Ibrahim Shasho (en ), né en 1978 à Alep, est un homme politique et religieux syrien, affilié à Ahrar al-Cham puis à Hayat Tahrir al-Cham.

Biographie Jeunesse et formation Ibrahim Shasho est né à Alep en 1978. Il est le fils d'un laitier et n'est pas issu d'une famille d'érudits musulmans (ouléma). Pourtant, il envisage dès son de faire des études et de . Pendant son adolescence, il s'instruit religieusement en assistant aux cours d'érudits alépins, comme , Hassan Khayata ou Daoud Attallah, auprès duquel il mémorise le Coran. Première personne de sa famille à obtenir le baccalauréat, Ibrahim Shasho s'inscrit à la de l'université de Damas en 1996. Il obtient sa licence en 2000 en faisant partie des dix meilleurs élèves de sa promotion. Par la suite, il poursuit un diplôme d'études supérieures (obtenu en 2001), tout en perfectionnant sa connaissance de la langue arabe à l'. Il obtient une maîtrise en jurisprudence islamique et ses principes en 2005, ainsi qu'un doctorat en finance islamique en 2011. Son mémoire de master porte sur et sa thèse sur le ('aqd al-tawrid). Pour financer ses études, il travaille en parallèle comme comptable d'entreprises. À partir de 2009, il commence également à donner des cours à la faculté de charia de l'université d'Alep.

Carrière judiciaire, universitaire et politique Pendant la guerre civile syrienne Après le déclenchement de la bataille d'Alep, il fait le choix de rester dans la ville, contrairement à d'autres chouyoukh. Sa mosquée, la mosquée Al-Batoul, située dans le quartier de , sert alors de point de ralliement aux différentes factions révolutionnaires. Des conflits entre elles y sont notamment réglés. Fin 2012, il prend part à la fondation du Conseil de la charia, qui regroupe initialement le Liwa al-Tawhid, les Ahrar al-Cham, le Front al-Nosra et les Suqour al-Cham. En 2014, il devient le chef de son bureau judiciaire. Le de la même année, il est brièvement détenu par le Liwa al-Tawhid pour avoir critiqué l'ingérence de la Cour suprême (nouvelle instance créée par le Liwa al-Tawhid et les Ahrar al-Cham après le départ du Front al-Nosra du Conseil de la charia) dans les nominations à la direction des Awqaf. Ibrahim Shasho participe également à la fondation de la Cour de cassation d'Alep, où il siège un temps comme juge des transactions.

Après la libération d'Idlib en 2015, il devient doyen de la faculté de charia de l', qu'il contribue à organiser. Il effectue alors des allers-retours hebdomadaires entre Alep et Idlib, où il donne des cours du samedi au mardi. En 2016, il prend la présidence du tribunal révolutionnaire d'Alep. Lors du siège final de la ville, il se retrouve coincé à Idlib et contraint d'abandonner un grand nombre de ses affaires sur place.

Le , il démissionne de son poste de juge chariatique au sein des Ahrar al-Cham pour protester contre l'adoption de la « loi arabe unifiée » par le mouvement. Celle-ci est basée sur le code pénal arabe unifié adopté en 1996 par la Ligue arabe.

En , il devient ministre de la Justice dans le gouvernement de salut syrien (GSS) formé par Hayat Tahrir al-Cham (HTC), puis reconduit en . Il devient ensuite ministre des Dotations le , avant d'être remplacé par en . Selon des militants, il se rapproche du chef de HTC, Abou Mohammed al-Joulani, pour obtenir de larges pouvoir et lancer des mandats d'arrêts contre ses détracteurs en s'appuyant sur les troupes du groupe.

Après son départ du gouvernement, il retourne à l'université d'Idlib, où il redevient professeur et doyen de la Faculté de charia..

Le , après la prière de l'aube, il est victime d'une tentative d'assassinat au sortir de la mosquée Al-Fourqane, à Idlib. Grièvement blessé, il est transféré dans un hôpital en Turquie, où il est soigné. Le , le , affilié à HTC, annonce avoir

À la suite de protestations de ses étudiants, qui lui reprochent une mauvaise gestion et de faire preuve de favoritisme, il démissionne de son poste de doyen en .

Le , le ministre de la Justice du GSS, Chadi al-Waissi, nomme Ibrahim Shasho à la tête de l'Autorité d'inspection judiciaire. Cette nomination suscite des critiques, certains y voyant une tentative de récompenser les proches de HTC plutôt que de désigner des personnalités nouvelles et qualifiées pour les fonctions judiciaires.

Dans la Syrie post-Assad En , après la chute du régime Assad, il est nommé mufti d'Alep et doyen de la Faculté de charia de l'université d'Alep par le Commandement général. Dans la foulée, il revient sur sa fatwa, émise l'année précédente, faisant le takfir des dirigeants de l'Égypte et de l'Arabie saoudite, Abdel Fattah al-Sissi et Mohammed ben Salmane, arguant que .

Le , il est nommé membre du Conseil supérieur de l'Ifta, par décret du nouveau président de la République arabe syrienne, Ahmed al-Charaa.

Références

Lien externe بحلوها ومرها: مسيرة الدكتور إبراهيم شاشو | بودكاست الثورة

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