Marianne Ebel, née le dans l'Emmental (originaire de Bienne), est une personnalité politique suisse du canton de Neuchâtel, affiliée au parti politique solidaritéS. Elle est également connue pour ses actions féministes et syndicalistes.

Elle siège au Grand Conseil du canton de Neuchâtel de 2001 à 2011.

Biographie

Enfance, études et famille Marianne Ebel naît le dans un village de l'Emmental, dans le canton de Berne, en Suisse. Originaire de Bienne, elle grandit à Moutier, tous deux dans le même canton à l'époque, dans une famille germanophone. Son père est médecin. Elle a un frère aîné, un frère cadet et une sœur cadette. Durant ses jeunes années, elle se bat pour aller au gymnase (lycée), alors que c'est une évidence pour ses frères.

Elle étudie la philosophie, le français, l'histoire et la logique à l'Université de Lausanne. Son mémoire de français, prix de la faculté en 1975, porte sur la sémiotique de Roland Barthes. En 1983, elle obtient un doctorat en linguistique, en co-rédigeant une thèse avec Pierre Fiala, sur les langages xénophobes et le consensus national, à l'Université de Neuchâtel.

Elle a deux enfants, dont Leana Ebel, aussi féministe et engagée en politique, licenciée en histoire contemporaine à l'Université de Lausanne, formée dans le domaine du genre et de la migration.

Parcours professionnel et lieu de vie Elle travaille comme enseignante au lycée, tout en militant au parti politique solidaritéS (Ligue marxiste révolutionnaire de 1969 à 1980).

Elle vit à Neuchâtel.

Parcours militant et féministe C'est à la lecture du Deuxième Sexe de Simone de Beauvoir qu'elle prend connaissance du système patriarcal. En 1970, elle commence à militer bien qu'elle n'ait pas le droit de vote au niveau fédéral, qui n'est accordé aux femmes qu'en 1971. Elle milite pour la justice, la paix, l'égalité, dans plusieurs cadres : les droits des femmes et l'intégration des étrangers. Elle co-fonde le mouvement de libération des femmes à Neuchâtel, alors qu'on ne parle pas de féminisme à cette époque, explique Carole Roussopoulos.

Dès 1991, elle est aux premiers rangs pour la grève féministe du 14 juin. En 1999, elle crée la section neuchâteloise de la Marche mondiale des femmes contre la pauvreté et la violence. En 1999, elle est élue présidente du syndicat des services publics section Neuchâtel. Elle décide de ne pas poursuivre son mandat en 2001.

Femme politique

Parcours En 2001, Marianne Ebel n'est pas élue au Conseil d'État, mais devient députée au Grand Conseil neuchâtelois, en étant la voix des laissés-pour-compte, affiliée POP-solidaritéS. Elle quitte alors son poste de présidente du syndicat des services publics. De 2005 à 2009, elle est l'unique députée solidaritéS au parlement cantonal de Neuchâtel. Elle démissionne en 2011.

Le , elle est à nouveau candidate pour le Conseil d'État. En 2019, elle se présente aux élections fédérales en sachant n'avoir que peu de chances d'être élue.

Initiatives et combats En 2006, pour lutter contre le chômage, elle propose d'ouvrir un droit à une formation qualifiante, et une participation des employeurs à un fonds commun. Elle dépose une initiative constitutionnelle cantonale « Droit à un salaire minimum », qui entre en vigueur 10 ans plus tard, en 2017. En 2010, elle dépose un projet de résolution à l'adresse de l'Assemblée fédérale, pour que les sans-papiers aient accès à l'apprentissage et puissent gagner leur vie.

En 2010, elle dépose 5 000 signatures validées contre la réforme de la fiscalité des entreprises, « qui déboucherait sur un cadeau aux entreprises et aux détenteurs de capitaux ». En 2012, elle prend part au comité d'initiative pour une participation des grandes fortunes limitée dans le temps.

La diminution du temps de travail pour tous à 32 h par semaine, sans diminution de salaire, fait partie de son combat. Elle milite également pour le droit à l'avortement et contre le « travail gratuit des femmes (le « care » ou éthique de la sollicitude) estimé à des milliards de francs ».

Retraite active À la retraite depuis 2010, Marianne Ebel reste active en tant que féministe et militante. En 2017, un des grands changements, selon elle, est que toutes les générations de femmes participent aux mouvements féministes, contrairement aux années 1970. En 2018, elle co-fonde le Collectif neuchâtelois pour la grève féministe, dans le but d'organiser la grève féministe du 14 juin. Elle est l'une des coordinatrices de la grève féministe, organisée chaque année depuis 2019. Elle popularise les revendications féministes en créant des chansons et des slogans avec d'autres personnes.

En 2020, elle rassemble les paroles des migrantes dans un ouvrage pour rendre leurs situations visibles. En 2021, elle est présidente de la Marche mondiale des femmes, section suisse. En 2023, elle fait partie d'une coalition pour aider les migrantes victimes de violences sexistes et sexuelles. Elle s'investit les lors de la journée internationale des droits des femmes. En 2024, elle signe une tribune internationale pour affirmer sa solidarité jusqu'à acquittement avec Pınar Selek, sociologue et écrivaine franco-turque menacée de prison à vie.

Publications

Bibliographie

Ouvrages sur la politique

Voir aussi Articles connexes

Grève des femmes du 14 juin 1991

Mouvement de libération des femmes (Suisse) Michela Bovolenta

Liens externes

solidaritéS

Notes et références

Catégorie:Naissance en juillet 1948 Catégorie:Naissance dans le canton de Berne Catégorie:Femme politique suisse du XXIe siècle Catégorie:Personnalité de solidaritéS Catégorie:Député au Grand Conseil du canton de Neuchâtel Catégorie:Féministe suisse Catégorie:Personnalité suisse liée à la défense des droits de l'homme Catégorie:Militant pacifiste suisse Catégorie:Femme syndicaliste suisse Catégorie:Docteur de l'Université de Neuchâtel Catégorie:Étudiant en lettres de l'Université de Lausanne