vignette|Page de titre du roman Effeuillons la marguerite (1875) Caliste Angélique Marie Fleuriot de Langle est une femme de lettres française, née en Bretagne, utilisant différents noms de plume dont Caliste (Calixte) de Langle, au prénom épicène, et Princesse Olga***. Elle naît le à PloumagoarActe naissance de Calliste Fleuriot de Langle, déclarée par son père, avec pour témoins, « son oncle Léonce Gillard de Kermenguy et Jean Jegou un laboureur qui ne sait pas signer.» , au manoir de Locmaria, dans les Côtes d’Armor et décède le , 19 ter rue Trottier à Hennebont, dans le MorbihanActe de décès de Caliste Fleuriot de Langle déclaré par « Joseph Marie Brisard entrepreneur et Charles le Roux, retraité de la Marine, point parents de la défunte.» . Son œuvre, modeste, composée de romans et feuilletons est conservée dans des bibliothèques publiques et ne doit pas être confondue avec celle de l’écrivaine Zénaïde Fleuriot.
Biographie Fille de Gustave Auguste Fleuriot de Langle, comte de Langle, rentier (1810-1888)Acte de décès de Gustave Auguste Fleuriot de Langle, « déclaré par Omer Wilfrid Pagart trente huit ans, Le Pargo.» et de Calixte Angélique Joséphine Renée Cillard de Kermainguy, sans profession (1805-1889)Acte de décès de Calixte Angélique Joséphine Renée Gillard de Kermenguy, « déclaré par Omer Wilfrid Pagart trente huit ans , Le Pargo.» , Caliste se marie en 1849 à Paimboeuf avec Omer Alfred Pagart. Le couple, qualifié de rentiers, a des enfants : Wilfrid Pagart né à Moustéru (1850-1918), rentier et écrivain jeunesse, Ludger Pagart né à Moustéru (1851-1926), qui s'essaye à la poésie à Paris, puis émigre en Louisiane, où il fonde une famille et William Alfred Pagart (1853-?), né à Pontivy (Napoléonville) rue impériale. Le mari de Caliste disparaît en 1856, sans donner de nouvelles. Après 1860, Caliste participe à la grande migration des Bretons vers Paris et réside 49 boulevard de Clichy, 119 rue de Rome, quartier des Batignolles Elle vit aussi, avec ses parents à Vannes, quartier du Pargo, 66 rue d’Etretat à Fécamp, puis, avec son fils Wilfrid, à Quimper 31 rue de DouarnenezEn 1906, Caliste « mère » et son fils Wilfrid Pagart « chef » résident 31 rue de Douarnenez à Quimper, le dernier des quatre appartements. et enfin à Hennebont. Elle dédicace son premier livre, Le Grillon: légendes bretonnes à son frère, Aldéric Pierre Marie Fleuriot de Langle, fonctionnaire en Indochine française (1840-1885)Acte de décès d’Aldéric Pierre Marie Fleuriot de Langle, transcrit à Mousteru le 16 mai 1885, commis principal à la résidence générale de Hué (Annam), décédé à 45 ans de dysenterie chronique le 9 mars 1885 à Hué en Indochine française. .
Carrière littéraire alt=Un homme en costume breton tient un bâton et se penche au dessus d'une mare. Une jeune fille est agenouillée à côté et regarde dans la même direction.|vignette|Illustration de la nouvelle "Le château de Kermöal" publié dans L'Echo des feuilletons Nouvelliste, romancière entre 1860 et 1899, elle publie quatre livres et une quinzaine de romans feuilletons au rez de chaussée de journaux parisiens et de province : Le Mousquetaire, Le Journal de Lavaur, Le Journal pour tous, L'Écho des feuilletons, Le Constitutionnel, Le Pays: journal des volontés de la France, Paris Journal/ Paris: ancienne gazette des étrangers, Paris-Théâtre, Le Bas-Breton: politique, agricole et littéraire, Journal des dames et des demoiselles, L’Echo de Lodève, La France: politique, scientifique et littéraire...
Caliste de Langle s’inscrit d’abord dans la Littérature bretonne, réécrit des contes populaires, tel Archanges et Capucins pour Le Grillon, et campe ses récits en Basse-Bretagne rurale, pays de son enfancePaul Delarue et Marie-Louise Ténèze, Le Conte populaire français. Catalogue raisonné des versions de France et des pays de langue française d'outre-mer, Nouvelle édition en un seul volume, Maisonneuve & Larose, 1997 p. 170. Elle utilise le procédé d’anthropomorphisme, en donnant vie à des bijoux précieux pour raconter des aventures dans Les Coeurs Vaillants. Elle met en scène des femmes, menant une vie modeste et libre, paysannes, héritières désargentées, sylphes ou lorettes et imagine des narrations aux rebondissements improbables, mêlant folklore, humour, amour et tragédie. En 1875, sous le pseudonyme de Princesse Olga***, elle relate la vie galante et les mœurs en Russie, à travers le journal des péripéties amoureuses et amicales d’une jeune femme très libre.
Parrainée par Paul Féval et Charles Monselet en 1870, elle est admise à la Société des gens de lettres et en 1883, effectue une autre demande comme sociétaire, introduite par Pierre Zaccone et Elie Frébault, mais se retire au bout d’un mois.
Œuvres
Livres
Le Grillon : légendes bretonnes. (1860). A. Durand (Paris), S.Dufour (St Pétersbourg). in-8 Les Cœurs Vaillants. (1869). E.Dentu (Paris) Histoire d’amour racontée par un sylphe.(1870). De Dufour (Paris) Effeuillons la marguerite. (1875). Librairie Sartorius (Paris). in-12 La vie galante en Russie (Effeuillons la marguerite). (1880) Jules Rouff et Cie. (Paris ). in-12 Les Mystères d’Erquy (La tresse blonde et le fuseau d’argent). (2011). Textes rassemblés par Deltier Elodie Astoure Ouest et Cie.
Feuilletons publiés de 1867 à 1899 et manuscrits non publiés
Archange et Capucins, Louise de Kéristant, Rose légère, Jeanne de Nelglas, La folle des bruyères, La vieille de la falaise de Porspoder, La tresse blonde et le fuseau d’argent, Le roi du Men-hir, Château de Kermöal, Capitaine et Margot , La femme de mon oncle, Pierre de Plesko, Blanche Rose de Norande, Tante Ursule, La sorcière de Bréhat, La fête de Pâques à St Pétersbourg, Jeté aux loups (récit de Russie) Le château de Haute Lande, Jacques de Kertudy, Raoul de Montlaur, Denise la blonde
Critiques et postérité En 1859, le bibliothécaire Ludovic Lalanne commente élogieusement son premier livre : « Les légendes racontées dans toute leur naïveté ont un charme particulier… et Mme C. de Langle trouvera dans le succès du Grillon un encouragement que nous ne serons pas le dernier à lui envoyer». En 1869, Alexandre Dumas, la lit «avec un plaisir profondément attendri» et préface ainsi Les Coeurs Vaillants de Mme de Langle, « heureux ceux qui, comme vous, madame, ont à leur disposition un paquet de plumes, dans le genre de celles dont vous vous êtes servie pour écrire votre volume », il lui livre enfin «admiration et dévouement». En revanche en 1860, le libraire suisse Joël Cherbuliez n’imagine pas que Caliste de Langle puisse être une femme : « Dans Archanges et Capucins M de Langle nous raconte un peu longuement les mauvais tours qu’une malheureuse péneresse joue à ses trois amoureux... » Il en est de même d’Art. Chazeaud, en 1875, à propos d’Effeuillons la marguerite, « qui engage la princesse Olga à continuer sa confession » mais pour qui « Le sexe de la princesse Olga n'est rien moins que prouvé… le sexe mâle de ces mémoires s'accuse à chaque ligne...» René Kerviler note, en 1886, dans le Livre premier du Répertoire général de bio-bibliographie bretonne « Calixte Delangle, dont j’ignore la biographie a publié : 1 Le Grillon , légendes bretonnes, 2 Les Coeurs Vaillants 3 Histoire d’amour raconté par un sylphe. » Paul Sébillot résume dans sa Revue des Traditions Populaires en 1892 la légende de Berhette, extraite du Grillon de Mme de Langle et l’ethnologue Henri Gaidoz fait de même en 1898 dans Mélusine: revue de mythologie, littérature populaire, traditions et usages, dans un article sur La Stérilité volontaire. Tous deux affirment que Mme de Langle s’appuie sur la Littérature orale de Bretagne.
Au , l’oeuvre de Caliste de Langle est oubliée. Ses ouvrages sont consultables à la BnF (Arsenal, Richelieu, Tolbiac), à l’Institut de France à Paris, aux Champs Libres de Rennes et dans les bibliothèques municipales de Nantes, Châteaudun et Valenciennes. Sa carrière et sa vie peuvent être en partie reconstituées grâce aux Archives Nationales et Archives départementales (22, 56, 44, 29), mais elle n’a, a priori, pas laissé de mémoires et de portrait. Au XXIe siècle, le site Gallica de la BnF met à disposition une partie de sa création, tombée dans le Domaine public et, bien que sa biographie officielle ne soit pas abondée, ses écrits sont cités en marge d’études universitaires relatives aux éditions de journaux d’Alexandre Dumas et aux romans feuilletons français du XIXe siècle. Une de ses légendes, la Tresse blonde et le fuseau d’argent, est à nouveau éditée en 2011, dans un corpus de textes sur Erquy.
Notes et références
Liens externes
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