L'affaire Yves Grosjean est une affaire judiciaire mettant en cause un prêtre de l'archidiocèse de Dijon, Yves Grosjean, accusé d'agressions sexuelles sur treize mineurs. Il a reconnu les faits dénoncés dans cinq plaintes.

Un collectif, constitué après la mise en examen du prêtre et son incarcération en , dit avoir recueilli les témoignages de plusieurs autres victimes présumées, mineures au moment des faits allégués entre la fin des années 1980 et le milieu des années 2010.

Historique Yves Grosjean, né le à Nancy., est ordonné prêtre en 1993.. Après plusieurs affectations à Châtillon-sur-Seine, Montbard et Auxonne en Côte-d'Or., il exerce de 2001 à 2013 dans la paroisse de Sombernon et parallèlement à Vitteaux entre 2010 et 2012.. En 2007, il devient aumônier diocésain du Mouvement eucharistique des jeunes (MEJ).. Il est nommé en 2013 curé des paroisses de Bligny-sur-Ouche et Arnay-le-Duc..

Le prêtre est apprécié par les jeunes des paroisses où il a exercé. Il organise des soirées cinéma au presbytère, des déplacements dans des parcs d'attraction, leur distribue des cigarettes et les laisse utiliser son téléphone et son ordinateur.. Après un signalement en 2016 à l'évêque, Roland Minnerath, il fait l'objet d'une enquête préliminaire qui est classée sans suite pour prescription..

En , le prêtre quitte soudainement sa paroisse sans explications. Son départ pour est annoncé dix jours plus tard sur le site du diocèse de Dijon... Il est accueilli en 2017 comme prêtre Fidei Donum dans l'archidiocèse de Rabat au Maroc. où il exerce des responsabilités auprès de jeunes, notamment comme aumônier scout.. À la demande de l'archevêque de Rabat, il revient en France en 2024 . Les causes de son départ auraient été, selon les déclarations d'Yves Grosjean, des relations « problématiques » avec de jeunes garçons pour lesquelles il aurait fait l'objet au Maroc d'une enquête de police..

Il est affecté en comme prêtre coopérateur à l'église Saint-Pierre de Dijon., proche de l'école Saint-Pierre dont il est l'aumônier. Interrogé en par le quotidien La Croix, le prêtre chargé de veiller à l'application des restrictions tenues secrètes touchant Yves Grosjean, son ami depuis 30 ans, fait valoir que .

Première plainte en novembre 2024 En , le prêtre envoie un SMS à l'une de ses victimes présumées qu'il avait connue à Sombernon, Jean Jedrysek, pour prendre de ses nouvelles.. Ce message inattendu provoque chez le jeune homme, âgé de 27 ans, le retour d'un souvenir remontant à ses 12 ans, en 2010, quand Yves Grosjean l'avait emmené au Futuroscope. Seul avec le prêtre, qui lui caresse la cuisse lors du voyage, il est contraint de dormir avec lui dans une chambre d'hôtel. Yves Grosjean reconnaît, dans l'échange de messages qui suit, lui avoir .

Quelques jours après ces aveux, Jean Jedrysek dépose une plainte à la gendarmerie de Sombernon. L'archevêque de Dijon, Antoine Hérouard, reçoit par l'intermédiaire de la Conférence des évêques de France une lettre de Jean Jedrysek qui l'amène à prendre des mesures conservatoires en interdisant au prêtre le toute activité auprès de mineurs. et tout contact avec les paroisses où il a été en fonction, interdiction qu'Yves Grosjean n'aurait pas respectée en se rendant à Arnay-le-Duc en .

Une enquête est ouverte au cours de laquelle apparaissent des faits nouveaux, concernant une autre personne, qui sont classés sans suite pour cause de prescription. Yves Grosjean est mis en examen le pour « agressions sexuelles sur mineurs de 15 ans par personne ayant autorité », d'autres plaintes ayant été portées contre lui, et placé en détention préventive à Bourges dans le Cher. Antoine Hérouard révèle l'information dans un communiqué paru le lendemain.

De nombreuses victimes présumées Un collectif de défense des victimes présumées se constitue fin , « La parole accueillie », animé par la journaliste Emmanuelle Dancourt, présidente de l'association MeTooMedia, une ancienne paroissienne de Sombernon qui a côtoyé Yves Grosjean.. Le collectif déclare avoir reçu les témoignages de 15 jeunes hommes, âgés de 25 à 40 ans, tous mineurs au moment des faits, qu'aurait agressés sexuellement Yves Grosjean dans les années 2000 et 2010. Lors d'un entretien le , Jean Jedrysek (représenté par sa mère) et Emmanuelle Dancourt demandent à Antoine Hérouard de leur transmettre les coordonnées des anciens confirmands d'Yves Grosjean et les archives du diocèse le concernant, ce que l'archevêque refuse... L'affaire suscite l'incompréhension et un sentiment de trahison parmi les familles du diocèse de Dijon, qui n'ont pas été mises au courant des accusations pesant sur Yves Grosjean jusqu'à sa mise en examen..

Audience du L’audience du à la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Dijon révèle qu'Yves Grosjean a avoué lors de sa garde à vue avoir agressé trois autres mineurs. et eu des avec deux adolescents. Le prêtre évoque également , ce qui serait la cause de son départ en 2024 du diocèse de Rabat. Il reconnaît avoir et affirme avoir été lui-même agressé dans sa jeunesse par son frère aîné. Sa demande de remise en liberté est rejetée..

Dans une lettre ouverte publiée le , le collectif « La parole accueillie » interpelle sur leur silence les évêques émérites et en fonction à Dijon et à Rabat. Il leur demande de fournir la liste de toutes les affectations d'Yves Grosjean en France et au Maroc et les interroge sur la communication des antécédents du prêtre à la commission nationale d'expertise sur la pédophilie et à Rome. Le collectif dit avoir reçu 16 plaintes.. Antoine Hérouard s'interroge sur les motivations du collectif qui semble vouloir mener ..

Audience du La demande de remise en liberté d'Yves Grosjean est à nouveau rejetée le . Le prêtre reconnaît cinq agressions sur des mineurs, mais laisse entendre qu'il aurait fait d'autres victimes : .. L'enquête s'oriente également du côté du Maroc à la recherche d'un adolescent qui aurait pu être abusé par le prêtre. Une commission rogatoire internationale est lancée.

Audience du Le , Yves Grosjean comparaît à nouveau devant la chambre de l’instruction de Dijon. L'avocate de Jean Jedrysek annonce que l'enquête porte sur huit nouvelles victimes présumées. Malgré la demande de libération de ses avocats., le prêtre est maintenu en détention.. Le collectif « La parole accueillie » dit avoir identifié au total 25 victimes potentielles pour des faits qui auraient été commis entre la fin des années 1980, alors qu'Yves Grosjean était séminariste et chef scout, et le milieu des années 2010..

En application du code de procédure pénale, Yves Grosjean est remis en liberté le sous contrôle judiciaire. Il est envoyé au Petit Béthanie, lieu d'accueil pour prêtres « en difficulté »...

Notes et références Note

Références

Articles connexes Abus sexuels sur mineurs dans l'Église catholique en France

Catégorie:Archidiocèse de Dijon Grosjean