Philippe Boesmans, né le à Tongres et mort le à Bruxelles, est un compositeur belge d'origine flamande. Initié à la musique sérielle puis au spectralisme, il est reconnu pour ses opéras à partir des années 1980, principalement créés dans l'institution belge qui l'intègre en résidence, La Monnaie de Bruxelles.
Biographie Né le à Tongres en Belgique et néerlandophone de naissance, Philippe Boesmans, chez qui une passion pour Richard Wagner à partir de l'adolescence déclenche une vocation musicale., étudie le piano au Conservatoire royal de Liège où il entre à l'âge de seize ansAlain Féron, « Philippe Boesmans (1936-2022) », Encyclopædia Universalis, , .. Il y obtient le premier prix de piano en 1957. Il est initié dans un premier temps par Pierre Froidebise, en particulier à la musique sérielle et aux musiques anciennes, ainsi qu'aux compositeurs qui lui sont contemporains tels qu'Olivier Messiaen et Karlheinz Stockhausen.
Par la suite, il part pour Bruxelles et se forme auprès de Stefan Askenase, puis entre en contact à la fin des années 1950 avec les spécialistes du postsérialisme Henri Pousseur, André Souris et Célestin Deliège. Sur les conseils de Stefan Askenase, il se détourne d'une carrière de pianiste et se concentre sur la composition, domaine dans lequel il devient autodidacte. À partir de 1962, il travaille au sein du Centre de recherches musicales de Wallonie et il est producteur à la Radio-télévision belge de Bruxelles. Il adhère et milite au PCB, engagement qu'il poursuit pendant une vingtaine d'années. Durant les années 1962-1963, il suit des cours d'été à Darmstadt et participe à la fondation de l'ensemble Musiques nouvelles avec Henri Pousseur, Pierre Bartholomée et Jean-Louis Robert, dans lequel il est pianiste. En parallèle, il s'intéresse au théâtre à Bruxelles et à Liège.
Il obtient en 1971 le prix Italia pour son œuvre Upon La-Mi, une pièce vocale, créée par Claude Lombard au palais des Beaux-Arts de Bruxelles avec la Société philharmonique, ce qui déclenche sa notoriété. En 1979, il compose son premier ouvrage de théâtre musical, Attitudes, créé 1979 à La Monnaie.
Dès 1980, Philippe Boesmans est repéré par le directeur de La Monnaie de Bruxelles, Gerard Mortier, qui cherche alors à renouveler la création lyrique. Travaillant alors avec Pierre Mertens sur un texte autour de la vie de Gilles de Rais, le compositeur écrit son premier opéra, La Passion de Gilles, qui voit dans ce travail un défi pour, selon ses mots, , imaginant cet ouvrage comme son premier et dernier du genre. Seulement, il continue de travailler avec l'institution belge, et en 1989, le compositeur propose une orchestration de L'incoronazione di Poppea du compositeur baroque Claudio Monteverdi, mis en scène par le suisse Luc Bondy, qui marque le début d'une collaboration étroite entre les deux hommes autour de ses ouvrages lyriques. Il devient compositeur en résidence à La Monnaie, qui continue de lui commander des ouvrages, surtout des opéras, dont Reigen d'après La Ronde d'Arthur Schnitzler, créé en 1993. En tout, le compositeur écrit pour l'institution belge six de ses huit opéras, qui les fait créer entre 1983 et 2022. Le compositeur travaille par la suite avec l'écrivain de spectacles français Joël Pommerat, qui adapte avec lui deux de ses spectacles : Au monde et Pinocchio, opéras créés en 2014 et 2017.
Les œuvres de Philippe Boesmans ont été jouées dans de nombreuses maisons d’opéra européennes, dont le Liceu de Barcelone, Darmstadt, Varsovie, Bruxelles, Metz et Avignon. Ses opéras sont régulièrement recréés sur des scènes d'envergure continentales, telles que l'Opéra de Strasbourg en 1993 pour une nouvelle production de Reigen, reprise au Théâtre du Châtelet à Paris l'année suivante.
Après la première de l'opéra Au monde le , le directeur de la Monnaie, Peter de Caluwe a dévoilé une « pastille » au nom du compositeur dans la salle de la Monnaie, en dessous de la loge royale, aux côtés des grands noms de l’opéra tels Mozart et Verdi.
Philippe Boesmans devenu une figure majeure de l'opéra contemporain du tournant des et , meurt le à l'âge de à Bruxelles où il résidaitdepuis 1961.
Langage musical Si Philippe Boesmans, apprend et partage la musique dans le mileiu sériel et post-sériel, il reste attaché durant sa carrière au son acoustique des instruments ainsi qu'au timbre, dans la lignée du spectralisme. Il conserve dans sa musique la consonance, le rythme et l'expressivité, n'hésitant pas à exploiter la tradition pour son propre langage musical, notamment à travers des citations textuelles qui ont pu assimiler son esthétique très personnelle au postmodernisme.
Son multilinguisme (néerlandophone, francophone, germanophone) et ses influences artistiques ancrent son style et ses choix à la fois dans les mondes germanique (plusieurs de ses opéras sont en allemand et il travaille avec Luc Bondy, suisse également bilingue franco-allemand et directeur de théâtres à Hambourg, Francfort, Cologne et Berlin) et francophone (à travers ses collaborations avec Pierre Mertens, Marie-Louise Bischofberger, Joël Pommerat et Richard Brunel).
Œuvre L'œuvre de Philippe Boesmans est marqué par le succès de ses opéras mais comporte également un grand nombre de compositions instrumentales et orchestrales.
Musique instrumentale
Musiques de film 1973 : Ne pas stagner de Boris Lehman 1978 : Magnum Begynasium Bruxellense de Boris Lehman 1983 : Couples, Regards, Positions de Boris Lehmann 2010 : Rendez-vous avec un ange de Sophie de Daruvar et Yves Thomas
Musique vocale 1970 : Upon La-Mi pour voix, cor en fa et ensemble instrumental 1971 : Evil Flowers pour voix et petit ensemble (inédit) 1976 : Intervalles III pour soprano et orchestre 1986 : Dowland' Songs pour voix et petit ensemble (inédit) 1987-1989 : Trakl-lieder pour soprano et orchestre, sur des textes du poète autrichien Georg Trakl 1993 : Love and Dance Tunes pour baryton et piano d’après des sonnets de William Shakespeare 1996 : Season's Dream pour voix et piano, pour le concours international Reine Élisabeth de Belgique 2001-2002 : L'Eau douce du pardon pour voix et orchestre de chambre, en français d’après des poèmes de Rainer Maria Rilke 2003 : Le Bâillement d'Éole pour chœur d'enfants a cappella
Opéras / Théâtre musical
Discographie partielle 2019 : Fin de nuit avec Capricio et Concerto pour violon chez Cypres 2018 : Pinocchio Chez Cypres 2015 : Au Monde, chez Cypres 2011 : Chambres d'à Coté chez Cypres 2011 : Reigen, chez Cypres 2009 : Tunes, (intégrale de la musique de piano) et Surfing pour alto solo et ensemble instrumental par David Lively (piano), Christophe Desjardins (alto), chez Cypres, 2009 2005 : Julie, opéra en un acte d’après August Strindberg, livret de Luc Bondy avec Malena Ernman, chez Cypres 1982 : Concerto pour violon, Conversions, Concerto pour piano, les Concerto pour piano et orchestre, Concerto pour violon et orchestre et Conversions pour orchestre par Richard Piéta (violon), Marcelle Mercenier (piano), Orchestre philharmonique royal de Liège, Pierre Bartholomée (dir.), enregistré à la Salle philharmonique de Liège en 1978 et 1982, chez Cypres, 1998 Prix de l’académie Charles-Cros, prix international Koussevitsky, prix Caecilia
Summer Dreams (Quatuor à cordes ), Love and Dance Tunes et Ornamented Zone par le quatuor Arditti, Dale Duesing (baryton), Jean-Luc Plouvier (piano) et l’ensemble Musiques Nouvelles - CD Ricercar
Références
Annexes Bibliographie Célestin Deliège, Bernard Foccroulle, Claude Ledoux, Philippe Boesmans, Bruxelles, Opéra national de Belgique, 1983. Robert Wangermée (dir.), Philippe Boesmans, Mardaga, Liège, 2005. Valérie Dufour, « Catalogue de l’œuvre de Philippe Boesmans », in R. Wangermée (dir.), Philippe Boesmans, op. cit., . Cécile Auzolle, Vers l’étrangeté ou l’Opéra selon Philippe Boesmans, Actes Sud, Arles, 2014, 352 p. Valérie Dufour, « “Comme une rose sauvage…” : Parcours de Philippe Boesmans », IRCAM-Centre Pompidou, 2014. Cécile Auzolle (dir.), Philippe Boesmans, un parcours dans la modernité, Château-Gonthier, Aedam Musicae, 2017 : Chronologie et catalogue 1927-2020, ; contributions de Pierre Bartholomée, Guillaume Bourgeois, Philippe Dewolf, Béatrice Ramaut-Chevassus, Thomas Lacôte, Yves Balmer, Sylvain Cambreling, Benoît Mernier, Matthew Jocelyn, Jérôme Rossi, Martin Guerpin, Julie Obert, Bernard Foccroulle, Frederic delmotte, Edward Campbell, Patrick Davin, David Lively, Fabrizzio Cassol, Armelle Babin, Giuseppe Montemagno. Camille De Rijck, Dans les brisures du temps, les émotions s’affolent : hommage à Philippe Boesmans, préface de Sylvain Fort, Bruxelles, Académie royale de Belgique, coll. « L’Académie en poche », no 185, mai 2026, 158 p. .
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