de Picardie pour contenir l'offensive allemande. Il est engagé dans de violents combats défensifs à Crapeaumesnil, Roye-sur-Matz et Rollot, où trois hommes sont blessés. Mai-juin, le groupe est engagé plusieurs fois dans la Marne, en particulier à Ronchères où le groupe compte trois blessés et perd deux voitures. L'engagement à Cumières, sur la rive droite de la Marne les 15 et , fait deux morts et six blessés. En août le groupe reste au repos à l'arrière du front dans la Marne. De septembre au , nombreux mouvements et stationnements dans la Marne et la Haute-Marne, interrompus par une participation à l'offensive de l'Aisne entre le 12 et le , au cours de laquelle le groupe perd six hommes, blessés à La Malmaison.
Après l'armistice en France 1918 De La Chaussée-sur-Marne où le trouve l'armistice, le GAMAC se dirige lentement vers la Lorraine, gagne la banlieue de Nancy puis celle de Metz. Puis il fait demi-tour pour arriver à Versailles . Le , le lieutenant Fortoul emmène un détachement à Lyon pour prendre livraison des nouvelles autos-mitrailleuses White TBC et les ramener au Centre d'instruction des autos-mitrailleuses avant leur stationnement définitif au Camp des Loges à Saint-Germain-en-Laye 1919 Le groupe quitte sa garnison le pour Strasbourg où il passe trois semaines avant de gagner Metz où il stationne jusqu'au . De retour à Strasbourg, le groupe délègue une voiture pour représenter les groupes d'autos-mitrailleuses au défilé du et quitte la capitale de l'Alsace par train le 30 en direction de Versailles. Le 7e GAMAC est dissous le .
Commandants du groupe Période Marine. Lieutenant de vaisseau Richard Bunge ( - ) qui commande également la section. L'enseigne de vaisseau de classe Amédée Reille, chef de la section depuis la création du groupe, passe avec l'ensemble de sa section au groupe en . Il avait lui-même été appelé à remplacer l'enseigne de vaisseau de classe Gustave Salières, chef de la section évacué pour maladie grave. Cependant, l'EV Reille, ancien député, avait accepté cette mutation sous réserve de faire permuter avec lui toute sa section tandis que la section Salières passerait au groupe et y recevrait un nouveau chef. Le commandement des groupes d'autos-canons de la Marine ayant accepté cette exigence, le groupe se trouve de facto recomposé jusqu'à la fin de la campagne avec la section sous le commandement de l'enseigne de vaisseau de classe Pierre Châtel à partir du . Période Cavalerie Capitaine Patrice O'Gorman ( - ). Capitaine Félix de Valence de Minardière ( - ). Lieutenant Émile Jallot, par intérim ( - ). Capitaine Maurice de Brémond d'Ars ( - ). Capitaine Bernard de Saint-Vincent ( - après ).
Pertes du groupe en opérations Le GAMAC est l'un des deux groupes ayant rempli le tableau réglementaire des pertes modèle C dans son journal des marches et opérationsJournal des marches et opérations du GAMAC, cahier 3, - (SHD, GR 26 N 1246/9).. Toutefois le tableau reproduit ci-dessous ne couvre que la période cavalerie du groupe. Les lacunes dans les sources de l’histoire du 7e groupe d’autos-canons de la Marine ne permettent pas de dresser un état précis des pertes, blessés, tués, morts après blessures ou maladies, d’ à fin . Un seul cas de mort par noyade accidentelle en est documenté. Batailles, combats et rencontres de toute nature Dates Soldats et sous-officiers Officiers Voitures détruites Nature des actions Tué Blessé Mort après blessure Blessé Mort après blessure Cléry-sur-Somme 3/9/1916 2 4 1 1 tranchées Quennevières 29/12/1916 1 tranchées Coucy le Château 24/7/1917 1 1 tranchées Rollot (Somme) 28/3/1918 3 AMAC Ronchères (Aisne) 28/5/1918 3 1 2 AMAC Champagne 15/7/1918 2 1 AMAC Reuil-sur-Marne 16/7/1918 1 4 AMAC Offensive de l’Aisne 18/10/1918 6 AMAC TOTAL 5 22 3 1 1 2
Les pertes connues du groupe sont concentrées dans des engagements qualifiés d'Action AMAC, pour signifier une opération dans laquelle il a été fait principalement appel aux spécificités de ces unités mobiles composées de voitures blindées, bien armées en mitrailleuses et canons, servies par du personnel expérimenté et solidaire. Il est probable que d'autres pertes n'ont pu être repérées, sachant que dans plusieurs cas il n'a même pas été possible de retrouver l'identité des hommes blessés.
Distinctions et décorations Le Groupe mixte d’autos-mitrailleuses et d’autos-canons reçoit deux citations à l’ordre de l’armée :
Citation à l'ordre de la armée du :
Décision du général, commandant en chef les armées de l'Est, du :
Ces deux citations lui valent de se voir attribuer le la fourragère aux couleurs de la Croix de guerre, épinglée sur son fanion par le général de Maud'huy, commandant supérieur du Territoire de Lorraine, en présence du général de Rascas, commandant la 1ère division de cavalerie, lors d’une prise d'armes à Metz le Journal officiel, , p. 6671.
Personnalités ayant servi au sein du groupe François Barazer de Lannurien (1886-1971), lieutenant, membre d'une famille aristocratique bretonne ayant compté nombre d'officiers. Maurice de Brémond d'Ars (1881-1955), capitaine, membre d'une famille aristocratique comptant plusieurs officiers généraux, plusieurs hommes de lettres et personnalités politiques. Léon Jacques Cardeilhac (1885-1962), maréchal-des-logis, petit-fils du fondateur et lui-même dirigeant de la maison éponyme, orfèvrerie, argenterie, place Vendôme à Paris, absorbée par la maison Christofle en 1951. Robert de Lesseps (1882- 1916), lieutenant, mort pour la France, troisième fils du mariage en secondes noces de Ferdinand de Lesseps (1805-1894), membre d’une fratrie de 17 enfants. Albert Omer-Decugis (1871-1937), maréchal-des-logis, aéronaute, membre de l'Aéro-club de France, participe à de nombreux rallyes en ballon dans les années 1905-1914, participe au comité directeur de l’Aéro-club de France qui admet le comme nouveau membre Jean Pouyer, enseigne de vaisseau, futur commandant de la section d’autos-canons. Amédée Reille (1873-1944), École navale, enseigne de vaisseau de classe, député du Tarn (1899-1914), descendant direct du maréchal Masséna et du maréchal Soult, passe au groupe d'autos-canons avec toute sa section en . Félix de Valence de Minardière (1874-1952), capitaine, membre d'une famille subsistante de la noblesse française.