Kathleen Margaret « Kathie » Satchwell, née le en Afrique du Sud, est une juge à la retraite et une défenseure des droits humains. Elle siège à la division du Gauteng de la Haute Cour (anciennement la Haute Cour du Gauteng du Sud ) en Afrique du Sud.

Elle se distingue par ses contributions à la jurisprudence constitutionnelle, à l’égalité des genres et à la transformation du système judiciaire sud-africain. Elle mène également un militantisme juridique depuis l'ère de l’apartheid et préside la Commission Satchwell, chargée de la réforme de l’indemnisation des accidents de la route.

Biographie Elle entame ses études universitaires à l'université Rhodes en 1969 puis passe une année aux États-Unis dans le cadre du programme de l’American Field Service.

À son retour en Afrique du Sud, Kathie s’engage dans la politique étudiante et est élue présidente du conseil représentatif des étudiants de l’université Rhodes en 1971.

Elle obtient un baccalauréat ainsi qu’un diplôme avec mention en anthropologie, accompagné d’un mémoire sur le rôle du « Umtshakazi » - qui signifie « jeune mariée » - dans les familles xhosas traditionnelles.

Pendant son passage à l’université Rhodes, Kathie intègre l'Union nationale des étudiants sud-africains (NUSAS) et participe aux activités de l’organisation, ainsi qu’à des groupes de discussion et des réunions plus confidentielles. Elle s'investit dans l’organisation de manifestations publiques sur des questions liées à la lutte contre l’apartheid. Aussi, elle rejoint l'organisation humanitaire Black Sash où elle coordonne et dirige, à temps partiel pendant deux ans, le Black Sash Advice Office.

En 1977, après l’arrestation de Steve Biko à Grahamstown (aujourd’hui Makhanda), Kathie installe un programme de soutien destiné à ses collègues de la province du Cap-Oriental, qui étaient détenus à Grahamstown pour des périodes indéterminées.

Elle entame par la suite une maîtrise en anthropologie et acquiert un diplôme en droit (LLB) à l'université d'Afrique du Sud (UNISA).

Carrière juridique et judiciaire Début de carrière Kathie commence sa carrière juridique à Johannesbourg en 1979, après un stage auprès de l’avocat en droits humains Raymond Tucker. Elle participe à d’importants procès politiques en collaborant avec des figures telles que George Bizos, Sydney Kentridge et Dennis Kuny.

En 1981, Kathie fonde son propre cabinet, représentant de nombreux détenus, des membres d’organisations interdites ainsi que des personnes accusées de trahison, de terrorisme, d’infractions aux lois sur la sécurité telles que la loi sur le terrorisme, la loi sur la sécurité intérieure et les règlements d'urgence.

Kathie a également représenté des syndicats et des revues interdites en vertu de la législation sur la presse pour avoir critiqué le régime de l’apartheid, notamment Learn and Teach et Work in Progress. En 1991, elle a été choisie parmi six avocats pour représenter les prisonniers de l’île de Robben dans le cadre de leur demande de libération.

Nominations judiciaires En , le président Nelson Mandela nomme Satchwell à la Division provinciale du Transvaal de la Haute Cour (aujourd’hui Division du Gauteng de la Haute Cour d’Afrique du Sud), faisant d’elle une des deux premières femmes avocates nommées à cette position.

Les jugements de Satchwell se sont distingués par leur innovation juridique et leur interprétation progressiste des principes constitutionnels, notamment sur les questions d’égalité, de justice entre les sexes et d’accès à la justice.

En 1999, le président Nelson Mandela a nommé Satchwell à la tête de la Commission d’enquête chargée de proposer un nouveau système d’indemnisation pour les victimes d’accidents de la route.

Jugements et contributions notables Satchwell a été une critique ouverte de la complicité du système judiciaire dans l’apartheid. En 1996, elle est devenue la première et la seule juge de la Haute Cour à témoigner devant la Commission vérité et réconciliation (TRC) à titre personnel, mettant en lumière l’échec du système juridique à défendre et protéger les droits humains durant l’ère de l’apartheid.

En 1996, Satchwell rend son jugement dans l’affaire S c. Sebejan, qui portait sur les droits constitutionnels des personnes qualifiées de « suspects » lors des enquêtes policières.

Dans l’affaire Holtzauzen c. Roodt, Satchwell plaide en faveur d’une approche judiciaire plus empathique dans les affaires de violences sexuelles soulignant l’importance du recours à des témoignages d’experts dans les affaires de viol et a mis en garde contre le danger pour les juges de se fonder uniquement sur leurs hypothèses personnelles.

L’une des contributions juridiques les plus remarquables de Satchwell s’est manifestée dans l’affaire Satchwell contre le Président de la République d’Afrique du Sud, où elle conteste la loi sur la rémunération et les conditions d’emploi des juges en arguant que sa conjointe devrait bénéficier des mêmes avantages que les époux ou épouses (sous le régime matrimonial) des juges hétérosexuels. En 2002, la Cour constitutionnelle d’Afrique du Sud a statué en sa faveur, estimant que cette loi violait la clause d’égalité de la Constitution. Un jugement complémentaire rendu en 2003 a étendu ces avantages à tous les partenaires de même sexe engagés dans une relation permanente et solidaire. Cette décision historique a marqué une avancée majeure pour les droits des personnes LGBTQ+ en Afrique du Sud.

Activités post-retraite Après avoir pris sa retraite de la magistrature en , Satchwell s'est s’investie dans le service public et la réforme du droit. Elle exerce à la Cour fiscale en tant que juge suppléante pendant 18 mois, entre 2017 et 2018, et a également comme juge suppléante en mettant en œuvre des réformes au sein de la chambre des affaires civiles à Johannesburg entre 2018 et 2019

Les activités de Satchwell après sa retraite comprennent l’arbitrage de différends et sa participation à plusieurs commissions d’enquête. En 2018, elle préside une enquête sur le harcèlement sexuel au sein de l’ONG .

Entre 2019 et 2020, Satchwell a présidé une enquête indépendante sur l’éthique des médias, commandée par le South African National Editors' Forum (SANEF).

Satchwell a contribué à l’évaluation des preuves et à la rédaction des chapitres préliminaires de la Commission d’enquête du juge en chef Raymond Zondo sur les allégations de capture de l’État, de corruption et de fraude.

Reconnaissances Docteur honoris causa en droit de l'université Rhodes (2010). Prix des anciens élèves distingués, Université Rhodes (2019). Administrateur du Fonds Nelson Mandela pour l'enfance. Membre du comité de gestion du Fonds Nelson Mandela pour l'enfance Membre, Personnes s'opposant à la violence faite aux femmes (POWA).

Vie privée La compagne de vie de Kathie était Lesley Louise Carnelley, formatrice, coach, femme d’affaires, consultante en immobilier et mère de deux filles. Elles se sont mariées en 2007, après la légalisation du mariage entre personnes de même sexe en Afrique du Sud.

Publications .

Notes et références

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