L’Incident du Bayraktar Akıncı malien abattu par l’Algérie le concerne la destruction d'un drone Bayraktar Akıncı des Forces armées maliennes par les Forces de défense aérienne du territoire de l’armée algérienne près de la frontière entre l'Algérie et le Mali. Le Mali considère que ce drone a été abattu au-dessus de son territoire, ce qui constituerait une violation de son espace aérien. L’Algérie récuse ces accusations.

Il s'ensuit une crise diplomatique entre les deux pays. Le Mali et ses alliés du Niger et du Burkina Faso ont rappelé leurs ambassadeurs respectifs en Algérie, qui a aussi effectué le rappel de ses ambassadeurs au Mali et au Niger. De plus, Bamako et Alger ont fermé chacun leur espace aérien. En , le gouvernement malien dépose une requête contre l'Algérie auprès de la Cour internationale de Justice (CIJ).

Contexte Le , les Forces armées maliennes (FAMa) ont réceptionné deux drones de type Bayraktar Akıncı, des appareils de reconnaissance et de combat de longue endurance (HALE), conçus par le fabricant turc Baykar...

Un premier Akıncı malien aurait été perdu au début de l’année 2025 dans un accident d’entraînement, ne laissant qu’un seul exemplaire en service. Ces drones sont régulièrement utilisés par les FAMa dans des opérations contre des groupes armés. Toutefois, ils ont également été employés contre des cibles soupçonnées de liens avec le Front de libération de l'Azawad (FLA), actif dans le nord du Mali..

Les relations entre le Mali et l’Algérie se sont progressivement tendues au cours de l’année 2024, notamment à cause de la présence accrue de drones maliens opérant à proximité, voire au-delà, de la frontière algérienne. Plusieurs incidents aériens avaient déjà été rapportés, impliquant des drones Bayraktar TB2 ou des hélicoptères de combat Mi-35M maliens volant près de la frontière algérienne..

Incident

Dans la nuit du au , les forces de défense aérienne du territoire algérien ont intercepté un drone Akıncı malien équipé de bombes planantes après qu’il aurait violé l’espace aérien algérien à proximité de la ville transfrontalière de Tin Zaouatine. Malgré des sommations, le drone aurait poursuivi sa mission, incitant les chasseurs à l’abattre.

Une partie des débris de l’appareil est tombée côté malien, tandis que d’autres fragments ont été récupérés sur le territoire algérien, attestant de la proximité avec la frontière au moment de l’incident. Le lendemain, une photo du site du crash, prise par des combattants du FLA, a été diffusée, montrant l’épave de l’Akıncı sur le sol malien. Le drone était équipé de missiles air-sol MAM-L ainsi que des bombes planantes MAM-T..

L’information a d’abord été révélée par France 24, puis confirmée par Radio algérienne. Le gouvernement algérien a choisi de reconnaître publiquement l’opération. Du côté malien, la communication a été plus floue, certains responsables suggérant l’implication hypothétique du FLA et de missiles sol-air prétendument fournis par des puissances étrangères. Cette version n’a pas été étayée par des preuves tangibles et plus tard, le Mali a publié un communiqué condamnant l'abattage du drone...

Cet événement marque une escalade dans les tensions régionales et constitue également une perte matérielle significative pour le Mali, le coût unitaire d’un drone Akıncı étant estimé à d’euros..

Réactions Mali Le , les autorités maliennes ont réagi officiellement à l'incident par le biais du communiqué , diffusé à la télévision nationale ORTM. Ce communiqué, lu par le ministre de la Sécurité et de la Protection civile, le général Daoud Aly Mohameddine, contenait une condamnation ferme de l’interception et de la destruction du drone malien par l’armée algérienne.

Le gouvernement malien a dénoncé ce qu’il qualifie d’« acte d’agression » commis par l’Armée nationale populaire (ANP) d’Algérie. Le texte critique ouvertement le « régime algérien ». La déclaration a également été l'occasion pour les autorités maliennes, qui président alors l'Alliance des États du Sahel (AES), d'annoncer le rappel pour consultation des ambassadeurs des pays membres de cette alliance auprès d’Alger...

Le , le gouvernement malien annonce avoir déposé une requête contre l'Algérie auprès de la Cour internationale de Justice (CIJ)Affaire du drone militaire malien abattu par l’Algérie : Bamako saisit la Cour internationale de justice, site lematindalgerie.com, 5 septembre 2025..

Algérie Alger a rejeté les accusations maliennes, affirmant, que les données radars de son ministère de la défense établissaient, au contraire, que le drone incriminé avait bel et bien violé l'espace aérien algérien.

À la suite de la plainte déposée par Bamako devant la CIJ, le ministère algérien des Affaires étrangères (MAE) a dénoncé « un paradoxe saisissant » ainsi qu' de la Cour par la junte malienne. , a souligné le MAE. C'est pourquoi l’Algérie refuse de se soumettre à cette procédure devant la CIJ qui est donc close.

Alliance des États du Sahel

À la suite de cet incident, les membres de l'alliance des États du Sahel, à savoir le Mali, le Niger et le Burkina Faso, rappellent leurs ambassadeurs en poste à Alger, qui répond par une mesure similaire. Par ailleurs chaque pays a fermé son espace aérien à l'autre.

Notes et références

Articles connexes Relations entre l'Algérie et le Mali Frontière entre l'Algérie et le Mali Armée nationale populaire algérienne Forces armées maliennes

Catégorie:Accident ou incident aérien Catégorie:Relations entre l'Algérie et le Mali