Les élections législatives nigériennes de 1995 ont lieu le afin d'élire les membres de l'Assemblée nationale du Niger.

Organisées de manière anticipée, il s'agit des dernières élections de la Troisième République proclamée en 1993, convoquées à la suite d'une scission au sein de la coalition de l'Alliance des forces de changement (AFC) au pouvoir.

Les résultats aboutissent à un gouvernement divisé entre le parti de la Convention démocratique et sociale (CDS) du président de la République Mahamane Ousmane et une coalition d'opposition disposant de la majorité à l'Assemblée nationale ainsi que du poste de Premier ministre avec Hama Amadou. La cohabitation qui s'ensuit est l'un des facteurs qui contribuent au coup d'État qui renverse le régime le .

Contexte Les élections législatives de 1995 sobt provoquées par la chute du gouvernement de l'Alliance des forces du changement (AFC), après que le Parti nigérien pour la démocratie et le socialisme (PNDS) du Premier ministre Mahamadou Issoufou quitte la coalition au pouvoir pour rejoindre l'opposition. Le président Mahamane Ousmane nomme Souley Abdoulaye au poste de Premier ministre, mais ce dernier démissionne le après avoir échoué à former une nouvelle coalition gouvernementale capable de résister à un vote de confiance à l'Assemblée. Ousmane décide alors de convoquer des élections anticipées..

La campagne électorale se tient dans un climat marqué par une profonde crise économique et sociale. Cette situation se détériore davantage avec la dévaluation du franc CFA, tandis que l'ensemble des principaux partis rejettent les conditions imposées par les institutions financières internationales comme le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale.

Système électoral Le Niger est doté d'un parlement monocaméral, l'Assemblée nationale composée de pourvus pour cinq ans, dont 75 au scrutin proportionnel plurinominal dans huit circonscriptions de 4 à correspondant aux sept régions du Niger plus la capitale Niamey. Après décompte des voix, les sièges sont répartis sur la base du quotient de Hare et de la règle du plus fort reste. À ce total s'ajoutent réservés aux minorités nationales pourvus au scrutin uninominal majoritaire à un tour au sein de circonscriptions basées sur les régions..

Résultats + Résultats des élections législatives nigériennes de 1995. Parti Voix % +/- Sièges +/- Mouvement national pour la société de développement (MNSD) 32,30 29 Convention démocratique et sociale (CDS) 29,65 24 Parti nigérien pour la démocratie et le socialisme (PNDS) 14,08 12 Alliance nigérienne pour la démocratie et le progrès (ANDP) 12,88 9 Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) 3,16 2 Parti pour l'unité nationale et la démocratie (PUND) 2,39 3 Parti pour le socialisme et la démocratie au Niger (PSDN) 1,45 2 Parti progressiste nigérien (PNN-RDA) 1,27 1 Union des patriotes démocrates et progressistes (UPDP) 0,94 1 Autres partis 1,88 – 0 Votes valides 94,51 Votes blancs et nuls 5,49 Total 100 – 83 Abstentions 65,03 Inscrits / participation 34,97

Analyse et conséquences Les résultats donnent lieu à une cohabitation avec une Assemblée nationale divisé, l’opposition formant la nouvelle coalition au pouvoir et Hama Amadou du MNSD-Nassara, devenant Premier ministre. Cela met fin à l'alliance instable de l'AFC en place depuis la fin de la dictature en 1993, cette dernière visant principalement à écarter le MNSD, ancien parti du régime militaire du pouvoir. Le MNSD de centre droit et le PNDS de gauche forment une alliance improbable, unis principalement par leur opposition commune au président. L'incapacité du président et de ce nouveau gouvernement à collaborer conduit à une paralysie politique. Cette impasse est l'une des raisons invoquées pour justifier le coup d'État du 27 janvier 1996, qui porte au pouvoir le régime militaire d'Ibrahim Baré Maïnassara..

Notes et références

Voir aussi

Politique au Niger

Niger Catégorie:1995 au Niger 1995 Catégorie:Politique en janvier 1995