Brice Hortefeux, né le à Neuilly-sur-Seine (Seine), est un homme politique français.

Membre du RPR, de l'UMP puis de LR, proche de Nicolas Sarkozy, il est successivement ministre délégué aux Collectivités territoriales de 2005 à 2007, ministre de l'Immigration de 2007 à 2009, du Travail, des Relations sociales et de la Solidarité en 2009 puis de l'Intérieur et de l'Outre-mer de 2009 à 2011.

Dans le cadre de l’affaire Sarkozy-Kadhafi, il est jugé à partir de pour « complicité de financement illégal de campagne électorale » et « association de malfaiteurs », avec notamment Nicolas Sarkozy, Claude Guéant et Thierry Gaubert. En septembre, il est reconnu coupable d’association de malfaiteurs et condamné à deux ans de prison ferme, 50.000 € d'amende, outre une peine d'inéligibilité de cinq ans, avec exécution provisoire par le tribunal correctionnel de Paris. Il interjette appel.

Biographie Origines et études Fils d'un banquier de Neuilly-sur-Seine et d'une professeur d'histoire-géographie, il obtient une licence de droit privé en 1982 et une maîtrise en droit public en 1984, à l'université Paris-Nanterre. Il est ensuite élève à l'Institut d'études politiques de Paris, dont il sort sans diplôme en 1986Il ne figure pas dans l'annuaire des anciens élèves de l'IEP, même si une ancienne version de son curriculum vitæ officiel laissait sous-entendre qu'il était sorti diplômé de cette école, selon Rue 89 : .. À la sortie de Sciences Po, Brice Hortefeux réussit le concours externe d’administrateur territorial..

Carrière professionnelle Directeur de cabinet du maire de Neuilly-sur-Seine, Nicolas Sarkozy, entre 1983 et 1986, administrateur territorial (en poste à la mairie de Neuilly-sur-Seine) entre 1986 et 1994, il est ensuite chef du cabinet de Nicolas Sarkozy, ministre du Budget et porte-parole du gouvernement de 1993 à 1995.

En 1995, Brice Hortefeux est nommé préfet, chargé d'une mission de service public relevant du gouvernement., puis chargé de mission au cabinet du président du Sénat entre 1998 et 1999. En , il est admis, sur sa demande, à faire valoir ses droits à la retraite à compter du Décret du 1er octobre 2020 portant admission à la retraite d'un préfet.

Carrière politique Débuts Aux côtés de Nicolas Sarkozy et de Roger Karoutchi, il participe à la campagne de Jacques Chirac pour l'élection présidentielle de 1981, avec les Jeunes du RPR. Entre 1991 et 2001, il est secrétaire départemental de la fédération RPR du Puy-de-Dôme, puis de 1998 à 2002, membre du comité politique du RPR. Depuis les élections régionales de 1992, il est élu au conseil régional d'Auvergne, et est président de la commission des finances et rapporteur du budget du conseil régional entre 1998 et 2004.

Lors des élections législatives de 1993, il est candidat RPR dans la circonscription du Puy-de-Dôme. Il fait face aux candidatures de Maurice Pourchon, député PS sortant et de Michel Fanget, candidat UDF. Ce sont ces derniers qui sont sélectionnés au , Brice Hortefeux, recueillant 16,49 % des voix contre 24,05 % et 23,37 % respectivement pour le PS et l'UDF.

Après la démission de Nicolas Sarkozy de son mandat de député européen en , Brice Hortefeux lui succède. À partir de 2002, il est membre du bureau politique de l'UMP, ainsi que conseiller de Nicolas Sarkozy, ministre de l'Intérieur, de la Sécurité intérieure et des Libertés locales (2002-2004), puis ministre de l'Économie, des Finances et de l'Industrie (2004). Il est réélu conseiller régional d'Auvergne dans la section départementale du Puy-de-Dôme lors des élections régionales des 21 et 28 mars 2004, sur la liste d'union UMP-UDF conduite par Valéry Giscard d'Estaing. Conservant son mandat au Parlement européen après les élections européennes de 2004, lors desquelles il mène la liste UMP-UDF dans la circonscription Massif central-Centre, il assure parallèlement la présidence de l'UMP du département du Puy-de-Dôme et le poste de secrétaire général délégué du parti.

Ministre délégué aux Collectivités territoriales (2005-2007) Le , il est nommé ministre délégué auprès du ministre d'État, ministre de l'Intérieur et de l'Aménagement du territoire, chargé des Collectivités territoriales, dans le gouvernement Villepin. Brice Hortefeux a notamment la mission de mettre en place concrètement l'acte II de la décentralisation et la réalisation d'une réforme importante du statut de la fonction publique territoriale.

Ministre de l'Immigration (2007-2009)

Après la victoire de Nicolas Sarkozy à la présidentielle de 2007, il devient ministre de l'Immigration, de l'Intégration, de l'Identité nationale et du Codéveloppement au sein du gouvernement Fillon. La création de ce poste fait suite à une promesse de campagne de Nicolas Sarkozy. Il quitte alors ses fonctions de secrétaire général délégué de l'UMP, et est nommé conseiller politique du parti par Jean-Claude Gaudin.

gauche|vignette|Brice Hortefeux, ministre de l'Immigration, de l'Intégration, de l'Identité nationale et du Codéveloppement, le 26 septembre 2007 à Paris.

Il est le promoteur de la loi de maîtrise de l'immigration adoptée le , qui complète en grande partie les lois Sarkozy de 2003 et 2006. Cette loi limite en particulier le regroupement familial.

Il fixe aux forces de l'ordre des objectifs chiffrés en matière d'expulsions et de reconduites à la frontière : en 2007 ; en 2008 ; en 2010. En excluant du bilan de Hortefeux les reconduites de personnes qui sont libres de circuler en Europe (Roumains, Bulgares, etc.), les expulsions d'étrangers en situation irrégulière atteignent environ la moitié des objectifs prévus..

Par un communiqué en date du envoyé au journal La Montagne, il renonce à se présenter à l'élection municipale de 2008 à Clermont-Ferrand. Officiellement, il ne se présente pas parce que selon lui , mais selon Le Canard enchaîné, c'est en raison de mauvais sondagesCanard enchaîné du mercredi 5 décembre 2007 (, ), p. 8.. Lors du remaniement qui suit ces élections, l'intitulé de son poste ministériel est modifié : est remplacé par .

Au cours de l'année 2008, Brice Hortefeux souhaite que des associations autres que la Cimade puissent intervenir dans les centres de rétention. L'appel d'offres, qui faisait suite à un décret, est cassé par le tribunal administratif. Les plaignants, dont le Gisti, voient dans cette réforme une tentative d'éloigner la Cimade des centres de rétention, et de réduire l'aide juridictionnelle apportée aux immigrés.

Ministre du Travail, des Relations sociales et de la Solidarité (2009) Le , en remplacement de Xavier Bertrand qui prend la tête de l'UMP, Brice Hortefeux devient ministre du Travail, des Relations sociales, de la Famille, de la Solidarité et de la Ville. C'est Éric Besson, ancien socialiste, qui reprend son ancien poste. Neuf jours plus tard, Brice Hortefeux devient vice-président de l'UMP, élu sur un ticket qui recueille 93 % des voix au conseil national du parti, Le Nouvel Observateur, 24 janvier 2009..

À l'issue des élections européennes de 2009, il est élu député européen. Cependant, cette élection est considérée comme une surprise, Brice Hortefeux occupant la troisième position sur la liste UMP de la circonscription Massif central-Centre, qui n'avait que cinq sièges à offrir lors d'une élection à la proportionnelle. Ce dernier laisse entendre qu'il restera au gouvernement. et l'Élysée affirme qu'il . et ne respectera donc pas l'un des engagements de l'UMP concernant le fait que .. Catherine Soullie lui succède.

Ministre de l'Intérieur et de l'Outre-mer (2009-2011) Le , Brice Hortefeux est nommé ministre de l'Intérieur, de l'Outre-mer et des Collectivités territoriales. Il est chargé d'établir , comme il le dit lors de sa prise de fonction, place Beauvau. Sont nommés secrétaires d'État auprès de lui, Marie-Luce Penchard pour l'Outre-mer et Alain Marleix pour l'Intérieur et les Collectivités territoriales.

Après une année passée au ministère de l'Intérieur et 150 déplacements auprès de victimes, il se félicite notamment de la baisse de 2,91 % de la criminalité, du rapprochement entre la police et la gendarmerie (un peu en défaveur de cette dernière cependant.) et de la subvention de caméras sur les six premiers mois de 2010. Il annonce la création de 26 nouvelles unités territoriales de quartier, en plus des 34 déjà existantes, et de 96 cellules spécialisées pour lutter contre les cambriolages.

À l'été 2010, après le discours de Nicolas Sarkozy à Grenoble, il décide de l'éloignement de nombreux Roms en situation irrégulière. Il fait état de l'augmentation du nombre d'actes de délinquance de la part de Roumains à Paris.. La circulaire qui vise ensuite la population rom fait l'objet d'une polémique auprès de l'opposition, des ONG, de la Commission européenne et de l'ONU. Brice Hortefeux présente en réaction une nouvelle circulaire enlevant toute mention d'une ethnie..

Pour avoir laissé entendre que David Sénat, ancien conseiller de Michèle Alliot-Marie au ministère de la Justice était à l'origine de fuites au journal Le Monde dans l'affaire Woerth-Bettencourt, Brice Hortefeux est condamné, le , par le tribunal de grande instance de Paris pour atteinte à la présomption d'innocence à l'encontre de celui-ci. Il doit verser au plaignant un euro de dommages et intérêts et s'acquitter du versement de pour frais de procédure. Il a interjeté appel du jugement..

Lors de la formation du gouvernement Fillon , le , Brice Hortefeux est reconduit dans ses fonctions et obtient en plus le portefeuille de l'Immigration, le ministère de l'Immigration, de l'Intégration, de l'Identité nationale et du Développement solidaire disparaissant.

Il quitte ses fonctions le , lors d'un remaniement gouvernemental provoqué par la démission de Michèle Alliot-Marie. Il est remplacé place Beauvau par Claude Guéant, jusque-là secrétaire général de la présidence de la République.

Après le gouvernement (depuis 2011) Après son départ du gouvernement, il est nommé « conseiller politique » de Nicolas Sarkozy en vue de préparer la campagne présidentielle de 2012.

En , Brice Hortefeux annonce son intention de retrouver un siège de député européen. Élu lors des élections européennes de 2009 mais n'ayant jamais siégé du fait de ses fonctions ministérielles, la possibilité de son retour est mise en cause par le règlement intérieur du Parlement européen.. La démission de sa suppléante Catherine Soullie lui permet finalement de retrouver son siège le , la loi française prévoyant de son côté qu'un ancien ministre peut retrouver son mandat parlementaire après son départ du gouvernement s'il le souhaite.

En , il est condamné par le tribunal correctionnel de Paris, à une amende de avec sursis pour avoir menacé Olivier Morice, l'avocat des familles de victimes de l'affaire Karachi. Brice Hortefeux avait déclaré en dans Le Nouvel Observateur., que cet avocat . Il est relaxé en par la cour d'appel de Paris.

En , dans le cadre de la direction « partagée » entre Jean-François Copé et François Fillon, il devient vice-président de l’UMP avec cinq autres personnalités du parti, en plus du vice-président délégué Luc Chatel, en poste depuis .

Fin , il est désigné tête de liste pour la circonscription Massif central-Centre pour les élections européennes de la même année. Il est réélu député européen.

Le , il est nommé conseiller politique par le nouveau président de l'UMP Nicolas Sarkozy, u-m-p.org, 5 décembre 2014..

Il soutient Nicolas Sarkozy pour le premier tour de la primaire de la droite et du centre de 2016.. Dans le cadre de sa campagne, il est nommé avec plusieurs personnalités conseiller politique.. Lors du second tour, il soutient François Fillon.

Il parraine Laurent Wauquiez pour le congrès des Républicains de 2017, scrutin lors duquel est élu le président du parti..