Roger Touny, né le à Paris et mort le dans la même ville, est un militaire et résistant français, Compagnon de la Libération.
Biographie
Jeunesse et engagement
Roger Touny naît le dans le arrondissement de Paris. Il est le fils d'Alfred Touny, avocat au barreau de Paris et lui aussi futur Compagnon de la Libération. Il effectue ses études secondaire au lycée Janson-de-Sailly.
Seconde Guerre mondiale
En , alors que son père est sur le front en Lorraine, Roger Touny se trouve avec sa mère à Biarritz et décide de se joindre lui-aussi dans la lutte contre l'Allemagne. Parti à Saint-Jean-de-Luz, il embarque le sur le paquebot MS Sobieski à bord duquel il parvient jusqu'en Angleterre. Engagé dans les forces françaises libres le , il est affecté à la compagnie autonome de chars de combats ( CACC) et suis une période d'instruction avant de partir vers l'Afrique où il participe à l'expédition de Dakar. Débarqué ensuite au Cameroun, il prend part avec son unité à la campagne du Gabon à la fin de l'année 1940 puis part pour le Levant pendant la campagne de Syrie en juin et . Stationné à Damas, il est détaché quelques mois au peloton d'élèves-officiers et est promu aspirant en .
De retour à la CACC en tant que chef de char, il est dirigé sur l'Égypte où l'unité est engagée dans la guerre du désert. Le , lors de la seconde bataille d'El Alamein, Roger Touny s'illustre lors des combats du plateau de l'Himeimat. Alors que la brigade française libre du général Kœnig tente de s'emparer d'une position ennemie fortement défendue, il s'engage avec son char Crusader dans une zone pilonnée par l'artillerie ennemie pour récupérer plusieurs blessés dont le lieutenant-colonel Dimitri Amilakvari qui meurt sur le capot de son blindé, action pour laquelle il est cité à l'ordre des Forces françaises libres. Son unité, intégrée à la Force L du général Leclerc, participe ensuite à la campagne de Tunisie au début de l'année 1943. En juillet, la CACC fusionne avec d'autres compagnies de char pour former le régiment de chars de combat. Touny et sa nouvelle unité partent pour le Maroc où ils sont intégrés à la division blindée ( DB) qui stationne plusieurs mois sur place pour une période d'équipement et de formation. En , il s'installent en Angleterre pour compléter leur entraînement en vue du débarquement allié en Europe.
Promu sous-lieutenant, Roger Touny débarque avec son unité sur Utah Beach le et prend part à la bataille de Normandie. Le , au hameau du Vieux-Bourg au sud d'Argentan, il détruit un canon antichar PaK 40 puis, quelques kilomètres plus loin, reçoit la mission de tenir le passage à niveau à l'Ouest du village d'Écouché. Tenant sa position du 14 au , il conduit plusieurs patrouilles dangereuse dans les bois environnements malgré une forte activité ennemie. Le soir du , il se retrouve face à un char Tigre dont il parvient à détruire la tourelle. Alors que le blindé ennemi entame une retraite, Roger Touny l'attaque à pied et parvient à blesser l'un des occupants. Dans la foulée, avec une partie de sa section, il met en fuite deux autres chars allemands qui s'apprétaient à attaquer le flanc d'un colonne américaine. Ces combats lui valent d'être cité à l'ordre du corps d'armée. Suivant l'avancée de la DB, il arrive ensuite en région parisienne et s'illustre à nouveau à Longjumeau en s'emparant d'une ferme fortement tenue par l'ennemi, puis à Massy en détruisant deux canon de 88mm, deux blindés et plusieurs positions de mitrailleuses, faisant au passage . Les 24 et , il participe à la libération de Paris. La joie est cependant de courte durée, Roger Touny apprenant que son père Alfred, chef du mouvement de résistance OCM, a été fusillé par les allemands en .
Engagé dans la bataille des Vosges, il gagne une citation à l'ordre de la division après avoir, le , foncé vers le village d'Andelot et investi la kommandantur locale. À peine trois jours plus tard, il obtient une nouvelle citation, cette fois à l'ordre du régiment, en prenant l'initiative de traverser la Moselle à Châtel, permettant ainsi l'établissement d'une tête de pont et l'avancée des troupes alliées. Il participe ensuite à la bataille d'Alsace et se porte volontaire pour faire partie des éléments de pointe lors des préparatifs pour la libération de Strasbourg. Lors des combats pour la libération de la capitale alsacienne, il permet la desctruction de deux armes antichar allemandes devant le Fort Kléber. Arrivé dans le quartier de Koenigshoffen, il se porte directement vers l'ennemi afin de dégager un groupe de fantassins, s'exposant ainsi à de violents tirs de Panzerschreck. Il est alors grièvement blessé et doit être évacué, remportant au passage une nouvelle citation à l'ordre du corps d'armée. Hospitalisé jusqu'à la fin de la guerre, il reste en convalescence jusqu'en , date à laquelle il est démobilisé avec le grade de lieutenant.
Après-Guerre
Après le conflit, il travaille comme représentant pour une société de mécanique et de pyrotechnie dont il devient directeur commercial quelques années plus tard. Il est ensuite président-directeur-général d'une société d'électroménager à partir de 1955.
Roger Touny meurt le dans le arrondissement de Paris. Après des obsèques célébrées en la cathédrale Saint-Louis-des-Invalides, il est inhumé à l'ancien cimetière de Brive-la-Gaillarde en Corrèze.
Décorations
106px
Commandeur de l'Ordrede la Légion d'HonneurCompagnon de la LibérationPar décret du 24 mars 1945Croix de guerre 1939-1945Avec trois étoiles de vermeil,une étoile d'argent et une étoile de bronzeMédaille des blessés de guerreCroix du combattant volontaireAvec agrafe "Guerre 1939-1945"Médaille colonialeAvec agrafes "AOL", "Syrie", "Fezzan","Tripolitaine" et "Tunisie"Médaille commémorative française de la guerre 1939-1945
Références
Voir aussi
Bibliographie
. . . . .
Articles connexes
Ordre de la Libération Libération de la France
Liens externes
Catégorie:Élève du lycée Janson-de-Sailly Catégorie:Résistant français Catégorie:Officier des Forces françaises libres (terrestres) Catégorie:Commandeur de la Légion d'honneur (date non précisée) Catégorie:Compagnon de la Libération Catégorie:Titulaire de la croix de guerre 1939-1945 Catégorie:Titulaire de la médaille des blessés de guerre Catégorie:Titulaire de la médaille coloniale Catégorie:Naissance en janvier 1922 Catégorie:Naissance dans le 16e arrondissement de Paris Catégorie:Décès en novembre 1991 Catégorie:Décès dans le 13e arrondissement de Paris Catégorie:Décès à 69 ans