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Les frappes américaines sur les sites nucléaires iraniens sont une attaque coordonnée, lors d'une opération nommée Marteau de minuit (), contre plusieurs sites nucléaires iraniens durant la nuit du au , au cours de la guerre Israël-Iran. Les frappes visent notamment l'usine d'enrichissement d'uranium de Fordo, le site nucléaire de Natanz, ainsi que le centre de technologie et de recherche nucléaire d'Ispahan.. Ces cibles font partie des installations nucléaires les plus sensibles et stratégiques de l’Iran.
Contexte
Capacités nucléaires de l'Iran Donald Trump soutient constamment que l'Iran ne doit pas être autorisé à acquérir des armes nucléaires, et ce depuis au moins 2011.. L'Iran a signé le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP) en 1970, mais le statut de son programme nucléaire fait l'objet d'un long différent, et sa non-conformité au TNP vaut au pays des sanctions économiques prolongées. Cette situation est renégociée en 2015 dans le cadre de l'accord de Vienne sur le nucléaire iranien (ou Plan d'action global commun, PAGC), qui lève certaines sanctions.. Durant la première présidence de Trump, en 2018, les États-Unis se retirent du PAGC et rétablissent les sanctions contre l'Iran., ce qui est perçu de façon généralement négative au niveau international, en particulier dans l'Union européenne.. L'un des principaux sites nucléaires iraniens est l'usine d'enrichissement souterraine de Fordo, que l'on estime établie à 80 ou de profondeur. C'est en raison de cette caractéristique que les responsables militaires américains proposent de détruire Fordo à l'aide de bombes GBU-57A/B MOP ou « bunker busters », qui ne peuvent être transportées que par les bombardiers B-52 ou B-2. Les États-Unis sont la seule nation à posséder ces moyens de bombardement. Un sur la capacité réelle de ces bombes à détruire Fordo...
Le , le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou se rend à Washington D.C. et aurait informé Trump que l'Iran envisage de l'assassiner. Netanyahou expose en détail comment l'Iran augmente son stock d'uranium et fait progresser sa technologie de centrifugation, ce qui, selon lui, montre que le pays se rapproche du seuil nucléaire militaire.. Les agences de renseignement américaines ne sont pas convaincues que ce soit réellement le cas.. Toutefois, le , l'Agence internationale de l'énergie atomique signale que l'Iran augmente fortement son stock d'uranium enrichi à 60 % de pureté, juste en dessous de la qualité militaire. Ce stock représente plus de , soit une augmentation de près de 50 % depuis février. L'Agence prévient que cette quantité est suffisante pour fabriquer plusieurs armes nucléaires sous réserve de la poursuite de l'enrichissement..
Plusieurs conseillers de Trump, parmi lesquels Steve Bannon et la directrice du renseignement national Tulsi Gabbard, mettent en garde contre une guerre avec l'Iran et affirment que la communauté du renseignement ne considère pas que l'Iran soit en train de construire une arme nucléaire.. Mais Trump affirme que Gabbard a tort et déclare qu'il . Celle-ci change alors de position et annonce que l'Iran pourrait obtenir une arme nucléaire .. Trump déclare également, en réponse à ces commentaires, ..
Implication israélienne Israël, qui n'a pas signé le TNP. mais dont la communauté internationale n'ignore pas qu'il possède des armes nucléaires., considère constamment que l'acquisition de telles armes par des puissances régionales est une menace existentielle. Il entreprend à plusieurs reprises des actions secrètes ou non pour contrer cette éventualité, et est probablement impliqué dans l'assassinat de plusieurs scientifiques iraniens... Le conflit entre Israël et l'Iran s'intensifie depuis l'attaque du Hamas du , car celui-ci est soutenu militairement et financièrement par l'Iran.. Historiquement, les États-Unis soutiennent Israël au Moyen-Orient, financent notamment son armée et entretiennent avec lui d'étroites relations militaires.. Vox note que l'objectif d'Israël semble ne pas être simplement d'empêcher l'Iran d'obtenir l'arme nucléaire, mais surtout de détruire le régime islamique du pays, et que c'est à cela que Trump accorde désormais le soutien des États-Unis, dans un spectaculaire revirement, après la froideur qui prévalait dans les relations entre lui et Netanyahou quelques mois plus tôt..
Résolutions du Congrès Dans la semaine précédant les bombardements, le sénateur Tim Kaine (D-VA) présente une résolution au Sénat pour empêcher que Trump n'utilise l'armée américaine contre l'Iran sans une autorisation explicite du Congrès, par le biais d'une déclaration de guerre ou d'une autorisation d'emploi de la force militaire. Les représentants Thomas Massie (R-KY) et Ro Khanna (D-CA) introduisent une résolution parallèle à la Chambre des représentants. La résolution de la Chambre a plusieurs dizaines de soutiens démocrates..
Sondages d'opinion De nombreux politiciens et commentateurs de droite aux États-Unis, parmi lesquels Rand Paul et Tucker Carlson, critiquent le soutien de Trump aux frappes israéliennes contre l'Iran., et l'implication possible des États-Unis dans la guerre.. Selon un sondage de auprès des électeurs de Trump, 53 % de ceux-ci pensent que les États-Unis ne devraient pas s'impliquer dans le conflit Iran-Israël.. Un autre sondage de réalisé par The Washington Post révèle que 45 % des personnes interrogées s'opposent à ce que l'armée américaine lance des frappes aériennes contre l'Iran ; 30 % sont incertaines et 25 % soutiennent une réponse militaire..
Préparation Dans les semaines précédant le 22juin, les États-Unis évacuent leurs citoyens, émettent des avertissements aux voyageurs et retirent le personnel non essentiel de leurs ambassades.. Le , la presse annonce que les États-Unis déplacent des forces vers l'est, au-dessus de l'océan Atlantique, dont au moins 31 avions ravitailleurs vers l'Europe ; un nombre inhabituellement élevé.. Le également, des installations iraniennes interfèrent avec le système de positionnement des navires, ce qui perturbe la navigation marchande dans le détroit d'Ormuz..
Les 16 et , Trump fait plusieurs publications laissant entendre que quelque chose de « beaucoup plus grand » qu'un accord de paix est à venir.. Le 17juin, Trump appelle l'Iran à se rendre sans condition. Durant cette période, le secrétaire d'État américain Marco Rubio déclare aux alliés des États-Unis que Washington préférerait une solution diplomatique., et Trump envoie des responsables américains à Téhéran pour soutenir un accord nucléaire.. Le 19juin, Trump publie une déclaration par l'intermédiaire de la porte-parole de la Maison-Blanche Karoline Leavitt : . Selon diverses sources, le même jour, lors d'un échange téléphonique, des responsables israéliens dont Netanyahou, Israël Katz et Eyal Zamir, déclarent à l'administration Trump qu'ils ne peuvent pas attendre deux semaines ; ils pensent que la conjoncture favorable ne durera pas si longtemps. Les États-Unis sont la seule nation qui dispose de bombes bunker busters capables d'atteindre le site souterrain d'enrichissement de Fordo. Au cours de cet échange téléphonique J. D. Vance fait état de ses préoccupations quant à l'implication directe des États-Unis et au risque d'être entraîné dans une guerre ; Pete Hegseth est également présent lors de l'appel.. Selon le The Jerusalem Post, il faut alors encore une semaine à Netanyahou et Ron Dermer pour convaincre Trump de bombarder l'Iran, Trump et Netanyahou se parlant presque quotidiennement. Selon les sources, Trump et de hauts responsables américains sont impressionnés par les réalisations d'Israël. Trump ne prévoit que de bombarder Fordo, mais Netanyahou et Dermer le convainquent d'attaquer également les autres sites..
Dans les jours précédant l'attaque, l'Iran augmente ses exportations de pétrole, craignant une attaque américaine sur ses installations pétrolières.. L'Iran affirme que le matériel nucléaire est déjà évacué de Fordo et Natanz.
Le , les États-Unis déploient des bombardiers furtifs B-2 à Guam.. Les bases américaines au Moyen-Orient entrent en état d'alerte maximale et améliorent leur défense antiaérienne, alors que l'Iran menace de frapper tout pays aidant Israël. La plupart des avions militaires américains stationnés à la base militaire d'Al Oudeid au Qatar ne sont plus visibles le , ce qui suggère qu'ils ont été évacués en cas de représailles iraniennes.. Les Houthis déclarent également qu'ils sont prêts à combattre.. En réponse, les États-Unis annoncent une riposte dévastatrice si les intérêts américains sont menacés..
ABC News rapporte que les armées américaine et israélienne ont mené une répétition d'une attaque contre l'Iran lors d'un exercice d'entraînement à la mi-2024, sous l'administration Biden..
Selon Axios les principaux membres démocrates des commissions du renseignement du Sénat et de la Chambre n'ont pas été informés de l'attaque, contrairement à leurs homologues républicains..
Opérations vignette|Le président américain Donald Trump s’exprime, le 21 juin 2025, sur les frappes en Iran.vignette|Le secrétaire à la Défense Pete Hegseth et le président des chefs d’état-major interarmées Dan Caine donnent un point de presse au Pentagone, le 22 juin 2025. Sept bombardiers furtifs B-2 Spirit du 509th Bomb Wing larguent quatorze bombes pénétrantes GBU-57A/B de tandis qu'un sous-marin américain, probablement le , tire une trentaine de missiles de croisière Tomahawk... Ces cibles font partie des installations nucléaires les plus sensibles et stratégiques de l’Iran.
vignette | droite | Northrop B-2 Spirit, appareil principal de l’opération
Des avions de combat, appartenant probablement aux groupes aéronavals des et de l'US Navy. et de l'USAF basés à terre, ont précédé la formation de bombardiers pour éliminer les défenses antiaériennes de l'ennemi () et ont tiré des munitions guidées.
Le département de la Défense des États-Unis déclare que plus de 125 avions au total, dont sept bombardiers furtifs B-2, des avions de combat de et des avions ravitailleurs KC-135 et KC-46A, et un total d'environ 75 armes de précision guidées ont été employées pour ces opérations..
Selon le Croissant-Rouge iranien, ces bombardements n'ont pas fait de victimes..
Évaluation des dommages vignette|Photo d'une bombe anti-bunker GBU-57A/B Massive Ordnance Penetrator (MOP) en cours de transport sur la base aérienne de Whiteman publiée par l'US Air Force Le , un porte-parole du ministère iranien des affaires étrangères déclare que les installations nucléaires ont été considérablement endommagéeshttps://www.bfmtv.com/international/moyen-orient/iran/video-iran-le-ministere-des-affaires-etrangeres-reconnait-que-les-installations-nucleaires-ont-ete-considerablement-endommagees_VN-202506250519.html
Ces propos sont confirmés le lendemain par le ministre des affaires étrangères Abbas Araghchi, en apparente contradiction avec ceux tenus par le guide suprême iranien Ali Khamenei, qui a relativisé l’impact des frappeshttps://www.lefigaro.fr/international/l-iran-qualifie-d-importants-les-degats-sur-ses-sites-nucleaires-20250626. L'administration des États-Unis pourrait mettre encore plusieurs jours, voire plusieurs semaines, à évaluer l’ampleur réelle des dégâts. La collecte d’informations, souvent par voie aérienne, opacité du régime iranien oblige, laisse une marge d’erreur.
À Fordo Fordo a été frappé par douze GBU-57 visant les six trappes de ventilation de l'installation souterraine, les bombes américaines ont dû parvenir à faire d’importants dégâts étant donné la nature extrêmement sensible aux vibrations des centrifugeuses. L'AIEA ne sait pas dans quelle mesure les centrifugeuses ont été affectées. Les images satellite suggèrent que les entrées de plusieurs tunnels ont été condamnées.