La guerre des Douze Jours, ou guerre Iran–Israël de 2025, est un conflit armé qui se déroule du 13 au , qui oppose Israël, puis les États-Unis à l'Iran. C'est la troisième crise du conflit opposant l'Iran à Israël, s'inscrivant plus largement dans la crise au Moyen-Orient. Ce conflit se transforme en guerre ouverte lorsqu'Israël déclenche une attaque surprise contre l'Iran, l' (« Lion qui se lève», « Lion dressé » ou « Réveil du lion » - en ).
L'Iran réplique dans les heures qui suivent en déclenchant l' () et attaque le territoire israélien par des frappes de drones et de missiles. Les États-Unis bombardent plusieurs sites nucléaires iraniens dans la nuit du 21 au .
Les frappes israéliennes visent des sites clés du programme nucléaire iranien et leurs scientifiques ainsi que le corps des gardiens de la révolution islamique, les défenses aériennes iraniennes, les infrastructures énergétiques du pays et des zones résidentielles faisant plusieurs bléssés et morts civils.
L'attaque israélienne initiale tue plusieurs officiers iraniens, des dirigeants du Corps des gardiens de la révolution islamique, des scientifiques nucléaires de haut niveau et plus de iraniens, selon le ministère de la Santé iranien. La première vague de représailles iraniennes, constituée par le tir de selon l'armée israélienne, est suivie de tirs de missiles ultérieurs et d'une centaine de drones, tuant au total , toutes des civils selon le gouvernement israélien.
Dans la nuit du au , l'US Air Force et l'US Navy lancent une attaque coordonnée contre plusieurs sites nucléaires iraniens, dans une opération baptisée Marteau de minuit (en anglais ). Les frappes américaines visent notamment l'usine d'enrichissement d'uranium de Fordo, le site nucléaire de Natanz, ainsi qu’une installation située à Ispahan. Des bombardiers furtifs B-2 Spirit larguent des bombes pénétrantes GBU-57A/B de , tandis que des sous-marins américains tirent des missiles de croisière Tomahawk. Ces cibles font partie des installations nucléaires les plus sensibles et stratégiques de l’Iran.
Le déclenchement du conflit coupe court aux négociations commencées le précédent entre l'Iran et les États-Unis sur le nucléaire iranien et l'assouplissement des sanctions économiques à l'égard de l'Iran.
Au , le lendemain du cessez-le-feu, l'ONG , basée à Washington, estime que les bombardements israéliens et américains sur l'Iran ont fait au moins et fait (dont et civils, et militaires, le reste non spécifié).
Contexte
Hostilité entre l'Iran et Israël Les relations entre Israël et l'Iran étaient plutôt cordiales jusqu'à la révolution islamique de 1979. L'un des principaux traits distinctifs de la République islamique établie cette année-là par l'ayatollah Khomeini était son rejet de « l'impérialisme » des États-Unis et de son allié Israël. Le nouveau régime des ayatollahs a rompu ses relations avec Israël, a cessé de reconnaître la validité des passeports de ses citoyens et a saisi l'ambassade israélienne à Téhéran, la remettant à l'Organisation de libération de la Palestine (OLP). L'animosité envers Israël était la pierre angulaire du nouveau régime iranien.
En Israël, l'hostilité envers l'Iran n'a commencé que plus tard, dans les années 1990, car l'Iran était auparavant perçu comme une menace régionale moins grande que l'Irak de Saddam Hussein. Téhéran a tissé un réseau baptisé « axe de résistance », s'étendant au Liban, à Gaza, en Irak, au Yémen et en Syrie.
En 2005, le président iranien Mahmoud Ahmadinejad tient un discours anti-israélien très radical. Il doute de la Shoah, qualifie Israël de « tumeur » et demande que les Israéliens soient réinstallés en Allemagne et en Autriche.
L'« axe de résistance » iranien subit de graves revers entre 2024 et 2025, avec la chute du gouvernement de Bachar el-Assad en Syrie et l'affaiblissement du Hamas et du Hezbollah dans les guerres de Gaza et du Liban. Le Hezbollah libanais, classé comme organisation terroriste par les États-Unis et l'Union européenne, est la plus importante et la plus riche de ces organisations.
Attaques antérieures contre l'Irak et l'Iran Le site nucléaire d'Osirak en Irak, développé en coopération avec la France, a été plusieurs fois bombardé, d'abord en 1980 par l'Iran. (il s'agit alors de la première attaque militaire visant un site nucléaire.), puis en 1981 par Israël lors de l'. En 2007, lors de l', Israël bombarde une installation nucléaire en Syrie créée en coopération avec la Corée du Nord..
L'usine d'enrichissement d'uranium de Natanz en Iran est l'objet de plusieurs attaques informatiques israéliennes, notamment en 2010 avec le virus Stuxnet ou en 2021.
En 1996, durant le premier mandat de Benyamin Netanyahou à la tête du gouvernement israélien, Israël envisage de détruire les installations nucléaires iraniennes par des frappes aériennes, mais le projet n'aboutit pas. Jusqu’en 2012, Netanyahou et son ministre de la Défense, Ehud Barak, menacent à diverses reprises de procéder à ces bombardements.
La première présidence de Donald Trump (2017-2021) permet à Israël de multiplier les attaques contre l'Iran avec le soutien de Washington. De nombreux scientifiques nucléaires iraniens sont assassinés. À la fin du mandat du président américain, Benyamin Netanyahou tente de le convaincre de bombarder l'Iran à grande échelle.
Depuis les années 1990, le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou désigne régulièrement l'Iran comme une pour Israël, qui rendrait nécessaire une guerre préventive..
Programme nucléaire iranien et négociations américano-iraniennes
En 2015, malgré les protestations israéliennes, les membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies ainsi que plusieurs autres pays signent avec l'Iran un accord sur son programme nucléaire. Celui-ci prévoit de limiter le programme nucléaire iranien pendant au moins une décennie, le renforcement des contrôles afin de s'assurer qu'il ne soit pas destiné à produire des armes nucléaires et la levée progressive des sanctions contre l'Iran. Les stocks iraniens d'uranium faiblement enrichi passent en 2015 d'environ huit tonnes à 300 kilos.. En 2018, le nouveau président américain Donald Trump se retire de l'accord et rétablit un ensemble de sanctions contre l'Iran. Onze rapports de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) attestent alors du respect par l'Iran de ses engagements.. Après avoir attendu un an après le retrait des États-Unis de l'accord, et fortement affecté par les sanctions économiques, l'Iran reprend l'enrichissement d'uranium au-delà des limites fixées par l'accord de 2015, de 300 kilos d'uranium faiblement enrichi.. En , l'Iran suspend sa participation de son accord de coopération avec l'AIEA. Il possède alors environ trois tonnes d'uranium faiblement enrichi.
L'Iran a ensuite augmenté de manière significative ses stocks d'uranium et ses capacités de production nucléaires, pour atteindre en 2025, 400 kilos d'uranium enrichi à 60 %, . et d'uranium faiblement enrichi.. L’Iran nie cependant avoir développé des armes nucléaires et affirme que son programme d’enrichissement de l’uranium ne sert qu’à des fins pacifiques.. En , la directrice nationale du renseignement américain indique que les agences d’espionnage américaines ne croyaient pas que l’Iran avait redémarré son programme d’armement nucléaire, que l’AIEA avait jugé terminé en 2003.
De son côté, Israël est considéré comme une puissance nucléaire non déclarée, non signataire du traité de non-prolifération et qui, à ce titre, n'accueille jamais d'inspecteur de l'AIEA sur son sol.
L'attaque intervient après la condamnation par l'AIEA de l'Iran pour « non-respect » de ses obligations en matière nucléaire. et avant l'ouverture prévue d'un nouveau cycle de négociations sur le nucléaire iranien entre les États-Unis et l'Iran.. Elle intervient également au lendemain de l'expiration d'un ultimatum de 60 jours fixé par Donald Trump, qui a été informé la veille de l'attaque israélienne, qu'il présente comme un levier dans ses négociations..
Escalade des tensions depuis 2023
Les tensions et affrontements entre Israël et l'Iran sont croissants depuis le début de la guerre de Gaza en ..
Le , l'un des principaux commandants du corps des gardiens de la révolution islamique, Razi Moussavi, est tué en Syrie dans une attaque aérienne israélienne. Le , cinq membres des Gardiens de la révolution, dont deux hauts responsables, sont tués à Damas dans une frappe aérienne israélienne.
Le , lors d'un bombardement du consulat iranien de Damas en Syrie qui abritait une réunion de militaires iraniens de haut rang, seize personnes, dont huit membres des gardiens de la révolution islamique, sont tuées, dont le chef de la force Al-Qods sur place, le général Mohammad Reza Zahedi et son adjoint.. L'Iran, soutenu par les Houthis du Yémen., répond à ce raid par une attaque le ., constituée de frappes d'environ et drones sur Israël, ce qui constitue la première opération militaire iranienne visant directement Israël depuis la fondation de la République islamique en 1979. Israël répond avec une attaque sur l'Iran contre le système de défense antimissile du pays..
Le , le chef politique du Hamas palestinien, Ismaël Haniyeh, est assassiné dans une résidence dans le nord de Téhéran, après avoir assisté à la cérémonie d'investiture du nouveau président iranien, Massoud Pezechkian. Israël revendique la responsabilité de l'attaque quelques mois plus tard.
Le , le dirigeant du Hezbollah libanais, Hassan Nasrallah, est à son tour assassiné lors d'un bombardement aérien israélien dans la banlieue de Beyrouth. Un général iranien meurt également à ses côtés.
Le , l'Iran lance des frappes sur Israël en réponse aux assassinats ciblés d'Hassan Nasrallah et d'Ismaël Haniyeh ainsi qu'à l'invasion du Liban par Israël. Puis, dans la nuit du au , l'armée israélienne mène une série de frappes contre des installations militaires iraniennes..
L'attaque de commence à être planifiée en octobre ou , à la suite des bombardements successifs d'Israël sur l'Iran et de l'Iran sur Israël.
Selon les observateurs, l'ampleur de l' est bien supérieure à celle des précédentes interventions..
Déroulement 13 juin vignette|Bâtiments détruits à Téhéran, le .
Début des bombardements israéliens Tôt dans la nuit du , le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou annonce à ses compatriotes l', qui vise, selon ses termes, à éliminer la menace nucléaire iranienne et aussi à faire tomber le régime de l'ayatollah Khamenei. De nombreuses installations nucléaires iraniennes sont alors touchées par les missiles israéliens, notamment les usines d'enrichissement de Natanz et de Fordo, le centre de recherche d'Ispahan et le réacteur nucléaire d'Arak. De nombreuses autres infrastructures gouvernementales ou militaires sont touchées, dont 28 infrastructures militaires, notamment des installations militaires à Téhéran, le bâtiment résidentiel du corps des gardiens de la révolution islamique, et quatre installations liées aux énergies fossiles. Lors de cette attaque, les Israéliens parviennent à tuer plusieurs personnalités iraniennes de premier plan et à détruire des installations liées au programme nucléaire de l'Iran.
Selon l’état-major des forces israéliennes, des dizaines de radars et de lanceurs de missiles sol-air de la Force de défense aérienne iranienne ont aussi été détruits dans l’ouest du pays.