La bataille de Megiddo , que les Turcs connaissent aussi sous les noms de bataille de Naplouse , percée de Naplouse et déroute de Naplouse , constituent une série d'affrontements s'étant déroulés du dans les plaines de Sharon et d'Esdraelon et ayant abouti à l'effondrement de l'armée ottomane au Levant.
La bataille de Megiddo est la dernière offensive alliée de la campagne du Sinaï et de la Palestine lors de la Première Guerre mondiale. Le général britannique Edmund Allenby est à la tête de la Force expéditionnaire égyptienne composée de trois corps d'armée dont l'un formé de troupes montées. L'Empire ottoman dispose dans la région de trois armées, chacune équivalant à un corps d'armée de troupes alliées.
La série de combats a eu lieu dans le centre et le nord de la Palestine et dans certaines parties actuelles de Syrie et de Jordanie. Les forces des tribus arabes révoltées, organisées par Lawrence d'Arabie, attaquent les lignes de communication ottomanes, obligeant les Ottomans à disperser leurs troupes. Les divisions d'infanterie britanniques et indiennes attaquent les lignes de défense ottomanes le long de la côte et percent les lignes lors de la . Le Desert Mounted Corps franchit la brèche et tente d'encercler les et armées ottomanes qui se battent dans les monts de Judée. Dans le même temps se déroule l' dans les monts de Judée et sur le Jourdain. La armée ottomane est attaquée dans les collines de Moab à Salt et à Amman.
Plusieurs dizaines de milliers de prisonniers sont capturés à la suite de ces combats et les Britanniques font main basse sur le vilayet de Syrie dans les jours qui suivent. Au moment de la signature de l'armistice de Moudros, mettant fin aux hostilités entre les Alliés et les Ottomans, des opérations militaires sont en cours à Haritan, au nord d'Alep.
Situation L'ancienne forteresse de Megiddo se dresse sur Tell el Mutesellim (Tel Megiddo), sur le col Musmus près de El Lajjun. Elle contrôle les routes vers le nord et domine la plaine de l'Armageddon. Au cours des siècles, plusieurs armées de l'Egypte ancienne, l'armée française dirigée par Napoléon ont traversé la plaine (aussi connue comme la plaine de Megiddo) et ont combattu à Nazareth dans les collines de Galilée. En 1918, cette plaine nommée plaine Esdraelon, a une importance stratégique. Elle relie la vallée du Jourdain et la plaine de Sharon 64 km (40 miles) derrière la ligne de front ottoman. Cette forteresse permet de contrôler les principales positions des VII et armées ottomanes dans les monts de Judée.
Situation des Alliés Les puissances de l'Entente déclarent la guerre à l'Empire ottoman en . Au début de 1915 et en , les Ottomans, soutenus et conseillés par des officiers allemands, attaquent le canal de Suez, une zone stratégique pour la Grande-Bretagne qui permet de maintenir un lien fort entre la Grande-Bretagne et l'Inde, l'Australie et la Nouvelle-Zélande. Le général Murray, commandant de la Force expéditionnaire égyptienne, stoppe la progression des Ottomans à la bataille de Romani et les rejette sur Magdhaba et Rafa. Il occupe à nouveau le Sinaï assurant ainsi la sécurité du canal de Suez. Murray ordonne la construction d'une ligne de chemin de fer et de canalisation d'eau à travers le désert pour attaquer le sud de la Palestine. Les troupes britanniques combattent en lors de la 1 et de Gaza mais sont repoussés par les troupes ottomanes.
En 1916, la révolte arabe contre l'empire ottoman éclate dans le Hedjaz. Elle est dirigée par Hussein ben Ali, chérif de La Mecque. Les troupes ottomanes défendent Médine, terminus du chemin de fer du Hedjaz. L'émir Fayçal, le fils de Hussein bin Ali, prend la tête d'une partie de l'armée chérifienne, accompagné par l'officier de liaison britannique TE Lawrence et poursuit au nord de Médine les actions de guérilla. En , L'émir Fayçal et les tribus bédouines conquièrent Aqaba. La capture du port permet aux Alliés d'apporter un soutien logistique aux forces de Fayçal et prive les Ottomans d'une position sur le flanc droit de la Force expéditionnaire égyptienne.
Le général Allenby succède au général Murray comme commandant de la Force expéditionnaire égyptienne avec pour mission de renouveler les offensives sur ce front. Il reçoit des renforts et brise les défenses ottomanes lors de la de Gaza. Il repousse une tentative ottomane de contre-attaque à la bataille de Mughar Ridge. Malgré des contre-attaques ottomanes, la Force expéditionnaire égyptienne parvient à capturer Jérusalem au cours de la de .
Après une pause de plusieurs semaines causée par le mauvais temps, utilisée pour réparer les voies de communication, Allenby attaque vers l'est et parvient à la prise de Jéricho en . Cependant en mars, les Allemands lancent leur offensive de printemps sur le front de l'Ouest, avec l'intention de vaincre les armées alliées en France et en Belgique. Allenby doit renvoyer des troupes en renfort. Il organise le départ de deux divisions, de 24 bataillons et de 9 régiments de yeomanry à pied vers le front occidental. Il se sépare également des chars en sa possession.
Le général Allenby maintient la pression sur les armées ottomanes. Il organise des raids avec les divisions montées et de l'infanterie en Jordanie. La première attaque permet de couper quelque temps la voie ferrée du Hedjaz près d'Amman, puis les troupes britanniques se replient. Dans la seconde attaque, les troupes d'Allenby capturent Salt sur la route d'Amman, mais doivent se replier lorsque leurs lignes de communication sont menacées. Malgré ces échecs relatifs, Allenby parvient à mettre en place deux têtes de pont au-delà du Jourdain au nord de la mer Morte qui sont conservées.
Situation des Ottomans Le groupe d'armées Yıldırım (Yıldırım traduit approximativement par « coup de foudre ») forme les troupes principales de Palestine. Ce groupe, comprenant les et ottomanes et l'Asien-Korps allemand, est initialement formé pour reprendre Bagdad capturée par les Britanniques. Il est détourné vers la Palestine pour bloquer la progression britannique vers Jérusalem. Le commandant du groupe d'armées est le général allemand Erich von Falkenhayn. Il souhaite organiser une défense élastique plutôt que de tenir des positions à tout prix. Il est également prêt à se replier pour raccourcir ses lignes de communication et réduire le besoin de garnisons statiques. Il est impopulaire parmi les officiers ottomans qui lui reprochent de se reposer exclusivement sur des officiers allemands plutôt qu'utiliser des officiers ottomans et qui lui reproche également d'être responsable des défaites de Gaza et de Jérusalem. Le 8 mars 1918, Falkenhayn est remplacé par le général allemand Otto Liman von Sanders qui a commandé la défense ottomane pendant la campagne de Gallipoli. Von Sanders considère que poursuivre la retraite en Palestine va démoraliser les troupes, épuiser les animaux de trait et encourager la propagation de la révolte arabe plus au nord au cœur de l'Empire Ottoman. Un repli entraîne également l'isolement des troupes encore présentes dans le sud dans le Hedjaz. Il stoppe la retraite des troupes. elles organisent défensivement le terrain pour résister aux troupes britanniques. Les troupes ottomanes repoussent les tentatives de progression d'Allenby à travers la Jordanie.
Jusqu'à la fin du mois de , la situation stratégique de l'Empire ottoman semble être meilleure que celle des autres puissances centrales. Leurs forces militaires en Mésopotamie résistent aux troupes indiennes. Dans le Caucase, les troupes ottomanes ont reconquis l'Arménie occidentale et une partie de la Géorgie tandis que l'Armée islamique du Caucase, réunissant des éléments ottomans et musulmans caucasiens, est en train de s'emparer de l'Azerbaïdjan et d'atteindre la mer Caspienne. Liman von Sanders compte reproduire la défense réalisée sur la presqu’île de Gallipoli pour détruire l'invasion britannique en Palestine.
Cependant, certains commandants s'inquiètent d'une attaque sur le front de Palestine. Les troupes ne sont pas assez nombreuses pour réaliser une défense statique, ils souhaitent replier les troupes car une percée laisserait les troupes ottomanes sans avantages tactiques. Liman von Sanders persiste dans ses choix.
Réorganisation des troupes alliées Au cours de l'été 1918, les forces du général Allenby sont reconstituées. Les 4 et de cavalerie de l'armée britannique des Indes arrivent du front occidental. Un régiment britannique de yeomanry est intégré dans cinq de leurs six brigades. La (Lahore) division d'infanterie indienne et la (Meerut) division d'infanterie indienne sont transférées du front de Mésopotamie pour remplacer les deux divisions envoyées sur le front occidental. Les 10, 53, 60 et d'infanterie de la Force expéditionnaire égyptienne d'Allenby sont réformées sur le modèle de l'armée indienne britannique : trois bataillons sont formés de soldats Indiens et un bataillon est composé de soldats britanniques pour chaque brigade, sauf dans une brigade de la qui est composée d'un bataillon sud-africain et de trois bataillons indiens. La division d'infanterie britannique restante conserve sa composition britannique et dispose d'un détachement de la taille d'une brigade de troupes françaises d'Afrique du Nord et de troupes arméniennes.
La réorganisation de la Force expéditionnaire égyptienne se déroule lors d'une période relativement calme sur le front, seules quelques attaques locales sont réalisées dans les collines de Judée. Le 19 juillet 1918, les Ottomans et les Allemands déclenchent une brève attaque à Abu Tellul en Jordanie, ils sont repoussés par les régiments des Australian Light Horse avec de fortes pertes, notamment pour le bataillon de chasseur de réserve allemand qui est ensuite retiré de Palestine.
L'armée chérifienne Pendant la réorganisation des troupes du général Allenby, l'Armée chérifienne (une composante de la Révolte arabe) opère à l'est du Jourdain sous la direction l'émir Fayçal. Le quartier-général de Fayçal est à Aba el Lissan, à environ 24 km (15 miles) au sud-ouest de la position ottomane de Ma'an. Son armée reçoit le soutien des Britanniques par le port d'Aqaba. Ce soutien comprend des officiers de liaison, des détachements de véhicules blindés, des mitrailleurs indiens et une batterie d'artillerie de montagne algérienne française, chameaux provenant de trois bataillons mis à pied de l'Imperial Camel Corps, des armes, des munitions et surtout de l'argent (presque toujours en pièces). À la mi-1916, la subvention mensuelle est de £. Au moment de la bataille de Megiddo, cette subvention mensuelle est de £.
Les réguliers de l'armée chérifienne maintiennent le siège de la garnison ottomane à Ma'an après une attaque infructueuse sur Al-Samna plus tôt dans l'année. Ces soldats sont commandés par Jaafar Pacha, un ancien officier ottoman envoyé en Égypte pour mener une rébellion contre les Britanniques. Une fois capturé, cet officier rejoint la révolte arabe. La plupart des soldats formant cette armée sont d'anciens conscrits arabes dans l'armée ottomane qui ont déserté ou, comme Jaafar, ont changé de camp après leur capture.
Pendant ce temps, les troupes irrégulières arabes attaquent le chemin de fer du Hedjaz de Aba-el-Lissan à Aqaba. Ces troupes sont souvent accompagnées de TE Lawrence et d'autres officiers de liaison britanniques. Au cours des semaines qui ont suivi l'échec de la deuxième attaque d'Allenby sur le Jourdain, elles ont démoli 130 km (80 miles) de la ligne autour de Mudawara, à l'est d'Aqaba. Cette action bloque la ligne de chemin de fer pendant un mois et stoppe les opérations ottomanes autour de Médine.
« Je n'ai pas un seul instant dénigré le bon nom de Lawrence, ni nuit à son rôle dans la « révolte arabe » en Arabie pour harceler les Turcs, en faisant sauter des trains, etc, mais quand est venu le temps de la coopération avec les forces d'Allenby, les troupes arabes avec Lawrence n'ont pu avoir qu'un rôle de nuisance pour les Turcs. »