Michel Proot, né le à Tournai, est un tueur en série et pyromane belge. Ancien sapeur-pompier, il a commis trois meurtres, entre 1980 et 1994, le premier en Belgique et les deux autres en France.
Proot commet son premier meurtre, en , en tuant un rentier de 64 ans. Condamné à 20 ans de travaux forcés, il est libéré en 1988 et déménage en France, en 1990.
Souffrant de difficultés financières, il tue son épouse, en , avec le même mode opératoire, puis dissimule le corps dans son jardin. Il tue ensuite une amie sexagénaire, en , qu’il fait passer pour son épouse. Pour ces faits, Proot sera condamné à la réclusion criminelle à perpétuité.
Après une première tentative d’évasion à l’explosif, en , il tentera de nouveau de s’évader, en , sans y parvenir.
Biographie Michel Proot naît le , à Tournay, en Belgique, dans le Brabant.
En 1972, alors qu’il a 19 ans, son frère cadet, Daniel Proot, se suicide par arme à feu. La mère de Proot est très affectée par cet évènement et sombre dans l’anorexie, jusqu’à en mourir, en 1973. Également affecté par ces décès, Proot se met à changer de comportement et développe une haine à l’égard de familles heureuses.
En 1973, à 20 ans, Proot s’engage dans l’armée belge, en tant que para-commando. Il intègre ensuite le régiment des sapeurs-pompiers de Bruxelles. À cette période, il rencontre Françoise Brissaud-Desmaillets, 30 ans, avec qui il se marie, en 1975. Proot la décrira comme étant « la seule femme ayant compté dans sa vie ». Fonctionnaire à la CEE et érudite, Françoise déplaît à la famille Proot. Ces hostilités n’empêche cependant pas le couple de rester ensemble.
En 1979, Proot incendie plusieurs habitations. Il est finalement démasqué, après avoir allumé incendié la maison d’un gradé pour se venger de celui-ci. Échappant à des poursuites judiciaires, Proot est renvoyé de son poste et se retrouve au chômage. Il a alors 26 ans.
Premier meurtre en Belgique et détention Le , Proot tue Paul Bail, un rentier retraité de 64 ans, à Genval. Il l’étrangle en le garrottant, à l’aide d’un lacet, puis dissimule le corps dans la voiture de la victime. La famille de Bail s’inquiète rapidement de ne pas le voir rentrer et décide de prévenir la police. S’agissant d’une personne notable, une enquête est directement ouverte pour disparition. Les enquêteurs sont dépêchés sur les lieux et fouillent tous les recoins de la ville. Trois jours plus tard, la voiture de Bail est découverte, stationnée sur un parking voisin. À l’intérieur du coffre, est découvert le corps du rentier. L’autopsie réalisée conclut à une strangulation par garrot, une méthode utilisé par les sapeurs-pompiers et les forces de l’ordre. En se penchant sur l’entourage de Bail, les enquêteurs découvrent que Proot a exercé dans ce métier et que celui-ci semblait fasciné par ses revenus.
Proot est arrêté, le , et placé en garde à vue. Il réfute d’abord se culpabilité, avant de reconnaître être à l’origine de la mort du rentier. Convaincu de Bail possédait de l’argent sur lui, Proot raconte lui avoir tendu un piège pour lui voler. Il réfute cependant toute préméditation concernant le meurtre : selon lui, la situation aurait dégénéré, au point de terminer en meurtre. À l’issue de sa garde à vue, Proot, 27 ans, est inculpé d’assassinat et placé en détention provisoire.
Proot comparaît, en , devant la Cour d'assises du Brabant wallon. L’accusé reste sur ses positions, en évoquant toujours un vol ayant mal tourné. La Cour réfute cependant les explications de l’ancien pompier, qualifié de menteur et de . L’avocat général va même jusqu’à requérir la peine de mort à l’encontre de l’accusé. Proot bénéficie de circonstances atténuantes et est condamné à 20 ans de travaux forcés.
En 1984, alors que Proot purge sa peine, Françoise se lasse de son absence et décide de divorcer. Après avoir contracté une hystérectomie, en 1988, elle devient incapable de travailler et se voit contrainte de prendre une retraite anticipée. Étant éligible à une libération conditionnelle au moment de l’accident , Proot demande à être libéré pour pouvoir s’occuper de Françoise. Sa demande est accordée.
Libération et assassinats en France Proot est libéré en 1988, après 8 ans de détention, et retourne vivre avec Françoise. Il est âgé de 35 ans. En raison de son passé judiciaire, Proot peine à retrouver un emploi stable pour subvenir aux besoins du couple.
Au début de 1990, Proot et Françoise quittent la Belgique pour s’installer en France, à Saint-Thomas-de-Conac. Il trouve alors un emploi dans la restauration de tableaux. Ses voisins le décrivent comme , du fait de sa volonté d’aider les autres. Sa nationalité belge lui vaut d’être surnommé . Après un rétablissement de santé, Françoise quitte de nouveau Proot pour s’établir à Toulon. De son côté, Proot ne gagne pas suffisamment d’argent pour subvenir à ses besoins. Il se sert alors de la retraite de Françoise pour se payer certaines dépenses. N’acceptant pas ses dépenses futiles [pour la plupart], celle-ci décide de le bloquer l’accès à ses comptes bancaires, à l’automne 1993.
Dans la soirée du , Proot se rend au domicile de Françoise pour la raisonner. Il lui demande de lui prêter de l’argent pour faire face à ses difficultés financière, mais celle-ci refuse. De la même manière qu’il avait procédé treize ans plus tôt, Proot tue Françoise par strangulation en garrot, à l’aide du même type de corde. Il remet en ordre le domicile de sa victime puis charge le corps dans sa voiture, avant de rentrer à son domicile de Saint-Thomas-de-Conac. Ayant déjà creusé une tranchée, il place le corps de Françoise dedans, avant de l’enterrer. Après avoir commis son crime, Proot fait croire à un départ volontaire de son ancienne épouse. Pour éviter que les proches s’inquiètent, il envoie plusieurs lettres, dans lesquelles il se fait passer pour Françoise, et fait croire à un départ en Afrique. La thèse du départ volontaire finit cependant par s’effriter, au fil des mois : sa famille s’inquiète de ne pas la voir et ses médeins souhaiteraient prendre rendez-vous. Proot se retrouve alors dans une situation critique.
Dans l’après-midi du , Proot téléphone à Blanche Vicherat, une amie retraitée de 67 ans, pour lui demander s’il peut passer chez-elle. La retraitée lui répond avoir besoin d’accrocher un masque à son mur et lui demande s’il veut bien s’en occuper. Proot accepte la demande de Blanche et se rend chez la retraitée. Profitant d’un moment d’inattention de la veille dame, Proot lui injecte des barbituriques de type phénobarbital dans son verre. Après avoir bu, Blanche tombe de fatigue et s’endort profondément. Proot charge alors la retraitée dans sa voiture puis la ramène jusqu’à son domicile. Après la tombée de la nuit, il prend la voiture de Françoise et charge Blanche à la place passager avant. Il roule jusqu’à un bois, laisse sa victime dans la voiture puis incendie celle-ci à l’aide d’essence. Toujours vivante et endormie, Blanche décède brûlée vive. À la suite de son crime, Proot retourne chez lui puis part en direction de Bordeaux avec sa voiture puis part faire plusieurs achats pour se fournir un alibi.
Arrestation, enquête et tentative d’évasion Le , à 5 heures du matin, un automobiliste découvre la voiture incendiée et prévient les pompiers. Dans les débris d’incendie, est découvert un corps calciné à la place passager avant. En plus de cela, il est découvert que l’incendie a été provoqué par de l’essence, alors que la voiture fonctionne au diesel. La police est prévenue de cette découverte et ouvre une enquête pour meurtre, incendie volontaire et destruction du bien d’autrui.
Le matin-même, Proot téléphone à la police pour signaler le vol de la voiture de Françoise, en indiquant qu’il s’agit de la sienne. On lui demande alors de se présenter directement au commissariat de Saintes pour pouvoir déposer plainte. Un lien est cependant fait avec la découverte du corps, lorsque le fichier des cartes grises révèle que la voiture appartient bien à Françoise.
Au commissariat, Proot est interrogé sur le vol présumé de sa voiture. Les gendarmes lui disent cependant que la voiture appartient à Françoise. Proot répond alors que celle-ci lui a donné sa voiture, du fait de sa santé. Lorsque les policiers lui apprennent qu’un corps a été découvert dans la matinée, Proot s’effondre en larmes. Il lâche cependant que l’incendie a pu se provoquer par le dysfonctionnement de son allume-cigare et que le feu se serait déclenché à cause de la présence bidons d’essence non-bouchés à l’arrière de la voiture. Le comportement de Proot, jugé plus que suspect, lui vaut d’être placé en garde à vue. Interrogé sur son emploi du temps de la veille, Proot dit être parti de chez-lui vers 21h, avant d’arriver à la Gare de Bordeaux, vers 22h, pour ramener Françoise chez-elle. Il affirme avoir attendu à la gare jusqu’à 3 heures du matin, sans avoir pu trouver son ancienne épouse. Pour justifier son alibi, Proot brandit tous les tickets des ses achats. Cet argument laisse perplexes les policiers, qui suspectent une conservation délibérée de ces tickets : le fait qu’il ait conservé les tickets laisse penser qu’il a des choses à se reprocher. L’alibi n’est pas convaincant, d’autant que les gendarmes découvrent des failles dans l’emploi du temps de Proot : celui-ci a pu, sans difficultés, faire deux fois l’aller-retour de Bordeaux à Saint-Thomas-de-Conac. La préméditation du meurtre ne fait alors aucun doute.
Dans la soirée du , Proot, 40 ans, est mis en examen pour assassinat, incendie volontaire et destruction du bien d’autrui, en état de récidive. Il est placé en détention provisoire au Centre pénitentiaire de Bordeaux-Gradignan.
Le lendemain, les résultats de l’autopsie tombent : la victime est morte dans l’incendie, après avoi été droguée par des barbituriques de type phénobarbital. Lorsqu’il s’aperçoit que la victime possède un utérus et des ovaires, le médecin légiste conclue qu’il ne peut s’agir de Françoise Brissaud-Desmaillets. Ayant subi une hystérectomie, Françoise ne possède plus d’utérus, ni d’ovaire. Pour mettre un nom sur le corps, les enquêteurs sollicitent la presse, qui se délecte de ce fait divers. Deux jours plus tard, un homme téléphone à la police pour signaler que la victime pourrait être sa mère, Blanche Vicherat, disparue depuis le , et que celle-ci est une connaissance de Proot. Les enquêteurs décident alors de comparer le dossier dentaire de la victime et confirment que le corps appartient à Blanche Vicherat. Lorsqu’il est interrogé, Proot dit avoir été appelé par la vieille dame, le jour des faits, pour faire des travaux à son domicile, mais dit être reparti chez lui après la prestation. Cette version est mise à mal cette, lorsque la téléphonie est analysée : c’est, en réalité, Proot qui a appelé Blanche.
En ce qui concerne Françoise, les policiers interrogent les voisins de la disparue et l’entourage de Proot. Ils sont surpris d’apprendre que nul n’a vu Françoise depuis . Une perquisition est menée à son domicile de Toulon, mais celui-ci semble inoccupé depuis plusieurs mois. En plus de cela, les enquêteurs découvrent le sac à main et les lunettes de la disparue. La famille de Françoise est interrogée et affirme avoir reçu des lettres parmi lesquelles la disparue serait partie en Afrique. Après vérification, les enquêteurs découvrent que les lettres ont été postées depuis Toulon, excluant tout départ volontaire à l’étranger. Ils soupçonnent un autre crime de la part de Proot, qui a voulu les piéger avec une mise en scène d’accident.